//img.uscri.be/pth/bdf02a1b19aa792a81aca081a72a71d56a466910
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 10,13 €

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Mary Beale (1633 - 1699)

De
137 pages
Mary Beale (1633-1699) est la première femme peintre professionnelle en Angleterre. Son activité de portraitiste fut l'unique source de revenus de la famille. Les carnets de notes de son mari Charles nous invitent au sein de la vie artistique et domestique du couple, rythmée par les séances de pose et les tracasseries financières. A travers Mary et Charles Beale, leurs amis et leurs clients, c'est l'histoire esthétique de l'Angleterre au 17e siècle qui se dessine.
Voir plus Voir moins

Marie BEALE (1633-1699) première femme peintre professionnelle en Grande-Bretagne

L'Aire Anglophone Collection dirigée par Serge Ricard
Cette collection entend s'ouvrir aux multiples domaines d'un vaste champ d'investigation, caractérisé par la connexion idiome-culture, auquel les spécialistes formés en langues, civilisations et littératures dites “anglo-saxonnes” donnent sa spécificité. Il s'agira, d'une part, de mieux faire connaître des axes de recherche novateurs en études britanniques, américain-es et canadiennes et, d'autre part, de répondre à l'intérêt croissant que suscitent les cultures anglophones d'Afrique, d'Asie et d'Océanie — sans oublier le rôle de langue véhiculaire mondiale joué par l'anglais aujourd'hui. A cette fin, les domaines privilégiés seront l'histoire des idées et des mentalités, la sociologie, la science politique, les relations internationales, les littératures de langue anglaise contemporaines, le transculturalisme et l'anglais de spécialité.

Dernières parutions Timothy WHITTON, Ken « le rouge » et la Mairie de Londres. Du Greater London Council à la Greater London Authority, 2010. Dominique MAILLARD, Première vague d’immigration chinoise en Californie, 1849-1949, 2009. Suzanne FRAYSSE, Les voix du silence. La lettre écarlate et les récits d’esclaves, 2009. Anne NICOLLE-BLAYA, L’Ordre d’Orange en Ulster. Commémorations d’une histoire protestante, 2009. C. DELAHAYE et S. RICARD (dir.), La Grande Guerre et le combat féministe, 2009. Annie OUSSET-KRIEF, Yidn ale brider. Immigration et solidarité, 2009. Pierre MELANDRI et Serge RICARD (dir.), Les Etats-Unis entre uni- et multilatéralisme de Woodrow Wilson à George W. Bush, 2008. Jacques LAMOUREUX, Le XVIIIe siècle anglais, le temps des paradoxes, 2008. Pierre VAYDAT, Robert Vansittart (1881-1957). Une lucidité scandaleuse au Foreign Office, 2008.

Emma Renaud

MARIE BEALE (1633-1699) première femme peintre professionnelle en Grande-Bretagne

Du même auteur
L’Angleterre au XVIIè siècle – 1603-1690, Presses Universitaires de Rennes, 1997

© L’Harmattan, 2010 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13571-0 EAN : 9782296135710

SOMMAIRE INTRODUCTION .................................................................. 9 CHAPITRE I : L’Angleterre de Mary Beale....................... 19 CHAPITRE II : Mary Beale et Peter Lely........................... 43 CHAPITRE III : L’atelier, une entreprise familiale ............. 65 CHAPITRE IV :L’expression d’un féminisme tranquille .... 83 CHAPITRE V : L’art de la miniature et du dessin ou un exemple de transmission artistique........................... 111 CONCLUSION .................................................................. 125 BIBLIOGRAPHIE.............................................................. 129 TABLE DES ILLUSTRATIONS....................................... 135 TABLE DES MATIERES.................................................. 137

Note au lecteur : les tableaux de Mary Beale et de Peter Lely peuvent être visualisés sur la galerie d’images de Google. L’auteur a obtenu l’autorisation de reproduction pour quelques uns d’entre eux, sélectionnés en fonction de leur pertinence avec le texte.

7

INTRODUCTION

Mary Beale (1633-1699) est aujourd’hui reconnue comme la première femme peintre professionnelle en Angleterre. Pendant plusieurs années, l’atelier de la portraitiste fut l’unique source de revenus du foyer. Chacun contribua au fonctionnement de cette entreprise familiale, à des niveaux différents mais complémentaires : le mari, Charles, se consacra à la fabrication des couleurs, le fils aîné, également prénommé Charles, fut élève et apprenti, se consacrant ensuite à la miniature et au dessin. Bien qu’elle fût une artiste de renom, comme en témoignent le nombre important de commandes et des critiques de l’époque1 , Mary Beale fut longtemps reléguée dans l’ombre et réduite au rang d’élève et de copiste de Peter Lely, peintre officiel du roi Charles II (1660-1680) et portraitiste en vogue de la cour et de l’aristocratie. Ainsi, dans son ouvrage consacré aux artistes du 17è siècle, datant de 1912, le critique d’art Colin Baker, évoque Mary Beale en termes peu flatteurs. Elle n’est, selon lui, qu’une pâle imitatrice de Lely, une artiste productive mais laborieuse et dénuée d’inspiration, répétitive, aveugle aux qualités de ses modèles2 . Il fallut attendre les années 1970 pour que Mary Beale soit réhabilitée. Grâce au travail approfondi de deux historiens, Elizabeth Walsh et Sir Richard Jeffree3, la plupart des portraits de Mary Beale, dont certains avaient été
William Sanderson, Graphice, London 1658 Colin Baker, Lely and the Stuart portrait painters,1912, p 39 (vol 1) 3 Elizabeth Walsh fut l’auteur de programmes de radio pour la BBC et conçut une série sur les femmes célèbres parmi lesquelles figurait Mary Beale. Elle est l’auteur du premier article de fond sur Mary Beale publié dans la revue The Connoisseur, 1953 . Sir Richard Jeffree (décédé en 1991) légua ses notes de recherche sur Mary Beale à la bibliothèque de la National Portrait Gallery de Londres. Ces dossiers, qui sont le fruit de 30 années de recherche, de 1970 à 1990, peuvent être consultés aux archives de la NPG . Richard Jeffree fit également don de sa collection de tableaux de Mary Beale à la National Art Collection Funds pour qu’elle soit exposée au Musée municipal de Bury St Edmunds, Sussex, Grande-Bretagne.
2 1

11

attribués à tort à Peter Lely, furent localisés et authentifiés. Un grand nombre d’entre eux sont exposés au Moyse’s Hall Museum à Bury St Edmunds, dans le Sussex, au nord-est de Londres, d’autres sont visibles à la National Portrait Gallery de Londres, ainsi qu’au Geffrye Museum (Londres). Des expositions furent consacrées à Mary Beale en 19754, 19765,19946 et en commémoration du 300è anniversaire de sa mort , en 19997. Les catalogues et les articles de presse publiés à ces occasions la firent connaître du public. Pourquoi un si long oubli ? Certains ont attribué comme cause à ce désintérêt, voire ce rejet, le rôle hors du commun que joua Mary Beale, à la fois artiste, mère et épouse, sur qui reposait l’économie du foyer8. Chez les Beale, les rôles traditionnels étaient inversés, Mary étant dans la lumière, Charles travaillant à ses côtés, mais dans l’ombre. Cette posture, en apparence féministe, a pu être une source d’indignation pour les critiques d’art masculins des 18è et 19è siècles. Nous constatons, en effet, que la réhabilitation de Mary Beale coïncide avec l’émancipation de la femme au 20è siècle. Mary Beale fut, plus récemment, l’objet d’articles de presse, en particulier dans le quotidien The Observer9, et d’une mobilisation médiatique et juridique ; elle ou plutôt la maison où vécurent les Beale pendant cinq ans, fuyant Londres en proie à une épidémie de peste en 1665 . Albrooke Farm, située dans le comté du Hampshire, près d’Eastleigh au nord de Southampton, fut au centre d’une polémique concernant un projet de développement immobilier. Ce projet
Octobre-décembre 1975, Geffrye Museum, Londres Janvier-février 1976, Towner Art Gallery, Eastbourne 6 Depuis 1994, exposition permanente au Moyse’s Hall Museum, Bury St Edmunds 7 Septembre 1999-janvier 2000, Geffrye Museum, Londres. 8 Albert Gallienne, Eastbourne Gazette, 14 janvier 1976 9 The Observer, »Threat to studio home of painting’s first lady » (menace contre la maison et atelier de la première dame peintre), 24 juin 2007
5 4

12

visait la transformation du bâtiment lui-même ainsi que la construction d’un lotissement pavillonnaire sur les terrains adjacents. Une telle décision allait à l’encontre d’un projet d’ouverture au public car Albrooke Farm, inhabitée depuis 1980, aurait constitué le plus ancien atelier de peintre professionnel en Grande-Bretagne. Sir Roy Strong, l’un des plus grands historiens d’art britanniques actuels, soutint la campagne contre le projet immobilier en soulignant l’importance de Mary Beale en tant qu’artiste femme à cette époque et la nécessité de trouver dans l’histoire le bon équilibre entre les artistes femmes et les artistes hommes. D’autres se joignirent à lui, municipalité, députés, artistes, associations pour la protection de l’environnement10. Malheureusement, en mars 2008, le feu vert fut donné au projet immobilier. En dépit de cet échec, la campagne locale et nationale fut un pas supplémentaire dans la connaissance d’une artiste encore mal connue du grand public. Cette méconnaissance est sans doute également due à la personnalité de Mary Beale qui, malgré une large clientèle, mena une vie discrète et sobre, sans faste ni scandales, consacrée à son travail et à sa famille. Les cahiers de notes de Charles Beale, bien que factuels et assez laconiques nous donnent des informations de première main sur le travail de l’atelier11 . A ces cahiers, dont deux seulement subsistent sur trente, s’ajoutent des documents comme le Discours sur l’Amitié de Mary12, les Expériences
The Society for the Protection of Ancient Buildings (Société pour la protection des bâtiments anciens), The Woodland Trust (Fondation des bois et forêts), English Heritage (Patrimoine britannique), The Mary Beale Albrook Farmhouse Trust à l’initiative des éditeurs de la revue d’architecture Cornerstone 11 Charles Beale, Notebooks 1676-77 / 1680 –81, archives de la National Portrait Gallery, Londres. 12 Mary Beale, Discourse on Friendship, MS Harley 6828, British Library, Londres
10

13