256 pages
Français

L'art de l'Asie Centrale

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Description

Dans les pays d’Asie centrale, la stricte interdiction de
représenter la figure humaine a permis de développer
la création architecturale et son ornementation. Ce livre
invite à un voyage magique dans cette région réunissant
des civilisations anciennes (Kirghizistan, Tadjikistan,
Turkménistan et Ouzbékistan), dépositaires des arts
islamiques et bouddhistes. Les cités abandonnées de
Merv, Urgench et Khiva sont présentées grâce à des
photographies en couleur de qualité, qui emmènent le
lecteur sur la « Route dorée de Samarcande », la mythique
cité bleue.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 30 juin 2012
Nombre de lectures 0
EAN13 9781781603147
Langue Français
Poids de l'ouvrage 104 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0025€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

LÊART DELÊASIE CENTRALE
Vladimir Lukonine & Anatoli Ivanov
2
Auteurs : Vladimir Loukonine et Anatoli Ivanov
Mise en page : Baseline Co. Ltd 61A-63A Vo Van Tan Street e 4 étage District 3, Hô-Chi-Minh-Ville Vietnam
© Confidential Concepts, worldwide, USA © Parkstone Press International, New York, USA Image-Barwww.image-bar.com
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ISBN : 978-1-78160-314-7
Vladimir Loukonine et Anatoli Ivanov
L’Art de l’Asie centrale
3
Bref regard sur l’histoire
L’Architecture
La sculpture
Sommaire
Peinture murale et enluminure
Les arts appliqués
Trois perles sur la route de la soie
Carte de l’asie centrale
Liste des illustrations
7
25
59
83
103
191
250
252
5
6
Bref
Regard
sur l’histoire
Asie centrale, territoire historique où la nature joue de contrastes sans L’commune mesure ailleurs dans le monde, regroupe traditionnellement quatre républiques de la Communauté des Etats Indépendants : le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan, qui s’étendent de la mer Caspienne aux frontières de la Chine.
On y rencontre d’immenses déserts de sable, des vergers florissants, des vignobles, des montagnes enneigées et des vallées verdoyantes. On peut également y admirer d’antiques cités abandonnées, des villages traditionnels ainsi que des villes modernes fières de leur passé plusieurs fois millénaire et qui comptent de célèbres monuments. Foyer de civilisations successives et de cultures multiples, cette vaste région possède aujourd’hui un exceptionnel patrimoine architectural, artistique et artisanal. Déjà à l’âge de bronze et au début de l’âge de fer, l’Asie centrale rivalisait avec l’Orient classique, qui s’étendait de la Mésopotamie à l’Inde, par son savoir-faire et l’adresse artisanale de ses peuples.
e AuVIsiècle avant notre ère, elle fut en grande partie conquise par la puissante e dynastie des Achéménides puis, auIVsiècle, par l’armée d’Alexandre le Grand. Deux invasions qui lui donnèrent un élan artistique considérable.
e e e e La période comprise entre leI-IIIsiècle avant notre ère et leI-IIIsiècle de notre ère fut alors marquée par l’apparition de puissants royaumes : celui des Gréco-bactriens, celui des Kushâns, qui comprenait la Bactriane et les terres s’étendant au-delà de l’Amou-Daria jusqu’à l’Indus et au Gange, et celui des Kangas, qui réunissait le Kharezm, la Sogdiane et les territoires se trouvant au nord de celle-ci. Le développement social et intellectuel de ces royaumes jeta les bases d’un essor culturel complètement nouveau sur l’ensemble des terres qu’ils contrôlaient.
Si le développement des arts de l’Asie centrale fut étroitement lié à celui des régions voisines, cette époque fut marquée par une conjonction d’influences : hellénistique, indo-bouddhique et persane au sud tandis que, dans le nord-est et les territoires du centre, les Saces et les Scythes laissaient l’empreinte de leurs propres traditions. Mais les artistes locaux ne se contentaient pas de copier des formes et des motifs qui leur étaient étrangers : modifiant au gré de leur sensibilité les images et les sujets
Mausolée deQazi Zadeh Roumi, Samarcande, Ouzbékistan. (p. 4)
Madrasa Abdul Aziz Khan, fresque, Boukhara, Ouzbékistan.
Ark(Citadelle) : porte d’entrée et murs d’enceinte, Boukhara, Ouzbékistan. (pp. 89)
7
10
Madrasa Tilakari(La Dorée), détail, Samarcande, Ouzbékistan.
issus de cultures étrangères, ils les retravaillaient selon leurs procédés ancestraux et conformément à leur sens de l’esthétique et à leur idéologie.
C’est ainsi qu’ils donnèrent naissance à un art neuf et profondément original, au e seuil duIVsiècle de notre ère. L’effondrement des empires antiques de l’Asie e e centrale et leur invasion auxIV-Vsiècle par les nomades venus du nord prédéterminèrent l’établissement d’un système social nouveau, une féodalisation intensive et la constitution d’un grand nombre de principautés semi-indépendantes. Ce fut l’époque de la domination des riches propriétaires terriens, dont les innombrables forteresses étaient dispersées dans les plaines et les montagnes.
Une des particularités de ce nouveau système social fut la formation d’une culture médiévale spécifique : dans les villes, encore peu nombreuses, se développèrent des métiers artisanaux touchant aux divers domaines de l’art. Le morcellement politique favorisa la conquête de la contrée par les Arabes et sa soumission, à e e partir desVIIetVIIIsiècles, au pouvoir du califat. C’est à cette époque que toute la région comprise entre l’Amou-Daria et la Sémirétchié (Le pays aux sept rivières) prit le nom de « Mareva-un-nahr ». Le sud du Turkménistan actuel forma une partie de la province du Khorassan et seul le Kharezm conserva son ancien nom. Une partie du patrimoine fut détruite pendant cette période : peintures murales, sculptures et représentations figuratives contraires aux lois des ornements à arabesques. Mais, en même temps, bien des aspects de la vie artistique furent influencés par la culture musulmane.
LeDéveloppementdelacultureurbaine
e e AuxX-XIIsiècle, l’art connut une fois encore de brusques changements. Les traditions antiques furent délaissées, le développement de la peinture monumentale et de la sculpture se trouva stoppé et l’on vit apparaître un style ornemental-décoratif commun à tous les pays islamiques. L’architecture et les arts appliqués devinrent les supports principaux de la création, tandis que, sur le plan politique, les seigneurs locaux, bien que soumis nominalement au califat, s’étaient mis à gérer leurs états e e en toute indépendance dès lesIX-Xsiècle.
e Enfin, au début duXIsiècle, à la suite d’une vague d’invasions turcomanes, les dynasties turkmènes s’affirmèrent dans ces régions. Cette période favorisa la croissance des villes et le développement de la culture urbaine, dont Merv, aujourd’hui abandonnée, Samarcande, Khiva et Boukhara restent quelques-uns des symboles. Jusque vers 1150, l’architecture de l’Asie centrale était restée monochrome.