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L'exposition à l'oeuvre dans la peinture même

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Livres
248 pages
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Description

Ce livre traite de l'exposition en œuvre dans le processus pictural, c'est-à-dire de la façon dont la peinture est réalisée dans et par son exposition. Certains artistes conçoivent la peinture en mettant en question le cadre, l'accrochage, l'espace, la place du spectateur et même leur rôle d'artiste. C'est aussi un rapport au temps présent qui apparaît sur la scène d'exposition à travers la place du spectateur. Il en résulte l'émergence de nouvelles spatialités qui font de l'immersion un paradigme de la relation esthétique du spectateur à l'espace pictural.

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Ajouté le 15 janvier 2016
Nombre de lectures 30
EAN13 9782336401362
Langue Français
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esthétiques
Sandrine Morsillo
L’EXPOSITION À L’ŒUVRE DANS LA PEINTURE MÊME Peintures d’exposition
LEXPOSITION À LŒUVREDANS LA PEINTURE MÊME
ESTHÉTIQUESCollection dirigée par Jean-Louis Déotte Pour situer notre collection, nous pouvons reprendre les termes de Benjamin annonçant son projet de revue :Angelus Novus. « En justifiant sa propre forme, la revue dont voici le projet voudrait faire en sorte qu’on ait confiance en son contenu. Sa forme est née de la réflexion sur ce qui fait l’essence de la revue et elle peut, non pas rendre le programme inutile, mais éviter qu’il suscite une productivité illusoire. Les programmes ne valent que pour l’activité que quelques individus ou quelques personnes étroi-tement liées entre elles déploient en direction d’un but précis ; une revue, qui expression vitale d’un certain esprit, est toujours bien plus imprévisible et plus inconsciente, mais aussi plus riche d’avenir et de développement que ne peut l’être toute manifesta-tion de la volonté, une telle revue se méprendrait sur elle-même si elle voulait se reconnaître dans des principes, quels qu’ils soient. Par conséquent, pour autant que l’on puisse en attendre une ré-flexion – et, bien comprise, une telle attente est légitimement sans limites –, la réflexion que voici devra porter, moins sur ses pensées et ses opinions que sur les fondements et ses lois ; d’ailleurs, on ne doit plus attendre de l’être humain qu’il ait toujours conscience de ses tendances les plus intimes, mais bien qu’il ait conscience de sa destination. La véritable destination d’une revue est de témoigner de l’esprit de son époque. L’actualité de cet esprit importe plus à mes yeux, que son unité ou sa clarté elles-mêmes ; voilà ce qui la condamne-rait – tel un quotidien – à l’inconsistance si ne prenait forme en elle une vie assez puissante pour sauver encore ce qui est probléma-tique, pour la simple raison qu’elle l’admet. En effet, l’existence d’une revue dont l’actualité est dépourvue de toute prétention his-torique est justifiée… » Dernières parutions Lucie ROY,Le pouvoir de l’oubliée : la perception au cinéma, Un essai à caractère philosophique, 2015. Ricardo SALAS ASTRAIN et Fabien LE BONNIEC (dir.),Les Mapuche à la mode. Modes d’existence et de résistance au Chili, en Argentine et au-delà, 2015. Denis SKOPIN,La photographie de groupe et la politique de la disparition dans la Russie de Staline, 2015
Sandrine MORSILLOL’exposition à l’œuvre dans la peinture même Peintures d’exposition
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww.harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08125-0 EAN : 9782343081250
À Éva et Patrick
INTRODUCTION Autour de la peinture La peinture a pour tradition de s’achever dans le secret de l’atelier, hors du lieu de son exposition. Par ailleurs, 1 son autonomie à travers l’objet-tableau permettrait de l’accrocher n’importe où, sans que l’opération d’exposition n’interfère. Or, certains artistes pensent aussi la peinture par rapport à son exposition. Cette phase compléterait la peinture en s’intégrant au processus même et l’œuvre prendrait alors réellement place dans le lieu où elle est exposée. Depuis les années soixante, la peinture n’est plus seulement pensée dans la verticalité et la platitude du 2 tableau, elle s’est « horizontalisée » ; elle atteint même, dans les années quatre-vingt-dix, une certaine 3 « voluminosité » , pour reprendre le mot de Maurice Merleau-Ponty, sans pour autant être un volume. C’est alors cette profondeur qui va redéfinir la position physique du spectateur. Certains « tableaux » sont installés de façon
1 Le tableau est « un panneau, une surface plane […] quelque chose comme une table mais dressée verticalement à la hauteur et dans des conditions voulues », Hubert Damisch, « La ruse du tableau »inCahiers du MNAM, n° 40,Peindre ?Été 1992, p. 5. 2 Dans la pratique de Jackson Pollock. 3 Maurice Merleau-Ponty,Phénoménologie de la perception, (1945), Paris, Gallimard, 1964, p. 307-308. « Les couleurs ne se condensent plus en couleurs superficielles, elles diffusent autour des objets et deviennent couleurs atmosphériques ».
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