Monde noir et scènes contemporaines

Monde noir et scènes contemporaines

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D'Avignon à Rome en passant par la Bretagne, des initiatives festivalières offrent en Europe une visibilité nouvelle aux expressions théâtrales et chorégraphiques du monde noir. Ce dossier documente à la fois les spectacles présentés et les choix opérés par leurs responsables. Elles permettent aux créations de commencer à prendre la place qu'elles méritent dans la réflexion artistique contemporaine. Mais le combat n'est pas gagné pour autant…
Entretiens avec Mata Gabin, Ruddy Sylaire, Richard Demarcy, Philippe Pelen, Vincent Goethals, Marie-Pierre Bousquet et Greg Germain, Marie-Claude Tjibaou, Daniela Giordano.
Contributions de Sylvie Chalaye, Olivier De Certaines, Amiel Melnick, Natasa Raschi, Olivier Barlet.

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Ajouté le 01 septembre 2002
Nombre de lectures 258
EAN13 9782296291690
Langue Français
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Monde noir
Un dossier réalisé par Sylvie Chalaye

Couverture
T alipot,

et ci-dessus:
lie de

Kalla, @

le feu, Cie Théâtre
Valérie Koch

la Réunion

actualité
Agenda 121 Tous les événements culturels du mois Murmures 125 Les nouvelles des cultures africaines

Editorial

50 !

Les noces d'or I Le 50ème Africultures est là. Cinq années d'existence, 6112 pages publiées, plus de 2000 articles, près de 300 rédacteurs, une revue qui a gagné en densité, en illustrations, en qualité de présentation... Et plus encore, une passionnante et enrichissante aventure. Pas en termes financiers bien sûr, mais là est notre défi: exister en dehors du soutien des pouvoirs car l'autonomie de l'information critique est à ce prix. Cela voulait dire bâtir sur du simple, du pas cher, mais cela n'aurait pu être viable sans la qualité des contenus. L'équipe de rédaction, issue de la dynamique de cette autre revue mensuelle qui, grâce à la ténacité de Fayçal Chehat, avait duré cinq ans, La Lettre des musiques et des arts africains, continue son engagement sans faillir, et fort du fidèle soutien du CNL et du FAS, mais aussi des éditions L'Harmattan, s'élargit sans cesse de nouvelles énergies et de nouvelles plumes. Nous avons tablé dès le départ sur l'internet: notre site web, en extension permanente, fait désormais référence avec une impressionnante masse d'informations et des bases de données utiles à tous. C'est notre secret de longévité: faire vivre la dynamique Africultures en valorisant le savoir-faire ainsi développé. Certes, cela reste difficile mais nous nous consolidons chaque jour, grâce à nos nombreux partenaires. Vous le savez déjà, un nouvel Africultures est en gestation, pour 2003 : la

"JI v CIlà une douleur qui brÛle d 'occident jusqu'en orient, un sang qui crie de la terre jusqu'au ciel: si je te le nl0ntrais tes ..veux en seraient aveuglés, si je te le jèlisais entendre tes oreilles en seraient assourdies. " Koffi K wahulé, P'tite-Souillure, Théâtrales, p.60. poursuite de l'information critique au quotidien sur internet et une revue plus réfléchie, plus approfondie, mieux à même d'éclairer la contribution des expressions culturelles africaines à la compréhension et au questionnement de notre monde. Jusqu'à la fin 2002, nous continuons la formule actuelle, avec ce mois-ci un dossier sur les scènes contemporaines. Attention, le sujet n'est pas le "théâtre africain" pas plus qu'il n'est la "danse africaine". Nous essayons au contraire de rendre compte de la diversité des démarches artistiques que ces termes trop globalisants recoupent. Cela nous amène à documenter régulièrement les créations en Afrique (notamment à l'occasion du Masa 1999 dans Africultures 18 "Nouvelles créations africaines" et du Masa 2001 dans Africultures 38 "Arts vivants d'Afrique" sans compter les articles des cahiers critiques ou les compte-rendus de festivals). Mais aussi à présenter les recherches contemporaines, celles qui, au-delà des satires sociales et politiques souvent développées par les créateurs africains confrontés aux désillusions de la réalité de leur pays, tentent une vision moins géographiquement délimitée, à la fois personnelle et universelle où l'Afrique se pense au monde. Ainsi dans ce titre, c'est le mot

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"contemporain" qui importe. Parce c'est justement ce qu'on dénie à l'Afrique: cet enfermement permanent de l'Afrique dans ce qui est ancestral, mythique ou primitif refuse la contemporanéité d'œuvres artistiques pourtant parfaitement contemporaines, par leur thématique, leur positionnement et leur forme - et les "oublie" dans les programmations de nombreux festivals. Mais aussi parce que de nouvelles écritures dialoguent avec la création contemporaine européenne, ne s'adressant plus seulement à un public africain mais à tous ceux qui, conscients des violences contemporaines, cette "douleur qui brûle" qu'évoque Koffi Kwahulé, sentent bien que l'Afrique a quelque chose à dire au monde. Non pas un message identitaire figé mais son expérience de la modernité, celle d'une errance, d'un entredeux culturel, d'un manque. Alors que les expressions post-coloniales s'employaient à combler le vide culturel et identitaire, ces écritures assument les vides laissés par l'Histoire comme une question posée à un monde en perte de repères dans le grand vent de l'uniformisation et du repli sur soi. Ce questionnement existentiel passe par une mise en crise des références établies. S'il nous parle tant à tous, par-delà toute frontière, c'est qu'il nous guide dans notre recherche d'un devenir. Nombre de festivals s'accrochent encore à une vision passéiste de l'Afrique. Cette invisibilité est aussi celle de l'Outre-mer. C'est ce qui fait de l'initiative avignonnaise du TOMA une heureuse exception. Nous l'accompagnons depuis le début, animant des tables-rondes, rendant compte des spectacles présentés. Ce dossier est ainsi le témoin d'initiatives qui portent le monde noir sur les scènes contemporaines. Parce que nos oreilles ont terriblement besoin de s'assourdir. Olivier Bar/et rMb

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Créations d'Afrique et d'outre-mer en Avignon:
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Sans doute un des plus grands festivals des arts scéniques en Europe, le Festival d'Avignon apparaÎt dans les médias comme le rendez-vous mondial du théâtre. Toutes les régions de France métropolitaine sont représentées dans le "off" et dans le festival officiel les expressions artistiques européennes sont largement mises à l'honneur. Cependant sans l'engagement volontaire de la Chapelle du Verbe Incarné et la détermination de Marie-Pierre Bousquet et Greg Germain qui ont créé ce lieu alternatif il y a cinq ans, la programmation domienne aurait été bien maigre. En dehors du Théâtre Talipot programmé au théâtre des Halles, et de La Compagnie Yun Chane au Big-Bang, deux compagnies réunionnaises dont la qualité du travail artistique n'est plus à démontrer, dont la reconnaissance est aujourd'hui internationale et dont on s'étonne d'ailleurs qu'elles n'aient pas leur place

dans le "in", on cherche vainement les compagnies d'outre-mer à découvrir ailleurs qu'à La Chapelle du Verbe Incarné.

Encore une fois la programmation de la Chapelle du Verbe incarnée offrait une vraie fenêtre sur la création d'outre-mer, qu'elle soit très lointaine comme le travail chorégraphique de Richard Digoué venue de Nouvelle Calédonie et de la mer de Corail avec quelques danseurs de sa compagnie pour nous transporter dans l'univers de l'imaginaire kanak, ou très proche comme 13 décembre, ligne 9, cette petite forme proposée par quatre jeunes comédiennes qui viennent de Paris mais dont l'origine les lie intimement à l'Afrique et à la Caraïbe, qu'elle soit très mystique comme Le Prophète de Khalil Gibran dans la mise en scène de Ruddy Sylaire qU! vogue sur la mer des Caraïbes, ou recherche chorégraphique du quotidien avec la compagnie Danses en

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Le lièvre et l'avion,

Roch-Amedet

Bauzouzi,

Cie Punta Negra et Elles&Eux,

DR.

l'R qui fait le grand écart entre le Congo, la France et l'Océan indien, qu'elle soit inédite en France comme cette impressionnante production venue de Haïti avec 13 comédiens et une touchante histoire pleine de poésie, ou reprise comme La Damnation de Freud de Tobie Nathan, Isabelle Stengers et Lucien Hounpatin dans la mise en scène de Greg Germain qui avait remporté un vif succès l'an dernier (cf. Africultures n° 40 p.94) et qui a encore attiré de nombreux spectateurs à la Chapelle. Et ses fenêtres, la Chapelle les ouvrait d'ailleurs dès le matin avec un programme de rencontres et de lectures dont une remarquable interprétation de Cahiers d'un retour au pays natal de Césaire mis en voix par Jacques Martial qui a aussi proposé une mise en lecture de Cannibales, une nouvelle pièce du Béninois José Pliya, avec Nicole Dogué, Martine Maximin et Christine Sirtaine.

Quelques hasards dans cette programmation du festival 2002, mais sont-ils vraiment des hasards? D'abord l'extraordinaire présence de l'île de la Réunion à travers deux Compagnies chorégraphiques, Danses en l'R et Yun Chane, mais aussi .Ie Théâtre Talipot et la petite Compagnie de théâtre jeune public que dirige Sham's et qui présentait un drôle de Chaperon rouge au Théâtre de Paris pour le plus grand plaisir des tous petits. Le loup y était grimé en Ministrel et le chasseur en Rastaman, une façon originale d'actualiser le conte et en même temps de tourner en dérision des clichés qui ont associé les Noirs à des figures d'épouvante: un spectacle où les enfants se moquent du loup avec tendresse et le traitent de gros bébé. Le Festival offrait aInsi un éventail de la création réunionnaise contemporaine impressionnant de vitalité et d'originalité. On avait pu

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faire la fête l'an dernier, à la Chapelle du Verbe Incarné avec le Théâtre Vollard, théâtre fanfare très populaire à la Réunion (cf. Africultures n040 p.102), cette année, c'était le retour du théâtre Talipot qu'on avait déjà pu applaudir avec Les Porteurs d'eau en 1998 et dont la recherche esthétique rencontre avec Kalla, Ie feu un engagement idéologique d'une grande violence. (cf. Africultures n010, p.76)

Autre hasard de cette programmation avignonnaise 2002 : les histoires de femmes comme Cannibales, 13 décembre, Le baiser des Louves..., la récurrence de vraies héroïnes avec Mariéla la Haïtienne, Bintou l'Africaine Kalla la Réunionnaise..., et surtout la présence nombreuse de jeunes artistes d'Afrique et d'outre-mer, comédiennes, metteures en scène chorégraphes, chanteuses, plasti~ ciennes... comme Amel Aïdoudi Yna Boulangé, Déborah Cohen Ta~ nugi, Léone Louis, Florence JeanLouis Dupuy, Mata Gabin, Yun Chane, Claudia Tagbo, Elodie Bathélémy...

Le petit Chaperon rouge, Cie Sham's (lie de la Réunion), DR.

Si on doit malheureusement déplorer la quasi absence de troupes

africaines dans la programmation du festival en dehors de la compagnie kenyane Gàara et son danseur Opiyo Okach, l'Afrique et ses créateurs se rencontraient pourtant au détour de plusieurs spectacles du "off' comme Oyé Luna! du Naïf théâtre et sa troupe franco-africaine entre francophonie et lusophonie.

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un engagement d'une rare tension théâtrale. On doit aussi signaler "Mbongui en Avignon", une manifestation de quelques jours organisée à la Maison du Théâtre
pour enfants par l'as-

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sociation Mots de passe sous le signe de l'arbre à palabre avec des Griots, des expositions, des débats et des soirées de contes, ainsi que la présentation d'un spectacle jeune public d'une belle inventivité : Le lièvre et l'avion, conçu et réalisé par Roch-Amedet Banzouzi et Emmanuel Letourneux.

On a bien sûr revu avec grand plaisir "Les Négropolitains" et leur incroyable énergie, autour des chansons de Brassens, ainsi que, dans un genre plus sérieux, Discours sur le colonialisme de Césaire mis en scène par Jacques Oelcuvellerie avec Younouss Oiallo ancien comédien sénégalais des "Gueules Tapées". Saluons également Bintou de l'Ivoirien Koffi Kwhahulé à l'espace Pasteur dans la mise en scène de Vincent Goethals et l'exceptionnelle performance des comédiens de l'Oiseau-Mouche, une compagnie de jeunes handicapés de Roubaix, qui interprétaient ce texte avec

Eux&Elles et la Compagnie Punta Negra , de Pointe-Noire au Congo se sont associées sur ce projet pour monter un spectacle qui fait littéralement décoller les enfants et les emporte dans un drôle de voyage avec une scénographie amusante: un commandant de bord fait entrer le public dans l'avion puis une espèce de puits qui tourne comme une roue nous fait voyager entre l'Afrique et l'Europe et un immense parapluie s'ouvre pour faire apparaître la jungle avec ses lianes et les singes en peluche qui s'y balancent. Plusieurs compagnies africaines annoncées comme les danseurs du Ballet N'Sanda du Congo-Kinsasha

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ou la Compagnie Lian Aliune qui devait présenter Les Bouts de bois de Dieu de Ousmane Sembene au Lucernaire, ainsi que deux adaptations de Shakespeare à l'espace Alya ont été déprogrammées. Aussi, force est de constater qu'en dehors dl! music-hall ou de petites formes théâtrales souvent à destination des enfants, les expressions africaines ont du mal à se faire une place dans ce grand souk avignonnais du théâtre.

Quant au festival "in", s'il présentait un spectacle prétendu dakarois, Enfants de nuit, il s'agissait en fait d'une installation plastique proposant un parcours de découverte dans l'obscurité totale et dont le thème consacré aux enfants de la rue ramenait encore une fois l'Afrique aux vieux démons que l'Occident ne cesse de lui coller à la peau: misère, famine, sida... Ce spectacle déambulatoire a été conçu pour le Festival d'Avignon dans le cadre d'une action menée par LFK-Ia fabriks, un groupe d'artistes conduit par Jean-Michel Bruyère qui se partage, depuis les années 1990, entre Dakar et Paris. L'installation rassemble les travaux et performances de dix-huit jeunes "errants" de Dakar qui fréquentent la maison-école d'art Man-Keneen-Ki. Sur ce spectacle, les artistes de LFK-Ia fabriks se sont attachés, selon eux, à révéler "la force créatrice que recèle les bas-fonds de la misère" avec un objectif en valeur esthétique par elle-même".

simple:

"la mise

Malheureusement, un tel projet, s'il peut avoir sa raison d'être dans un déploiement d'art contemporain à côté d'autres oeuvres africaines, prend un tout autre sens dans une programmation théâtrale où il représente la seule expression artistique d'Afrique. Aussi le résultat est-il sans équivoque sur le public non averti d'Avignon qui perçoit l'installation comme le train fantôme d'une Afrique de l'épouvante: la jungle urbaine a cédé la place à la forêt saturée de dangers du Grand-Guignol, mais elle génère dans l'imaginaire les mêmes angoisses. Et la réaction de cette spectatrice qui avoue avoir eu peur car "nous sommes plongés dans le noir et tous les visages que nous apercevons autour de nous sont noirs" laisse perplexe... C'est pourquoi les réactions ne se sont pas fait attendre et à l'occasion de la conférence-débat qu'Africultures avait organisée autour de "l'imaginaire colonial et la scène", la discussion a été vive au sujet de ce spectacle qui a parfois suscité l'indignation. Plusieurs artistes africains en résidence dans le cadre de l'opération organisée par Ecritures Vagabondes et qui venaient de voir Enfants de nuit sont intervenus violemment pendant le débat questionnant pour certains la complaisance d'un projet qui montre à l'Europe encore une fois ce qu'elle veut voir de l'Afrique, dénonçant pour d'autres l'échec d'une création qui finalement continue de maintenir l'Afrique à distance et joue sur des hantises qui ne peuvent que ramener le spectateur à lui-même au lieu de l'ouvrir à l'autre. Sylvie Chalaye

de la pauvreté

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13 décembre, ligne

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ligne

9, DR.

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Entretien avec Mata Gabin e1
Vous vivez en France, mais vous êtes, je crois, très attachée à l'Afrique.
J'ai vécu en Côte-d'Ivoire. Ma mère est libérienne et mon père martiniquais. Je suis né à la frontière de la Côte d'Ivoire et du Liberia et j'ai habité une grande partie de mon enfance, jusqu'à mon bac, à Abidjan.

Comment avez-vous décidé de devenir comédienne? Je regardais à la télévision un film avec Béatrice Dalle qui jouait un rôle de sorcière, j'ai d'ailleurs complètement oublié le film, mais ce qui m'avait impressionnée, c'est le pouvoir de transfiguration de la comédienne, les expressions de son visage. Cependant, pour mes parents, il me fallait d'abord passer le bac. Alors au Lycée Mermoz d'Abidjan, j'ai commencé à faire des petits ateliers de théâtre. Et c'est seulement après mon bac que je suis venue en
France et que j'ai passé d'abord quatre ans dans un cours de comédie à Marseille. Puis je suis montée à Paris, comme on dit.

Mata

Gabin

@ S.C.

C'est la première fois que vous mettez en scène un spectacle et bien que vous soyez comédienne, vous avez choisi de ne pas jouer. Je ne voulais pas jouer parce que l'histoire est réelle et que j'avais peur que l'émotion ne me rattrape trop. J'ai préféré écrire, mettre en forme et rester extérieur au plateau.

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Cette pièce est aussi votre premier texte.
L'écriture, c'est en fait quelque choen se que j'ai depuis longtemps moi. Quand j'étais gamine, au moindre petit souci j'écrivais un poème. Dès que je faisais une belle rencontre j'écrivais. Quand cette histoire m'est arrivée, j'étais vraiment désemparée et mes amis m'ont dit: "Mais enfin, Mata, toi qui écris tout le temps, écris au moins cette histoire, cela te fera du bien". Je l'ai fait. J'ai écrit en une nuit, d'une traite ce texte et la démarche m'a en effet beaucoup soulagée. Je l'ai ensuite fait lire à des amies comédiennes et le désir d'un spectacle est né. Est-ce que le spectacle colle vraiment à la réalité de ce qui vous est arrivé? Oui. Je n'ai rien inventé. J'ai d'abord écrit un gros monologue. C'est ensuite que l'on a adapté dramaturgiquement le texte et que sont nées les trois femmes, les trois voix, les trois instances: la mère, la

femme-femme et la femme

un peu superficielle battante qui travaille.

Finalement cette expérience personnelle vous l'avez complètement transcendée en une histoire universelle qui concerne toute les femmes et peut interpeller la jeunesse.
La démarche a d'abord été très intime, thérapeutique même. Mais aujourd'hui j'aimerais que le spectacle puisse être vu par des adolescents et les fasse réfléchir. De plus, cette expérience d'écriture m'a donné confiance pour aller plus loin sur d'autres textes que j'avais déjà écrits et que j'ai aujourd'hui envie de reprendre avec la scène en tête. Je vais pouvoir aller jusqu'au bout d'autres projets. A présent la porte s'ouvre. Propos recueillis par Sylvie Chalaye A vignon, juillet 2002

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Le prophète Iii r ri

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