La Peinture Anglaise

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L'école de peinture britannique a été officiellement reconnue au début du XVIIIe siècle grâce au travail du peintre William Hogarth. Elle regroupe des oeuvres des plus grands artistes britanniques tels que Thomas Gainsborough, Joseph Mallord William Turner, John Constable, Edward Burne-Jones ou encore Dante Gabriel Rossetti. Cette peinture est présentée grâce à un texte unique en son genre publié en 1882 : une étude française de l'art pictural anglais. Homme de grande culture, historien d'art et inspecteur des Beaux-Arts, Ernest Chesneau présente les débuts de cette école qui excelle dans l'art du portrait et du paysage, rappelle la maestria anglaise en matière d'aquarelle et n'oublie pas d'insister sur les préraphaélites.

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Date de parution 08 mai 2012
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EAN13 9781781603086
Langue Français

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LAPEINTURE ANGLAISE
Ernest Chesneau
Auteur : Ernest Chesneau
Mise en page : Baseline Co. Ltd 61A-63A Vo Van Tan Street e 4 étage District 3, Hô-Chi-Minh-Ville Vietnam
© Confidential Concepts, worldwide, USA © Parkstone Press International, New York, USA Image-Barwww.image-bar.com
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ISBN : 978-1-78160-308-6
Ernest Chesneau
LAPEINTURE ANGLAISE DUROIGEORGESIIÀ LAREINEVICTORIA
SOMMAIRE
Les Maîtres anciens (1730-1850)
Paysage et aquarelle
L’École moderne (1850-1882)
Les Préraphaélites
Paysage, peinture d’histoire et de genre
Notes
Liste des illustrations
7
71
123
135
205
250
252
6
LES
MAÎTRES
ANCIENS
(17301850)
a-t-il une école anglaise ? Si l’on s’en tient à la définition étroite du mot école, il s’applique d’une façon bien imparfaite au mouvement de la peinture en Angleterre. uneYtechnique, un goût particulier dans le dessin, un sens de la couleur également particulier En effet, il sert généralement à désigner un ensemble de traditions et de procédés, concourant à l’expression d’un idéal commun poursuivi par les artistes d’une même nation dans le même temps. À ce titre, il y a une école flamande, une école hollandaise, une école espagnole, il y a diverses écoles en Italie, il y a une école française, mais il n’y a pas d’école anglaise. Il n’y a pas d’école anglaise, car ce qui ressort très visiblement de l’étude de la peinture en Angleterre, c’est précisément l’absence de toute tradition commune, c’est l’indépendance absolue et pour ainsi dire l’isolement de chaque peintre. On n’y trouve nulle empreinte d’une méthode ou d’une éducation collective, d’un enseignement officiel, d’une Académie à Rome, d’une École des beaux-arts. L’art anglais est un art libre et, en raison de sa liberté même, infiniment varié, plein de surprises et d’initiatives imprévues.
Mais si, pour la rapidité du discours, on confond sous le nom d’école le faisceau de toutes les manifestations individuelles qui représentent l’art d’un peuple, et un art digne de l’Histoire, certes alors il y a une école anglaise.
On peut la dater de plus de trois siècles, et cependant elle n’était pas connue en Europe. Pour nous ouvrir les yeux, il a fallu qu’à l’occasion de l’Exposition de 1855, pour la première fois, les artistes anglais contemporains se soient décidés à traverser la Manche. La surprise fut très grande en France, lorsqu’on vit s’aligner sur les murailles du petit palais provisoire de l’avenue Montaigne de nombreux tableaux ne relevant d’aucune école qui nous fût familière. Jusqu’à cette époque, on avait refusé non seulement le génie, mais le sens même, j’entends le sens pratique de l’art, aux Anglais. À défaut de grands peintres, on ne pouvait nier pourtant que l’Angleterre eût d’illustres amateurs. Les érudits, les collectionneurs n’ignoraient pas que l’aristocratie britannique possédait les plus riches galeries de maîtres anciens et avait recueilli nos plus beaux Poussin, nos Watteau les plus précieux, au temps même où la France de David les tenait dans le plus profond dédain. En 1855, par un entraînement irréfléchi, résultat de la surprise, on exalta peut-être outre mesure l’école subitement révélée. La révélation eût été bien plus complète et saisissante, l’élan d’admiration bien plus vif encore et plus justifié, e si les œuvres des peintres anglais duXVIIIsiècle nous avaient alors été montrées. C’est en 1725, en effet, que se montre tout à coup à l’Angleterre étonnée un artiste véritablement anglais, anglais de mœurs, de caractère et de tempérament comme de naissance, fait sans 1 précédent ou à peu près. Il se nommait William Hogarth .
Jusque-là, les peintres du continent et surtout les peintres du Nord, Holbein, Rubens, Van Dyck, Lely et également l’Italien Zuccaro avaient été chargés par les souverains de décorer les châteaux, les palais et les temples. Ils trouvaient, à la cour et auprès des familles nobles, des commandes généreuses qui faisaient de leur séjour sur le sol britannique un perpétuel triomphe.
Anthony van Dyck, Lady Anne Carr, Comtesse de Bedford, vers 1638. Huile sur toile, 136,2 x 109 cm. Petworth House, Sussex.
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Les Maîtres anciens (1730-1850)
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Anthony van Dyck, er Charles I à cheval, vers 16371637. Huile sur toile, 367 x 292,1 cm. The National Gallery, Londres.
William Hogarth, Le Mariage de Stephen et Mary Cox, 1729. Huile sur toile, 128,3 x 102,9 cm. The Metropolitan Museum of Art, New York. (p. 10)
William Hogarth, La Fille aux crevettes, vers 17401745. Huile sur toile, 63,5 x 52,5 cm. The National Gallery, Londres. (p. 11)
Ils formaient bien aussi quelques élèves auxquels ils enseignaient de l’art ce qui peut s’en apprendre mais il n’était pas en leur pouvoir de communiquer leurs dons essentiels : er l’invention, l’imagination. Sir James Thornhill, peintre du roi George I , gentilhomme de naissance, membre du parlement, est peut-être le seul qui, dans ses peintures murales de Saint-Paul et de Greenwich, ait témoigné de quelque chaleur pittoresque, mais ce n’est e pas là encore un artiste original. Il continue leXVIIsiècle français, les allégories de Le Brun et de Jouvenet avec un léger reste de cette vie qui coule à profusion sous le pinceau de Rubens.
Hogarth est donc le premier en date, celui qui ouvre l’école anglaise. Il en est, si l’on veut, le Giotto, comme le disait avec quelque emphase l’introduction au livret de l’Exposition internationale de 1862. Mais que les mots ne nous trompent pas, ne nous abusons pas sur leur valeur. De ce qu’il y a en réalité un art britannique, s’ensuit-il que cet art mérite de prendre rang parmi les grandes écoles que nous étions habitués à respecter dans leurs formules les plus opposées, Raphaël et Rembrandt, par exemple ?
LePortraitLHistoireLeGenre
Certainement il est possible de compter en Angleterre un certain nombre d’individualités artistiques très élevées, et dans ce nombre de véritables maîtres. Mais à part ces quelques sommités, nous serons forcés de constater une moyenne de talent très inférieure à celle des écoles du continent et nous en dirons les causes. L’enthousiasme que soulevèrent les premières œuvres humoristiques de Hogarth eut une influence décisive sur l’école anglaise, qui exploite encore aujourd’hui, avec moins de vigueur, le terrain où ce spirituel aventurier de l’art, d’abord renié par tous ses confrères, planta sa tente d’observation.
e Dans ceXVIIIsiècle anglais, grossier et brutal en bas, libertin et corrompu en haut, les sujets de satire ne pouvaient manquer à une âme intègre, secondée par un esprit pénétrant et vif. C’est ce que comprit Hogarth. Il eut le pressentiment que par la représentation fidèle des mœurs de son temps, par les clameurs des ennemis qu’il se ferait, par les applaudissements de la galerie, le succès couronnerait infailliblement l’effort de l’homme assez audacieux pour montrer à la société contemporaine ses laideurs, ses infirmités et ses vices. Et son pressentiment fut justifié. Il commença par renoncer à toute étude académique, se bornant à étudier la physionomie humaine au vif de la passion dans les foules, dans les tavernes, dans les endroits publics. Puis il jeta violemment au bas de son piédestal la réputation du peintre en vogue, William Kent, qui prétendait avoir retrouvé, lui aussi, un siècle avant Louis David, le véritable, l’unique, le pur style grec. Prétention plus ridicule que jamais sous le pinceau de Sir William, et en quelque temps qu’elle se manifeste, en quelque esprit qu’elle surgisse, prétention absolument folle, piteuse, visée de pédants affublés du double masque de Janus, mais aveugles pour ce qui est devant eux et ne regardant que le passé.
La première arme de Hogarth fut la caricature. Anglo-Saxon dans toute la force du terme (voyez le portrait où il s’est représenté lui-même avec Trump, son chien favori : l’homme, le dogue, c’est le même type), Hogarth ne comprenait pas et dédaignait de bonne foi ce que nous appelons le style, la tradition des maîtres, l’art en tant qu’expression ou réalisation figurée de l’idéal.
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