Le Musée de sculpture comparée du Trocadéro

Le Musée de sculpture comparée du Trocadéro

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Livres
196 pages

Description

Après la tour Eiffel, sa très haute et puissante voisine, et le Sacré-Cœur de Montmartre, le palais du Trocadéro est le monument le plus en vedette de Paris. Comme tant d’autres curiosités parisiennes il est connu surtout des provinciaux et des étrangers, à qui le guide qu’ils tiennent à la main ne laisse rien oublier, et qui n’ont pas toute la vie pour remettre au lendemain la visite.

Les minarets du Trocadéro ne sont donc pas pour eux un simple point de repère, la visite du palais est une étape nécessaire de leurs explorations.

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Date de parution 14 novembre 2016
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EAN13 9782346125340
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Langue Français

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Camille Enlart
Le Musée de sculpture comparée du Trocadéro
Dans la description des collections du musée, les n uméros entre parenthèse, sont ceux que portent les objets et qui les désignent da ns le dernier catalogue. La diversité des caractères employés répond à la situation des o bjets dans le Musée : Le caractère ordinaire désigne l’aile de Paris ; Le caractère gras l’aile de Passy ; Le caractère italique la salle dite de l’ornement, près des services administratifs. Les lettres qui accompagnent les numéros indiquent la série à laquelle appartient l’objet :
A, Gallo-romain, Mérovingien, Carolingien ; B, Roman ; C, Gothique primitif ; D, Gothique secondaire ; E, Flamboyant ; F, Renaissance ; G, Moderne ; H, Antique ; I, Étranger.
Palais du Trocadéro.
Photo Neurdein.
I
HISTORIQUE DU MUSÉE
Après la tour Eiffel, sa très haute et puissante vo isine, et le Sacré-Cœur de Montmartre, le palais du Trocadéro est le monument le plus en vedette de Paris. Comme tant d’autres curiosités parisiennes il est c onnu surtout des provinciaux et des étrangers, à qui le guide qu’ils tiennent à la main ne laisse rien oublier, et qui n’ont pas toute la vie pour remettre au lendemain la visite. Les minarets du Trocadéro ne sont donc pas pour eux un simple point de repère, la visite du palais est une étape nécessaire de leurs explorations. Les anciennes expositions leur en ont appris le chemin ; ils ont rapporté à la maison dessouvenirsde ces grandes foires, et ces objets ont rendu familiè re aux enfants la silhouette de ce palais qui, à force d’avoir vécu dans sa jeunesse a vec des rues du Caire et des kasbahs de plâtre, conserve un faux air de mosquée. Quant à l’intérieur du palais, il est peu d’entre nous qui n’aient entendu les échos, heureusement atténués aujourd’hui, de saSalle des fêtes.savent même que le bâtiment contient Beaucoup des collections, et soit pour occuper les entr’acte s d’un concert, soit pour se garer d’une pluie d’orage, plus d’un a pénétré dans le mu sée de sculpture comparée ; cependant il est rare qu’ils en connaissent plus de la moitié. Il est difficile, en effet, de deviner que ce musée est réparti dans les deux aile s du Palais, séparé par toute la largeur de la grande salle et de ce musée d’ethnographie qu’on trouve rarement ouvert et qu’on s’étonne de ne pas voir réuni aux collecti ons similaires duMuséum.Les jours de concerts, force est de traverser la place pour a ller d’une aile à l’autre du musée de sculpture. Sur le musée de sculpture, les provinciaux sont enc ore les mieux renseignés : ils savent où y trouver le moulage de quelques œuvres c élèbres dont leur localité est justement fière. Mais de quelque part et pour quelque motif qu’il vi enne, fût-ce même pour un rendez-vous sentimental, ce qui n’est pas sans exem ple, le visiteur se sent attiré, et il est rare qu’il n’aille pas jusqu’au bout des galeri es. S’il les a parcourues une fois, il reste sous le charme, et généralement il y revient. Que l’on se garde de voir dans ces lignes l’exagération d’un directeur de musée amoure ux de ses collections. La
séduction qu’exerce le musée est certaine et s’expl ique. N’est-il pas une sélection de ce qui s’est fait de plus beau en sculpture pendant un millier d’années en France, avec un choix de chefs-d’œuvre d’autres temps et d’autre s pays pour servir de points de comparaison ? Nulle part l’histoire de l’art, qui passionne à bon droit tant d’entre nous, n’est plus clairement et agréablement enseignée que dans ces r approchements méthodiques de moulages. Si l’on veut bien ne pas se placer au point de vue des cambrioleurs, justement dédaigneux du plâtre, un tel musée a sur les collec tions d’originaux quelques avantages certains. Il n’acceuille, en effet, que des œuvres de choix, les pièces de premier ordre ne coûtant pas plus que d’autres en reproduction ; il lui est également facile d’avoir des séries complètes, et il a le privilège de rapproche r pour l’étude des morceaux dont il est impossible de mettre les originaux côte à côte. Enfin certains originaux sont difficiles à voir, tandis que les moulages sont à p ortée de l’œil, bien éclairés et de teinte uniforme. L’aspect des moulages diffère parfois des originaux qui ont reçu la patine du temps. Celle-ci donne à l’ensemble des monuments une inimi table beauté, mais ne fait valoir certains détails qu’en en défigurant beaucoup d’autres, qu’altèrent des coulées de siue ou des taches de mousse. Au contraire, la tonalité claire et uniforme du plâtre rend lisible le modelé et restitue à l’œuvre l’aspect qu ’elle avait au sortir des mains de l’artiste. On peut donc dire que le moulage a parfo is quelque chose de plus exact que l’original.
e e Aile de Passy. Salle des XIII et XIV siècles.
Photo C. Entart.
Le Musée de sculpture comparée est le musée histori que de la sculpture française, et répond comme tel à un besoin du public, mais la conception sur laquelle il repose n’a guère plus d’un siècle d’existence. Si l’art a toujours été en France une nécessité, e la critique historique était avant le XIX siècle l’apanage d’un très petit nombre d’esprits ; l’histoire enregistrait les faits ; con densait en phrases lapidaires mais apocryphes les sentiments de ses héros, et ne prêta it aucune attention ni aux mœurs, ni aux arts. La Révolution, tout en ouvrant plus la rgement au public les collections d’art, ne comprit pas les choses différemment au dé but : en 1792, le ministre Roland prescrivait que l’on se gardât bien de classer par écoles les tableaux du Louvre :
« C’est une étrange idée » disait-il « de croire qu ’il importe aux artistes d’être à même de comparer facilement les différents âges et les d ifférentes manières de chacun... de s’amuser à des comparaisons stériles qui ne tendrai ent qu’à une vaine critique ». C’est pourtant cette année-là même, comme l’a montr é M. Stein, que le peintre Doyen rassemblait aux Petits-Augustins des objets d ’art anciens soustraits au vandalisme révolutionnaire et résolument choisis en vue de l’enseignement historique. Entre les mains de son disciple Lenoir, cette colle ction devint le Musée des monuments français, et donna chez nous au public la notion et le goût des arts du passé. Lorsqu’en 1816 on le détruisit pour opérer des rest itutions et surtout pour reconstituer la nécropole royale de Saint-Denis, on voulut faire encore de Saint-Denis une galerie d’iconographie historique, et quand cet te erreur prit fin, il fallut, pour répondre à la curiosité publique, mettre l’histoire en tableaux et en moulages dans le château historique de Versailles, et recueillir les épaves des mobiliers anciens dans le palais de Julien et des abbés de Cluny. En apprenant à connaître les monuments d’art, on se mit à les respecter davantage : déjà en 1832, au musée de Versailles, o n ne transporta plus les tombeaux eux-mêmes, mais leurs moulages. On avait dès lors c ompris l’intérêt de ces reproductions fidèles, et en 1834 ce fut pour l’ens eignement artistique que M. Thiers créa dans l’École des Beaux-Arts un musée entièreme nt formé de moulages. Malheureusement, l’art français n’y occupe qu’une p lace infime à côté de l’art italien et de l’antiquité. C’est la conséquence des étranges p réventions qui ont régné à l’Académie des Beaux-Arts depuis sa fondation par L ouis XIV jusqu’à ces dernières années. C’est dans un esprit plus large que les Ang lais créèrent en 1857 le musée de moulages de Sydenham, dont l’arrangement est plus p ittoresque que critique ; et il s’en fallut de peu qu’un musée de moulages d’un car actère très général fût créé alors chez nous. En 1848, en effet, les ouvriers mouleurs de Paris avaient adressé au Gouvernement une pétition pour la création d’un ate lier national qui aurait permis de former dans la capitale un musée de reproductions e t d’enrichir en même temps les musées de province. Cette idée devait se réaliser environ trente ans pl us tard, mais au profit de notre art national, et grâce aux efforts d’un homme qui n’ava it cessé pendant ce temps de lutter pour lui faire rendre justice.
Hôtel Bernuy à Toulouse. Portique de la cour.
Photo Neurdein.