L'art de l'Asie Centrale

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Français
199 pages
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Description

Dans les pays d’Asie centrale, la stricte interdiction de
représenter la figure humaine a permis de développer
la création architecturale et son ornementation. Ce livre
invite à un voyage magique dans cette région réunissant
des civilisations anciennes (Kirghizistan, Tadjikistan,
Turkménistan et Ouzbékistan), dépositaires des arts
islamiques et bouddhistes. Les cités abandonnées de
Merv, Urgench et Khiva sont présentées grâce à des
photographies en couleur de qualité, qui emmènent le
lecteur sur la « Route dorée de Samarcande », la mythique
cité bleue.

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Informations

Publié par
Date de parution 15 septembre 2015
Nombre de lectures 0
EAN13 9781783108954
Langue Français
Poids de l'ouvrage 3 Mo

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Auteurs :
Vladimir Loukonine et Anatoli Ivanov

Mise en page :
Baseline Co. Ltd
61A-63A Vo Van Tan Street
e4 étage
District 3, Hô-Chi-Minh-Ville
Vietnam

© Confidential Concepts, worldwide, USA
© Parkstone Press International, New York, USA
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ISBN : 978-1-78310-895-4Vladimir Loukonine et Anatoli Ivanov




L’Art de l’Asie centrale






Mausolée de Qazi Zadeh Roumi,
Samarcande, Ouzbékistan.S o m m a i r e


Bref Regard sur l’histoire
Le Développement de la culture urbaine
Frapper le Regard et le cœur
Entre Faste et déclin
L’Architecture
L’Art du décor
Prédominance de l’Art religieux
L’Âge d’or des bâtisseurs
Tradition et Modernité
La Sculpture
La Statuaire
Apport Hellénistique
L’Influence bouddhique
Les Sculptures du Kharezm
Les Sculptures sogdiennes
Les Sculptures bactriennes
Le haut Moyen Âge
L’Art bouddhique
L’Art mythologique
L’Art mégalithique
Les Figurines
Les Déesses
Les Hommes et les déesses
Les Ossuaires
La Renaissance de l’art indépendant
Peinture Murale et enluminure
La Peinture monumentale
La Peinture profane
Les Fresques de palais
L’Enluminure
Les Styles
Les Écoles
Les Miniaturistes modernes et leurs successeurs
Les Arts appliqués
La Céramique
L’Antiquité
Le Moyen Âge
L’Époque moderne
Les Métaux
Le Moyen Âge
Animaux fantastiques et Scènes de chasse
La Toreutique du Tokharistan
La Toreutique du Kharezm
La Toreutique de la Sogdiane
La Toreutique du nord-est
L’Époque post-mongolienne
L’Époque contemporaine
L’Orfèvrerie
L’Antiquité et le Moyen Âge
L’Époque moderne
Les Écoles d’orfèvrerie
L’Époque contemporaineLes Parures féminines
L’Artisanat
Le Travail du verre
Le Travail de l’ivoire
Le Travail du bois
Le Travail du feutre
Le Tissage des tapis
Les Tissus imprimés
Les Travaux de broderie
Le Travail du cuir
Regard sur un Artisanat populaire en devenir
Les Traditions des écoles
De l’utilitaire à l’Œuvre d’art
Trois Perles sur la route de la soie
SAMARCANDE
La « Cité Bleue »
Boukhara
L’Ark (Citadelle)
Khiva
Capitale culturelle du Kharezm
Carte de l’asie centrale
Liste des Illustrations
Madrasa Abdul Aziz Khan, fresque,
Boukhara, Ouzbékistan.Bref Regard sur l’histoire


L’Asie centrale, territoire historique où la nature joue de contrastes sans commune mesure ailleurs
dans le monde, regroupe traditionnellement quatre républiques de la Communauté des Etats
Indépendants : le Kirghizistan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan, qui s’étendent de la
mer Caspienne aux frontières de la Chine.

On y rencontre d’immenses déserts de sable, des vergers florissants, des vignobles, des montagnes
enneigées et des vallées verdoyantes. On peut également y admirer d’antiques cités abandonnées, des
villages traditionnels ainsi que des villes modernes fières de leur passé plusieurs fois millénaire et qui
comptent de célèbres monuments. Foyer de civilisations successives et de cultures multiples, cette
vaste région possède aujourd’hui un exceptionnel patrimoine architectural, artistique et artisanal.
Déjà à l’âge de bronze et au début de l’âge de fer, l’Asie centrale rivalisait avec l’Orient classique, qui
s’étendait de la Mésopotamie à l’Inde, par son savoir-faire et l’adresse artisanale de ses peuples.

eAu VI siècle avant notre ère, elle fut en grande partie conquise par la puissante dynastie des
Achéménides puis, au IVe siècle, par l’armée d’Alexandre le Grand. Deux invasions qui lui donnèrent
un élan artistique considérable.

e e e eLa période comprise entre le I -III siècle avant notre ère et le I -III siècle de notre ère fut alors
marquée par l’apparition de puissants royaumes : celui des Gréco-bactriens, celui des Kushâns, qui
comprenait la Bactriane et les terres s’étendant au-delà de l’Amou-Daria jusqu’à l’Indus et au Gange,
et celui des Kangas, qui réunissait le Kharezm, la Sogdiane et les territoires se trouvant au nord de
celle-ci. Le développement social et intellectuel de ces royaumes jeta les bases d’un essor culturel
complètement nouveau sur l’ensemble des terres qu’ils contrôlaient.

Si le développement des arts de l’Asie centrale fut étroitement lié à celui des régions voisines, cette
époque fut marquée par une conjonction d’influences : hellénistique, indo-bouddhique et persane au
sud tandis que, dans le nord-est et les territoires du centre, les Saces et les Scythes laissaient
l’empreinte de leurs propres traditions. Mais les artistes locaux ne se contentaient pas de copier des
formes et des motifs qui leur étaient étrangers : modifiant au gré de leur sensibilité les images et les
sujets issus de cultures étrangères, ils les retravaillaient selon leurs procédés ancestraux et
conformément à leur sens de l’esthétique et à leur idéologie.

eC’est ainsi qu’ils donnèrent naissance à un art neuf et profondément original, au seuil du IV siècle
e ede notre ère. L’effondrement des empires antiques de l’Asie centrale et leur invasion aux IV -V
siècle par les nomades venus du nord prédéterminèrent l’établissement d’un système social nouveau,
une féodalisation intensive et la constitution d’un grand nombre de principautés semi-indépendantes.
Ce fut l’époque de la domination des riches propriétaires terriens, dont les innombrables forteresses
étaient dispersées dans les plaines et les montagnes.

Une des particularités de ce nouveau système social fut la formation d’une culture médiévale
spécifique : dans les villes, encore peu nombreuses, se développèrent des métiers artisanaux touchant
aux divers domaines de l’art. Le morcellement politique favorisa la conquête de la contrée par les
e eArabes et sa soumission, à partir des VII et VIII siècles, au pouvoir du califat. C’est à cette époque
que toute la région comprise entre l’Amou-Daria et la Sémirétchié (Le pays aux sept rivières) prit le
nom de « Mareva-un-nahr ». Le sud du Turkménistan actuel forma une partie de la province du
Khorassan et seul le Kharezm conserva son ancien nom. Une partie du patrimoine fut détruite
pendant cette période : peintures murales, sculptures et représentations figuratives contraires aux lois
des ornements à arabesques. Mais, en même temps, bien des aspects de la vie artistique furent
influencés par la culture musulmane.
A r k (Citadelle) : porte d’entrée et murs
d’enceinte, Boukhara, Ouzbékistan.


Le Développement de la culture urbaine

e eAux X -XII siècle, l’art connut une fois encore de brusques changements. Les traditions antiques
furent délaissées, le développement de la peinture monumentale et de la sculpture se trouva stoppé et
l’on vit apparaître un style ornemental-décoratif commun à tous les pays islamiques. L’architecture et
les arts appliqués devinrent les supports principaux de la création, tandis que, sur le plan politique, les
seigneurs locaux, bien que soumis nominalement au califat, s’étaient mis à gérer leurs états en toute
e eindépendance dès les IX -X siècle.

Enfin, au début du XIe siècle, à la suite d’une vague d’invasions turcomanes, les dynasties turkmènes
s’affirmèrent dans ces régions. Cette période favorisa la croissance des villes et le développement de
la culture urbaine, dont Merv, aujourd’hui abandonnée, Samarcande, Khiva et Boukhara restent
quelques-uns des symboles. Jusque vers 1150, l’architecture de l’Asie centrale était restée
monochrome.

eAu milieu du XII siècle, la brique bleue glaçurée commença à être utilisée et des progrès
considérables furent faits dans l’art de la construction et de l’ornementation décorative. Mais une
nouvelle parenthèse, ouverte par l’invasion tartaro-mongole du début du siècle suivant, vint tarir ce
développement pendant une centaine d’années.
Madrasa Tilakari (La Dorée), détail,
Samarcande, Ouzbékistan.
A r k (Citadelle), Boukhara, Ouzbékistan.
Gour Emir, mausolée de Tamerlan,
Samarcande, Ouzbékistan.


Frapper le Regard et le cœur

eAprès une longue période s’ébaucha un renouveau artistique qui aboutit, au XV siècle, sous le règne
de Tamerlan et des Timourides, à la construction de ce que le patrimoine d’Asie centrale connait
aujourd’hui de plus fastueux : les édifices qui nous sont parvenus se caractérisent par leur aspect
décoratif et la richesse des couleurs des ornements vernissés. La palette de ces revêtements de
céramique devint de plus en plus variée, avec une prédominance bleue turquoise. Sous Tamerlan,
pendant la décennie 1470, Samarcande connut un grand développement dans le domaine de la
construction, ce qui témoigne de la puissance du gouverneur. Les édifices de cette époque se
distinguent par une conception monumentale, destinée à frapper le regard et le cœur du peuple. La
gamme des techniques décoratives - briques vernissées, carreaux de majolique et terre cuite sculptée -
relevait d’une grande maîtrise artistique.

Parallèlement aux édifices destinés au culte, on éleva également des bâtiments destinés au confort de
la population : tims et takis (galeries à coupole) pour le commerce, caravansérails, bains publics,
ponts et sardobas (réservoirs d’eau). Ces édifices sont de taille plus modeste et le revêtement
décoratif qui leur est appliqué plus sobre. Cette tradition se poursuivit pendant deux siècles, sous les
dynasties ouzbèkes des Chéibanides et des Ashtarkhanides. Mais l’affaiblissement des liens
économiques et politiques extérieurs de l’Asie centrale, par ailleurs en proie à des guerres féodales
eintestines, conduisit à une grave crise sociale à la fin du XVIII siècle. L’activité culturelle de toute la
région s’en ressentit, à l’exception du khanat de Khiva, dont les conditions économiques et politiques
lui étaient demeurées favorables. Ce n’est qu’au cours du siècle suivant, sous l’émirat de Boukhara et
les khanats de Khiva et de Kokand, que la culture connut son nouvel âge d’or. C’est à cette même
époque, tandis que ces deux khanats étaient intégrés à l’Empire russe, que les territoires de l’Asie
centrale prirent les noms de « Turkestan » et de « Province transcaspienne ».
Madrasa Cher-Dor (La Porte des Lions), 1619-1639,
Samarcande, Ouzbékistan.
Yourte reconstruite à l’occasion du
e1000 anniversaire de M a n a s, héros national kirghiz.


Entre Faste et déclin

Au gré des invasions successives, l’activité créatrice connut tantôt des périodes d’essor fastueux,
tantôt des périodes de déclin. Mais, de manière générale, l’on constate que ce fut dans les domaines de
l’architecture, de l’artisanat et de l’enluminure des manuscrits que les bâtisseurs et les artistes
ouzbeks, turkmènes, tadjïks et khirgiz donnèrent le meilleur d’eux-mêmes.

Après la révolution d’Octobre, l’Asie centrale fut intégrée à la république autonome socialiste
soviétique du « Turkestan ». Plus tard, conformément aux principes de la politique nationale
léniniste, celui-ci fut divisé en quatre Républiques soviétiques indépendantes. À la chute de l’URSS,
les ex-Républiques soviétiques furent integrées, à des degrés divers, dans la « Communauté des Etats
Indépendants » (CEI). De nouvelles formes d’art apparurent à cette époque, telles que la peinture de
chevalet, les arts graphiques et la décoration théâtrale. Quant à la peinture monumentale et à la
sculpture, abandonnées depuis des lustres, elles connaissaient un renouveau encourageant.

Une impulsion puissante fut également donnée au développement des arts appliqués traditionnels, où
la modernité se conjugue avec l’héritage d’un lointain passé toujours présent.
Campement d’été à la passe de Kyzyl Bel, Kirghizistan.
Dôme d’une mosquée et décorations
de type oriental, Samarcande.
Kounia Ark (Vieille Forteresse) : à droite,
la porte d’entrée et, à gauche, le Kaltar Minar
(Minaret court), Khiva, Ouzbékistan.
Vue de Khiva avec le Kaltar Minar
(Minaret court), Khiva, Ouzbékistan.