Lempicka

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Description

Les portraits, les nus et les natures mortes de Tamara de Lempicka (1898-1980) résument l’esprit Art déco et Jazz Age. Ils reflètent le style de vie élégant et hédoniste d’une élite fortunée et glamour dans le Paris de l’entre-deux-guerres. Combinant une formidable technique classique et des éléments empruntés au cubisme, Tamara de Lempicka représente à l’époque le summum de la modernité, tout en s’inspirant de grands maîtres portraitistes comme Bronzino et Ingres. Ce livre célèbre la beauté rationnelle de ses meilleurs travaux réalisés entre 1920 et 1930. Il retrace l’histoire de la vie extraordinaire de cette femme séductrice et talentueuse du début du siècle en Pologne et dans la Russie des tsars, ainsi que celle de ses années glorieuses à Paris et de ses longues années de déclin aux Etats-Unis jusqu’à sa redécouverte triomphante dans les années 70, lorsque ses portraits devenaient des icônes emblématiques mondialement connues.

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Date de parution 15 septembre 2015
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EAN13 9781783108343
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0025 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Texte : Patrick Bade
Traduction : Maud Combier et Thierry Perben

Mise en page :
Baseline Co. Ltd
61A-63A Vo Van Tan Street
ème4 étage
District 3, Hô Chi Minh-Ville
Vietnam

© Parkstone Press International, New York, USA
© Confidential Concepts, worldwide, USA
I m a g e - B a r www.image-bar.com
© de Lempicka Estate / Artists Rights Society, New York, USA / ADAGP
© Denis Estate / Artists Rights Society, New York, USA / ADAGP
© Lepape Estate / Artists Rights Society, New York, USA / ADAGP.
© Dix Estate / Artists Rights Society, New York, USA / VG Bild-Kunst.
© Pierre et Gilles. Galerie Jérôme de Noirmont, Paris
© O’Keeffe Estate / Artists Rights Society, New York USA
© Lotte Lasterstein.
Tous droits réservés
Toute reproduction, même partielle, de cet ouvrage requiert l’accord du propriétaire des droits
d’auteur dans le monde entier. Tous les droits d’auteur des oeuvres reproduites dans ce livre restent
la propriété des photographes qui en sont les auteurs. Malgré des recherches approfondies, il n’a pas
toujours été possible d’établir la propriété des droits d’auteurs. C’est pourquoi, le cas échéant, nous
désirerions en être avertis.

ISBN : 978-1-78310-834-3Patrick Bade



Tamara de Lempicka





S o m m a i r e


INTRODUCTION
SES DÉBUTS
ART DÉCO
LE GRAND TOURNANT
SES TABLEAUX
BIBLIOGRAPHIE
BIOGRAPHIE
INDEXTamara de Lempicka en robe de soirée, v. 1929.
Photographie noire et blanche sur papier. 22,3 x 12 cm.


I N T R O D U C T I O N


Tamara de Lempicka est à l’origine de certaines des images les plus célèbres du vingtième siècle. Les
portraits et les nus qu’elle peint dans les années 1925-1933 embellissent les couvertures de plus de
livres que les oeuvres de n’importe quel autre artiste de son époque. Les éditeurs comprennent vite
qu’en tant que reproduction, ces images attirent vivement l’œil et éveillent l’intérêt du public. Au
cours des dernières années, les originaux ont atteint des prix records chez Christie’s et Sotheby.
Outre les musées, ce sont les stars du cinéma et de la musique pop qui se sont empressées de
collectionner ses toiles. En mai 2004, la Royal Academy of Arts de Londres a organisé une grande
exposition de l’œuvre de Lempicka, un an après qu’elle eut été particulièrement remarquée lors d’une
autre exposition importante d’Art déco, au Victoria and Albert Museum. Le public s’est rendu en
masse à cette exposition, en dépit de critiques sans précédent envers une artiste dont la réputation et la
valeur des œuvres ne sont plus à prouver. Le critique d’art du Sunday Times, Waldemar Januszczak,
dans un registre de condamnation morale pas même utilisé par Hitler lorsqu’il dénonçait l’art
moderne pendant les rallyes de Nuremberg ou lors de l’exposition sur l’art dégénéré sponsorisée par
les nazis, tient alors ces propos :
« Je pensais qu’elle n’était qu’une colporteuse maniérée et superficielle des banalités de
l’Art Déco, mais je me trompais. Lempicka était bien pire. C’était un moteur pour la
décadence esthétique, une corruptrice mélodramatique au grand style, un promoteur de
fausses valeurs, un clown dégénéré, et principalement, une artiste sans intérêt. Mais à
notre grand dam, et sans trop savoir comment, ses tableaux ont atteint des prix
ridiculement élevés ».
Selon Januszczak, Lempicka n’a rien de l’innocente réfugiée de la Révolution Russe qu’elle
prétendait être lors de son arrivée à Paris en 1919. Elle avait plutôt une sombre mission à accomplir :
mener « l’assaut sur les convenances humaines et sur les canons artistiques de son époque ». On ne
peut s’empêcher de se demander ce qui, dans l’œuvre de Lempicka, justifie de telles vitupérations
hystériques. Il y a peut être un élément de réponse dans cette autre remarque acerbe de Januszczak :
« Apparemment, Luther Vandross collectionne ses tableaux. Madonna et Streisand aussi. Ce genre de
personnes ». C’est peut-être plus le politique, que l’esthétique, qui est à l’origine de cette hostilité.
Ce qui irrite vraiment certains critiques, c’est plutôt le style de vie glamour des collectionneurs et des
modèles de Tamara.SES DÉBUTS

Portrait de la Baronne Renata Treves, 1925.
Huile sur toile, 100 x 70 cm.
Barry Friedman Ltd., New York.


Les origines de Tamara de Lempicka, tout autant que son enfance, sont empreintes de mystère. Les
seuls éléments dont nous disposons sur son passé, proviennent de fragments autobiographiques
auxquels on ne peut pas trop se fier, de récits de sa fille, la baronne Kizette de Lempicka-Foxhall, et
du biographe de l’artiste, l’Américain Charles Philips. La plupart des histoires racontées par sa fille
ont des airs de nouvelle romantique ou de scénario de film, ce qui suppose qu’elles soient aussi peu
authentiques.
Le lieu autant que la date de naissance de Tamara de Lempicka diffèrent selon les sources. Rien
n’est plus révélateur de la vanité d’une belle femme que de changer sa date de naissance (même s’il
faut rappeler qu’à l’époque de Tamara, les cantatrices de musique de chambre avaient le droit, sous
l’empire austro-hongrois, de changer leur date de naissance jusqu’à un maximum de 5 ans).
Pour certains, Tamara de Lempicka a changé son lieu de naissance de Moscou à Varsovie, ce qui
pourrait avoir son importance. On a souvent entendu dire qu’elle était d’origine juive, du côté de son
père, et que c’est pour essayer de s’en cacher qu’elle a dissimulé son lieu de naissance. Certes, la
capacité de se réinventer encore et toujours au gré des endroits où l’on est, dont elle s’est toujours
servie, est un mécanisme de survie développé par les juifs de sa génération. Et que cette femme,
normalement peu encline à la politique, pressente le danger nazi, et qu’elle veuille quitter l’Europe en
1939, suggère qu’elle était en partie juive.
La version officielle indique que Tamara Gurwik-Gorska est née en 1898 à Varsovie, dans une
riche famille bourgeoise polonaise. Après avoir été divisée trois fois à la fin du dix-huitième siècle, la
plus vaste partie de la Pologne, y compris Varsovie, est absorbée par l’Empire russe. La montée en
puissance du nationalisme au dix-neuvième siècle, amène une succession de révoltes contre les règles
imposées par les russes, et contre les essais de plus en plus rudes de russifier les polonais et de
réprimer leur identité. Rien n’indique, toutefois, que Tamara ait eu les mêmes aspirations politiques
et culturelles que les polonais. Au contraire, il semble qu’elle se soit plus identifiée aux classes
dirigeantes du régime tsariste, qui opprimait la Pologne. Il est frappant de voir qu’en 1918, alors
qu’elle fuit la Russie bolchevique, elle choisit de s’exiler à Paris avec des milliers d’aristocrates
russes, plutôt que d’aller vivre dans une Pologne qui vient de retrouver sa liberté et son
indépendance.
La famille de sa mère, Malvina Decler, était suffisamment aisée pour aller passer la belle saison à
St Pétersbourg et se rendre dans les stations thermales européennes à la mode. C’est précisément lors
d’un de ces voyages, que Malvina Decler rencontra son futur mari Boris Gorski. On sait peu de
choses au sujet de ce dernier, si ce n’est qu’il travaillait en tant qu’avocat pour un cabinet français.
Pour des raisons que l’on ignore, Tamara parle très peu de son père lorsqu’elle raconte son enfance.
Pourtant, à en croire ce qu’elle en dit par la suite, elle semble avoir eu une enfance heureuse, avec
son grand frère Stanczyk et sa petite sœur Adrienne. Tamara avait un tempérament entêté depuis le
plus jeune âge, mais on cédait plus volontiers à ses caprices qu’on ne les réprimandait. La commande
d’un portrait de Tamara à l’âge de douze ans fut une révélation. « Ma mère avait décidé qu’une dame
connue, qui travaillait avec des pastels, ferait mon portrait. J’ai dû poser, sans bouger, pendant des
heures...plus encore...c’était une vraie torture. Plus tard, c’est moi qui torturerais ceux qui poseraient
pour moi. Quand elle eut fini, le résultat ne me plaisait pas. Ce n’était pas ...précis. Les lignes
n’étaient pas fournies, pas nettes. Ça ne me ressemblait pas. J’étais sûre de pouvoir mieux faire. Je ne
connaissais en rien la technique, et je n’avais jamais peint, mais tout cela m’importait peu. J’obligeai
donc ma sœur, de deux ans ma cadette, à poser après m’être procuré de la peinture. Je me mis à
peindre et peindre encore jusqu’à obtenir quelque chose. Cela restait imparfait, mais ressemblait plus
à ma sœur que le portrait de la dame connue ne me ressemblait ».Paysanne en prière, v. 1937.
Huile sur toile, 25 x 15 cm. Collection privée.La Polonaise, 1933. Huile sur panneau,
35 x 27 cm. Collection privée.


Si la vocation de Tamara est née, comme elle le laisse entendre, de cette anecdote, elle n’a été que
plus encouragée l’année suivante lors d’un voyage en Italie avec sa grand-mère. D’après Tamara, sa
grand-mère et elle auraient comploté, afin de persuader la famille que ce voyage était nécessaire pour
la santé de la jeune fille, cette dernière feignant d’être malade. La grand-mère prétexta quant à elle le
désir profond d’accompagner Tamara, afin de profiter du doux climat de Rome, Florence et Monte
Carlo, bonne couverture pour ne pas avouer sa passion du jeu. La vieille dame polonaise et sa
petitefille, alors tout juste à l’âge où la beauté commence à se révéler, ont dû donner la même image
d’exotisme pittoresque que la famille polonaise qu’observe Aschenbach, dans La Mort à Venise de
Thomas Mann. Les visites des musées à Venise, Florence et Rome, font de l’art de la Renaissance
italienne une passion que nourrira Lempicka toute sa vie, et qui influencera ses plus belles œuvres
dans les années 1920 et 1930. Une photographie déchirée et froissée de Tamara, prise à Monte Carlo,
nous montre une typique jeune fille de bonne famille de l’avant-guerre. Ses cheveux amoureusement
peignés tombent en cascades, dans une abondance pré-raphaëlite, sur ses épaules et presque jusqu’à la
taille. Elle pose en train de jouer à ce jeu d’enfant qu’est le diabolo, mais ses lèvres voluptueuses et
son regard assuré lui donnent bien plus que ses treize ans. Le temps viendra vite où elle sera prête
pour la prochaine étape de sa vie : la séduction et le mariage. L’histoire de Tamara, telle
qu’ellemême et sa fille la racontent, jouée sur fond de première guerre mondiale et au cœur de la crise que
connaît la Monarchie russe, pourrait, comme bien souvent dans la vie de l’artiste, constituer la trame
d’un roman ou d’un film romantique populaire.
Après le remariage de sa mère, Tamara, qui lui garde une certaine rancœur, va vivre avec sa tante
Stéphanie et son mari, un riche banquier, à Saint-Pétersbourg d’où elle ne pourra repartir, la guerre
ayant éclaté et l’Allemagne occupant Varsovie. A la veille de la guerre, Tamara, qui n’a que quinze
ans, remarque un charmant jeune homme à l’opéra, entouré de femmes, belles et sophistiquées. Elle
jette alors son dévolu sur ce jeune homme, Tadeusz Lempicki, qu’il lui faut avoir à tout prix. Bien
qu’avocat de formation, il n’en est pas moins coureur, issu d’une riche famille de propriétaires
terriens. C’est donc avec sa franchise et son manque de retenue habituels, que la jeune femme, faisant
fi de la bienséance, s’approche de Tadeusz et lui fait une révérence appliquée. Par la suite, Tamara
aura l’occasion de confirmer l’impression qu’elle a faite à Tadeusz lors de leur première rencontre,
quand, quelques mois après, son oncle donne un bal auquel Lempicki est invité. Tamara y fait son
apparition, au milieu de femmes élégantes et sophistiquées comme le voulait la mode de Poiret du
moment, habillée en paysanne, traînant une oie au bout d’une laisse. Barbara Cartland et Georgette
Heyer n’auraient pas pu imaginer meilleur stratagème pour attirer l’attention du bellâtre. Selon des
sources vraisemblablement fiables, Tamara aurait ainsi reconnu que la manière dont son oncle a
négocié son mariage avec Tadeusz n’était pas des plus romantiques. En effet, lors d’une rencontre en
ville, le riche banquier s’adresse au jeune homme en ces termes : « Cher Monsieur, je n’irai pas par
quatre chemins. Vous êtes un jeune homme de bonne famille, mais vous n’avez pas grande fortune.
J’aimerais marier ma nièce polonaise. Si vous aviez l’obligeance d’accepter cette union, je ferais en
sorte de lui assurer une dot confortable. En outre, vous avez déjà fait connaissance ».
Lorsque le mariage est célébré en 1916 à Saint-Pétersbourg, rebaptisée depuis peu Petrograd, dans
la chapelle des Chevaliers de Malte, la Russie tsariste est au bord de l’effondrement, croulant sous
l’assaut de l’armée allemande, et sur le point de sombrer dans la révolution. Les tribulations des
jeunes mariés, après la montée au pouvoir des Bolcheviks, ressemblent moins à une intrigue de
roman qu’à celle d’un opéra, où Tamara jouerait le rôle de Tosca, et Tadeusz celui de Cavaradossi.Paysanne à la cruche, v. 1937.
Huile sur panneau, 35 x 27 cm. Collection privée.La Paysanne, v. 1937.
Huile sur toile, 40,6 x 30,5 cm.
Succession de Lempicka.La Diseuse de bonne aventure, v. 1922.
Huile sur toile, 73 x 59,7 cm.
Barry Friedman Ltd., New York.La Bohémienne, v. 1923.
Huile sur toile, 73 x 60 cm. Collection privée.


Il n’est pas surprenant, au vu des origines et du mode de vie du jeune couple ainsi que des activités
et des idées politiques réactionnaires de Tadeusz, que celui-ci soit arrêté sous le nouveau régime.
Tamara raconte qu’elle et son mari faisaient l’amour lorsque la police secrète est venue frapper à la
porte de leur chambre, en plein milieu de la nuit, pour emmener Tadeusz et le jeter en prison. Afin de
localiser son mari et l’aider à fuir la Russie, Tamara demandera du secours au consul de Suède, qui, à
l’instar de Scarpia dans l’opéra mélodramatique de Puccini, la lui accordera moyennant certaines
faveurs. Toutefois l’histoire ne finit pas comme dans l’opéra de Puccini, aucune des parties ne
cherchant à duper l’autre : Tamara donne donc au consul ce qu’il attend, en retour de quoi celui-ci
tient sa promesse. Non seulement il fait libérer son mari et l’aide à s’échapper de Russie, mais il
permet également à Tamara de fuir. Munie d’un faux passeport, elle va retrouver de la famille à
Copenhague via la Finlande. Un nombre incalculable d’aristocrates, d’artistes et d’intellectuels russes
ont suivi le même itinéraire, et leurs péripéties ne sont pas moins colorées que celles de Tamara et de
Tadeusz. Par exemple, la belle et voluptueuse soprano Maria Kouznetsova, coqueluche de l’Empire
russe, se serait enfuie sur un cargo, déguisée en improbable mousse.
Bien que les réfugiés de la révolution russe se soient dispersés aux quatre coins du monde, Paris,
depuis longtemps deuxième patrie pour les Russes nantis, est devenu la Mecque des Russes Blancs
pendant l’entre-deux-guerres. C’est ainsi que Tamara et Tadeusz s’y retrouvent, inexorablement
accompagnés de la mère de Tamara et de sa petite sœur (son frère faisant partie des millions de
victimes de la guerre). Contrairement à beaucoup de réfugiés arrivant sans le sou et sans connaître
personne, Tamara et les siens peuvent au moins compter sur sa tante Stéphanie et son mari, qui a
réussi à épargner une partie de sa fortune et à reprendre son ancienne activité de banquier.
Depuis le début du siècle, l’alliance politique entre la Russie et la France (dont le but était de
contenir la menace que représentait l’Allemagne de Guillaume II) encourage le développement de
liens culturels entre les deux pays. Le célèbre impresario Sergei Diaghilev profite alors de ce climat
politique pour s’installer à Paris. En 1906, il organise une exposition de portraits russes au Grand
Palais, qui, chose inédite jusqu’alors, propose une série de peintures et de sculptures particulièrement
axées sur l’imagination. A la suite de ce succès, il présente pour la première fois au public français,
lors de différents concerts, les musiques de compositeurs tels que Glazounov, Rachmaninov,
Rimsky-Korsakov, Tchaïkovsky, et Scriabine. Les jeunes musiciens français, à qui Wagner faisait
beaucoup d’ombre, sont séduits par cette nouvelle musique qui pour une fois ne vient pas
d’Allemagne. En 1908 à l’Opéra de Paris, Diaghilev organise les premières représentations du plus
grand des opéras russes : Boris Godounov de Moussorgsky. Ce sont autant l’originalité et la
splendeur barbare de la musique de Moussorgsky, que l’incomparable interprétation du basse Feodor
Challiapine, qui éblouissent alors Paris. Challiapine réussit à envoûter le public, qui, lors de
différentes représentations, se dresse et tend le cou pour apercevoir le fantôme, dans la célèbre scène
de l’horloge. Il s’impose dès lors comme le plus grand chanteur d’opéra de son temps. Misia Sert, la
personne alors probablement la plus influente dans les milieux de la mode, ira même jusqu’à dire :
« J’ai compris au sortir du théâtre que quelque chose avait changé dans ma vie, tant j’étais
bouleversée ». L’année suivante, les efforts de Diaghilev se voient on ne peut mieux récompensés
lorsqu’il présente le Ballet russe au public parisien.