200 pages
Français

Les Fauves

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Description

Apparu à l’aube du XXe siècle, le Fauvisme explosa sur la scène artistique lors du Salon d’automne de 1905 en un scandale retentissant. En jetant des couleurs pures sur la toile, les fauves défièrent les conventions artistiques.
Matisse, Derain, Van Dongen ou encore Vlaminck expérimentèrent ainsi un nouveau langage chromatique en détournant la couleur de son signifié. Libérée de tout sens, la couleur saturée et appliquée en larges aplats devint leur principal matériau.
Dans cet ouvrage, l’auteur entraîne le lecteur dans un tourbillon de couleurs vives et franches, et montre combien la violence des fauves laissa son empreinte sur le chemin de la modernité.

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Publié par
Date de parution 16 janvier 2012
Nombre de lectures 1
EAN13 9781780427843
Langue Français
Poids de l'ouvrage 72 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0022€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

NathaliaBrodskaïa
Les Fauves
Auteur : Nathalia Brodskaïa
Mise en page : Baseline Co. Ltd 61A-63A Vo Van Tan Street e 4 étage District 3, Hô-Chi-Minh-Ville Vietnam
© Confidential Concepts, worldwide, USA © Parkstone Press International, New York, USA
© Auguste Chabaud, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © Othon Friesz, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © Henri Manguin, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © André Derain, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © Louis Valtat, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © Georges Rouault, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © Kees van Dongen, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © Albert Marquet, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © Maurice de Vlaminck, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © Raoul Dufy, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © Jean Puy, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © René Seyssaud, Artists Rights Society (ARS), New York / ADAGP, Paris © Succession H. Matisse, Paris / Artists Rights Society (ARS), New York © Henri Le Fauconnier, tous droits réservés
Tous droits d’adaptation et de reproduction, réservés pour tous pays. Sauf mentions contraires, le copyright des œuvres reproduites appartient aux photographes, aux artistes qui en sont les auteurs ou à leurs ayants droit. En dépit de nos recherches, il nous a été impossible d’établir les droits d’auteur dans certains cas. En cas de réclamation, nous vous prions de bien vouloir vous adresser à la maison d’édition.
eISBN : 978-1-78042-784-3
Nathalia Brodskaïa
LES FAUVES
SOMMAIRE
L’Art des fauves Henri Matisse Maurice de Vlaminck André Derain Albert Marquet Raoul Dufy Othon Friesz Henri Manguin Kees Van Dongen Georges Rouault Jean Puy Louis Valtat Henri Le Fauconnier René Seyssaud Auguste Chabaud Georges Dupuis Henri Lebasque Pierre Girieud Notes Liste des illustrations
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L’ART DES FAUVES
es décennies entières s’écoulent les unes après les autres, ternissant ce qui autrefois paraissait briller avec éclat. Mais tout ne dépend pas du temps dans De e une égale mesure. À cet égard, l’art des fauves garde toute sa splendeur. Formé au sein de la peinture française à la charnière desXIXetXXsiècles, le Fauvisme attira immédiatement l’attention du public. Le scandale qu’il provoqua au fameux Salon d’automne de 1905 prouvait qu’un nouveau courant à force explosive était né. Le Fauvisme (tel fut le nom qui lui fut donné par la suite) représentait un véritable danger pour l’art académique, qui répondait aux goûts de la société de consommation, ainsi que pour tous les peintres reconnus par cette société qui prenaient bien soin de ne pas choquer les convenances de la bourgeoisie avec des tableaux trop audacieux. Moins de trois années s’avérèrent suffisantes pour que se formât autour des peintres fauves sinon un cercle étroit de spectateurs constants, du moins un groupe d’admirateurs et de marchands. Leurs détracteurs n’arrivaient pourtant pas à les empêcher de rivaliser avec les autres tendances artistiques. Chacun de ces peintres eut son propre destin, conforme à ses traits caractéristiques, mais aucun d’entre eux ne connut la gêne ou l’impuissance dans sa lutte contre l’art officiel. Pas un ne laissa après sa mort un atelier rempli d’œuvres inappréciées, se distinguant totalement en cela de Gauguin, Van Gogh ou Toulouse-Lautrec. Les fauves virent de leur vivant leurs œuvres accrochées aux murs des plus célèbres collectionneurs, et même plus tard des musées. Ils étaient l’objet d’une attention particulière de la part de la presse et jouissaient d’une grande estime de la part de leurs contemporains. Ils furent considérés maîtres éminents bien avant d’avoir atteint l’âge mûr, lorsque souvent les cheveux blancs remplacent le talent. On pourrait penser que l’habitude a affaibli l’acuité des premières impressions ; mais elles gardent toujours leur éclat initial. Les peintres fauves sont depuis longtemps morts, mais leurs œuvres, tout aussi vivantes, produisent sur le visiteur le même choc qu’au début du siècle. Le terme de « fauve » a été employé pour la première fois par un critique en 1905 pour marquer sa désapprobation devant ces tableaux aux couleurs hurlantes tous rassemblés dans une salle du fameux Salon d’automne. En effet, dans son article consacré à l’œuvre des quelques dix coloristes qui s’étaient manifestés pour la première fois publiquement et en commun, article publié dans la revue Gil Blas, Louis Vauxcelles écrivait : « Au centre de la salle VII un torse d’enfant d’Albert Marque. La candeur de ce buste surprend au milieu de l’orgie des tons purs : Donatello chez les 1 fauves. » Ce terme si inattendu pour un critique d’art – fauves, bêtes sauvages – se trouva être tellement précis qu’il fit très rapidement fortune et se généralisa la même année. Le critique Jean Aubry notait déjà dans son article concernant la même exposition et daté du mois de novembre 1905 : « Enfin, voici ceux que je ne sais plus 2 qui a appelé les jeunes fauves. » Ainsi, l’origine du terme est très simple et due en
Henri Matisse, Les Poissons rouges, 1911. Huile sur toile, 147 x 98 cm. Musée Pouchkine, Moscou.
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Henri Matisse, Pot bleu et citron, 1897. Huile sur toile, 39 x 46,5 cm. Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.
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Henri Matisse, Nature morte avec cafetière et fruits, vers 1898. Huile sur toile, 38,5 x 46,5 cm. Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.
André Derain, Nature morte au pichet, torchon et aux fruits, vers 1912. Huile sur toile, 61 x 50 cm. Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg. (p. 12)
André Derain, Table et chaises, vers 1912. Huile sur toile, 88 x 86,5 cm. Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg. (p. 13)
grande partie à un simple hasard. Dès lors, Matisse, Derain, Vlaminck, Van Dongen, Camoin, Puy, Marquet, Manguin, Rouault, Dufy, Friesz, Valtat, ainsi que certains autres peintres se trouvèrent liés au « Fauvisme ». La simple apparition du terme démontre sans aucun doute que le courant nouvellement né avait déjà acquis des traits spécifiques. Néanmoins, personne, pas même Vauxcelles, ne pouvait encore ni désigner ses limites, ni prévoir son importance. Il faudra près d’un demi-siècle pour que le public revienne au Salon de 1905 et prenne conscience de ce qui s’y était alors passé. e Vers la seconde moitié duXXsiècle, les souvenirs et l’appréciation des contemporains cédèrent la place à une étude scientifique beaucoup plus approfondie. Toutefois, les critiques d’art se heurtèrent à une particularité étonnante : approuvé par le temps, le Fauvisme, de par sa chronologie et ses particularités, échappe à toute classification. La parution de nouveaux ouvrages tels queL’Histoire du Fauvisme revue et corrigée, ou 3 encoreFauvism Reexaminedn’est donc pas un hasard, même si de nombreuses publications existent déjà sur le sujet. Les expositions se succèdent les unes aux autres, témoignant d’un intérêt international envers l’art des fauves. On le compare aux autres tendances artistiques qui lui étaient contemporaines, revenant encore et encore à ces toiles exposées pour la première fois en 1905. Cette attention suivie est probablement due aux faits suivants : premièrement, le temps révèle toujours de nouveaux aspects du tournant e qu’effectua la peinture au début duXXsiècle, et, deuxièmement, ce qui n’est pas moins important, tous les « jeunes fauves », sans aucune exception, constituèrent la gloire de la peinture française. Le Fauvisme, cette communauté artistique qui réunit des personnalités incontestables, a permis de mettre en évidence les capacités de chacun au lieu de les uniformiser. De tout temps, les Salons officiels de Paris jouirent d’une grande renommée grâce au grand nombre d’œuvres exposées ainsi que de participants. Ils bénéficiaient en effet du soutien de l’État et la critique leur prêtait une attention toute particulière, influençant ainsi sensiblement le marché artistique. Cette suprématie des Salons e officiels, véritables remparts de l’art académique, fut respectée jusqu’à la fin duXIX siècle et rien ne présageait un tel retournement de situation. Il suffit de se rappeler que de nombreux impressionnistes se prononçaient certes contre l’école académique mais rêvaient néanmoins d’y exposer leurs œuvres, espérant ainsi sinon les vendre, du moins acquérir une certaine notoriété dans le monde artistique. e Cette situation changea brusquement vers la fin duXIXsiècle lorsque de nombreux peintres tournèrent le dos aux Salons. L’avenir de la jeune génération ne dépendait plus aussi étroitement qu’avant de ses succès dans ces Salons prisés du public et de la critique. Les peintres s’entouraient de leurs propres marchands qui les aidaient à réaliser leurs œuvres. Pourtant, il serait injuste d’affirmer que les Salons officiels n’eussent pas du tout changé, mais ces changements ne touchèrent pas du tout l’essence même de leur activité : tout comme avant, des revues des éditions Goupil leur étaient consacrées (notamment à celui de 1905), des articles étaient publiés dans laGazette des BeauxArts,L’Art et les artisteset d’autres revues tout aussi importantes. Mais face au conservatisme de l’académisme, la somptuosité et le caractère démesuré des Salons devinrent souvent la cause d’une ironie non dissimulée de la part des critiques et la moindre divergence artistique susceptible de troubler la bienséance de ces Salons, aussi minime soit-elle, sembla alors sauvage. Même les impressionnistes ou les peintres du groupe des nabis (Vuillard, Bonnard, Denis, etc.),