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Les armes miraculeuses

De
227 pages
Nombreuses furent les pratiques créatives des personnes réduites en esclavage. Forgées dans la rencontre et le contact, elles ont enrichi le monde culturel, artistique et littéraire; elles sont aujourd'hui des héritages vivants, des sources de créativité, de réinvention, d'inspiration. Elles disent l'exil, la mélancolie, le deuil, la joie, l'espoir. Voici étudiées ces créations et leurs évolutions.
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Lesarmesmiraculeuses PAROLES, CHANTS, POÉSIE, LITTÉRATURE, RITES ET MÉMOIRES LES HÉRITAGES VIVANTS ISSUS DES MONDES DE L’ESCLAVAGE
COLLOQUE INTERNATIONAL 21 ET 22 MAI 2013 AU MUSÉE DU QUAI BRANLY organisé par le musée du quai Branly et Françoise VergèsMémorial de l’abolition de l’esclavage de Nantes avec le soutien de la Délégation générale à la langue française et aux langues de France et du ministère des Outre-mer en lien avec le Comité pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage
SOUS LA DIRECTION DEFRANÇOISE VERGÈS Contributions de Souria Adèle Srinivas Aravamudan Frank Blade Babène Jean-François Boclé Klara Boyer-Rossol Christian Chéry Régine Cuzin Dominique Cyrille Frieda Ekotto Véronique Kanor Valérie Magdeleine-Andrianjafitrimo Carpanin Marimoutou Simon Njami Xavier North Yolaine Parisot Fanie Précourt Félix-Lambert Prudent Vicram Ramharai André Rober Maboula Soumahoro
NUméRO98LESâRmESmIRâCUlEUSES
LES âRmES mIRâCUlEUSES
sous La direction defrançoise vergès
introductionLittÉrature PâRlER, DIRE, éCOUTER, éCRIRE4des Mondes crÉoLes DâNS NOS lâNgUES plURIEllES fRàNÇOISE vERGÈS réâCTUâlISâTIONS DE lâ mémOIRE DE66 l’ESClâvâgE DâNS lE ROmâN hâTIEN discours introductiF20 UlTRâCONTEmpORâIN XàVIER nORth YOlàINE PàRISOt MémOIRES ENfOUIES,76 ouVerture GÉnÉraLe DéCOmpOSéES, REfORmUléES GENÈSE ET âCTUâlITé DES lâNgUES CRéOlES24 vàléRIE MàGdElEINE-aNdRIàNjàFItRImO LàmbERt-félIx PRudENt eNSEIgNER lES lâNgUES ET CUlTURES92 CRéOlES DâNS l’hExâgONE LanGues et teXtes en crÉoLe sOuRIà adÈlE POlITIqUE DES lITTéRâTURES CRéOlES38 MusiQues et rites CàRpàNIN MàRImOutOu Lâ lECTURE DES TExTES âNCIENS50 L’obEâh : mâgIE NOIRE, lâNgâgE DE100 EN CRéOlE DES aNTIllES RévOlTE OU gUéRISON TRâDITIONNEllE ? ET lEUR pORTéE IDéOlOgIqUE sRINIVàS aRàVàmudàN ChRIStIàN ChéRy MaloyaETségaDES MâSCâREIgNES110 MémOIRE blâNChE, éCRITURE NOIRE56 eThNOmUSICOlOgIE D’UNE gENRE plURIEl LES TExTES CRéOlES âNCIENS À MâURICE fàNIE PRécOuRt vIcRàm ràmhàRàI QUâDRIllES, GwOkâ, BélÈ116 MUSIqUE, DâNSE ET RéSISTâNCE EN GUâDElOUpE ET EN MâRTINIqUE DOmINIquE CyRIllE
Rédaction rhônalpine26110 LES PIllES +33 4 75 27 74 80Rédaction parisienne23 RUE BISSON 75020 PâRIS +33 1 40 40 14 65E-mailREDâC@âfRICUlTURES.COmDirecteur de la publicationolIvIER BâRlETRédacteurs en chefBONIfâCE MONgOMbOUSSâ, sylvIE châlâyECoordination de ce numéroaNNE BOCâNDé, FRâNÇOISE VERgÈSOnt participé à ce numérosOURIâ aDÈlE, sRINIvâS aRâvâmUDâN, BlâDE, aNNE BOCâNDé, JEâNcRâNÇOIS BOClé, KlâRâ BOyERrOSSOl, chRISTIâN chéRy, régINE cUzIN, dOmINIqUE cyRIllE, FRIEDâ ekOTTO, VéRONIqUE KâNOR, VâléRIE MâgDElEINEaNDRIâNjâfiTRImO, câRpâNIN MâRImOUTOU, sImON njâmI, XâvIER nORTh, YOlâINE PâRISOT, FâNIE PRéCOURT, LâmbERTFélIx PRUDENT, VICRâm râmhâRâI, aNDRé rObÈR, MâbOUlâ sOUmâhORODesign graphiqueHObOpOk, hObOpOk@fREE.fRSite internetwww.âfRICUlTURES.COm sâmUEl BROzzU, râphâël châSSIgNEUx MâxImE nICOlâSAfriphotoaNâS PâChâbézIâN, âNâIS@âfRICUlTURES.COmÉdition et diffusionÉDITIONS L’HâRmâTTâN 57 RUE DE l’ÉCOlE POlyTEChNIqUE 75005 PâRISAbonnementsvOIR DERNIÈRE pâgEVente au numéroEN lIbRâIRIES OU À L’HâRmâTTâN ET SUR www.hâRmâTTâN.fR
sommaire
arts PerForMances Lâ CRéâTION ESTEllE128cOmbIEN DE SOlITUDES…200 UNE âRmE mIRâCUlEUSE ?véRONIquE KàNOR aNdRé rObÈR cES OmbRES204 Lâ rOUTE DE l’âRT138CàRpàNIN MàRImOutOu SUR lâ rOUTE DE l’ESClâvE (19932000) cES SâgâIES DâNS mâ mémOIRE207 réGINE CuzIN CàRpàNIN MàRImOutOu uNE RElECTURE âRTISTIqUE ET ESThéTIqUE146 J’âI208 DES SpECTRES DE l’HISTOIRE CàRpàNIN MàRImOutOu fRIEdà ekOttO cOmmémORâTIONS210 LE DOUblE TRâNChâNT DE l’âIllEURS152 fRàNk BlàdE BàbÈNE véRONIquE KàNOR dISCERNE lE mONDE212 oUTREmémOIRE162 fRàNk BlàdE BàbÈNE uN mémORIâl SONORE ET vISUEl L’OmbRE D’UN RêvE pâNâfRICâIN214 JEàN-fRàNÇOIS BOclé fRàNk BlàdE BàbÈNE uNE mémOIRE EN pâRTâgE ?172 sImON njàmI anneXe PROgRâmmE OffICIEl DU COllOqUE216 LES âRmES mIRâCUlEUSES MÉMoires et diasPoras MUSéE DU qUâI BRâNly lES 21 ET 22 mâI 2013 LES ENjEUx DE lâ CélébRâTION180 DE l’hISTOIRE, DES CUlTURES ET DES pOpUlâTIONS NOIRES DE FRâNCE MàbOulà sOumàhORO réINvESTIR lE SâCRé186 MUSIqUES, pâROlES ET RITES ChEz lES âNCIENS CâpTIfS DépORTéS DE l’afRIqUE ORIENTâlE À MâDâgâSCâR KlàRà BOyER-rOSSOl
concLusion uNE bIblIOThÈqUE DES SâvOIRS DéCOlONISéS196 fRàNÇOISE vERGÈS
tOUS DROITS DE REpRODUCTION RéSERvéS, SâUf âUTORISâTION pRéâlâblE. nUméRO 98 isBn : 9782343036472 issn : 12762458 cOmmISSION pâRITâIRE âfRICUlTURES.COm : 0918 W 91080
rEvUE pUblIéE âvEC lE CONCOURS DE lâ régION rhÔNEalpES ET DE lâ régION ÎlEDEFRâNCE.
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PâRlER, DIRE, éCOUTER, éCRIRE DâNS NOS lâNgUES plURIEllES
« arMes MiracuLeuses »… Le titre du colloque est évidemment emprunté au titre de la collection de poèmes qu’Aimé Césaire publie en 1946 chez Gallimard. Écrits entre 1941 et 1945, ils furent d’abord publiés dans la revue martiniquaiseTropiques. Une première partie porte la marque d’une recherche éperdue de l’identité et d’un combat contre la négation de la conscience noire, la seconde partie est marquée par la ren-contre d’André Breton et Aimé Cés-aire en avril 1941 à Fort-de-France. L’écriture de ces poèmes est marquée par la censure qui règne à la Marti-nique sous le régime de Vichy. Cette image d’une écriture opaque qui se montre et se masque, nous a semblé particulièrement pertinente pour par-ler des héritages immatériels des escla-vages: langues, palimpsestes, rites configurés et reconfigurés, mémoire versée en inconscient, poésie et litté-rature d’un passé enfoui et pourtant
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demeuré vivant, pratiques qui se montrent et qui se cachent. Ces créa-tions sont de l’ordre de l’inattendu et de l’imprévisible. Objets diasporiques, points d’ancrage, pierres de touche, sources de référence pour les individus, les groupes, les artistes, les armes miraculeuses forgées par les esclaves des colonies françaises dans la ren-contre avec d’autres, esclaves, Libres, propriétaires d’esclaves, transformées et réinventées par les processus de créolisation racontent des histoires. Objets qui se déplacent, créant du sens à travers des rapports complexes avec leur site d’origine (langues, rites, croyances, et savoirs, africains, euro-péens, asiatiques), objets longtemps associés à des personnes mises en dehors de l’Histoire. Objets dont nous devons rappeler l’histoire, sans recourir aux euphémismes, sans avoir peur de confronter un passé et un présent lourds de conflits et de
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introduction
FrançOisE VErgès
FrançOise VergèsEST éCRIvâIN, COmmISSâIRE D’ExpOSITIONS, âUTEUR DE filmS, ET pOlITO lOgUE. ellE EST âCTUEllEmENT cONSUlTINg PROfESSOR, GOlDSmIThS cOllEgE, LONDRES, ChERChEURE âSSOCIéE âU cOllÈgE D’éTUDES mONDIâlES ET ChâRgéE DE mISSION pOUR lE MémORIâl DE l‘âbOlITION DE l‘ESClâvâgE À nâNTES. ellE â éTé pRéSIDENTE DE 2008 À 2012 DU cOmITé pOUR lâ mémOIRE ET l‘hISTOIRE DE l‘ESClâvâgE EN FRâNCE
douleur, mais aussi avec les armes miraculeuses, révélant des possibles. Langues créoles, musiques, rites, armes miraculeuses qui ont troué la trame du silence sur l’esclavage. Gardons-nous cependant de tout triomphalisme naïf. Les terres fran-çaises où les esclaves ont laissé des héritages linguistiques et culturels sont sous l’assaut de la société de consommation, de l’idéologie de l’individualisme, et connaissent depuis des décennies de grandes difficultés économiques et socia-les. L’illettrisme augmente (14% en Martinique, 21% à La Réunion), il existe un fort décrochage scolaire, le nombre d’enfants qui quittent l’école sans diplôme s’accroît, les diplômés ne trouvent pas de travail. Et si la mobilité peut être une opportunité, une fuite des cerveaux n’est pas sou-haitable. La société française con-tinue, en grande partie, à ignorer ou méconnaître les sociétés héritières
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de l’esclavage et du statut colonial. Les images négatives («assistés», «ingrats», «paresseux», images rele-vées par de nombreux observateurs y compris le Sénat) influencent les politiques publiques. Les langues créoles, très parlées quotidiennement, n’ont pas encore la place qu’elles méritent parmi les langues de France. La lecture dans les créoles n’est pas encouragée, et cela parmi les locu-teurs de créole eux-mêmes qui ont encore une perception négative de leur langue, vue comme une langue des «pauvres», comme une entrave à la réussite sociale. Parler plusieurs langues est pourtant signe d’une édu-cation poussée. S’il reste encore beaucoup à faire pour sortir d’une simple condamna-tion morale de l’esclavage et mettre à jour tout ce que ce système a produit de souffrance, de terreur, d’effroi, de bouleversements, de guerres, comment il a construit une géopolitique des inégalités, com-ment il a transformé les arts de vivre et de consommer, la sociabilité et l’esthétique, artistes, chercheurs, enseignants, associatifs, se mobilisent depuis des années pour faire advenir d’autres voix, d’autres témoignages. Il est certes difficile de résumer en quelques lignes ce qui dura des siècles
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et prit des formes multiples sur les territoires de l’esclavage, ce qui s’est vécu dans la myriade des vies singu-lières et dans l’expérience collective de la servitude. Ce sont des siècles qui ont laissé des traces. En France, le rôle central de la traite et de l’esclavage colonial dans la politique, dans les transforma-tions sociales et culturelles, dans le racisme anti-Noir est encore mar-ginalisé. L’accent mis sur leurs aboli-tions et le cadre exclusivement moral dans lequel encore trop souvent il est question de l’esclavage, font obstacle à une meilleure compréhension de ce que représenta ce commerce d’êtres humains. L’abolition telle qu’elle a été mise en avant par l’idéologie répub-licaine souhaitait inscrire une rup-ture brutale entre l’Ancien Régime (esclavagiste) et la République (abo-litionniste), rupture légitime certes mais qui masquait d’une part que la ligne de rupture n’était pas entre roy-alistes et républicains mais entre des régimes et une volonté politiques et d’autre part, que l’abolition ne fut pas suivie de mesures qui auraient assuré aux affranchis l’accès à la lib-erté et l’égalité qu’ils souhaitaient. Les promesses de l’abolition furent entra-vées et l’abolition est apparue comme une trahison des luttes des esclaves.
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introduction
Dans cette célébration de l’abolition disparaissaient les luttes des esclaves. L’accent était mis sur la générosité et la grandeur d’âme des abolitionnistes français alors que tant de femmes et d’hommes asservis avaient payé de leurs vies leur résistance à l’esclavage. Et à côté de cette lutte à mort, il y avait aussi les mille manières d’échapper à l’esclavage. Dans les années 1960 et 1970, au moment de la résurgence des mémoires de l’esclavage colo-nial dans les Outre-mer, la dimen-sion émancipatrice de l’abolition fut questionnée. Aux Antilles, il s’agissait de tourner la page du «Schoelchéri-sme», fruit d’une sacralisation de Victor Schoelcher contenue dans les statues le représentant caressant la tête d’un petit Noir, c’est-à-dire d’un paternalisme qui ne pouvait qu’être perçu comme méprisant. À La Réunion, une chanson très populaire des années 1980 disait «Oté Sarda, ou la roul ànou!» (Oh Sarda, tu nous a trompés!) Sarda Garriga, commissaire de la République chargé d’appliquer le décret du 27 avril 1848 à La Réunion, décréta que le motto de l’abolition était «Dieu, la patrie, le travail» et non, «Liberté, Égalité, Fraternité.» L’abolition de l’esclavage, utilisée comme une des justifications aux conquêtes coloniales de la fin du
ème XIX siècle,porta grand tort aux 1 abolitionnistes européens. Ne faut-il pas cependant relire cette histoire en abordant l’abolitionnisme comme une des formes, un des moments de l’anti-esclavagisme, en en montrant les limites et les con-tradictions ? En mettant à jour les différences à l’intérieur des mouve-ments abolitionnistes, leurs liens avec les idéologies de leur temps, leurs renoncements et leurs combats? Comment retracer l’histoire d’un des premiers mouvements transna-tionaux en redonnant aux esclaves le rôle central qu’ils y jouèrent avec leurs témoignages, leurs luttes, leurs débats, dialoguant avec des libres et où les langues créoles eurent leur place? Certaines de ses expressions appartiennent au monde des armes miraculeuses.
L’escLaVaGe dans La ModernitÉ euroPÉenne
Les mondes de l’esclavage furent
1  VOiR à ce sUJet : NellY SchmiDt,La France a t’elle aboli l’esclavage ?: PaRis PeRRin, 2009 et FRanÇOise VeRGÈs,Abolir l’esclavage. Une utopie coloniale. Les am-biguïtés d’une politique humanitaire. PaRis: AlBin Michel, 2001.
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2002 ENCRE DE chINE 35x51 HOmmE SâNS COU2 ©aNDRé rObÈR
introduction
divers et complexes. Les commu-nautés d’esclaves n’étaient jamais uniformes. Elles étaient traversées de tensions, de conflits. Elles connais-saient les transformations dues à des mouvements internes ou externes aux territoires. Ces mondes, ne l’oublions pas, n’étaient pas strictement fran-çais, anglais, danois ou portugais. Il existait des circulations entre eux et des formations régionales. La traite et l’esclavage sont con-temporains de l’émergence de cette modernité européenne qui proclame l’universalité des droits et l’imprescriptibilité de la lib-erté. Comment concilier le prin-cipe d’universalité des droits et l’exception qui s’élabore basée sur la création d’une différence raciale? Cette contradiction fut au cœur des ème révolutions du XVIIIsiècle, les révolutions des Lumières, au cœur d’un universalisme qui deviendra un particularisme. La contradiction se résout en excluant les Noirs de l’humanité. Elle laisse la révolution américaine inachevée, l’ouvrant sur un futur inéluctablement conflic-tuel. Seule la Révolution haïtienne, déclenchée en 1791 et qui débouche sur la victoire des esclaves insurgés et la création de la République d’Haïti er le 1janvier 1804, représente la véri-
table révolution des Lumières car elle fut anti-esclavagiste, anticoloniale et anti-raciale.
Je voudrais m’attarder ici sur les mouvements féministes qui s’organisent et se développent au ème ème XVIII etau XIXsiècle autour de la dénonciation de la servitude des femmes. Faisant un lien entre l’esclavage des Noirs et celui des femmes, les féministes dénoncent les contraintes à la liberté des femmes imposées par la notion de propriété privée: les femmes appartiennent à leur père, puis leur mari. C’est un anti-esclavagisme qui soutient le ème ème féminisme du XVIIIet du XIX siècle.
Être FeMMe, noire, et escLaVe
Dans le monde de l’esclavage colo-nial, les femmes esclaves ont fait face à de multiples discriminations, parce qu’elles étaient femmes, parce qu’elles étaient esclaves, et parce qu’elles étaient noires. Parmi les 12 à 13 mil-lions d’Africains déportés, 1/3 fut des femmes. Bien que minoritaires dans les populations d’esclaves, elles ont cependant constitué une force sociale et culturelle fondamentale dans les
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