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L'Art naïf

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Description

L’art naïf connaît ses premiers succès à la fin du XIXe siècle. Des « peintres du dimanche » développent avec spontanéité et simplicité une forme d’expression qui, jusqu’alors, avait peu intéressé les artistes et les critiques d’art. Influencée par les arts primitifs, la peinture naïve se distingue par la précision de ses traits, la vivacité et la gaieté de ses couleurs, ainsi que ses formes brutes, souvent élémentaires.
L’art naïf est représenté par des artistes tels qu’Henri Rousseau, Séraphine de Senlis, André Bauchant et Camille Bombois. Ce mouvement s’est également développé à l’étranger, où se sont démarqués des artistes aussi importants que Joan Miró, Guido Vedovato, Niko Pirosmani, et Ivan Generalic.

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Publié par
Date de parution 05 janvier 2012
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EAN13 9781780427638
Langue Français
Poids de l'ouvrage 67 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

L’Art naïf
Nathalia BrodskaïaTexte : Nathalia Brodskaia et Viorel Rau © Antonio Ligabue
Traduction : Cédric Brochard © Oscar de Mejo
© Orneore Metelli
Mise en page : © Joan Miró, Artists Rights Society (ARS),
Baseline Co Ltd New York, USA/ ADAGP, Paris
127-129A Nguyen Hue © Gheorghe Mitrachita
eFiditourist, 3 étage © COPYRIGHT Grandma Moses Properties Co.
District 1, Hô Chi Minh-Ville
© Ion Nita Nicodin
Vietnam
© Emil Pavelescu
© Ion Pencea © Parkstone Press International, New York, USA
© Dominique Peyronnet © Confidential Concepts, worldwide, USA
© Horace Pippin© Fernando De Angelis
© Niko Pirosmani © Onismi Babici
© Catinca Popescu© Branko Babunek
© Ivan Rabuzin© André Bauchant, Artists Rights Society (ARS),
New York, USA/ ADAGP, Paris © Milan Rašic
© John Bensted © René Martin Rimbert
© Camille Bombois, Ar© Shalom de Safed
New York, USA/ ADAGP, Paris © Sava Sekulic
© Ilija Bosilj-Basicevic © Séraphine de Senlis (Séraphine Louis), Artists Rights Society
© Janko Brašic (ARS), New York, USA/ADAGP, Paris
© Aristide Caillaud, Artists Rights Society (ARS),
© Emma Stern
New York, USA/ ADAGP, Paris
© Gheorghe Sturza
© Camelia Ciobanu, Ar
© Anuta Tite
New York, USA/ Visarta, Bucarest
© Ivan Vecenaj © Gheorghe Coltet
© Guido Vedovato © Mircea Corpodean
© Miguel Garcia Vivancos© Viorel Cristea
© Louis Vivin, Artists Rights Society (ARS), © Mihai Dascalu
New York, USA/ ADAGP, Paris © Adolf Dietrich, Artists Rights Society (ARS),
© Elena A. VolkovaNew York, USA/ Pro Litteris, Zurich
© Gheorghe Dumitrescu © Alfred Wallis, Ar
© Jean Eve, Artists Rights Society (ARS), New York, USA/ DACS, Londres
New York, USA/ ADAGP, Paris © Valeria Zahiu
© Francesco Galeotti
© Ivan Generalic Tous droits d’adaptation et de reproduction réservés pour tous
© Ion Gheorge Grigorescu pays. Sauf mention contraire, le copyright des œuvres
Art © Morris Hirshfield/ Licensed by VAGA,
reproduites se trouve chez les photographes qui en sont les
New York, USA, pp.166, 167, 168-169
auteurs. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible
© Paula Jacob
d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de© Ana Kiss
réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la© Boris Koustodiev
maison d’édition.© Nikifor Krylov
© Dominique Lagru, Artists Rights Society (ARS),
ISBN : 978-1-78042-763-8New York, USA/ ADAGP, Paris
© Marie Laurencin, Ar
New YAGP, Paris L’Art naïf- Sommaire -
I. Naissance de l’art naïf
7
II. Retour aux sources : des Primitifs à l’art moderne
43
III. Des Découvertes à l’Est
83
Conclusion : l’art naïf est-il vraiment naïf ?
101
Les Incontournables
107
Notes bibliographiques
194
Index
196I. Naissance de l’art naïf
Quand l’Art naïf est-il né ?
Il existe deux manières d’envisager la naissance de l’art naïf. Comme courant artistique,
eil n’a vu le jour qu’au début du XX siècle. Mais il est apparu de façon absolue, il y a
quelques dizaines de siècles, avec les peintures rupestres et les premières sculptures
animalières. Qui fut le premier artiste naïf ? Certainement un chasseur du néolithique,
gravant sur une pierre plate les contours d’une proie en fuite et n’utilisant qu’une seule
ligne fine pour rendre la silhouette élégante de l’animal en mouvement. Sans aucune
expérience artistique, il utilise son œil de chasseur. Toute sa vie durant, il avait observé
son « modèle ». Il est difficile, cependant, de comprendre ce qui l’incita à réaliser un tel
dessin. Tentait-il de transmettre un message à sa tribu ? A un dieu, une prière pour que
la chasse soit bonne ? Selon les historiens de l’art, ce premier essai, indépendamment de
son objectif, témoigne d’un élan vital, d’un besoin de s’exprimer né au contact de la nature.
Ce chasseur, qui doit assurément être considéré comme le premier des « artistes naïfs »,
fut sans doute le plus original, car aucun système de représentation picturale n’existait
encore. Peu à peu, une méthode se forma et se perfectionna. Les peintures des grottes de
Lascaux ou d’Altamira n’ont sans doute pas été réalisées par les mains d’un chasseur. La
représentation précise et détaillée des bisons, leurs plastiques, l’utilisation du clair-obscur
et, pour finir, la beauté du dessin révèlent une incontestable maîtrise. Mais, comme il
vivait dans l’anonymat et que ses contemporains ne prêtaient sans doute pas un intérêt
aussi important que nous aujourd’hui à ce qu’il peignait, ce « naïf », chasseur ou artiste
amateur, continua ses essais.
Avec l’apparition de divers systèmes artistiques et de plusieurs écoles d’art, se sont peu à
peu révélés des artistes peintres, sculpteurs et dessinateurs, novateurs et originaux. Le
monde européen conserve avec soin les chefs-d’œuvre de l’Antiquité, ainsi que les noms
edes grands architectes, sculpteurs et peintres. Cependant, au V siècle avant J.-C., un
citoyen athénien inconnu tentant de réaliser une peinture, avait peu de chance de passer à
la postérité. Il est vrai que la plupart des fresques antiques n’ont pas survécu aux ravages
du temps et les écrits n’ont immortalisé que peu de noms de maîtres. Le nom de cet artiste,
précurseur du Douanier Rousseau, s’est effacé pour toujours, mais l’homme a
certainement existé.
Henri Rousseau,
dit le Douanier Rousseau,
Par ailleurs, le nombre d’or et les bases mathématiques utilisées en art, s’ils étaient
Le Charme, 1909.
considérés canons de la beauté humaine par Polyclète, n’étaient le patrimoine que d’un Huile sur toile, 45,5 x 37,5 cm.
tout petit territoire et constamment confronté aux invasions. Provenant de la mer Noire Museum Charlotte Zander, Bönnigheim.
7ou de la Sibérie, elles apportèrent avec elles les statuettes de pierre nommées, qui
constituaient, pour les Grecs, des exemples d’art « sauvage », « primitif », tout comme
les hommes qui les avaient créées.
Marqué par la vénération des maîtres grecs, l’art romain fut influencé par ces barbares
e(le mot ne signifiant dans l’optique de l’époque qu’ « étranger ») dès le III siècle avant
J.-C.. Pour les Romains, qui se considéraient seul peuple civilisé de la terre, les barbares
étaient incultes et leur art ne pouvait rivaliser avec l’art de leur capitale, Rome.
Néanmoins, les sculpteurs romains reprirent souvent ces formes barbares en les
simplifiant parfois jusqu’à l’extrême.
L’art des peuples barbares, aussi « incorrect » fût-il, possédait cette éloquence qui
manquait tant à la majorité des œuvres classiques. Les artisans sculpteurs furent
influencés par ses nouvelles formes (voir pour exemple les tarasques), empruntant en
cela les mêmes voies que celles suivies beaucoup plus tard par Picasso, Miró, Ernst et
bien d’autres.
Après avoir renversé la domination de Rome, les Barbares se délivrèrent des principes de
l’art classique et méprisèrent les canons fixés par Polyclète. Dès lors, l’art apprit à effrayer,
à susciter l’horreur, à faire trembler. Sous les chapiteaux des églises romanes apparurent
d’étonnantes créatures aux membres courts et à la tête énorme. Qui donc étaient les
auteurs anonymes de ces formes étranges ? Sans aucun doute, de bons artisans qui
excellaient dans le travail de la pierre, mais surtout de vrais artistes : en témoigne la
puissante emprise qu’exercent sur nous de telles œuvres. Ces artistes sont venus à l’art par
cette voie parallèle, qui a, semble-t-il, toujours existé et que les Européens ont fini par
nommer « art naïf ».
Anonyme,
eC’est en Europe, au début du XX siècle, que les premiers peintres dits « naïfs » furentElans et hommes.
Région de Kamberg, Afrique. connus. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Ces questions demandent un retour vers le
passé. En réalité, il faut s’intéresser à ceux qui, les ayant découverts, les ont sortis de
Aristide Caillaud,
l’anonymat. En effet, sans la jeune avant-garde européenne, qui fait partie intégranteLe Fou, 1942.
maintenant de l’histoire de l’art, l’art naïf n’aurait peut-être jamais eu d’impact. Par81 x 43 cm.
Musée d’Art moderne de la conséquent, il paraît difficilement concevable d’étudier Henri Rousseau, Niko Pirosmani,
Ville de Paris, Paris.
Ivan Generalic, André Bauchant ou Louis Vivin sans prendre en compte aussi Pablo
Picasso, Henri Matisse, Joan Miró, Max Ernst ou Mikhail Larionov. Anonyme,
Idole masculine,
3000-2000 ans av. J.-C. Les multiples problèmes posés par les œuvres naïves occuperont encore longtemps les
Bois d’élan, h : 9,3 cm.
historiens de l’Art. Avant tout, il est nécessaire d’éclaircir les sources de leur art, ainsi
Musée d’Archéologie nationale,
que les relations qu’ils entretiennent avec l’art académique officiel. Etudier l’art naïfChâteau de Saint-Germain-en-Laye,
Saint-Germain-en-Laye. relève de la gageure car de nouveaux artistes apparaissent sans cesse et leurs œuvres
810viennent, sinon modifier, du moins compléter les théories. Ceci rend
particulièrement ardue l’élaboration d’un panorama exhaustif de l’art naïf.
Aussi, nous contenterons-nous de prendre seulement quelques exemples
représentatifs de cet univers mystérieux.
L’influence des peintures de Henri Rousseau, de Niko Pirosmani ou d’Ivan
Generalic sur l’art académique est très complexe à déterminer. La raison en
est simple : ils ne sont pas unis au sein d’une même école, et aucun d’entre eux
ne possède une cohérence picturale suffisante pour être totalement cerné. Cet
obstacle de taille explique pourquoi les historiens de l’art se sont, jusqu’à présent,
peu intéressés à cette question. Car il est vrai que chercher un point commun,
permettant de les confronter tous ensemble, est une étude particulièrement
difficile. Se pose d’abord le problème de leur dénomination : il n’existe, en effet,
pas de mot permettant de les définir exactement. Dans les dictionnaires
spécialisés, le terme « primitif » est défini comme suit : « peintre ou
sculpteur, qui précède les maîtres de la Renaissance ». Cette définition,
e eapparue au XIX siècle, a vieilli : la notion d’art primitif au XX siècle a inclus
l’art des autres civilisations ainsi que celui des artistes naïfs. On a ainsi élargi
la définition pour y introduire des courants très différents les uns des autres.
C’est pourquoi, le terme « primitif », employé pour déterminer un art
d’amateurs ne semble pas suffisamment précis.
Le mot « naïf » et ses synonymes - naturel, ingénu, rustre, inexpérimenté,
crédule, simple - reflètent tous une certaine caractéristique émotionnelle,
qui correspond, cela va sans dire, parfaitement à l’esprit de ces peintres.
Cependant, reprenant une formule d’Aragon, on pourrait dire « qu’il serait naïf
1de croire cette peinture naïve ».
Ce n’est pas par hasard si, les uns après les autres, tous les spécialistes ont
inventédenouveaux termes, chacun s’efforçant de définir l’indéfinissable.
W. Uhde avait baptisé l’exposition de 1928 : « Les Peintres du Cœur sacré », et
mettait ainsi l’accent sur leur simplicité d’âme. Le nom que leur attribua René
Huyghes, « les peintres instinctifs », se réfère, quant à lui, plutôt à leurs œuvres. Le
eterme de « néoprimitif » fut créé pour les distinguer des artistes « primitifs du XIX siècle »,
en réalité les peintres médiévaux. On a introduit par la suite, le terme de « peintre du
dimanche » pour désigner la situation sociale de ceux qui, après avoir travaillé toute la
semaine, se consacraient à la peinture le dimanche, comme distraction.
Ce fut finalement le terme de « naïf » qui l’emporta. Son utilisation dans les différentes
publications et dans les musées peut témoigner de sa prévalence. De plus, le mot illustre
11parfaitement l’alliance d’éléments esthétiques et moraux que l’on retrouve dans les
œuvres de ces peintres. Pour Gert Claussnitzer, l’appellation « peintres naïfs » associe au
2réalisme triomphant la maladresse de ces peintres amateurs. Toutefois, pour le spectateur
candide, sous le terme de peintre naïf se cache d’abord une personne, un peintre.
L’aspiration naturelle de chaque historien de l’art à classer les peintres naïfs sous des
traits fondamentaux, s’est rapidement heurtée à l’indépendance de cet art à l’égard de
toute école, de toute idéologie, de tout manifeste. Maurice de Vlaminck écrivit à la fin de
sa vie : « J’ai été Fauve, paraît-il, puis cézannien. Tout ce que l’on voudra, j’y consens, si
3 j’ai d’abord été Vlaminck. » Pour les naïfs, cette indépendance est nécessaire.
Paradoxalement, c’est par cette faculté qu’ils se définissent le mieux. Leur spontanéité
intervient non seulement dans le choix de leurs sujets, de leurs motifs, mais elle est
présente d’abord dans leur regard sur la nature. Elle s’incarne finalement dans leur
manière de peindre. On ne saurait oublier par ailleurs l’existence d’un autre domaine de
l’art : l’art populaire, qui a joué d’une certaine manière un rôle déterminant chez les naïfs.
L’Art moderne en quête de nouveaux horizons
L’opposition farouche que vouèrent les romantiques aux classiques fut à l’origine des
eévénements du début du XX siècle. La peinture classique semblait moribonde, et même
Séraphine Louis, ses défenseurs les plus durs étaient conscients de cette crise. La peinture historique et la
dite Séraphine de Senlis,
peinture de genre des salons parisiens se rapprochaient de l’ « image-miroir » selon la
Les Cerises.
formule de Léonard de Vinci. En fait, on était très loin de ce qu’avait prévu le grand maîtreHuile sur toile, 117 x 89 cm.
Museum Charlotte Zander, Bönnigheim. italien, frôlant une utilisation vulgaire de ce principe. L’adoration de l’Antiquité s’étendait
de Plutarque aux sujets sentimentaux de Gérôme, tandis que les romantiques traduisaient
Séraphine Louis,
leur inclination pour l’Orient mystérieux, représenté par des beautés nues allongées dans
dite Séraphine de Senlis,
des piscines carrelées. Le naturalisme, à bout de souffle, stimulait également l’essor d’unFleurs.
Huile sur toile, 65,5 x 54,5 cm. rival dangereux : la photographie. Comme l’a justement remarqué André Malraux, la
Museum Charlotte Zander, Bönnigheim. première et unique vocation de la photographie naissante était l’imitation de l’art. Créer
des œuvres d’art, en copiant la nature à l’aide de pinceaux virtuoses et de techniquesHenri Rousseau,
raffinées incombait au peintre aspirant à surpasser la photographie. Pour la peinture,dit le Douanier Rousseau,
La Guerre ou La Chevauchée c’était l’aveu même de son impuissance. Ainsi s’acheva sans gloire la doctrine de
de la discorde, 1894. el’Académie, en vigueur en France depuis le milieu du XVII siècle. Par ailleurs, la
Huile sur toile, 114 x 195 cm.
photographie amplifiait le trait naturaliste de la peinture, caractéristique à laquelleMusée d’Orsay, Paris.
résistaient déjà des peintres épris de liberté à l’époque romantique, ce qui précipita sa fin.
Henri Rousseau,
dit le Douanier Rousseau,
La célèbre phrase que Maurice Denis écrivit en 1890, alors qu’il n’avait que vingt ans,
La Bohémienne endormie, 1897.
prend dans ce contexte un sens particulier : « Un tableau, avant d’être un cheval deHuile sur toile, 129,5 x 200,7 cm.
The Museum of Modern Art, New York. bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface
16174plane, recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. » Pour comprendre le
rôle fondamental du plan et de la couleur, les artistes se référèrent aux maîtres
epré-Renaissance, que le XIX siècle avait pris l’habitude de nommer « primitivistes ». C’est
en suivant leurs traces qu’apparut une autre « nouvelle naissance », celle dont rêvaient les
jeunes artistes, futurs impressionnistes.
Dans son ouvrage Le Déclin de l’Occident, le philosophe Oswald Spengler s’attacha, entre
autres, à décrire l’étiolement de la peinture, montrant que ses critères esthétiques ne
différaient pas des idéaux de l’Antiquité. Sous le coup de plusieurs facteurs, tous révélés
eau début du XX siècle, l’eurocentrisme vacilla. En effet, les peintres européens
s’intéressaient à l’esthétique d’autres civilisations. Si les romantiques étaient fascinés par
eun certain Orient, les jeunes peintres de la dernière décennie du XIX siècle, cherchèrent
18dans l’art du Japon et de la Chine la possibilité « d’interpréter la surface plane »
equ’évoque Maurice Denis. Un peu plus tard, dans les premières années du XX siècle, les
artistes firent connaissance, grâce à des expositions en France et en Allemagne, avec
l’Islam, éminemment primitif au regard des Européens. Ces recherches avancèrent
également grâce à l’arrivée massive des œuvres provenant de « mondes primitifs », à la
efin du XIX siècle.
Aussi étonnante que fût la dextérité des artisans africains, ils restaient, pour les
Paul Gauguin, Européens, des primitifs. Inondant l’Europe, après la découverte de l’Amérique, les
D’où venons-nous ?
œuvres en or réalisées au Pérou ou au Mexique, furent seulement considérées comme des
Où allons-nous ?, 1897-1898.
métaux précieux, destinés à être fondus et réutilisés. Les arts d’Afrique, d’Amérique Huile sur toile, 139,1 x 374,6 cm.
Latine et d’Océanie étaient présents en Europe, mais ignorés des musées. The Museum of Fine Arts, Boston.
19Horace Pippin,
Petit-Déjeuner le dimanche matin, 1943.
Huile sur toile.
Collection privée.
20