Dictionnaire des immortels de la musique congolaise moderne

Livres
454 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

La base de données réalisée par l'auteur est alimentée par son expérience directe du milieu et par un travail de documentation rigoureux. Ce dictionnaire présente un intérêt historique, sociologique et pédagogique important, d'autant plus qu'il explique l'immense engouement que connaît la musique congolaise principalement en Afrique noire, en Europe, aux Caraïbes et au Japon. Écrit dans un style imagé, il brosse le portrait de ces hommes et de ces femmes, fleurons de la musique congolaise moderne.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 juin 2012
Nombre de visites sur la page 67
EAN13 9782296492837
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème

e
l
a
c
Jean-Pierre François Nimy Nzonga
Dictionnaire Des immortels
D musique ongolaise moDerne
001.Nimy.indd 1 25/02/10 15:16:47a
c
l
e
Dictionnaire Des immortels
D musique ongolaise moDerne
001.Nimy.indd 2 25/02/10 15:16:47e
l
a
c
Jean-Pierre François Nimy Nzonga
Dictionnaire Des immortels
D musique ongolaise moDerne
Préface d’Antoine Ndinga Oba
Postface de Mirko Popovitch
001.Nimy.indd 3 25/02/10 15:16:47r
Dessin de couverture : Frédéric Möller
L’auteur a effectué toutes les recherches copyright qu’il a pu. Quiconque se sentirait
lésé est invité à prendre contact avec l’éditeur.
édition revue et mise à jour (janvier 2010)
D/2010/4910/17 ISBN : 978-2-87209-977-1
© Buylant–a cademia s.a.
Grand-Place 29
B–1348 Louvain-la-Neuve
Tous droits de reproduction ou d’adaptation par quelque procédé que ce soit,
réservés pour tous pays sans l’autorisation de l’éditeur ou de ses ayants droit.
Imprimé en Belgique
001.Nimy.indd 4 25/02/10 15:16:47
À mon regretté père Patrice Mathutu Nimy Ngimbi ainsi
qu’à ma chère mère Christine Ngumba Lubamba, sans
la tolérance desquels je ne me serais pas familiarisé avec
l’univers musical.
À Sandra, Violette, Jean-Françis, Vaillant, Manuella,
Yolande et Linda-Bérénice, pour que cet ouvrage vous
apprenne à connaître et à aimer davantage notre
culture.
À Bi-Detty, dont la disponibilité et l’humeur égale ont
engendré la sérénité propice à la réalisation de cet
ouvrage.
001.Nimy.indd 5 25/02/10 15:16:47001.Nimy.indd 6 25/02/10 15:16:47PRéFACE
« La musique adoucit les mœurs », dit la sagesse des nations. Elle a sur les relations
que les hommes entretiennent entre eux, le même effet que le commerce. Cette
dernière activité étant, comme l’écrit Montesquieu dans « L’esprit des lois », génératrice
de paix entre les nations qui s’y adonnent en civilisant leurs mœurs par la préférence
faite à la négociation, plutôt que la guerre, pour obtenir les ressources nécessaires à
l’existence.
Dans la foulée, on aurait pu dire également que la musique livre un message
universel, compris de tous, quelles que soient les barrières culturelles et linguistiques. Elle
est le pouls du monde mais aussi le sang qui irrigue tout le corps social. Souveraine,
la musique passe par-dessus les inimitiés momentanées et ouvre l’esprit à la sagesse
grâce à l’alchimie des sons et des mots.
Il en est ainsi des deux Congo, dont les capitales sont les plus proches du monde
mais qu’aucun pont ne relie. L’ouvrage matériel se dressant entre les deux rives du
feuve aurait été le signe visible des connexions diverses que façonne la nature des
liens entre les deux peuples, même si leur histoire a cheminé différemment au gré
d’ukases des anciennes métropoles coloniales et des querelles intestines récurrentes
dans toute famille.
Ce que la politique n’est pas encore parvenue à réaliser, la musique des Congolais
l’a fait. Elle a établi des passerelles pour qu’une symbiose s’opère entre les styles, les
rythmes et les mélodies, renvoyant aux populations kinoises et brazzavilloises, comme
dans un miroir, l’image nette de leur identité commune.
Les musiciens congolais des deux rives, de Justin Disasi à Emmanuel Dadet, de
Wendo Kalosoy à Paul Kamba en passant par Antoine Moundanda, Camille Feruzi,
Jean Serge Essous, Célestin Kouka, Edo Ganga, Luambo Franco, Youlou Mabiala,
Pamelo Mounka, Kalléjeef, Ta Bu Ley et tant d’autres, expriment cette quête
existentielle. À l’égard de celle-ci, le maestro Kalléjeef chante « Ebale ya Congo ezali lopango
te, ezali nde nzela ». En français, cela donne : « Le feuve Congo n’est pas une barrière.
Il sert de pont entre deux pays, lesquels en réalité constituent les deux faces d’une
même médaille ».
En me choisissant pour écrire la préface de son monumental Dictionnaire des
Immortels de la musique congolaise moderne, l’auteur fait d’une pierre deux coups :
rendre hommage aux musiciens brazzavillois en les associant à leurs collègues kinois
dans le panthéon auquel les destine indiscutablement leur qualité de promoteurs de
la musique congolaise moderne, et m’honorer de son amitié qui date de l’époque où
nous œuvrions comme hauts responsables politiques dans nos pays respectifs.
7
001.Nimy.indd 7 25/02/10 15:16:47PréFACE
Nos chemins se sont croisés souvent et nos différents échanges ont souligné la
réalité de cette proximité culturelle dont je rendais compte au début de ce texte. La
musique des deux Congo donne, une fois de plus, l’occasion de nous rassembler dans
l’illustration et la défense de nos cultures très proches.
En effet, le livre de Jean-Pierre Nimy Nzonga est une somme extraordinaire des
virtualités de la musique congolaise et de la manière dont les artistes ont cheminé dans
les méandres d’une société à la recherche de son identité. Le raffermissement actuel
leur doit énormément.
De plus, la créativité qui les caractérise permet à la musique congolaise de triompher
en dehors des frontières de nos deux pays, au point que lorsque les étrangers non
africains parlent de musique africaine, c’est aux artistes congolais qu’ils pensent en
premier lieu.
En scrutant de manière approfondie la musique congolaise moderne, l’auteur
permet aux lecteurs de se familiariser avec bonheur à ses différents arcanes. Excellant
dans ce travail d’exégèse historique, il dote son récit d’une masse de détails qui tracent
de chaque Immortel un portrait complet.
Il ratisse large dans la description des époques ou des lieux, explicitant à l’occasion
les liens entre l’œuvre et l’environnement de l’artiste, de manière à dépeindre un pan
entier de la sociologie urbaine des grandes villes congolaises.
C’est ainsi qu’il remet à leur place bien des préjugés et des rumeurs distillés au sujet
de certains comportements dans le passé et certains éléments de la biographie des
musiciens.
Sans se prétendre didactique, ce travail comble une lacune grave. Très peu
d’ouvrages, en effet, paraissent de nos jours sur la musique congolaise moderne. Et ceux qui
existent n’offrent pas un large éventail des données sur tous les artistes en vue, vivants
ou décédés.
écrit dans un style alerte et plaisant, ce Dictionnaire des Immortels de la musique
congolaise moderne est à l’image de son auteur, un scientifque pourvu d’un sens inné
de la narration, un poète narrateur volontariste qui a le raffnement de versifer la traduc -
tion du lingala en français des extraits des chansons écrites, pourtant, en prose.
Le livre rend également compte de la personnalité éclectique de l’auteur, non
seulement un amoureux des arts – il joue de la guitare, du saxophone, du piano et de la
fûte traversière – mais aussi de la connaissance. À cet égard, l’auteur donne sa pleine
mesure dans l’approfondissement continuel des questions théologiques et
philosophiques.
Ainsi donc, joignant l’essentiel à l’agréable, l’écrivain ressemble à son livre, le fruit
d’un effort de synthèse incomparable qui fait de lui un honnête homme dans le sens où
ece terme est perçu au XVIII siècle en Europe. C’est une des fertés de l’Afrique centrale
que je comparerais aisément à un certain Pic de la Mirandole.
Antoine Ndinga Oba
Ancien Ministre des Affaires étrangères et de l’éducation nationale, Ambassadeur,
Ancien Délégué permanent du Congo-Brazzaville auprès de l’Unesco et
Membre du Conseil exécutif de l’Unesco.
8
001.Nimy.indd 8 25/02/10 15:16:47AVANT-PROPOS
Plusieurs années de réfexion et d’observation nous amènent à concrétiser aujourd’hui
le projet de cet ouvrage par lequel nous voulons rendre hommage aux musiciens qui
ont contribué à la promotion de la musique moderne en république démocratique du
Congo.
À travers des œuvres qui chevauchent des générations de musiciens congolais,
nous avons ressenti comme un impératif catégorique d’ouvrir un vaste chantier pour la
réalisation de ce Dictionnaire des Immortels de la musique congolaise moderne. Mais
pas n’importe comment. éviter soigneusement de sombrer dans le gouffre de
l’hyperbole sous tous les angles devient, alors, un leitmotiv.
Un axe méthodologique prévaut : s’en tenir à la vérité historique et, surtout, bannir
de notre écriture dithyrambe ou toute autre forme de subjectivisme et dénaturation des
faits. D’emblée, nous avons pris l’option de bien préciser la cible au milieu d’un
gigantesque panel d’artistes venus de tous les coins du monde.
Pour mémoire, l’on se souviendra que certains musiciens illustres ont foulé le sol
congolais (rDC) pendant l’ère coloniale et, d’autres, après l’indépendance de ce pays. Il
s’agit de Line renaud, Johnny Hallyday, Johnny Pacheco, Célia Cruz, Myriam Makeba,
Bella Below, Yvone Chaka Chaka, l’orchestre Aragon, Demis roussos, James Brown,
etc.
Ce forilège d’artistes et de groupes, ayant pourtant occupé le devant de la scène
de manière circonstancielle au Congo, ne constitue cependant pas la population visée
par notre propos.
À la différence de musiciens venus d’Afrique, notamment du Nigeria, rhodésie,
Cameroun, Angola et autres, pour bénéfcier des facilités qu’offrent les infrastructures
techniques que Kinshasa était presque la seule à posséder en Afrique noire à une
certaine époque, le cas des Congolais de Brazzaville est toutefois spécifque. Même si leur
installation, à Léopoldville, procède de la même motivation, les musiciens brazzavillois
font partie intégrante de l’histoire des deux musiques parentes d’une rive à l’autre du
feuve Congo.
Cette situation trouve sa particularité dans l’anthropologie et la sociologie de cette
région d’Afrique. À cet égard, parler de la musique congolaise moderne équivaut à
considérer comme indivisibles les deux Congo : Congo-Kinshasa et Congo-Brazzaville.
Cependant, la nécessité d’une synthèse cohérente et rigoureuse nous a obligé à
opérer un tri même au niveau de ce groupe privilégié, en nous focalisant sur ceux
qui ont exercé la musique en république démocratique du Congo de façon profes -
sionnelle et sédentaire. Cette approche est d’autant plus importante que les éléments
d’appréciation sont plus accessibles dans les conditions de recension des œuvres et
des biographies des artistes situés spatio-temporellement et dont l’évolution suit une
trajectoire connue et répertoriée.
9
001.Nimy.indd 9 25/02/10 15:16:47AVANT-PrOPOS
Ainsi qu’on le verra, le présent travail suscite pour nous une réfexion à double fa -
cettes : grandeur et servitude. La grandeur de la musique congolaise moderne a été
longtemps célébrée. Pourtant, connaît-on l’autre face de la médaille ?
Insérés dans une continuité historique et sociologique, les acteurs de la musique
congolaise moderne ont été pris en soudure dans deux mouvements d’une égale
intensité. Traités comme des ouvriers non qualifés et non comme des créateurs par leurs
mentors grecs, belges ou portugais de l’époque, ils faisaient corps avec la masse des
Congolais dont l’horizon est bouché par le minimalisme socio-économique de la
métropole coloniale, paternaliste et d’une effrayante effcacité fonctionnelle.
Une fois l’indépendance acquise, les musiciens de la nouvelle génération ne
trouveront pas cet accomplissement social rêvé. La voie royale du recouvrement adéquat
des droits d’auteurs leur sera barrée. En rédigeant ce livre, nous y avons réféchi. Ayant
nous-même, en son temps, pratiqué en dilettante l’art d’Orphée, cette proximité a
motivé singulièrement la présente entreprise, de même qu’elle nous a permis de prendre
conscience de l’aménagement lacunaire et inopérant des mécanismes d’exercice de la
profession musicale ainsi que de la protection des droits d’auteurs et des droits voisins
en république démocratique du Congo.
Il est évident que cette insuffsance engendre des situations dramatiques et
surréalistes : bon nombre de compositeurs féconds, aux œuvres largement diffusées et
commercialisées, sont contraints de végéter en ne vivant que du menu fretin ou
d’expédients pour, souvent, connaître une mort pitoyable à l’image de la vie qu’ils ont
menée.
relevons également le fait qu’au niveau de la société globale et plus particulièrement
de la jeunesse, l’effritement et l’oubli voire la méconnaissance totale de l’apport de ces
opérateurs culturels deviennent tragiquement la norme.
Par ce premier essai dont, au demeurant, nous saisissons consciemment les limites
et qui, certes, nécessitera une édition revue et corrigée, nous contribuons non
seulement à un processus débutant de ré-écriture de l’histoire de ces Immortels mais
également à fxer, pour l’avenir, les matériaux indispensables à la création d’un Musée.
À son stade ultime, il est prévu de dénommer ce panthéon musical : Musée
d’histoire de la musique congolaise moderne. Sorte de Musée Grévin de Paris ou Musée de
Madame Tussau de Londres, avec personnages en cire. Evidemment, y trôneront des
fgures illustres, femmes et hommes, hérauts et héros de la musique congolaise mo -
derne, dont le souvenir risque, si l’on y prend garde, d’être relégué dans les rebutantes
oubliettes de l’histoire.
Pour ce faire, des organismes à caractère culturel et fnancier, un comité scienti -
fque constitué d’experts, d’historiens, de musicologues, de politologues et juristes,
de sociétés de protection des droits d’auteurs et droits voisins ainsi que divers autres
intervenants sont d’ores et déjà à pied d’œuvre pour l’aboutissement du projet. Mais,
cela est une autre histoire !
Loin de recenser tous les musiciens du Congo, le Dictionnaire des Immortels de la
musique congolaise moderne offre plutôt un espace où les artistes sont présentés,
avec comme seuls critères le professionnalisme et l’ancrage en république démocrati -
que du Congo. Des observations sur le parcours de l’artiste ainsi que ses chansons les
plus signifcatives qui, de notre appréciation toute subjective, symbolisent son meilleur
apport à la musique, occupent une place de choix dans l’ouvrage.
10
001.Nimy.indd 10 25/02/10 15:16:48AVANT-PrOPOS
À cet égard, nous recourons le plus souvent aux éléments qui permettent au lecteur
de reconnaître facilement l’œuvre concernée sans indiquer nécessairement le titre
originel tel qu’il a été gravé sur disque.
Enfn, au terme de ce propos, nous remercions tous ceux qui nous ont encouragé et
soutenu moralement dans la réalisation de cette audacieuse entreprise ainsi que ceux
qui, de façon expresse, ont permis que nos investigations aboutissent. Nous saluons,
d’abord, la totale disponibilité des artistes qui, comprenant la portée historique du
projet, se sont généreusement prêtés à nos interviews. Nous remercions particulièrement
le Frère Joseph Aurélien Cornet pour ses conseils avisés. Notre gratitude s’adresse à
Henri Erumba Monde, ancien joueur de l’A.S. V.Club de Léopoldville, pour avoir
généreusement mis à notre disposition sa prodigieuse documentation.
Nous remercions également †Alfred Bomele Molingo Ikaki et José Patrick Nimy
Mayidika Ngimbi, dont les implications et les inestimables apports nous ont été très
utiles. Nos remerciements vont aussi à Paul Kabaïdi wa Kabaïdi qui, de son lit d’hôpital,
n’a cessé de nous encadrer moralement à un moment où certains aléas semblaient
entraver notre élan. Nous n’oublions pas Joseph Dodet-Kanza dont les anecdotes ont
permis de compléter certains aspects de notre information.
Nous disons notre reconnaissance à Christian Nimy-ta-Ngumba Taty pour tout le
mal qu’il s’est donné à fureter pour traquer dans leur tanière de Kinshasa certains
« lions » dépités par l’ingratitude, l’oisiveté voire le dégoût de l’existence. Merci, donc,
pour les efforts fournis afn de briser l’opacité de ces personnages devenus inaccessi -
bles à tout discours de réhabilitation.
Nous remercions tout particulièrement Chantal Mbala Mpasi, Bambi Kapalanga,
†Urbain Kioni, Johnny Mukuta, Yvan Manuel, Christophe Peremans et Jean-Marie
Boale, dont l’expertise nous a aidé à vaincre les divers caprices et aléas de l’outil
informatique.
Notre gratitude va également à Cyrille Momote Kabange et Jean Cornelis Nlandu,
qui ont intégralement lu notre manuscrit.
Que Jean Larock, Eddy Bokwetenge, Mie Jeanne Nyanga Lumbala, Augustin-romain
Kioni Kiabantu, raoul Donge, Hubert Badibanga Mbenga, Basile Omar Diatezwa, André
Tabu Eboma, Alexandre Okenge, Léopold Lutete Nzau, Joseph Kitambala N’gbeze,
Frédéric Möller, Pietro Fili, Marie Bofela, Gaby Mangaya Boleko, Manuel Zinga, rené
Malu wa Koni, rosine Feza Faray, Vincent Nzuzi Mulamba, Henri David Kamba, Georges
Sandy Makumbu Kongolo, Isaac Northon Kubangumusu Matelele, Louis Bompese
Mbula Eyoyembe, Baudouin Amba Wetshi, Henri Nzinga Nizetu, Franklin Kapuassa
Ngombe, Aimé Ilolo-Eketsu, Jacques Masombo, Ekakia Elonga, Hervé Martial Phaka
Ngimbi, Eric Marchano Singa, Emmanuel Leurs Losi Tsheusi, Grégorio Nsumbu Mbala,
Sosthène Ndikuriyo Gasaba, Sylvain Konko, Jackie Angelemani et Victor Matondo
Tsumbu trouvent ici l’expression de notre gratitude.
Merci, enfn, à toutes les personnes anonymes dont l’apport moral a permis d’une
façon ou d’une autre la fnalisation du présent projet.
11
001.Nimy.indd 11 25/02/10 15:16:48001.Nimy.indd 12 25/02/10 15:16:48INTRODUCTION
Notre ouvrage présente la particularité de se défnir comme un dictionnaire et non, spé -
cifquement, en tant que traité de musicologie ni livre d’histoire de la musique du bassin
congolais. Ainsi donc, dans la partie que voici, la présentation du travail obéit au souci
de laisser le lecteur découvrir l’histoire des « Immortels » et percevoir par lui-même les
différentes articulations de la musique congolaise moderne comme un véritable fait de
société.
Cet aspect « Dictionnaire » n’appauvrit pas, tant s’en faut, la matière de l’ouvrage ;
mais il rend compte d’un choix délibéré de synthèse qui cherche à donner un espace
plus large aux faits plutôt qu’aux spéculations. L’on s’apercevra que les
développements des éphémérides apportent déjà, à travers les fches individuelles, des éléments
largement explicités et étoffés. L’on y trouve une sorte d’aperçu synoptique de la
société dans les manifestations ayant infué sur la vie de l’artiste.
In fne , le souci de proportion fait que le dictionnaire, proprement dit, couvre la
majeure partie de l’ouvrage. De cette manière, se présentant telle une banque de
données, il offre, aux éventuels chercheurs et historiens, la possibilité de reconstituer en un
document unique l’histoire non fragmentée de la musique congolaise moderne.
La nature complexe du champ d’investigation de cette musique fait, en effet, qu’il
sied de l’appréhender dans sa globalité. Aussi, les ressources de la science historique,
de la musicologie, de l’anthropologie culturelle et de la sociologie sont-elles
nécessaires. Elles apportent, en tout cas, un éclairage cru, dénudant les faits et donnant, en
même temps, une cohérence interne aux thèses développées.
Alors, que nous faut-il dire à ce stade ? L’examen d’un aspect quelconque de cette
musique ne peut trouver cohérence ou justifcation que lorsqu’il est envisagé au regard
de la musique dite traditionnelle d’où elle puise, au demeurant, toute sa quintessence.
Nous excluons, cependant, de remonter jusqu’au déluge afn d’y rechercher onoma -
topées ou autres premiers accents de la musique atonale, bien qu’elle ne soit pas
dépourvue d’intérêt à l’aune d’observation d’un musicologue.
Néanmoins, nous épinglons simplement la présence invariante d’un langage modal
qui, évoluant à l’intérieur de sociétés dites primitives, se stabilise en des formes
affrmées de la musique tonale. Cette dernière forme de musique, très spécifque, colore,
au sein des sociétés africaines subsahariennes, la majeure partie d’activités
sociales : chasse, pêche, danse, rites d’initiation, fêtes, deuils, etc. Intimement imbriqués,
la danse, le chant et la musique, les trois éléments essentiels, reposent sur un socle
commun qu’est le rythme.
La musique africaine dite moderne, évoluant et développant les accents puisés dans
sa originelle mais qui lui revient fécondée par l’apport de sa cousine, la rumba
« cubaine », acquiert, sans coup férir, ses lettres de noblesse à partir de la fn de la
première guerre mondiale.
13
001.Nimy.indd 13 25/02/10 15:16:48INTrODUCTION
En effet, dans l’entre-deux-guerres – plus précisément autour des années 1920
et 1930 –, l’on dénote une effervescence musicale générée par le rythme « biguine »
appelé « martiniquais ». Cet élan se consolide avec l’apparition du phonogramme
et ses disques 78 tours, les fameux « His Master’s Voice » ou « G.V. » des groupes
Matamoros, Sexteto Habanero, Havana Casino Orchestra, etc. Ces deux phénomènes
fnissent par tracer les contours de la nouvelle musique.
Signalons que, dans l’ancien Congo Belge, le label « His master’s voice »
distribuait les disques de deux compagnies associées : England Gramophone Company et
American Company Victor. Les premières lettres de Gramophone et de Victor forment
cette espèce d’acrostiche : G.V.
La fn de la Deuxième Guerre mondiale arrive, enfn, à préciser la substance de cette
musique à travers les groupes notamment formés par les anciens élèves des frères des
écoles chrétiennes, comme à Boma, Tumba, Groupe scolaire de Mbandaka et Itipo.
C’est cette musique que l’on retrouve alors chez ceux que nous considérons comme
étant les pionniers. Ceux-ci évoluent, en majorité, au sein du groupe Odéon et son
challenger dénommé Groupe américain.
Les pionniers, pour la plupart des lettrés, à l’instar de Justin Disasi, Emmanuel Dadet,
François Poto Galo, Joseph Mbungu, rené Kisumuna et Antoine Kasongo, balisent
noblement la voie que vont emprunter et développer leurs successeurs.
La première génération, bien que constituée de contemporains des pionniers,
pratique une rumba sensiblement différente tant dans la structure rythmique que dans
l’élaboration de l’orchestration. Il s’agit principalement de Camille Feruzi, Paul Kamba,
Léon Bukasa, Antoine Wendo Kalosoy, Antoine Moundanda, Jean Bosco Mwenda et
tant d’autres, qui vont voir éclore leurs talents sous la férule des propriétaires
européens des studios d’enregistrement, dont la plupart, affairistes, n’ont comme
motivation première que l’appât du gain.
La seconde génération, tout aussi exploitée durant la colonisation, émerge à partir
de Joseph Kabasele dit Kalléjeef qui, grâce à l’apport d’éléments électriques introduits
au sein de son orchestre, African jazz, en est le porte-étendard. Apparaît également,
dans le rôle de leader, l’inénarrable Luambo François dit Franco, fondateur de
l’ensemble O.K. Jazz.
Cette génération enfante deux grandes écoles de musique : l’école de Kalléjeef et
celle de Franco. La démarcation des deux courants régente largement le microcosme
musical congolais pendant près de vingt ans, de 1953 à 1970. De nombreuses
formations musicales corroborent cette assertion, s’inscrivant dans l’une ou l’autre
mouvance. Parmi elles : Rock’ A Mambo, Beguen Band, Vedette jazz, Dynamic jazz,
Congo et Conga jazz, La rumbanela band, Makina Loka, Micra jazz, Crishna Jazz avec
Bebi, Jazz Capable, Jazz Africain, Affeinta jazz, Jazz Loningisa, Calypso jazz, Viviane
re eMambo, Jazz Mango, Negro Succès (1 et 2 formule), Cobantou, Los Angel, Kin
Bantou, Super Baka, Comet Mambo (Matadi), Grand Micky de Matadi, Super
Fiesta (Kikwit), Rickem jazz de Boma, Singa Mwambe de Kisangani, Jazz Baron,
Bamboula, Diamant Bleu, Les As, Festival des Maquisards, Les Grands Maquisards,
Continental, G.O. Malebo, African Fiesta National, African Fiesta Sukisa, Volcan ni beto
ba, Bella Bella, Vévé, Lipua Lipua, Sosoliso, Lovy du Zaïre, etc.
Autour des années 1964-1967, un vent singulier, venu d’outre-mer à travers les
orchestres d’étudiants congolais de Belgique, accouche d’un style de musique assez
14
001.Nimy.indd 14 25/02/10 15:16:48INTrODUCTION
particulier. Ces étudiants se répartissent, selon l’ordre chronologique de création de
leurs orchestres, de la manière ci-après :
* Juillet 1964 : orchestre Yéyé national (Bruxelles) de Jean-Pierre Nimy Nzonga
(fondateur et guitare solo) ; avec Macaire Mangaya (chant et chef
d’orchestre), †Louis Maxime Mongali Max Maxime (chant), Oscar Nsukami Balkis (chant),
Isidore Nzanga Zizi (chant), Antoine Bokito Tony Dee (chant), †roger Nimy Bouboul
(chant), Léon Perry Bisengambi (chant), †roger Kwamy Mambu Nzinga (chant),
Max Mayaka (chant), Léon Ebeya Belon (guitare basse), Benoît Lubanda Benito
(guitare), Léopold Bolemole Hammard (maracas et trésorier), Disu Ngelesi Pierre
DEP Michelson (Tumba), Edmond robson Tsasa (guitare), †Francis Bolenge Fif
(Tumba), Christophe Mukoy (drums), Jacques Lumpungu (Saxophone), †Shaumba
Mulangala Bonita Bob Smith (Tumba), †Arthur Lundu Lunart (guitare), Célestin
Nyamaseko (chant), édouard Monkato (Tumba), †Charles Gaby Diomi (guitare),
Eugène Diomi Ndongala (guitare) ainsi que le big manager Jean-Baptiste Mulemba
Makubi dit Man Elijah percussionniste) ;
* Septembre 1964 : orchestre Afro Negro (Bruxelles) de François Bikoko (fondateur
et guitare solo) ; avec Philippe Kabuiku (chanteur, maracassiste et chef
d’orchestre), Mike Macauley (chant), †Antoine Tonio Diambu (chant), Antoine Bokito Tony
Dee (chant), Denewade Tifour (chant), †Julien N’damvu Douglas (guitare), Boniface
Matingu (clarinette), †Henri Pongo Existo (Tumba), Henri Milliex (guitare basse),
†Michel Galo (guitare), †Philémon Bongo, L’ombre (guitare) ;
*1965 : orchestre Los Nickelos ( Liège) fondé par les frères Nzeza (†Félicien (guitare
basse) et Justin Masta (guitare solo) et Jules Ngole ; avec †François Kalala Fafa
(Tumba et chef d’orchestre), rené Kasanda Karé (chant), †Venant Kinzonzi Zatho
(chant), †Jean Maurice Bitumba (chant), José Mubuala Kelly (chant), Antoine Bokito
Tony Dee (chant), Isidore Nzanga Zizi (chant), Marc Banguli Marco (chant), †Paul
Lieke (guitare basse), †Justin Mangubu (Trompette), Bernard Kandolo Ben Akhan
(saxophone), †Camille Azimba Azin (maracas), Camille Ntoya Tocam (guitare
basse), †Bernard Bokombe Bébert (guitare basse), †Freddos M’fri (chanteur Salsa),
Jean Ndomatezo Macchy (guitare) ;
*1966 : orchestre Diamant Bleu (Louvain) fondé par †Gaston Kanza (guitare solo) ;
avec Gaston Landu (chant), André Moloto Molotov (chant), Bernard Landu Kianda
(chant), †Jean-Marie Phanzu (chant), †Debongo Orphée (chant), Emile Lukaku
Donga (chant), Floribert Muteba (guitare basse), robert Mondo (guitare), Gilbert
Kala De Kalan (Tumba), †Pierre Mbuze Nsomi (maracas), Jacques Lumpungu
(saxophone), Omari (guitare), †Pierre Mubandu Passoire (maracas) ;
*1966 : orchestre Ekebo (Mons) fondé par †Pierre Ngalula (guitare solo) Sinatra ;
avec raphaël Sasa Nzila (chant), Jean Paul Nsiala (guitare), Antoine Mitalungu Mitra
(saxophone ), Georges Diabika (guitare), André Pasi (chant), Félix Biata (guitare
basse), André Lusakueno Sirius (Batteur). Cet orchestre change d’appellation et
devient, par la suite, l’orchestre Zaïko et cela, bien avant la création à Kinshasa d’un
autre orchestre du même nom ;
*1966 : orchestre Tropical (Charleroi) constitué notamment de Camille Wazolao
(guitare solo), Adolphe Mputu Aphy (chant), Marius Tuzolana (chant), Pierre Moji
(guitare), Adolphe Puati (guitare basse), Joseph Lusambulu Jeef (drums), †Philémon
Bongo L’ombre (guitare), Jules Marzetti (guitare basse) ;
15
001.Nimy.indd 15 25/02/10 15:16:48INTrODUCTION
*1966 : orchestre Paquita (Liège) constitué notamment de James Lahele (guitare
solo), †Michel Mansona Micky De roos (chant), Leon Bisengambi Perry (chant),
Camille Ntoya (guitare basse), Pandemoya Pakis (guitare), Teddy Kabeya (guitare
basse), Walter Mudingayi (guitare) ;
*1968 : orchestre Africana (Bruxelles) avec Omari (guitare solo), †Marcus Mambwini
(chant), Teddy Kinsala (chant), Freddy Mayaula e), Adolphe Puati (guitare
basse)
N.B. Il convient d’ajouter, dans la série, l’orchestre Banko avec Jean-Pierre Kabangi
(guitare solo), Christian Bula (chant), †Jacky Simba (chant), Jean-Marie Tepatondele
Lynx (guitare), †Bernard Bokombe Bébert (guitare basse) ainsi que le Festival des
Egalés avec Baudouin Bomele (chant), Baudouin Nsukami (chant), Ileka, Dolina,
Kabengele, etc.
Quelques années plus tard, de 1979 à 1985, la tradition d’orchestres estudiantins
se perpétue parmi les « Belgicains » à travers le dernier ensemble dénommé Bana
Africa de Louvain-La-Neuve, groupe mené par Louis Leya alias Djo Lea ainsi que
certains de ses camarades tels Nzau Claude, Bokata, Pierre Nsinga, etc.
Ci-dessous quelques uns des principaux acteurs de cette vague belgicaine, dont
l’infuence se fera remarquer par la suite.

Max Maxime Mongali Justin Nzeza Masta

José Mubuala Kelly Isidore Nzanga Zizi
16
001.Nimy.indd 16 25/02/10 15:16:48INTrODUCTION


Mputu Adolphe Aphy Bernard Landu

Félicien Nzeza Camille N’toya Tocam

Léon Perry Bisengambi Oscar Nsukami Balkis

Antoine Bokito Tony Dee Camille Azimba Azin
17
001.Nimy.indd 17 25/02/10 15:16:49INTrODUCTION


Léon Ebeya Belon
Debout (de gauche à droite) : Mike Macauley (maracas),
Bikoko François (guitare) et Dialo Nawasadio
Assis (de gauche à droite) : Luambo Franco (guitare) et
Jean-Pierre Nimy (guitare) ; en retrait : Flavien Kasa -Vubu

Debout : Oscar Nsukami
Assis (de gauche à droite) José Mubuala, Jean-Pierre Nimy et Léon Ebeya
Le style de ces Belgicains apporte une nouvelle bouffée d’oxygène. Cela déteint
indubitablement sur le comportement musical de leurs cadets restés au pays. L’orchestre
Thu Zaïna se lance, le premier, dans l’arène. L’ensemble Yss Boys de Claudy Tala-Ngai,
Boni Tshimanga, ray Lema, etc, qui émerge du lot, s’oriente plutôt vers la musique
pop. Dans la foulée, Jacques Pelasimba conduit le groupe Les Mustang et Vincent
Lomboumier, Les Saphirs.
La musique yéyé, popularisée par des vedettes de la trempe de Johnny Hallyday,
Claude François, richard Anthony, Françoise Hardy, Sheila, Sylvie Vartan, Frank Alamo,
Beatles, Fats Domino et Boby Solo, traverse les continents et inspire aussi les
teenagers congolais. Néanmoins, dans l’exécution de la rumba, l’infuence de la couleur
belgicaine demeure marquante.
Cette nouvelle vague infuence l’orchestre Zaïko qui se construit et se cherche une
identité. Et, une fois sur les rails, l’empreinte de l’orchestre Zaïko sonne défnitivement
le glas des deux grandes écoles préexistantes.
18
001.Nimy.indd 18 25/02/10 15:16:49INTrODUCTION
Ainsi, la troisième génération, menée incontestablement par l’orchestre Zaïko,
produit un style de musique qui, grâce à la conjugaison des apports de Merry Djo, aux
drums, et de Manuaku Waku à la guitare solo, et à la singularité de l’inspiration
immanente à leur manière de construire la rumba, se démarque totalement des lignes
antérieures et suscite un énorme engouement. Même les porte-étendards des deux
anciennes écoles, Luambo Franco et Ta Bu Ley rochereau qui assure la relève de
Kalléjeef, se voient contraints de revoir le tempo de leurs œuvres aux fns de les adapter
à la nouvelle donne.
L’atomisation ultérieure de l’orchestre Zaïko, qui se déploie en tentacules, permet la
diffusion, depuis l’année charnière 1970 (année-cavacha), du « style Zaïko » dans les
différents groupes issus de sa matrice. La constance de ce nouveau genre singularise
la troisième génération de la musique congolaise moderne principalement au travers
des groupes tels que Viva la musica, Victoria Eleison, Isif Lokole, Isif, Yoka Lokole,
Langa-Langa Stars, Choc Stars, Antichoc, Grand Zaïko Wawa, Quartier Latin.
Quant aux différents orchestres Wenge et dérivés, leur musique se stabilise dans la
mouvance Zaïko, en dépit des efforts pour se frayer une voie propre.
Explorons, à présent, le parcours des différents artistes qui ont participé à la
construction de l’histoire combien riche de la musique congolaise moderne.

19
001.Nimy.indd 19 25/02/10 15:16:50001.Nimy.indd 20 25/02/10 15:16:50 LES IMMORTELS
bEdI Martin, dit KELLy (Kindu, 1945) A • chanteur , auteur -compositeur • Congo 
(RDC).
Fils  de  Camille  Makanyaka et  de Saf  Otete, 
il  participe  à  l’édifcation  de  l’or chestr e Thu
Zaïna , à Kinshasa pendant l’année 1969. 
Aux  côtés  de  ses  amis Roxy  T shimpaka, 
Bruno  et  Denis  Bonyeme, Chryso  Mengi,  or -
ganiste  arrangeur  et  bien  d’autr es,  le  chan -
teur  Abedi  se  montr e  très  détonant.  Par  son 
talent,  il  contribue  grandement  au  succès  de 
son  gr oupe,  habitué  à  se  pr oduir e  au  dancing 
bar « La  Perruche  bleue »,  devant  un  public 
enthousiaste. 
Précurseur  du  célèbr e Zaïko Langa Langa,
l’ensemble  galvanise  principalement  les  éner -
gies  des  jeunes  vacanciers,  férus  de  « sur -
boum »  et  de  « gar den-party ».  Devant  l’am -
pleur  de  la  réussite,  l’or chestr e  décide  d’em -
brasser  le  pr ofessionnalisme et  ses  membr es 
En  1984,  elle  évolue  pendant  six  mois se lancent, tous, dans la carrièr e musicale. 
comme  « tigr esse »,  c’est-à-dir e  danseuse  au Tête  d’affche  et  compositeur  fertile,  Martin 
sein  du  gr oupe  que  dirige  la  chanteuse  Abeti Abedi  s’illustr e  notamment  dans  la  chanson 
Masikini.  La  rigueur  de  celle-ci  r ejaillit  sur  Abby 
Je Tutu,   distribuée  par  les  Éditions  populair es 
Suriya,  qui  est  comme  ensor celée.  Éprise  de 
de  Luambo  Franco.  Il  est  également  l’auteur 
la  chanson  depuis  son  enfance,  elle  se  sur -
de  « Marie  Hélène,  soyez  la  bienvenue », 
pr end  régulièr ement  à  fr edonner  avec  aisan -
« Macelia », « Lokoko »,  etc. Il  demeur e  sans 
ce  le  répertoir e  pourtant  complexe  d’Abeti 
discontinuer  au  sein  du  palpitant Thu Zaïna
Masikini,  truf fé  d’œuvr es  charpentées  aux  so -
qui  lègue  à  la  postérité  des  œuvr es  telles  que  norités  alambiquées.  Cette  facilité  laisse  plus 
« Zuwa  ya  zemi »,  « Ba  patr ons  na  ba mbon - d’un  musicien  perplexe  et  ébaubi  au  sein  de 
go », « Dis Y oyo », etc. l’or chestr e Les Redoutables . 
  Après  cette  exubérante  expérience,  Kelly  En  outr e,  son  timbr e  vocal  appr oche  à  s’y 
choisit  de  s’installer ,  d’abor d,  à  Bangui  en  mépr endr e  celui  de  la  célèbr e  Mbilia  Bel,  co -
République  Centrafricaine,  puis  à  Bafoussam  queluche  de  l’or chestr e Afrisa International   de 
au  Camer oun,  où  il  vaque  à  de  multiples  oc - T a  Bu  Ley  qui  fait,  au  même  moment,  des  ra -
cupations. vages  en  Afrique  et  dans  d’autr es  parties  du 
monde.  Le  micr ocosme  musical  se  bouscule 
AbIA AMbEnA-ndjAï Abby , alias  dès  lors  au  portillon  d’Abby  Suriya.  L ’artiste 
Abby SuRIy A (Bumba , 22.10.1963)  devient  une  nouvelle  pièce  à  verser  dans  le 
• chanteuse, auteur -compositeur • Congo  dossier de la chanson congolaise.
(RDC). En  1985,  la  pulpeuse  interprète  à  la  voix 
Pur  pr oduit  de  l’Équateur ,  mwan’Ekanga,  cristalline  choisit  d’émigr er  vers  la  Côte  d’Ivoi -
cette  chanteuse  chevr onnée  possède  la  r e  pour  débuter  sa  carrièr e  musicale.  T r empée 
musique  et  le  rythme  dans  ses  viscèr es.  En  complètement  dans  la  musique Soul  et  dans 
la  rumba  congolaise,  elle  interprète  avec ef fet, Abby  Suriya  se  jette  dans  le  monde  de 
maestria  ses  pr emièr es  œuvr es  qui  r eviennent la  musique  en  partant  de  la  chorégraphie.  Sa 
comme  un  boomerang  auprès  des  méloma -belle,  surpr enante  et  insolite  histoir e  d’amour 
nes congolais.avec la musique mérite bien d’êtr e contée.
21
002.Nimy.indd 21 25/02/10 15:09:22AGBEP A MUMBA (KOFFI OLOMIDE)
Elle  idolâtr e  T a  Bu  Ley  Rocher eau,  dont 
les  nuances  ainsi  que  les  infexions  vocales 
infuencent  sensiblement  ses  pr estations. 
Installée  aujour d’hui  à  Paris, Abby  Suriya  évo -
lue  comme  indépendante,  participant  à  l’en -
r egistr ement  de  plusieurs  albums  des  artistes 
musiciens.
AgbEp A MuMbA  Antoine, Christophe, 
alias KOffI OLOMIdE , Rambo, Mopao, 
Grand Mopao, Mopao Mokonzi, Le 
Maximum (Kisangani , 11.08.1956), 
• chanteur , auteur -compositeur • Congo 
(RDC).
Né  sous  le  signe  du  lion,  Koff  Olomide  est 
le  fls  de  Charles  Agbepa,  de  souche  « Akula » 
et  originair e  de  la  pr ovince  de  l’Équateur .  Bien 
Ressé  Olomide,  son  oncle  mater nel,  à  la 
connu  des  milieux  sportifs  kinois  d’avant  l’in -
fois  peintr e  et  musicien,  encourage,  au  con -
dépendance,  Charles  Agbepa  laisse  au  sein 
trair e,  le  gamin  et  le  pousse  à  embrasser  l’art 
de  son  équipe  l’AS  V .Club  la  réputation  d’un 
d’Orphée.  Il  lui  enseigne  même  les  pr emièr es 
footballeur  particulièr ement  endurant.  Une 
notions de la guitar e.
sorte de Didier Deschamps avant l’heur e.
Devant  ce  dilemme,  la  balance  du  destin 
Sa  mèr e, Amie  Moyami,  est le fruit  d’un 
penche  inexorablement  vers  la  carrièr e  mu -
1sujet « Popo » ,  r essortissant  du  Sierra  Leone 
sicale.  À  Lemba,  Antoine  Agbepa  Mumba 
(d’où  le  nom  de  Koff  Olomide)  et  d’une  mèr e 
s’initie,  alors,  à  la  guitar e  auprès  d’un  aîné 
« Songe »  de  Kabinda  dans  le  Kasaï  oriental. 
dénommé  Vér on.  Cet  instrument  n’ayant 
V oilà  le  décor  rapidement  planté  pour  situer 
dorénavant  plus  de  secr ets  pour  lui,  l’artiste 
l’ascendance de cette étoile. 
l’exploite  à  fond  dans  les  moutur es  de  ses 
Koff  Olomide  eût  pu  connaîtr e  une  fortu -
œuvr es.  Signalons  en  passant  que  ledit  Vér on 
ne  toute  dif fér ente  car ,  selon  ses  amis  d’en -
joue,  actuellement,  de  la  guitar e  mi-solo  au 
fance,  l’aisance  avec  laquelle  il  pratiquait  le 
sein  de Quartier Latin ,  or chestr e  d’accompa -
football  au  poste  d’avant-centr e  à  l’ É cole  St 
gnement de Koff Olomide. 
Augustin  de  Lemba  lui  valut  non  seulement  le 
Au  moment  où  le  jeune  homme  décide, 
sobriquet  de Sekele  mais  laissait  aussi  présa -
en  cachette,  de  se  lancer  dans  la  musique, 
ger  qu’il  allait  vraisemblablement  emboîter  le 
son  oncle  lui  conseille  d’utiliser  comme  nom 
pas  à  son  géniteur .  Il  n’en  est  pourtant  rien ! 
de  scène  « Olomide »,  le  nom  yoruba  de  son 
Charles  Agbepa,  son  pèr e,  qui  appr end  par 
grand-pèr e  mater nel  qui,  venu  travailler  au 
des  indiscrétions  persistantes,  le  penchant  du 
Congo, s’y est installé défnitivement.
petit  Antoine  pour  la  carrièr e  musicale,  s’y  op -
En  1970,  l’artiste  intègr e  l’or chestr
e Selepose  énergiquement,  estimant  que  ce  métier 
Sele du  président  chanteur  T ako  Ley  à  Lemba 
de  « voyou »  ne  corr espond  pas  au  pr ofl  du 
comme  guitariste  d’accompagnement,  en 
jeunot,  particulièr ement  doué  pour  les  études.
même  temps  qu’il  poursuit  ses  études  à  l’Ins -
titut St Jean de Lingwala. 
Cher chant  à  satisfair e  aux  exigences  de 
son  géniteur ,  le  déf  majeur  de  Koff  Olomide 
1 Appellation  générique  de  certains  « Ouest- est  de  concilier  les  études  et  la  pr ofession  mu -
africains »  venus  s’installer  au  Congo  avant  l’in - sicale.  Le  cursus  de  l’artiste  r essemble  étran -
dépendance.  Cette  dénomination  dériverait  du 
gement  à  celui  de  Lutula Edo  Clari.  Celui-ci « Grand  et  Petit  Popo »,  cités  du  Dahomey  (actuel 
était  parvenu  à  terminer  ses  études  d’ingé -Bénin)  d’où  sont  partis  les  pr emiers  Ouest-africains 
nieur  en  Télécommunications  en  France,  tout vers  le  Congo.  Ils  sont  appelés  aussi  « coastmen », 
en  faisant  de  la  musique  pr ofessionnelle.  Koff  qui  signife  « les  hommes  de  la  côte »  par ce  qu’ils 
pr oviennent  pr esque  exclusivement  de  la  côte  atlan - Olomide  décr oche,  lui  aussi,  son  diplôme 
tique de l’Afrique. en  Sciences  commer ciales  à  l’Université  de 
22
002.Nimy.indd 22 25/02/10 15:09:22AGBEP A MUMBA (KOFFI OLOMIDE)
Bor deaux  alors  qu’il  exer ce  déjà  comme  mu - national,  pr end,  à  partir  de  1987,  un  tour nant 
sicien pr ofessionnel. pr odigieux. 
De  1976  à  1980,  encor e  aux  études,  Cour onné  de  succès,  l’artiste  tisse  de 
Koff  Olomide  fait  la  r encontr e  de  l’artiste  nombr euses  attaches  avec  des  mécènes  et 
Papa  W emba  grâce  à  son  frèr e  aîné  Johnny  jour nalistes  qui,  par  des  actions  pr omotionnel -
Jhonniko  Agbepa,  ami  du  chanteur  précité.  les,  le  maintiennent  au  top  niveau.  Ladi  Luya 
C’est  le  commencement  d’une  collaboration  (cf.  photo  ci-dessous),  éditeur -r esponsable  du 
qui  lie  ces  deux  artistes  sur doués  et  qui  fnira,  jour nal  « V isa »  d’informations  musicales,  est 
en  1996,  par  se  cristalliser  à  l’occasion  de  la  l’un de ceux-là. 
sortie  de  l’album  « W ake  Up ».  Nous  y  r evien -
dr ons.
Pour  ce  qui  est  de  ses  débuts  de 
chanteur , Koff  Olomide,  pr oftant  de  ses  va -
cances  scolair es  à  Kinshasa,  enr egistr e  au 
Studio Vévé  ses  pr emièr es  œuvr es,  à  savoir 
« Asso »  et  « Princesse  ya  Senza ».  Ne  dispo -
sant  pas  encor e  d’or chestr e,  Koff  écrit  égale -
ment  des  chansons  pour  d’autr es  artistes  de 
la  place,  collaborant  notamment  avec  Zaïko
Langa Langa. A vec Viva la musica ,  il  intervient 
parfois  à  la  guitar e  lors  des  pr estations  du 
gr oupe et  enr egistr e  au  chant,  avec  W emba, 
le titr e « Anibo » sorti sur disque 45 tours. 
En  1982,  avec  le  chanteur Debaba, Koff  
Olomide  monte  l’or chestr e Historia . 
Néanmoins,  ce  compositeur  pr olixe  tente  plusieurs  Koff Olomide aux côtés de Ladi Luya du jour nal 
expériences  et  penche  natur ellement  vers  une  Visa .
carrièr e  d’artiste  indépendant.  Se  sentant  les 
coudées  franches,  l’artiste enr egistr e,  en  1983,    Une  abondante  discographie  complète  les 
2en  Belgique,  son  pr emier  album  « Ngounda  »,  méga  pr oductions  que  Koff  Olomide  réa -
dans  lequel  il  chante  « Ngobila »  avec  Joski  lise  dans  des  lieux  et  salles  mythiques  tels 
Kiambukuta de Tout Puissant O.K. Jazz .  que  le  Palais  des Congrès  de  l’Hôtel Ivoir e 
À  partir  de  1984,  Koff  Olomide  diversife  à Abidjan et,  à  Paris,  Ber cy , L ’Olympia,  Le 
sa  collaboration  avec  des  musiciens  de  dif fé - Zénith  et  le Par c  des  Expositions  de  la  porte 
r entes  tendances.  Il  entr e  en  studio  avec King  de V ersailles. 
Kester  Emeneya  et  réalise  l’album  « Ladibo ». 
Pour  d’autr es  enr egistr ements,  il  r ecourt  à  Discographie sommaire :
des  collègues  triés  sur  le  volet,  tels  Nyboma 
« Henriquet »,  hommage  à  Miss  Congo,  ainsi Canta,  Rigo  Star ,  Suzy  Kaseya,  etc.  Il  sort,  en 
que  la  chanson  « Elle  et  Moi »,  une  mélopée duo,  deux  disques,  avec  Y akini  Kiesse  ainsi 
dédiée  à  sa  flle  unique,  en  1988,  année  qui 
qu’avec Fafa de Molokaï.
lui  vaut  le  sur nom  de  « Golden  Star » ;  « Petit 
Devant  l’avalanche  des  contrats,  pr oduc - frèr e  ya  Jésus »,  une  chanson  sortie  sous  son 
tions  et  enr egistr ements,  Koff  Olomide  com - pr opr e  label  « T chatcho »  et  r eprise  en  1989 
pr end  que  sa  notoriété  exige  dorénavant  la  pré - sur  l’album « Golden  Star »  avec  « Stephie » ; 
sence  d’un  gr oupe  de  scène bien  à  lui.  Il  monte  « L ’orfèvr e » sortie  au  catalogue  de  Sonodisc 
alors,  en  1987, Quartier Latin ,  avec  des  dan - en  1991 ;  « Kiki  Ewing »  et  « Ngobila »  en  1987 
seurs  et  danseuses.  C’est  l’apothéose !  Koff   au  moment  où  il  est  sur nommé  « Rambo », 
Olomide  est  devenu  une  vedette  à  part  entièr e. les  deux  chansons  étant  r eprises  sur l’Album 
Son  public,  à  majorité  féminine,  voue  un  culte  « Diva » en  1992  où  s’étale  son  nouveau  so -
démentiel  au  r oi  du  T chatcho.  Sa  carrièr e  mu - briquet  de  « Gangi  ya  flm » ;  « Pas  de  faux 
pas »  ainsi  que  « Haut  de  gamme »  la  même sicale,  totale  réussite  au  plan  national  et  inter -
année  avec  son  gr oupe Quartier Latin  ;  l’album 
« Noblesse  Oblige »  en  1993 ;  « Magie » et « V 
2 12 »  en  1994 ;  l’album « W ake  Up » en  1996, Qui signife « l’Exilé ».
23
002.Nimy.indd 23 25/02/10 15:09:23AKUMU W AKUDU RÉGINE (NANA)
avec  « Papa  W emba » ;  « Loi »  en  1997  Koff   En  1979,  elle  quitte  Stanor   pour  intégr er 
Olomide  en  solo  ainsi  que  « Ultimatum »  un  l’or chestr e  Shama Shama.   Mais,  cela  n’est 
peu  plus  tar d  avec Quartier Latin  ;  « Dr oit  de  qu’un  intermède  car  l’artiste  r etr ouve  très  ra -
V eto » et  « Attentat »  en  1999 ;    « Live  Ber cy »  pidement  ses  collègues  du  gr oupe Stanor .  À 
en  2000 ;  « For ce  de  Frappe »  et  « Ef frakata »  la  fn  de  la  même  année  néanmoins,  elle  aban -
en  2001 ;  « Af fair e  d’ É tat »  en  2003 ;  « Monde  donne  défnitivement  le  gr oupe  pour  joindr e, 
Arabe »  en  2004 ;  « Boma  naga  n’elengi »  en  à  Kampala,  l’or chestr e  Baba Star   de  Baba 
2005 ;  «   Danger  de  Mort »  en  2006  ;  «  SWI  Gaston,  que  la  chanteuse  quitte  à  nouveau  en 
Chocolat  chaud  »  Maxi  single  ;  «  Bor d  ezanga  1981  à  Nair obi,  siège  de  l’or chestr e,  pour  fon -
kombo  »  ou  «  L ’album  du  patr on  »  en  2008  ; 
der son pr opr e gr oupe dénommé Pepelepe .
« Mandrada » (2009).
Quelques distinctions :
En  1992,  le  jour naliste  Lukunku  Sampu,  ani -
mateur  des  émissions  télévisées,  présente 
Koff  comme  « la  plus  grande  star  de  la  mu -
sique  congolaise  moder ne » ;  la  même  année, 
l’album  « Noblesse  Oblige »  r eçoit  le  disque 
d’or  pour  plus  de  100 000  exemplair es  ven -
dus.
Fin  novembr e  1994,  Koff  Olomide  et  son  or -
chestr e Quartier Latin   se  classent  à  la  sixième 
place  des  ventes  de  la  FNAC  forum  à  Paris, 
devant  Nirvana  et  MC  Solaar ,  et  en  décem -
br e  1994,  il  r eçoit  aux  African  Music  A war ds 
à  Abidjan les  distinctions  de  « Meilleur  chan -
teur » et de « Meilleur clip ».
En  avril  2000,  l’album « Dr oit  de  V eto » r eçoit  En  1983,  Na na  décide  de  gagner 
un  disque  d’or  pour  100 000  exemplair es  ven - Kinshasa  la  belle.  Là,  Dieudonné  Makwanzi 
dus ;  et,  la  même  année,  Koff  Olomide  est  in - Duki  Dieudos,  un  confrèr e  artiste  musicien 
vité  par  Passi  du  gr oupe  de  rap Biso na Biso et  guitariste,  la  présente  auprès  des  ténors 
sur la scène parisienne du Zénith. de  l’or chestr e Tiers-monde coopération, à 
D’autr es  distinctions,  notamment  des  Koras, 
savoir Empompo  Lowayi,  Sam  Mangwana, 
lui  ont  été  décer nées  depuis  lors,  et  l’artiste, 
Ndombe  Opetun  et  Diatho  Lukoki.  Ceux-ci, 
accompagné  par  l’or chestr e  devenu  Quartier
après  audition,  n’hésitent  pas  à  l’incorpor er Latin International, poursuit  sa  mar che  triom -
dans  le  gr oupe.  C’est  là  le  début  de  sa 
phale vers le soleil.
belle  aventur e  kinoise  qui  s’identife  avec 
« Zunguluke »,  une  œuvr e  détonante  de AKuMu W akudu Régine alias nAnA ,
l’artiste  Empompo  Lowayi.  La  voix  de  Nana, Mélancolique Nana (Kisangani,
jusqu’alors  inconnue  du  grand  public  kinois, 13.09.1960) • chanteuse • Congo (RDC).
commence  alors  à  vibr er  à  travers  les  ondes 
Fille  d’Albert  Obayi  et  de  Vér onique  Uyulu, 
de  Radio  Kinshasa  jusqu’à  conquérir  les 
Nana  symbolise  en  musique  la  constance 
cœurs  des  mélomanes.  Malheur eusement, dans  l’ouvrage  et  la  r echer che  permanente  du 
l’or chestr e Tiers -monde coopération se  dis-travail  bien  accompli.  En  1976,  alors  qu’elle 
loque en 1985. est  encor e  sur  le  banc  de  l’école,  elle  se  sent 
Après  une  brève  incursion  dans  l’or chestr e r ongée  par  le  virus  de  la  musique  et  intègr e  le 
Mbonda Africa de  Johnny  Bokelo,  en  1986, gr oupe Stanor   à  Bunia  dans  l’Ituri,  qui  r elève 
Nana  fait,  la  même  année,  partie  de  l’or chestr e d’une  société  brassicole  pr oduisant  la  bièr e  du 
Vévé   que  son  fondateur  Kiamwangana V er ckys même nom. 
veut  r elooker  en  r ecourrant  aux  musiciens Cet  ensemble,  dirigé  par  un  boute-en-train 
aguerris  de  la  tr empe  de  Thierry  Mantuika, local  dénommé  Mongali,  à  ne  pas  confondr e 
Moper o  wa  maloba,  Lawi  Somana,  Serge avec  Mongali  Maxime  (lir e  infra),  fait  fur eur 
dans  cette  partie  de  l’est  de  la  République  dé - Lemvo  Nzobazola,  etc. Mais,  après  les  répéti -
mocratique  du  Congo.  En  1978,  la  chanteuse  tions  en  vue  de  la  sortie  offcielle,  la  chanteuse 
accompagne  l’or chestr e  en  Ouganda ,  suite  à  ne  se  pr oduit  fnalement  plus  avec  l’or ches -
une invitation du Président Idi Amin Dada. tr e Vévé .
24
002.Nimy.indd 24 25/02/10 15:09:23AMBA LÉON (ZOZO)
Daulne  chez  EMI  Music  Belgium ;  en  2000 
avec Zap Mama ,  une  r eprise  de  « Mario »  de 
Luambo  Franco ;  en  2001,  « Sani  ya  mbele » 
de  Papa  Noël  Nedule  sorti  en  2002, avec  la 
collaboration  de  Baniel  Mbambo,  Nyboma, 
W uta  mayi ;  2002,  « Bana  Congo »  avec  Papa 
Noël  Nedule  et  Papy  Oviedo,  album  distribué 
par T umi music Ltd United Kingdom. 
AMbA  Léon alias ZOZO  • chanteur , 
auteur -compositeur • Congo (RDC).
Originair e  de  la  pr ovince  de  l’Équateur , 
Léon  Amba  dit  Zozo,  chanteur  ténor  de  l’or -
chestr e Negro Succès,   est  de  souche  « mon -
go ».  Il  commence  sa  carrièr e  musicale  avec 
son  ami  d’enfance  Bavon  Marie  Marie,  dans 
l’or chestr e  Les Cousins bleus. Il  y  partage, 
par  la  même  occasion,  les  déboir es  de  son 
compagnon  d’infortune,  le  guitariste  Siongo T oujours  en  cette  année  1986,  Grand 
Bavon.  Et  pour  cause :  la  famille  de  ce  der nier Maîtr e  Luambo  Franco,  sur  insistance  de Dia -
s’oppose  fermement  au  choix  pr ofessionnel tho  Lukoki,  dépêche  ce  der nier ,  déjà  musicien 
du  guitariste.  Les  deux  comparses  se  tr ouvent au  sein  de  Tout Puissant O.K. Jazz ,  auprès 
alors  dans  l’obligation  de  fuir ,  dès  1961,  la  ville de  Nana.  La  chanteuse,  sans  se  fair e  prier , 
de Kinshasa pour se terr er à Boma.accepte  d’entr er  dans  le  cénacle  de  Grand 
En  1962,  r evenus  subr epticement  à Maîtr e.  Mais,  par ce  qu’elle  attend  famille,  elle 
Kinshasa  et  espérant  tr ouver  une  plus  grande ne  peut  y  débuter  ses  pr estations  qu’à  partir 
compréhension,  les  jeunes  gens  récidivent du 25 juillet 1987.
à  Kinshasa,  avec  l’or chestr e Cubana Jazz . De  1987  à  1989,  Nana  s’épanouit  aux  cô -
Malheur eusement,  cette  nouvelle  tentative tés  de  Grand  Maîtr e  Luambo  avec  lequel  elle 
tour ne  court  et,  ils  sont  obligés  de  r egagner ef fectue  de  nombr euses  tour nées  en  Afrique, 
leur  vieille  cachette  en  territoir e  ne-Kongo.  Une aux  États-Unis  d’Amérique,  et  en  Eur ope,  etc. 
fois  de  plus,  au  nom  de  la  famille,  le  guitariste Au  sein  de T.P. O.K. Jazz ,  elle  évolue  en  duo 
Luambo  Franco,  frèr e  aîné  de  Siongo  Bavon, avec  la  chanteuse  Baniel  et  participe  à  l’en -
fait  barrage  à  la  carrièr e  de  l’ « ef fr onté »  en r egistr ement  des  deux  albums  à  succès  avec 
obtenant  la  ruptur e  du  contrat  de  l’or chestr e comme  titr es  phar es  « Les  on  dit »,  « Luka 
avec  le  dancing  bar  « T shibangu »  situé  dans ndako  ya  Kofutela »,  « Je  vis  avec  le  PDG »  et 
la commune de Bandalungwa. « Flora, une femme diffcile ».
En  1964,  après  ces  péripéties  picar esques, En  octobr e1989,  Grand  Maîtr e  Luambo 
Amba  Zozo,  alors  âgé  de  dix-huit  ans,  r evient Makiadi  meurt  en  Belgique.  Les  musiciens 
à  Kinshasa  où  il  intègr e,  en  qualité  de  chan -r estés  à  Bruxelles  fondent  l’or chestr e Les
teur  ténor ,  l’or chestr e Negro Succès   que  Léon Champions du Zaïre ,  où  Nana  évolue  quel -
Bombolo  Bholen  vient  de  r emettr e  sur  pied.  Il que  temps,  avant  de  changer  complètement 
y  évolue  à  l’aise  toujours  aux  côtés  de  son  ami d’orientation.  En  ef fet,  en  1991,  à  la  désinté -
Siongo  Bavon  lequel  a  emporté,  fnalement, gration  de  cet  or chestr e,  l’artiste  opte  pour 
l’assentiment  de  sa  famille.  Outr e  le  guitariste une  carrièr e  d’indépendante.  Ainsi,  de  1991  à 
Bavon  Marie  Marie,  Zozo  fait  la  connaissance, ce  jour ,  dans  la  foulée  de  cette  carrièr e  en  solo, 
au  sein  de  l’or chestr e Negro Succès,   d’artistes la  chanteuse  participe  régulièr ement  aux  pr o -
pr omis  à  un  bel  avenir  tels  Bijou,  Empompo ductions  de  Sam Mangwana  ainsi  qu’à  celles 
Deyes, Luwowo Gaspy et Epayo Alphonso. du gr oupe Odemba de Dizzy Mandjeku.
Bien  connu,  grâce  à  sa  voix  aiguë  et  péné -
trante,  le  chanteur  Amba  Zozo  domine  la  par -Productions discographiques :
tie  « chant »  de  l’or chestr e Negro Succès   où  il 
En  1998, « Galo  Negr o »  avec  Sam  Mangwana  évolue  d’abor d  comme  seul  chanteur  ténor .  À 
et  « Down  Down  tchak »  avec  Jean-Louis  partir  de  1967, il  partage  ce  rôle  en  alter nance, 
25
002.Nimy.indd 25 25/02/10 15:09:23AMBALU FRANçOIS (MAST A ZAMBA)
3avec  un  autr e  dénommé  Flujos ,  compositeur  connaît  des  œuvr es  à  succès  telles  que  « Rodi 
de  « Naleli  Coco ».  Celui-ci  décède  quelques  na  Georgine »,  « Annie  ya  Masta  Zamba »,  etc. 
années plus tar d. Pour  cette  der nièr e  œuvr e,  il  sied  de  souligner 
De  1967  à  1970,  Amba  Zozo  éclate  litté - le  gigantesque  apport  du  génie  de  l’artiste  T a 
ralement  dans  son  succès,  qui  r epose  sur  Bu  Ley  Rocher eau,  qui  a  littéralement  bonifée 
plusieurs  œuvr es  exécutées  d’une  voix  radiale  la  chanson  à  travers  une  r eprise  sous  le  titr e 
qui  le  distingue  d’autr es  chanteurs  de  l’or - « Sor ozo ».  De  l’œuvr e  d’Ambalu,  le  chanteur 
chestr e  Negro Succès .  Auteur -compositeur  T a  Bu  Ley  Rocher eau  ne  r epr end  que  la  r en -
de  « T iti,  mwasi  ya  libala »,  « Okokufa  na  date  gaine  « Annie  naluli  yo  na  position  na  yo  ya  te -
ya  pasi »  et  « Etabe  ya  mofude »,  Amba  Zozo  nue  ya  velours ».  Le  r este :  thématique,  agen -
montr e  toutes  les  facettes  de  son  immense  cement  mélodique  et  or chestration,  n’a  abso -
talent.  Il  pontife  entr e  autr es  dans  des  œuvr es  lument  rien  de  commun  avec  l’œuvr e  initiale. 
de  Bholen  telles  que  « Mwana Quinze  ans »,  Au  demeurant,  l’œuvr e  de  Masta  Zamba  telle 
« T una  Andele  Maboke »,  « Nakota  zebola »  et  qu’exécutée  originellement  permet  de  mieux 
« Magie »,  ainsi  que  « Nelly  ya  Maur o »,  danse  appréhender  la  valeur  de  celle  de  T a  Bu  Ley 
Makolo pente » de Maur o Maurice. Rocher eau.
Cependant,  sa  présence  sur  scène  s’es - Quoiqu’il  en  soit,  François  Ambalu  demeur e 
tompe  brutalement  après  la  mort  inopinée  de  un  auteur -compositeur  de  grand  talent,  dont 
son  grand  copain  Bavon  Marie  Marie,  décédé,  les  œuvr es  étof fent  substantiellement  la  disco -
en  1970,  suite  à  un  accident  de  cir culation  graphie  de  l’or chestr e African Jazz   à  l’instar  de 
r outièr e.  Amba  Zozo,  ne  fait  plus  signe  de  vie  « Bino  basi  ya  Kinshasa,  bolingi  bolamu  te… ». 
et  jette  complètement  l’éponge.  En  1988,  il  Une  série  de  ses  rumbas  sont,  en  outr e  trans -
disparaît  d’étrange  manièr e.  Selon  la  légende,  formées  en  « cha  cha  cha »  par  le  chanteur 
un  ami  imprudent  lui  aurait  annoncé,  de  but  en  Joseph  Kabasele  qui,  en  1961,  les  réenr egis -
blanc,  le  décès  de  V icky  Longomba,  un  chan - tr e  avec  le  concours  de  T ino  Bar oza,  Dicky , 
teur  « mongo »  dont  il  était  un  fef fé  admirateur .  Lutula  Edo  Clari,  etc.  Il  s’agit  notamment  de 
Le  choc  pr oduit  par  cette  communication  bru - « Ba  sanza  bileki  awa »,  « Télé :  nalingi  se  yo, 
tale  fait  qu’il  ait  succombé  d’un  arrêt  car dia - ya solo mpenza… ». 
que selon la chr onique. Depuis  des  lustr es,  Masta  Zamba  s’en  est 
allé  r etr ouver  les  rivages  d’où  l’on  ne  r evient  ja -
AMbALu  François alias MASTA mais.  Une  de  ses  pr oductions  inédites,  r emise 
ZAMbA  • guitariste, chanteur , auteur - à  l’honneur  par  T ino  Bar oza  en  1961,  raille,  à 
compositeur • Congo (RDC). travers  le  titr e  « Mayele  Mabe »,  la  déloyauté 
Ressortissant  du  district  du  Bas  Uélé,  d’un  mauvais  camarade  :  « Obanzaki  te  na 
François  Ambalu  dit  Masta  Zamba  est  un  ar - mokili,  mobali  kaka  se  yo  moko… »  Le  grand 
tiste  « muboa »  doté  de  talents  multiples :  bon  artiste  laisse,  cependant,  aux  gens  de  sa  gé -
guitariste,  excellent  auteur -compositeur  et  r e - nération  ainsi  qu’aux  mélomanes,  l’image  d’un 
mar quable  chanteur  alto.  Ce  spécialiste  de  la  auteur -compositeur  à  la  fois  puissant  et  lyri -
deuxième  voix,  qu’il  distille  avec  ingéniosité,  que.
évolue  comme  musicien  de  studio  chez  Opika 
AMISI Ngoy alias REddy • chanteur , de  Moussa  Bénathar ,  où  la  plupart  de  ses 
chansons  sont  immortalisées  par  ses  camara - auteur -compositeur • Congo (RDC).
Brillant  chanteur  et  bon  auteur -composi -des  tels  que  Joseph  Kabasele,  Y amba  Y amba 
teur ,  Reddy  Amisi  est  un  artiste  de  la  généra -et T ino Bar oza.
tion Viva la musica .Entr e  1951  et  1953,  il  pr oduit  des  œuvr es 
de  grande  factur e  comme  chanteur  mais  n’en - Ressortissant  du  Kwango  dans  la  pr ovince 
r egistr e  jamais  en  qualité  de  guitariste.  On  lui  de  Bandundu,  il  voit  se  dér ouler  une  grande 
partie  de  sa  trajectoir e  sous  la  houlette  du 
chanteur  Papa W emba.  Ce  der nier  exer ce  une 
grande  infuence  sur  lui  et  soutient  ses  pr e -
3  Flujos  est  l’artiste  qui,  en  1964,  interprète 
miers  pas  de  musicien  pr ofessionnel.  Autour magistralement  la  chanson « Sey  Sey »,  de  son  titr e 
des  années  1980,  l’étoile  de  Reddy  brille  de exact  « T r es  Lindas  Cubanas », au  cours  d’un  séjour 
mille  feux  dans  le  frmament  de  l’or chestr e furtif  dans  l’or chestr e African Fiesta   de  Roger  Izeidi, 
Viva la musica   de  Papa  W emba.  Congénèr e T a Bu Ley Rocher eau et Nico Kasanda.
26
002.Nimy.indd 26 25/02/10 15:09:23A VEDILA NKIAMBI EMILE (PETIT POISSON)
de  Pangu  Ngwisi  alias  Lidjo  Kwempa,  un  autr e  de  l’or chestr e  qui,  à  l’heur e  actuelle,  vole  très 
chanteur  pr ovenant  du  gr oupe  Grand Zaïko haut  et  s’impose  comme  l’une  des  meilleur es 
Wawa   de  Pépé  Manuaku  W aku,  Reddy  Amisi  formations  de  la  jeune  génération.  L ’avenir  est 
se  révèle  non  seulement  comme  un  très  bon  pr ometteur  car  Reddy  Amisi  est  fait  de  ce  bois 
chanteur ,  mais  développe,  en  outr e,  d’impr es - dont  sont  issus  les  plus  grands  patriciens  de 
sionnantes  r essour ces  dans  l’art  de  la  com - l’art d’Orphée.  
position.
AvEdILA Nkiambi Emile alias pETIT
pOISSOn (Mbanza-Ngungu , 14.12.1956) 
• guitariste, auteur -compositeur • Congo 
(RDC).
De  souche  ne-Kongo,  Emile  A vedila  dit 
Petit  Poisson,  est  le  fls  d’Emmanuel  A vedila  et 
d’Hélène Lukwamusu. 
Après  la  mutation  de  son  pèr e  qui  travaille, 
alors,  à  l’Offce  des  transports  du  Congo 
(Otraco),  le  petit  Emile  se  fxe  défnitivement 
dans la ville de Kinshasa. 
Entr e  1965  et  1966,  ses  pr emièr es  amours 
musicales  se  dessinent  tandis  que  son  âge 
oscille  entr e  9  et  10  ans.  En  ef fet,  Emile  ha -
bite  sur  l’avenue  de  l’Enseignement  (ex  ave -
nue  de  la  Kéthulle)  et  son  domicile  familial 
est  contigu  à  celui  des  par ents  de  l’auteur  du 
présent  ouvrage,  étudiant  en  Eur ope,  guita -
La  carrièr e  de  l’artiste  pr end  un  tour nant  riste  soliste  et  fondateur  de  l’or chestr e  Yéyé
dif fér ent  lorsque  Papa  W emba  entame,  à  par - National   de  Bruxelles.  Emile  A vedila  y  voit 
tir  de  1985,  des  longs  séjours  à  l’étranger  et 
défler  Max  Mongali,  Bokito  T ony  Dee,  Léon 
réoriente  sa  carrièr e  en  cher chant  à  lui  con - Ebeya  ainsi  que  d’autr es  étudiants  musi -
fér er  une  dimension  inter nationale.  Installé  ciens  de  Bruxelles,  venus  apprêter  leur  con -
également  à  l’extérieur  du  pays,  Reddy  Amisi  cert  de  vacances.  T out  petit,  le  jeune  Emile 
tente,  depuis  Paris,  l’expérience  de  musicien  les  observe  et  connaît  par  cœur  le  répertoir e 
indépendant.
sorti  sur  disques  de  l’or chestr e Yéyé National . 
T outefois,  fdèle  disciple  de  son  mentor ,  le  Cela  l’incite  fort  à  imiter  ses  réputés  aînés.
chanteur  participe,  jusqu’en  2002,  aux  dif -
fér entes  pr oductions  d’un  gr oupe  que  Papa 
W emba  base  à  Paris  et  qui  se  nomme  « La 
cour des Grands ».
V oici,  épinglés  lapidair ement,  quelques  ti -
tr es  de  sa  discographie :  album  « Injustice » : 
« Injustice »,  « Miss  Okito »,  « Kigandalo », 
« Sans  Espoir »,  « Er es  Mia »,  « T erminus » ; 
album  « Prudence »  réalisé  entièr ement  par 
Reddy  Amisi  avec  la  précieuse  collaboration  du 
guitariste  Zangilu  Popolipo :  « Mbongwana », 
« Orphelin »,  « Libala »,  « Vérité »,  « Kinuani », 
« Déception  Cerkas »,  « Ziggy »,  « Likombe 
pasi »,  « Intérêt », « Destinée »,  « Sans  souve -
nir », « Bomengo ata kala », « Queen », etc.
En  2003,  le  chanteur  Reddy  Amisi  r etour ne 
à  Kinshasa  et  monte  son  pr opr e  ensemble 
dénommé La Casa do Canto .  L ’album  « Ligne 
dr oite »  sortie  à  la  fn  de  l’année  2005  sous  le 
lalbel  M.D.  Pr oduction  confrme  la  bonne  santé 
27
002.Nimy.indd 27 25/02/10 15:09:24A VEDILA NKIAMBI EMILE (PETIT POISSON)
Dans  la  maison  familiale,  il  est  très  intrigué  aussi  comme  brillant  ailier  dr oit  du  célèbr e 
par  la  présence  insolite  d’une  guitar e,  pr o - club  de  football « Daring  Motema  Pembe »  de 
priété  de  son  pèr e,  mais  que  jamais  personne  Kinshasa.
n’utilise ;  même  pas  son  présumé  possesseur .  En  1976,  Petit  Poisson  intègr e  l’or chestr e 
Alors,  l’occasion  faisant  le  larr on,  Emile  subti - OKA   ou Oka, Elengi eye .  Cet  or chestr e  de  la 
lise  régulièr ement  cet  instrument  et  s’y  exer ce  commune  de  Kasa-V ubu,  créé  par  son  prési -
févr eusement. dent,  A vo  Lukenga,  est  une  sorte  de  réplique 
À  13  ans  (1969),  il  pr end  l’habitude  de  fair e  de l’or chestr e Zaïko Langa Langa .
un  pas  de  conduite  à  son  camarade,  Jules 
Kinzonzi,  dès  la  sortie  d’école  avant  de  r en -
tr er  chez  lui.  Et,  pour  cause !  Jules  Kinzonzi 
est,  le  frèr e  cadet  de  l’illustr e  guitariste  Siongo 
Bavon  Marie  Marie.  Ce  der nier  l’impr essionne 
tellement  qu’il  le  r egar de  avec  ravissement 
lorsque  Bavon  Marie  Marie  r epasse  ses  habits 
ou  quand  il  arrange  ses  cheveux.  Bavon,  le 
« James  Dean »  congolais,  idolâtré  par  les  jeu -
nes,  est,  comme  son  répondant,  un  musicien 
talentueux  au  destin  tragique.  Il  est  mort  bruta -
lement,  un  certain  5 août  1970,  par  suite  d’un 
accident  de  cir culation  à  Kinshasa.  Emoustillé 
par  le  triomphe  de  son  modèle,  Emile  décide, 
à  partir  de  1972,  de  se  mettr e  sérieusement  à 
la  guitar e.  Pour  ce  fair e,  il  se  fr otte  au  répertoi -
r e  de  l’or chestr e African Fiesta National   de  T a 
Bu  Ley  Rocher eau.  Le  jeune  artiste  r epr oduit 
Petit Poisson
le  phrasé  de  Guvano  dans  des  œuvr es  telles 
« Laisse  toi  aimer »,  « Mobali  nakolingaka » 
En  octobr e  1976,  Emil e,  inscrit  au  campus 
etc.  En  même  temps,  il  fréquente  assidûment 
universitair e  de  Lubumbashi,  évolue  dans  un 
et  en  tant  que  gr oupie  le  virtuose  guitariste  so -
or chestr e  des  Kinois  dénommé Pamba Pamba
liste  Manuaku  W aku  dit  Pépé  Fély  de  l’inénar -
et  y  assur e  la  guitar e  solo.  Pendant  ce  cursus, 
rable or chestr e Zaïko Langa Langa . 
il  r encontr e  (signe  du  destin),  dans  le  même 
Il  entend  Manuaku  jouer  à  la  guitar e.  Il  r e -
ensemble,  J.P .  Buse  Mosongela  au  chant,  un 
gar de  et  observe  son  doigté.  Il  ne  dit  rie n  et 
futur  musicien  de Zaïko Langa Langa   ainsi  que 
r entr e  r epr oduir e  chez  lui  tout  ce  q u’il  a  vu.  Serge  Lemvo  Nzobazola,  plus  tar d  chanteur , 
Emile  fait  des  pr ogrès  inouïs  si  bien  que  de  lui  aussi,  de  l’or chestr e  Vévé  et,  que  d’aucuns 
nombr euses  gens,  qui  l’écoutent  à  distance,  sur nomment Serge Kiambukuta.
se  mépr ennent  et  pensent  qu’il  s’agit  de  En  1979,  Emile  r etour ne  à  Kinshasa  et 
Manuaku  W aku  lui-même  à  la  guitar e.  Le  suc -
r epr end  langue  a vec  l’or chestr e OKA .  Le 
cès  de Zaïko   et  de  Manuaku  est  tel  que  la  mul -
gr oupe  anodin  du  quartier ,  sorti  de  l’anonymat, 
titude  des  personnes,  qui  écoutent  Emile  jouer 
peut,  désormais,  se  pr oduir e  en  lever  de  rideau 
en  dilettante,  l’af fublent  du  sobriquet  de  Petit  de Zaïko Langa Langa, le  « Zeus »  trônant  au 
Poisson.  Comme  pour  paraphraser  Jean  de  la  dessus  des  or chestr es  de  la  jeune  génération. 
Fontaine :  « Petit  Poisson  deviendra  grand » ! 
Petit  Poisson  y  assur e,  avec  son  frèr e  aîné 
Disposant  de  connaissances  suffsantes,  Emile 
Roger ,  la  guitar e  solo  aux  côtés  des  chanteurs 
A vedila  intègr e,  en  1974,  un  or chestr e  de  son 
tels  que  Cheik  Dan  et  Mafuta  André Mondial. 
quartier  dénommé SALVE .  L ’ensemble,  ainsi  Shango,  de  son  vrai  nom  Landu,  assur e  la 
créé  par  certains  aînés  du  quartier ,  comporte  guitar e  d’accompagnement  de  cet  ensemble 
en  son  sein  son  pr opr e  frèr e  Roger  A vedila  à 
tandis  que  Roucoulet, actuel  per cussionniste 
la  guitar e  solo  ainsi  que  Christian  Nimy  T aty , 
de  Zaïko Nkolo Mboka   de  Jossart  Nyoka 
chanteur  et  membr e  infuent  du  comité  dudit 
Longo, est titulair e des drums.
or chestr e.  Lui-même  y  évolue  comme  deuxiè - Enfn  la  guitar e  basse,  après  le  départ  d’un 
me  guitariste  soliste.  La  guitar e  rythmique  nommé  Kabamba  Y von,  est  confée  à  Jean 
est  confée,  quant  à  elle,  à  Fif  Nzuzi,  connu 
28
002.Nimy.indd 28 25/02/10 15:09:24BABA GASTON
Marie  Motingia,  actuel  contr ebassiste  dans  le  Petit  Poisson  parle  avec  émotion  de  ses  dé -
même  Zaïko Nkolo Mboka .  C’est  vous  dir e,  buts laborieux.
donc,  combien  cet  ensemble  constitue  le  vi - L ’artiste  dégage  un  parfum  de  nostalgie 
vier de grands or chestr es d’aujour d’hui.  lorsqu’il  évoque,  alors  qu’il  ne  faisait  pas  en -
En  Juin  1982,  Petit  Poisson  entr e  dans  le  cor e  partie  de  l’or chestr e Zaïko ,  les  séances 
saint  des  saints.  En  ef fet,  après  le  départ  de  de  répétitions  qu’il  lorgnait  en  « ngembo »  au 
Roxy  T shimpaka,  r emplaçant  de  Manuaku  domicile  de  la  famille  Poto  ou  encor e  chez 
MaW aku,  Petit  Poisson  intègr e,  sur  r equête  ex - Elika.. 
pr esse  et  personnelle  de  Nyoka  Longo,  l’or -
chestr e Tout Choc Zaïko Langa Langa .  Il  y  évo - Discographie :   « Olasi »,  chanson  parue  en 
51988  dans  le  cadr e  d’un  « nzong-nzing  »  avec lue  à  la  guitar e  solo,  tour  à  tour ,  avec  Matima 
Popolipo,  Mbuta  Mashakado,  etc.  aux  Éditions Mpioso  dit  Matim’ s  et  Zangilu  alias  Popolipo 
de  Bokilo  Norbert  alias  « Bono  Music » ; ou  Beniko.  Petit  Poisson  devenu  grand,  évo -
« Reviens,  Kabibi »,  album  paru  en  1989  aux lue  sans  complexe  au  sein  de  cet  ensemble 
Éditions « Espera ».mythique.  Il  y  demeur e  durant  six  années  et 
voyage  abondamment  avec  ce  fabuleux  or -
AbA  Gaston • guitariste, chanteur , 
chestr e. b auteur -compositeur • Congo (RDC).
Une  gr osse  bourrasque  vient  dissiper  la 
Né  à  Elisabethville  (Lubumbashi)  dans  la quiétude  et  installe,  dès  1988,  une  grande 
pr ovince  du  Katanga,  Baba  Gaston  embras -crise  au  sein  de  ce  club  de  joyeux  drilles.  La 
se  la  carrièr e  musicale  avant  l’accession  du pléthor e  de  vedettes  ne  peut,  en  ef fet,  laisser 
Congo à l’indépendance.cohabiter  tant  de  talents  au  sein  d’un  même 
Aux  côtés  des  cor eligionnair es  tels  que 
ensemble.  Et,  l’ivr esse  du  succès  aidant,  ce 
Kibondo  Charles  et  Edouar d  Masengo  Katiti, qui  devait  arriver ,  arriva.  Une  scission  met  en 
l’artiste  se  révèle  rapidement  comme  un lice  deux  or chestr es  rivaux.  Les  uns  dénom -
grand  auteur -compositeur  doublé  d’un  chan -ment  Zaïko Langa Langa / Nkolo Mboka la
teur  aux  talents  incontestables.  Une  légende branche  dirigée  par  Nyoka  Longo.  Les  autr es 
répandue  le  considèr e,  dans  cette  belle  ville 
(la  gr osse  partie  des  dissidents)  optent  pour  le 
de  Lubumbashi,  comme  le  Kalléjeef  local. Zaïko Langa Langa / Familia Dei . 
L ’allusion  est  manifestement  faite  au  grand Petit  Poisson  s’allie,  quant  à  lui,  à  l’or ches -
chanteur  Joseph  Kabasele  lequel,  depuis  la tr e Zaïko Langa Langa / Familia Dei   au  sein  du -
ville  de  Kinshasa  (alors  Léopoldville),  trône  au quel  il  tient  la  guitar e  solo  en  alter nance  avec 
sommet  de  la  musique  congolaise  moder ne. 
Zangilu  Popolipo.  L ’or chestr e Zaïko Langa
Baba  Gaston,  en  musicien  chevr onné,  do -Langa / Familia Dei   ne  fait  pas  long  feu.  En 
mine,  le  micr ocosme  katangais  à  la  tête  d’un ef fet,  les  mêmes  causes  pr oduisent  les  mê -
ensemble  dont  la  cote  monte  de  jour  en  jour . mes  ef fets.  T r op  de  vedettes  y  cohabitent  et 
Quelques  artistes  féminines  comme  Feza s’y  disputent,  for cément,  le  leadership.  En  fait 
Y alala  en  1954,  Astrid  Fotas  entr e  1959  et 
de  stars,  l’on  dénombr e  Bimi  Ombale,  Lengi 
1963,  Nana  Akumu  en  1979,  etc.  passent  par Lenga,  J.P .  Buse  Mosongela,  Bakunde  Ilo 
ses  mains  et  peaufnent,  auprès  de  lui,  leurs Pablo, Jim my Y aba, etc. L ’ensemble fnit, bien 
connaissances  musicales.  Bon  guitariste  et entendu, par mourir de sa belle mort.
artiste  méticuleux,  il  r echer che  constamment En  1995,  Petit  Poisson  r etr ouve  Nyoka 
l’eurythmie  et  apporte  beaucoup  de  fraîcheur 
Longo  lequel,  désormais  seul  maîtr e  à  bor d, 
dans l’agencement de ses harmoniques.conduit,  à  la  satisfaction  de  tous  ses  gr oupies, 
Plu  tar d,  l’homme  s’installe  et  se  pr oduit, les  destinées  du  bouillonnant  Zaïko Langa
à  partir  de  1967,  à  Kinshasa.  Il  rayonne  avec Langa / Nkolo Mboka .  Huit  ans  plus  tar d,  en 
son  célèbr e  gr oupe  qu’il  r enomme orchestre 2003,  toujours  au  sein  du  même  ensemble, 
Baba Gaston, nom  attribué  à  sa  formation  de 
Emile  A vedila  y  tr ouve  une  satisfaction  totale 
Lubumbashi  avant  l’accession  du  Congo  à et,  le  voyage  pour  l’Eur ope  (Belgique,  France, 
Irlande  etc.)  avec  le Zaïko Langa Langa / Nkolo
Mboka ,  n’est  pas  pour  lui  déplair e.  Il  affrme,  4 Lir e  le  par cours  de  Lita  Bembo  Gabriel  pour 
avec  l’inséparable  sourir e  qui  le  caractérise,  tr ouver l’explication de ce terme.
5 êtr e  véritablement  le  pr oduit  de  l’or chestr e  Lir e  le  par cours  de  Efonge  Gina pour  tr ouver 
Zaïko .  T rès  heur eux  d’êtr e  parvenu  à  ses  fns,  l’explication de ce terme.
29
002.Nimy.indd 29 25/02/10 15:09:24BAKUNDE ILO (P ABLO)
l’indépendance.  Chanteur  et  auteur -compo - au  sein  du  gr oupe.  Il  inonde  le  mar ché  du  dis -
siteur  de  talent,  Baba  Gaston  r ecueillie  très  que  avec  des  œuvr es  de  haut  vol  et  fnit  par  se 
fair e  hisser  au  rang  des  grands  auteurs-com -rapidement les suf frages du public.
Son  tempérament  conquérant  et  nomade  positeurs de la République.
En  ef fet,  les  grands  moments  de  l’or -lui  permet  aussi  d’innombrables  voyages.  Il 
chestr e  Zaïko Langa Langa   ne  peuvent  êtr e saisit  ces  opportunités  pour  fgnoler  ses  con -
contés  sans  que  ne  soient  mentionnées  ses naissances  musicales  et  s’accommoder  de 
œuvr es  telles  « Ndonge  (Mea  culpa,  mea nouvelles  occasions  d’af fair es.  L ’artiste  est 
maxima  culpa) »  avec  Manuaku  W aku  à  la  gui -principalement  attiré  vers  certains  pays  d’Afri -
tar e  solo,  « Mangobo »,  « Ando »,  « Princessia que  où  il  s’établit,  par  moments,  et  y  pr oduit 
Sanoura »,  « Alekanda »,  « Feti »,  « Matata », de la musique de qualité.
etc.  Ilo  Pablo  savour e,  dès  lors,  un  succès  mé -En  1979,  Baba  Gaston  s’installe  à 
Kamrité  jusqu’au  moment  où  une  gr osse  tempête pala,  en  Ouganda,  avec  son  or chestr e  qui  de -
vient  désarticuler  le  gr oupe.  La  scission  en -vient  Baba Stars .  En  1981,  le  gr oupe  quitte 
gendr e  deux  ailes : Zaïko Langa Langa / Nkolo Kampala  et  pose  ses  pénates  à  Naïr obi  au 
Mboka  et Zaïko Langa Langa / Familia Dei .Kenya.  Fixé  depuis  lors  en  Afrique  de  l’Es t  où  il 
En  1988,  Bakunde Ilo  Pablo  opte  pour a fait son nid, l’artiste est en hiber nation.
l’or chestr e  Zaïko Langa Langa / Familia Dei .  Il 
y  compose  la  chanson  « Oiseau  rar e »  avec bAKundE Ilo, alias pAbLO , Ilo Pablo 
l’ar dente  participation  de  Zangilu  Popolipo  à  la (Kinshasa,  01.05.1951) • per cussionniste 
guitar e  solo.  Néanmoins,  l’infation  des  stars, (drums), auteur -compositeur • Congo 
au  sein  du  gr oupe,  plombe  l’élan  de  la  nouvelle (RDC).
formation.  L ’or chestr e  se  corr ode  et  disparaît 
tout simplement de la scène musicale.
L ’artiste  Ilo  Pablo,  V ice-président  de  l’Union 
des  musiciens  du  Congo  (Umuco)  laisse  les 
mélomanes,  un  certain  temps,  dans  l’expec -
tative.  Puis,  il  r ebondit  et  cher che,  en  2003, 
à  r essusciter  l’or chestr e  qu’il  compte  dénom -
mer Zaïko Langa Langa / Familia Dei New look . 
Aussitôt,  il  r ecourt  aux  services  du  chanteur 
Djo  Moplat  ainsi  que  des  guitaristes  Y von 
Kabamba  et  Jeannot  Bongo,  jeune  frèr e  de 
Bongo W ende Dactylo (infra).
En  décembr e  2004,  en  accor d  avec  quel -
ques  grands  noms,  l’artiste  r eçoit  mission  de 
r emettr e  en  œuvr e  l’ancien Zaïko Langa Langa . 
Sont  pr essentis  des  artistes  tels  Manuaku 
W aku,  Evoloko  Joker ,  Papa  W emba,  Bozi 
Boziana,  Likinga  Redo  et  Merry  Djo.  La  for -« Musakata »   du  Maï  Ndombe,  Bakunde  Ilo 
mation  fonctionnerait  de  manièr e  intermittente Pablo  est  un  r essortissant  de  la  pr ovince  de 
et  ne  se  pr oduirait  qu’une  fois  par  mois.  Étant Bandundu. 
entendu  que  ceux  qui  opèr ent  à  l’étranger , 
En  1969,  l’artiste  débute  sa  carrièr e  musi -
ne  se  r endraient,  à  Kinshasa,  que  selon  leur 
cale  en  qualité  de  drummer  au  sein  de  l’or -
disponibilité.  Pr ojet  réalisable  ou  simple  vœu 
chestr e Stukas boys   du  bouillonnant  « homme 
pieux ?
spectacle »,  Lita  Bembo.  Son  savoir -fair e  attir e 
Quoi  qu’il  en  soit,  Bakunde  Ilo  Pablo  est  de 
l’attention  des  r esponsables  du  grand  or ches -
la  tr empe  des  musiciens  qui  disposent  de  r es -
tr e Zaïko Langa Langa.
sour ces artistiques  énormes  et qui  sont  capa -
En  1975,  ces  der niers,  l’incorpor ent  incon -
bles de r ebondir à n’importe quel  moment.
tinent  au  sein  de  leur  ensemble.  Il  est  ainsi  pré -
posé  aux  drums  et  joue  en  alter nance,  avec  bALAKO Henriette • chanteuse, auteur -
son collègue Belobi Merry Djo. compositeur • Congo (RDC).
Doté  d’un  sens  affné  pour  la  composition,  Henriette  Balako  apparaît  dans  le  monde 
Bakunde  Ilo  Pablo  se  singularise  rapidement  de  la  chanson  avant  l’indépendance  du  Congo 
30
002.Nimy.indd 30 25/02/10 15:09:24BAMUNDELE RIGOBER T (RIGO ST AR)
belge.  Chanteuse  de  la  maison  Ngoma,  elle  casion  de  collabor er  avec  la  chanteuse  Mbilia 
compose  quelques  œuvr es  intér essantes  Bel  qui  vient  de  r ompr e  son  contrat  avec  T a 
avant de disparaîtr e. Bu  Ley  Rocher eau.  Le  guitariste  se  charge 
Néanmoins,  l’artiste  laisse  dans  son  réper - de  l’or chestration  et  de  l’encadr ement  de  la 
toir e  les  titr es  ci-après :  N° 668 / « Mama  Paule  vedette  féminine.  Il  arrange  et  enr egistr e,  en 
Na  Mama  Thérèse »,  « Angelika  Lungenza » ;  1988,  un  album  dans  lequel  Mbilia  Bel  se 
N° 683 / « Ekipo  Bolondo »,  « Mani  na  montr e  irrépr ochable.  Il  s’agit  des  œuvr es  tel -
Alema ». les  « Phénomène »,  « Manzil-Manzil »,  « Cher 
ami »,  « Mayavale »,  « T ika  ba  zuwa », « Sans 
bAMundELE  Rigobert alias RIgO fr ontièr e ».
STAR  • guitariste, auteur -compositeur ,  En  1990,  devant  le  succès  récolté  par  l’al -
arrangeur • Congo (RDC). bum  précité,  Rigo  Star  récidive  et  chante  en 
Guitariste  émérite,  Bamundele  Rigo  Star  compagnie  de  Mbilia  Bel.  Il  dévoile,  à  cette 
est  à  la  fois  soliste,  auteur -compositeur  et    ar - occasion,  des  œuvr es  de  son  répertoir e  per -
rangeur . sonnel  et  étonne  d’aucuns  car  il  évolue  sur 
Ressortissant  de  la  pr ovince  de  Bandundu,  tous  les  compartiments  de  la  guitar e  (solo, 
il  débute  sa  carrièr e  dans  l’or chestr e  Viva la accompagnement  et  basse).  Le  nouvel  al -
musica   du  chanteur  Papa  W emba.  C’est  lui  bum  compte  des  titr es  tels « C’est  tr op  tôt », 
qui  accompagne  et  arrange  les  œuvr es  de  « Santé »,  « Désolé »,  « Zuwa ya  likukuma », 
W emba  ainsi  que  celles  des  membr es  de  l’or - « Bandundu »,  « Wynant »,  « Es-r oniéyé », 
chestr e Viva la musica. À  titr e  d’exemple,  l’on  « Biu-Mando ».
citera  « Mèr e  Supérieur e »,  « Pesa  Bokulaka  Quelques  années  plus  tar d,  Rigo  star ,  gui -
mbote »,  « Asso »  et  « Princesse  ya  Senza ».  tariste  notoir ement  connu,  fait  honneur  à  sa 
réputation  et  assur e  des  pr estations  multiples 
aux côtés du chanteur Koff Olomide.
Installé  à  Paris,  Rigo  Star ,  géant  de  l’or -
chestration,  illumine  le  frmament 
d’auteurscompositeurs  et  r este,  à  ce  jour ,  un  admirable 
cicér one pour de nombr eux artistes de talent.
bAnIEKunA Hilair e • guitariste, chanteur , 
auteur -compositeur • Congo-Brazzaville.
Originair e  de  la  République  du 
CongoBrazzaville,  Hilair e  Baniekuna  est  un  artiste 
« lari »  connu  pour  sa  manie  de  chanter  et  de 
composer en kikongo.
C’est,  dans  cet  or dr e  d’idées,  qu’il  compte, 
durant  un  bon  laps  de  temps,  parmi  les  mem -
br es  actifs  d’un  gr oupe  de  musiciens  « lari » 
Le  jeu  de  Bamundele  Rigo  Star  est  si  ap - au  Congo-Brazzaville.  T enant  le  haut  du  pavé, 
précié  que  Papa  W emba  le  pr end  dans  ses  l’ensemble  « lari »  voit,  cependant,  ses  com -
bagages  et  l’emmène,  un  certain  temps,  posantes  se  diriger ,  l’une  après  l’autr e,  vers 
dans  l’or chestr e  Afrisa International   de  T a  Kinshasa  où  existent  d’aguichantes  possibili -
Bu  Ley  Rocher eau.  Ainsi,  en  1979,  Rigo  Star  tés d’enr egistr ement. 
accompagne  à  la  guitar e  solo  T a  Bu  Ley  et  T el  est  le  cas  d’Hilair e  Baniekuna  qui,  une 
Papa  W emba  dans  l’exécution  de  la  chan - fois  établi  sur  la  rue  Usoke  dans  la  commu -
son  « Lèvr es  r oses »,  composée  par  ce  der - ne  de  Kinshasa,  intègr e,  en  1950,  la  Maison 
nier .  Après  l’expérience  de Afrisa ,  le  guitariste  Ngoma  au  sein  de  laquelle  son  étoile  se  met  à 
évolue  quelque  temps  avec  Papa  W emba,  briller .  Le  guitariste  y  demeur e  jusqu’en  1951 
puis  s’installe  défnitivement  à  Paris.  Là,  sa  avant de disparaîtr e de la scène musicale.
connaissance  de  la  musique,  son  génie  en  Sa  discographie,  chez  Ngoma,  pré -
tant  que  guitariste  ainsi  que  son  talent  d’ar - sente  globalement  les  œuvr es  ci-après : 
rangeur  pr ennent  une  envergur e  nouvelle.  N° 1306 / « Napesi  yo  mbote »,  « T ala  jeu -
Rigo  Star  y  tr ouve,  cerise  sur  le  gâteau,  l’oc - nes  d’A.E.F . » ;  N° 1307 / « Joséphine  na -
31
002.Nimy.indd 31 25/02/10 15:09:24BARUTI KANDOLO LILELA (BARL Y)
luli  yo »,  « Marie  Thérèse » ;  N° 1439 / « Marie  Kallé  ou  encor e  François  Luambo  alias  Grand 
Suzanne », « T ata Jeannot simba mariage ». Maîtr e Franco. 
Rendu  célèbr e  grâce  à  la  r engaine  « Me  Se  pr oduisant  à  Kinshasa,  tantôt  avec 
ku  Mavula  i  ba  kwani  e,  mama  na  Déde… »,  Emeneya  Kester ,  tantôt  avec  Guvano  V angu 
Baniekuna  connaît  la  joie  et  l’honneur  de  voir  ou  encor e  W endo  Kalosoy ,  Barly  Baruti  mon -
cette  œuvr e  r eprise  et  amplifée  en  1957  par  le  tr e  sa  volonté  de  jeter  un  pont  entr e  les  gé -
célèbr e or chestr e O.K. Jazz . nérations  musicales  au  Congo.  En  ef fet,  son 
Brillant  auteur -compositeur ,  sa  fgur e  s’im - caractèr e  de  battant  le  prédispose  à  la  tâche 
pose,  pour  l’ensemble  de  son  œuvr e,  comme  et  le  situe  parmi  les  artistes  appelés  à  pr omou -
une  étoile  dont  l’éclat  ne  pâlit  pas  en  dépit  de  voir  des  symbioses,  indispensables  à  l’essor 
l’outrage des ans. de la musique congolaise moder ne.
bARuTI KAndOLO LILELA  alias bARLy bAZETA Pierr e alias dE LA fRAncE
(Kisangani , 19.12.1959) • guitariste,  (Kinshasa , 11.11.1938) • guitariste • 
chanteur , auteur -compositeur , arrangeur •  Congo-Brazzaville.
Pierr e  Bazeta  alias  De  la  France  est  un  ne-Congo (RDC).
Kongo (lari), r essortissant du Congo-Brazzaville Baruti  Kandolo  Lilela  dit  Barly  Baruti  est 
et  issu  des  par ents  installés  à  Kinshasa  depuis un  artiste  au  sens  plein  du  terme.  À  la  fois 
dessinateur  (bandes  dessinées),  peintr e  et  1920.
musicien,  Barly  est  le  fls  de  David  Kandolo  A yant  grandi  à  Kinshasa,  De  la  France 
pr end,  assez  tôt,  goût  à  la  musique  et  mani -Kayitundu et  d’Anne  Balombe.  D’aucuns  ne 
feste,  comme  la  plupart  de  ses  confrèr es  ki -r etiennent  de  lui  qu’un  aspect  de  son  talent  à 
nois,  des  aptitudes  au  maniement  de  la  gui -savoir  dessinateur  des  B.D. Barly  Baruti  est, 
pourtant,  un  musicien  hétér oclite  (guitariste,  tar e.  L ’artiste  fait  son  écolage  auprès  de  Gobi 
chanteur ,  auteur -compositeur  et  arrangeur).  Boyimbo  et  après  des  pr estations  performan -
tes,  ce  der nier  l’incorpor e,  dès  1954,  au  sein En  ef fet,  de  la  bande  dessinée  à  la  musique, 
de  son  gr oupe  que  parraine  la  maison  Opika l’artiste  éclectique  n’a  pratiquement  aucune  li -
de Moussa Bénathar .mite.  À  son  actif,  il  possède,  entr e  autr es  cho -
ses,  un  album  de  haute  factur e  dans  lequel  il  En  1957,  suite  à  la  faillite  des  Éditions 
se  fait  accompagner  au  chant  par  la  mielleuse  Opika,  De  la  France  intègr e  la  Maison  Ngoma. 
Il  y  évolue  en  qualité  de  musicien  de  studio. voix  de  Sylvie  Nawasadio  dans  « Nazali  mwasi 
Régulièr ement  sollicité  pour  accompagner na yo ya kilo ».
des  artistes  venus  y  enr egistr er ,  Bazeta  De Ses  pr estations  à  travers  l’Eur ope  (Belgique, 
France,  Hollande…  )  le  font  de  plus  en  plus  la  France  r etient  l’attention  de  T ino  Bar oza, 
accréditer  comme  un  auteur -compositeur  et  porte-étendar d  des  musiciens  de  la  maison 
Ngoma.  C’est,  ainsi,  que  lorsque  T ino  Bar oza arrangeur confrmés.
crée,  en  1958,  l’or chestr e Beguen Band ,  De Outr e  ses  pr oductions  « bédéistes »  et  mu -
la  France  compte  d’offce  parmi  les  membr es sicales,  Barly  Baruti  mène  une  panoplie  d’ac -
tivités  et  dirige  l’atelier  de  création,  de  r echer - de  ce  nouvel  ensemble  comme  deuxième  gui -
che  et  d’initiation  à  l’Art  (Acria).  Il  comptabilise,  tariste  soliste.  Disposant  d’un  doigté  affné  et 
travailleur  achar né,  De  la  France  Bazeta  en  ar -par  le  truchement  de  cette  structur e,  l’orga -
rive  à  une  grande  maîtrise  de  son  instrument  et nisation,  à  Binza / Ma  campagne  à  Kinshasa, 
joue  de  la  guitar e  solo  en  alter nance  avec  T ino d’une  jour née  spéciale  dédiée  à  l’artiste  musi -
cien  Papa  W emba.  Faisant  d’une  pierr e  deux  Bar oza.  Son  jeu  dér oute  bien  de  mélomanes 
coups,  Barly  Baruti  honor e  à  la  fois  l’artiste  et  qui  y  décèlent  une  combinaison  des  phrasés 
subtils  et  affrmés  de  Nico  Kasanda  ainsi  que expose,  à  l’occasion,  des  bandes  dessinées 
de  T ino  Bar oza.  Le  tango  intitulé  « Les  jeunes de  son  cru  ainsi  que  d’autr es  œuvr es  artisti -
de  Beguen »  qu’il  exécute  à  la  guitar e  solo  est ques  (peintur es,  portraits,  aquar elles,  fr es -
ques, etc.). suffsamment  éclairant  à  cet  égar d.  Aux  côtés 
Son  agenda  prévoit,  dans  les  années  à  de  Frank  Lassan,  T chadé  T uka  Florian,  Roitelet 
Moniania,  T ino  Bar oza,   Albino  Kalombo,  etc., venir ,  d’autr es  manifestations  analogues.  Des 
De  la  France  montr e  les  dif fér entes  facettes  de jour nées  de  souvenir  sont,  ainsi,  en  élabora -
son  talent  dans  le  répertoir e  de  création  con -tion  aux  fns  d’honor er  la  mémoir e  d’artistes 
musiciens  tels  que  Joseph  Kabasele  dit  Grand  golaise jusqu’en 1960.
32
002.Nimy.indd 32 25/02/10 15:09:24BELOBING’EKERME JEAN-MARIE (MERR Y DJO)
À  l’accession  du  Congo  à  l’indépendance,  la  rumba  au  Congo.  L ’or chestr e  se  démar que, 
l’artiste  pr este  dans  quelques  gr oupes  qui  à  la  fois,  du  style  légué  par  Grand  Kallé  à  T a  Bu 
pratiquent  la  musique  eur opéenne.  Il  opèr e,  Ley  Rocher eau  au  sein  de African Jazz   et  de 
ainsi,  dans  des  dancings  bars  fréquentés  es - celui  de  Grand  Maîtr e  Luambo  Franco,  leader 
sentiellement  par  des  expatriés.  Il  est,  ensuite,  du  gr oupe  T.P. O.K. Jazz .  Aussi,  Merry  Djo, 
enrôlé  par  Docteur  Nico  Kasanda  au  sein  de  per cussionniste  d’avant-gar de,  infuence-t-il, 
son  ensemble  musical.  En  ef fet,  au  moment  par  sa  façon  de  fair e,  de  nombr eux  drummers 
de  la  scission,  en  1966,  de  l’or chestr e African qui épousent carrément son style emballant. 
Fiesta ,  Kasanda  Nico,  monte  African Fiesta
Sukisa et  r ecourt  aux  services  de  Bazeta  De  la 
France  pour  assur er  la  guitar e  médiane,  appe -
lée  aussi  guitar e  mi  solo.  L ’or chestr e  de  Nico 
Kasanda,  enrichi  de  cet  élément,  se  détermine 
à  tenir  la  dragée  haute  à African Fiesta National
de  Roger  Izeidi  et  T a  Bu  Ley  Rocher eau.  Au 
sein  de  ce  nouvel  ensemble,  la  ligne  mélo -
dique  de  la  guitar e  de  Bazeta  De  la  France 
s’écarte  sensiblement  de  per cutantes  auba -
des  de  Futu  Faugus  et  épouse  les  contours 
d’une  nomenclatur e  traditionnelle.  Celle-ci  allie 
la  simplicité  du  jeu  au  r omantisme  des  leitmo -
tivs  qui  soutiennent  comme  des  ritour nelles  la 
guitar e  hawaïenne  que  Nico  Kasanda  distille  à 
pr ofusion.  Au  cours  d’innombrables  concerts 
de  African Fiesta Sukisa ,  Pierr e  Bazeta  De 
la  France,  lorsqu’il  est  dégrisé,  passe  maîtr e 
En  r emontant  le  temps,  on  peut  mieux  sou -dans  l’agencement  des  r engaines  qui  devien -
ligner  l’apport  de  Merry  Djo  à  travers  les  évolu -nent  des  soubassements  harmoniques  à  la 
tions connues par l’usage des drums. guitar e solo de Nico Kasanda.
Per cussionniste  du  gr oupe  Odéon Kinois À  la  fn  de  sa  cavalcade  avec African Fiesta
de  1953  lequel  excelle  dans  un  genr e  pr o -Sukisa, De  la  France  fle,  en  1982,  le  parfait 
che  de  la  biguine  antillaise,  André  Dimbala  se amour  avec  le  gr oupe G.O. Malebo   du  saxo -
tr ouve  pris  dans  l’engr enage  d’une  musique phoniste  Armand  Samu  Bakula.  Il  y  demeu -
aux  accents  de  fanfar e  qui,  de  temps  à  autr e, r e,  un  petit  temps,  puis  jette  complètement 
se  morfond  dans  la  r outine.  Charly  Hénaut l’éponge.  Décédé  à  Brazzaville  en  2003,  De  la 
dans  African Jazz   de  Grand  Kallé  ainsi  que France,  feur on  de  la  musique  congolaise  mo -
Fracasseur  au  sein  de African Fiesta   ne  lais -der ne,  compte  parmi  les  grands  guitaristes  du 
sent  pas  non  plus  d’empr eintes  signifcatives panthéon congolais. 
et  confnent  la  rumba  congolaise  dans  ses 
bELObI Ng’Ekerme Jean-Marie dit  contours  habituels.  T a  Bu  Ley  Rocher eau  dont 
MERRy djO • per cussionniste (drums),  le  mérite  est  de  vulgariser  l’usage  des  drums 
auteur -compositeur • Congo (RDC). au  sein  des  or chestr es  congolais,  fait  de  cet 
Ressortissant  de  la  pr ovince  de  Bandundu,  attirail  un  élément  désormais  indispensable 
du  tempo.  Plus  aucun  gr oupe  ne  peut,  de -Merry  Djo  est  le  drummer  dont  la  cadence 
puis,  s’en  passer .  Seskain  Molenga,  au  style dans  le  balancement  des  baguettes  et  le  ma -
niement  de  la  batterie  ont  façonné  les  contours  pourtant  enlevé,  n’apporte  pas  non  plus  de 
de  la  rumba  de  l’or chestr e Zaïko Langa Langa .  changement  éloquent,  l’instrument  n’étant 
En  1969,  en  ef fet,  Belobi  Merry  Djo  participe,  plus  perçu  que  comme  un  simple  outil  d’ac -
compagnement. avec  d’autr es  pionniers,  à  la  création  dudit  or -
Merry  Djo,  en  r evanche,  par  sa  façon  de chestr e  et  concourt,  patiemment,  à  la  montée 
pr ogr essive du gr oupe. jouer  ainsi  que  par  le  rythme  qui  soutient  le 
S’affrmant  de  plus  en  plus  comme  tête  de  nouveau  style  de  Manuaku  W aku  à  la  guitar e 
fle  de  la  tr oisième  génération,  l’ensemble  en  solo,  transforme  nettement  l’espace  musical 
du  Congo  par  le  tempo  tonique  qui  doréna -arrive  à  transformer  radicalement  l’univers  de 
33
002.Nimy.indd 33 25/02/10 15:09:25BEMBA BINGUI ANDRÉ (P ABLITO, P AMELO MOUNKA)
vant  s’empar e  des  créations  des  formations  r ebondissement  spectaculair e  compte  tenu
musicale s. de  pr odigieuses  r essour ces  artistiques  qu’il 
En  1975,  l’or chestr e  Zaïko Langa Langa, détient par devers lui.
en  quête  permanente  d’innovation,  r ecrute  un 
second  drummer  non  moins  alerte  en  la  per - bEMbA Bingui André alias pAbLITO ,
sonne  de  Bakunde  Ilo  Pablo.  Les  deux  artis - pAMELO MOunKA , (Potopoto
tes  (Belobi  Merry  Djo  et  Ilo  Pablo),  dans  une  Brazzaville , 5.05.1945) • chanteur , auteur -
r emar quable  synchr onisation,  jonglent  avec  compositeur • Brazzaville 
les  mêmes  drums  au  cours  des  concerts.  Chanteur  ne-Kongo,  André  Bemba  Bingui 
L ’assistance  en  est  toute  r etour née.  Ils  se  est  le  fls  de  Bingui  et  de  Joséphine  Lubelo, 
complètent  comme  deux  larr ons  en  foir e  dans  tous  les  deux,  « lari »  du  village  Mana  en 
l’exécution  d’une  œuvr e  au  cours  de  laquelle  République du Congo. 
l’un,  tenant  les  baguettes  et  jouant  sur  les 
cymbales,  s’apparie  avec  l’autr e  qui,  au  même 
moment,  s’active  à  la  batterie  pr opr ement  dite 
et  à  la  gr osse  caisse.  Dans  une  authentique 
complicité  musicale,  les  deux  artistes  font 
danser  gaillar dement  et  avec  truculence  les 
habitués  des  chaudes  soirées  de Zaïko Langa
Langa . 
L ’année  1988 apporte,  cependant,  une 
note  noir e  au  sein  du  gr oupe.  Une  crise  naît 
et  l’or chestr e  se  scinde  en  deux  ailes  compr e -
nant,  d’une  part,  le Zaïko Langa Langa / Familia
Dei   et  le  Zaïko Langa Langa / Nkolo Mboka,
d’autr e part.
Merry  Djo  choisit  d’évoluer  au  sein  de Zaïko
Langa Langa / Nkolo Mboka   dirigé  par  Nyoka 
Longo  Jossart  tandis  que  son  comparse  choi -
sit,  lui,  le  camp  adverse. Au  sein  de  la  forma -
tion  de  Jossart,  Belobi  Merry  Djo  joue  en  al - Fortement  épris  de  musique,  André  Bemba 
ter nance  avec  un  autr e  compagnon,  Patcho  Bingui  déserte,  en  1964,  le  lycée  en  classe 
6 eStar  de  son  vrai  nom  Mpasi  Samba .  Auteur - de  3   année  et  gagne  Kinshasa  pour  y  r ejoin -
compositeur  de  grande  dimension,  Belobi  dr e  son  idole  et  mentor  Pascal  T a  Bu  Ley  dit 
Merry  Djo  se  distingue,  au  cours  de  sa  carrièr e  Rocher eau.  D’ailleurs,  au  cours  des  séjours 
avec  l’or chestr e Zaïko Langa Langa ,  par  quel - antérieurs  de  ce  der nier  tant  avec African Jazz
ques  œuvr es  parlantes :  « Bolingo  A veugle »,  qu’avec African Fiesta   à  Brazzaville,  le  jeune 
« Kwiti  Kwiti »,  « Matondo  T eddy », « Sangela  Bemba  avait  partagé  la  pr oximité  de  l’artiste, 
(flm  ebandi…  ) »,  « 77  fois  7 »,  « Ize  Bola »,  consolidant ainsi ses liens avec la vedette.
« Baniongo », « Kimbulu », etc.
Les  amours  de  Merry  Djo  et  de  l’or chestr e 
Zaïko Langa Langa / Nkolo Mboka   pr ennent 
fn  en  1999.  En  compagnie  d’un  collègue 
Mwaka Bapius,  l’artiste  met  fn  à  une  idylle 
d’une  tr entaine  année  en  claquant  la  porte  de 
Zaïko Langa Langa / Nkolo Mboka.
Depuis  lors,  sa  carrièr e  musicale  connaît 
un  r egr ettable  temps  mort.  T outefois,  Belobi 
Merry  Djo  demeur e  un  musicien  capable  de 
6  Patcho  Star ,  transfuge  de  l’or chestr e Victoria
Eleison   de  King  Kester  Emeneya,  est  né  à  Kinshasa 
le  12  septembr e  1953  et  intègr e  l’or chestr e Zaïko   en 
1987.
34
002.Nimy.indd 34 25/02/10 15:09:25BEMBA BINGUI ANDRÉ (P ABLITO, P AMELO MOUNKA)
Par  conséquent,  c’est  sans  étonnement  menu  fr etin  lors  de  la  répartition  des  dr oits 
erque,  le  1   avril  1964,  le  jeune  Bemba  entr e  dans  d’auteurs.  Ses  œuvr es  connaissent  pourtant 
l’or chestr e  African Fiesta grâce  à  l’adoube - un  grand  r etentissement  tant  au  niveau  natio -
ment  de  T a  Bu  Ley .  Il  y  évolue  aux  côtés  de  cé - nal  qu’inter national.  L ’intér essé  s’informe… 
lébrités  de  la  tr empe  de  Nico  Kasanda, Roger  Patatras !  À  cause  de  l’homonymie  avec  un  ar -
Izeidi, Déchaud  Mwamba, W illy  Mbembe,  tiste  musicien  cubain,  les  instances  des  dr oits 
Joseph Mwena, etc.  Doté  d’un  r emar quable  d’auteurs  transféraient  depuis  fort  longtemps 
talent  de  compositeur ,  l’artiste  pr este  au  sein  son  pactole  sur  le  compte  de  l’autr e  Pablito. 
du  gr oupe  sous  le  sobriquet  de  Pablito.  C’est  Désappointé  et  surtout  furibond,  Bemba  Bingui 
l’époque  de  « Lucie : Natikelaki chérie elaka ya décide  de  se  dépouiller  illico  pr esto  de  ce  so -
mariage, sima ya tango moke abosani mibeko, briquet,  sour ce  de  ses  malheurs.  Il  se  dote 
mpe akeyi kobala mobali Na Kenge ! Ngai ko- d’un  autr e  nom  de  scène  qu’il  communique 
zonga na Lipopo, Naluki epayi azali ; Balobi sans  coup  férir  à  sa  société  de  pr otection  des 
na ngai ! Lucie abala; abosana mibeko… »  dr oits  d’auteurs.  Il  devient  Pamelo  Mounka  et, 
T raduction :  « Ma fancée s’est déliée de son depuis,  la  situation  de  ses  dr oits  ne  fait  plus 
serment et s’en est allée folâtrer dans la ville de pr oblème.  L ’artiste  éclate,  alors,  dans  l’or ches -
Kenge. De retour à Kinshasa, j’apprends avec tr e  Bantou   aux  côtés  de  Kosmos  Mountuari 
amertume la nouvelle de son mariage avec un au  chant, Gerry  Gérar d  Biyela  à  la  guitar e 
autre prétendant… ».  Pablito  compose  aussi  solo, Essous  et  Nino  Malapet  aux  saxophones 
« Anzio : Ngai mwana mama, motema pembe alto  et  ténor ,  etc.  C’est  l’èr e  de  ses  composi -
ya Anzio   … ».  T raduction :  « Moi, Anzio, au tions  telles  « Masuwa »  et  « Monsieur ,  on  va 
cœur pur, … ».  Il  se  distingue  à  travers  une  se  marier ».  Dans  le  même  temps,  Alphonse 
composition en espagnol « Y a Martes ».  Ntaloulou  crée  « Mer ci  mama »  tandis  que 
C’est  aussi  la  période  où  T a  Bu  Ley  nous  Kosmos  Mountuari  s’illustr e  dans  « Makambo 
gratife  de  « Regina caeli, laetare alléluia mo- mibale ».  L ’or chestr e Bantou ,  avec  un  niveau 
sala libala suka pasi, salaire n’ango nyonso se de  pr estation  optimale,  vogue  alors  de  succès 
bolingo  ».  T raduction :  « Le mariage n’est pas en succès. 
un moment de tout repos mais sa contrepartie Impossible  de  narr er  l’ensemble  Bantou
est l’amour  ».  sans  attribuer  une  mention  particulièr e  à  Côme 
Le  duo Rocher eau  et  Pablito  fend  alors  les  Mountouari  dit  Kosmos,  cet  autr e  enfant  terri -
cœurs  des  mélomanes  à  travers  des  chan - ble  de  la  musique  congolaise  moder ne.  Doté 
sons  telles  « Ninzi,  Djin,  Mwana  ya  Rhodésie »,  d’un  timbr e  vocal  sublime  et  auteur -composi -
« Mukala »,  « Ivi,  T ala  ngai  miso  ya  pamba »  de  teur  r emar quable,  Kosmos  se  tr ouve,  à  cette 
Rocher eau  ainsi  qu’une  interprétation  d’un  époque,  à  l’apogée  d’une  carrièr e  cour onnée 
mor ceau  cubain  « No  me  persigas ».  Pablito  par  des  hits  torr entiels.  Ces  œuvr es  importan -
vient  de  réaliser  son  rêve  car  il  chante  désor - tes  « Makambo  mibale »,  « Ba  camarades », 
mais  aux  côtés  de  son  idole.  Heur eux  à  en 
vivr e,  il  est  pr esque  autant  échauf fé  qu’une 
pucelle  explorant  les  prémices  de  l’amour .  Il 
se sent comme un poisson dans l’eau au sein 
de African Fiesta.
Hélas,  les  politiciens  en  disposent  autr e -
ment !  Le  pr emier  ministr e,  Moïse  T shombe 
décide,  le  22  août  1964,  pour  des  raisons  que 
nous  préfér ons  ne  pas  commenter  ici,  d’une 
expulsion  générale  des  Congolais  de  l’autr e 
rive.  Pablito,  contraint  de  r egagner  Brazzaville, 
voit  son  rêve  partir  en  fumée  tandis  que  l’or -
chestr e African Fiesta per d,  de  son  côté,  un 
élément de grande valeur .  Mountouari Kosm os
En  1965,  l’artiste  intègr e  l’or chestr e Bantou
« Madou  Sesselesse »,  « T abali »,  « Liberté », du  Congo-Brazzaville  et,  en  véritable  usine  à 
etc.  le  hissent  au  rang  des  meilleurs  musiciens tubes,  il  y  compose  maintes  chansons  de  haut 
vol.  En  r etour ,  cependant,  il  ne  perçoit  que  du  des deux rives du feuve Congo.
35
002.Nimy.indd 35 25/02/10 15:09:25BEMBA BINGUI ANDRÉ (P ABLITO, P AMELO MOUNKA)
Les  deux  artistes  réunis  (Pamelo  et  pr ovenant  de  dif fér entes  œuvr es  de  Pembey 
Kosmos),  dont  l’assortiment  vocal  très  soi - Sheir o.  En  ef fet,  la  jeune  chanteuse  connaît,  à 
gné  rappelle  ceux  de  Mujos  et  Rocher eau  des  l’instar  de  son  aîné  Pamelo,  un  succès  incom -
temps  immémoriaux,  disposent  d’un  fair  mu - mensurable.
sical outr ecuidant.  Mais  qui  est-elle  vraiment ?  Fille  d’un  pas -
C’est  ainsi  que  lorsque  advient  le  chant  teur ,  la  ravissante  chanteuse,  née  à  Stockholm, 
erde  cygne  pour  le  gr oupe Bantou ,  Pamelo  et  le  1   novembr e  1963,  laisse  apparaîtr e  sa  vo -
Kosmos,  eux,  montent  en  for ce  et  créent,  cation  artistique,  dès  l’âge  de  tr eize  ans,  à  tra -
à  partir  de  1973,  avec  Célestin  Kouka,  le  vers  des  chorales  pr otestantes  de  Brazzaville, 
Trio Cepakos. S’y  ajoutent  le  chanteur  Edo  puis,  plus  tar d,  dans  le  gr oupe  vocal  Les
Ganga et  Lucky  à  la  guitar e  solo.  Dans  cet  Mariens   au  sein  duquel  elle  se  distingue  com -
ensemble,  Pamelo  Mounka  pr oduit « Ndjaye,  me  vedette  principale.  Sous  le  parrainage  de 
Mwana nsomi » et « Mwan’a Mboyo ».  Jean  Serge  Essous,  la  chanteuse  se  confrme, 
En  1976,  il  sort  l’album « Josia  Jee »  où  le  21  novembr e  1981,  au  cours  d’un  pr emier 
fgur e  la  truculente  chanson « Mwasi  mpe  spectacle  qu’organise  son  imprésario,  Charles 
abanda nainu ». T chicou.  Rencontrant,  en  1991,  le  pr oducteur 
À  partir  de  1981,  Pamelo  Mounka  entame,  T amaris  grâce  à  Pamelo  Mounka,  Pembey 
depuis  la  ville  de  Paris,  une  fulgurante  carrièr e  Sheir o  se  fxe  hors  des  fr ontièr es  de  son  pays 
en  solo,  enr egistr e  aux  Éditions « Eddy’  Son »  et,  la  bonne  fortune  aidant,  l’artiste  connaît 
et  se  fait  pr oduir e  par  Ber nadette  Bakala.  une notoriété inter nationale. 
1981  porte  également  au  pinacle  son  r emar -
quable  album qui  compr end  quelques  œuvr es 
de  son  inspiration  à  l’instar  de  « L ’argent  ap -
pelle  l’argent »  et  « Amour  de  Nombakele » 
ainsi  que  « Alphabet »  de  Jean  Serge  Essous. 
En  1982,  l’intarissable  Pamelo  gave  son  pu -
blic  d’un  nouvel  album  contenant « Ce  n’est 
que  ma  secrétair e », « Samantha,  trésor  hin -
dou », « Bwala  yayi  mambu »,  etc.  En  1983, 
paraît  l’album « The  come  back »  avec  com -
me  œuvr es : « D’ici  à  l’an  2000 », « Hosana », 
« Shuna », « Pamelomania »,  « Marie-Line  m’a 
dit »,  etc.  Pendant  près  de  dix  ans,  Pamelo 
Mounka  travaille  en  pr ofondeur  et  of fr e  des 
œuvr es  multicolor es  qui  r encontr ent  un  ac -
cueil  toujours  bienveillant  du  public.  Dans 
les  années  1990,  toujours  à  Paris,  Pamelo 
Pembey Sheir o
sort  l’album « Pr opulsion »  accompagné  par 
Master  à  la  guitar e  solo  et  Mimi  à  la  guitar e 
T elle  est  l’une  des  facettes  de  la  grande rythmique.  L ’œuvr e  comporte  des  titr es  tels 
carrièr e  du  chanteur  Pamelo  Mounka,  artiste « Laisse  toi  vivr e  Mamouni », « Af fair es  de 
génér eux et altruiste.Cœur » et « YhiaYhia Dzellat », « Mariaker ».
Signalons  aussi  que  certaines  œuvr es  de 
Il  est  diffcile  d’êtr e  exhaustif  lorsqu’il  s’agit 
Pamelo  Mounka  connaissent,  grâce  à  des  r e -de  présenter  un  monstr e  sacré.  Pamelo 
prises  spectaculair es,  un  cour onnement  mon -Mounka  est  de  la  tr empe  de  Luambo  Franco, 
dial.  La  formation Biso na Biso ,  gr oupe  de  Rap T a  Bu  Ley  Rocher eau,  Lutumba  Simar o, 
du  leader  Passi,  r epr end  en  leitmotiv  « L ’argent Bombenga  W’ewando  ainsi  que  de  tant 
appelle  l’argent »  et  glane  un  succès  immense. 
d’autr es  artistes  qui  composent  des  chansons 
A ve c  comme  titr e « Dans  la  peau  d’un  chef », à  la  vitesse  grand  V .  For cément  en  parlant  de 
le  r etentissement  inter national  de  l’œuvr e  de Pamelo  Mounka,  la  richesse  de  son  répertoir e 
Pamelo n’échappe  à  personne.  N’oublions exigerait  qu’on  lui  consacr e,  à  lui  seul,  un  livr e 
pas  non  plus  la  chanson  « Ce  n’est  que  ma entier . 
secrétair e »  qui  a  défrayé  la  chr onique  des  mi -À  la  même  période,  Brazzaville  vit  au  rythme 
lieux du Rap français.d’un  déferlement  psychédélique  des  décibels 
36
002.Nimy.indd 36 25/02/10 15:09:26BEY A MADUMA MAURICE (MAURO MAURICE)
Enfn,  son  der nier  album  constitué  de  Maur o  Maurice  se  met  à  l’école  du  saxophone 
deux  titr es  per cutants  à  savoir  « L ’amour  et  la  et  réalise,  en  un  temps  r ecor d,  des  pr ogrès 
importants.  En  1967,  le  jeune  Maur o  Maurice dame »  ainsi  que « Nora  Mensah  D’Adjame » 
intègr e  l’or chestr e  Conga Succès   et  joue  en justife  largement  son  épithète  de  grand  com -
duo  avec  son  frèr e  aîné  tout  en  continuant  à positeur . 
perfectionner  ses  connaissances.  T r ois  gran -Le  destin  réserve  même  aux  grands  hom -
des  occupations  constituent,  dès  lors,  son mes  bien  de  surprises.  Alors  que  l’artiste  con -
train  de  vie :  s’astr eindr e  à  l’amélioration  de coctait  des  pr ojets  importants,  celui  par  exem -
la  connaissance  de  son  instrument ;  intervenir ple  de  liquider  l’un  de  ses  biens  immobiliers 
dans  certains  mor ceaux  au  cours  des  con -
à  Brazzaville  afn  d’acheter  une  pr opriété  en 
certs et  s’occuper  de  l’installation  du  matériel 
France,  s’y  établir  et  poursuivr e  une  carrièr e  in -
de l’or chestr e.
ter nationale,  il  était  loin  de  penser  que  sa  vie  se 
Au  cours  d’une  tour née  de  l’or chestr e, 
tr ouverait  sur  une  trajectoir e  mortelle.  Gérar d  Maur o  Maurice  r encontr e,  à  l’étape  de  Mbuji 
Akweson,  manager  d’Abeti  Masikini,  ainsi  que  Mayi,  le  guitariste  Bavon  Marie  Marie,  son 
Jean  Serge  Essous,  qui  attendent  à  Paris  le  copain  de  quartier  dans  la  commune 
Kasar etour  de  l’artiste  descendu  à  Brazzaville  pour  V ubu.  Ce  der nier ,  également  en  voyage  avec 
accomplir  un  dessein  commun,  n’étaient  as - sa  formation,  demande  à  son  ami  de  quitter  le 
surément  pas  dans  les  secr ets  des  dieux.  Conga Succès ,  un  or chestr e  des  « vieux rin -
Aussi,  ser ont-ils  écrasés  par  la  nouvelle  de  la  gar ds »  et  de  le  r ejoindr e  dans  le  Negro
mort  de  Pamelo  Mounka  quand  bien  même  Succès .  Cette  conversation  tortur e  Maur o 
l’éventualité  d’un  tel  événement  était  per cep - Maurice  si  bien  qu’à  l’étape  du  Katanga,  il  fait 
tible  car  l’artiste  était  diabétique  et  portait  sur  faux  bond  à  l’or chestr e Conga Succès   et  s’en 
va  r ejoindr e,  à  Kinshasa,  le  gr oupe  de  son  ami sa  jambe  gauche  une  doulour euse  plaie.  Mais 
Bavon  Marie  Marie.  En  1968,  Maur o  Maurice ce  sont  les  cir constances  de  son  décès  qui 
est  offciellement  embauché  dans  l’or chestr e r estent  poignantes.  Sous  la  douche,  Pamelo 
Negro Succès .  Outr e  Bavon  Marie  Marie  et Mounka  s’écr oule  pendant  un  bain  et  r end 
Bombolo  Bholen,  l’artiste  découvr e  de  nou -l’âme le 16 janvier 1996 à Brazz aville.
veaux  musiciens  tels  Empompo  Deyes,  Epayo 
Alphonso, Ruben Kunsita et Amba Zozo. bEy A MAduMA  Maurice alias MAuRO
MAuRIcE (Matadi
, 15.12.1950) • saxophoniste, auteur -compositeur • Congo 
(RDC).
De  souche  ne-Kongo,  Beya  Maduma  alias 
Maur o  Maurice  est  un  « munianga »  de  Luozi 
doublé d’un saxophoniste de grande classe.
Fils  d’Abraham  Ndombe  et  de  Ida  Ngida 
Ungula,  il  est  le  frèr e  cadet  de  Jean  Marie 
Makutukala  (lir e  infra),  un  autr e  saxophoniste 
de haut vol.
Grandissant  dans  la  commune  de 
Ngiringiri  à  Kinshasa,  il  voit  son  frèr e  se  pr oduir e, 
en  musicien  pr ofessionnel,  au  sein  de  l’or -
chestr e  de  Jean  Bokelo.  Attiré  par  le  métier 
de  son  aîné,  Beya  Maduma  fait  ses  pr emiè -
r es  armes  comme  chanteur  aux  côtés  de  Roy 
Innocent  au  sein  d’un  obscur  or chestr e  de  son 
Devenu  saxophoniste  affrmé  et  se  révé -quartier .  Évoluant  avec  bonheur  dans  cette 
lant  comme  un  auteur -compositeur  de  valeur , formation  de  seconde  zone,  Johnny  Bokelo 
Maur o  Maurice  présente,  néanmoins,  une  per -invite  Jean  Marie  à  enseigner ,  à  son  frèr e,  les 
sonnalité  dér outante.  En  dépit  de  ses  appar en -rudiments  du  saxophone.  En  ef fet,  le  chef  de 
ces  réservées  voir e  un  tantinet  timide,  l’artiste Conga Succès   désir e  ar demment  bénéfcier 
sait  êtr e  sur  scène  à  la  fois  boute-en-train,  me -des  services  des  deux  instrumentistes  pour 
neur  d’hommes,  animateur  plaisantin,  jovial  et sa  section  « cuivr e ».  Aussitôt  dit,  aussitôt  fait ! 
37
002.Nimy.indd 37 25/02/10 15:09:26BEY A MADUMA MAURICE (MAURO MAURICE)
cocasse.  Personnage  natur ellement  amène,  Après  cette  expérience,  Beya  Maduma, 
à  l’allur e  distinguée  et  aux  pr opos  habituelle - dont  la  maîtrise  de  l’instrument  est  devenue 
ment  bienséants,  Maur o  Maurice  doté  d’une  totale,  intègr e,  en  1972,  l’or chestr e Vévé   de 
V er ckys  Kiamuangana.  Ils  sont  tr ois  saxopho -bonne  éducation,  fait  l’unanimité  auprès  de 
nistes  (V er ckys,  Maur o  Maurice  et  Rubens)  à ses  collègues  qui  r echer che  continûment  sa 
fair e  le  bonheur  des  mélomanes  au  sein  de  cet bonne  compagnie.  Il  est  rar e  de  r encontr er 
ensemble.  Maur o  Maurice  y  compose  la  chan -un  de  ses  confrèr es  qui  ne  tarissent  d’éloges 
son  « Y a  Nini »  qui  r encontr e  un  grand  succès quant à son bon caractèr e.
aux  côtés  de  « Mwana  Mburu »  de  Francis Entr e  1969  et  1970, l’artiste  déploie  son 
Bitshoumani.talent  de  saxophoniste  aux  côtés  de  ses  con -
Après  l’or chestr e  Vévé,  l’artis te  peaufne frèr es  Empompo  Lowayi  Deyes  et  Kunsita 
sa  connaissance  du  saxophone,  joue  dans Ruben.  Il  y  compose  quelques  chansons  dont 
certains  cer cles  pour  son  compte  personnel, « Mi  José  wa  bolingo ».  Mais,  son  succès  at -
voyage  beaucoup  (surtout  au  Kenya)  en  qua -teint  le  par oxysme  lorsqu’il  compose  « Nelly  ya 
Maur o  (danse  makolo  pente) »,  une  chanson  lité  de  musicien  indépendant  et  enr egistr e  en 
de  1969  mais  qui  est  sortie  après  la  mort  de  accompagnant des artistes qui le sollicitent. 
Bavon  en  1970.  La  chanson  pulvérise  les  r e - Beya  Madu ma  r ejoint,  en  1981,  son  frèr e 
cor ds  de  vente  détenus  jusque  là  par  l’inou - aîné,  Jean  Marie  Makutukala  lequel  vient  de 
bliable  « Mokolo  Nakokufa »,  composée  en  monter  le  gr oupe The best   qui  fxe  ses  péna -
1966,  par  T a  Bu  Ley  Rocher eau.  Dancing  bars,  tes  dans  l’enceinte  de  l’Hôtel  Inter continental 
estaminets,  cabar ets,  buvettes,  discothèques,  de  Kinshasa.  L ’or chestr e  se  spécialise  dans  le 
boîtes  de  nuit,  manifestations  privées,  etc.  ne  répertoir e  inter national  mais  ne  délaisse  pas 
vibr ent  plus  qu’au  rythme  de  cette  œuvr e  tré - les  variétés  africaines.  La  réussite  est  totale. 
pidante :  danse  makolo  pente.  La  cote  épous - Bien  de  grandes  cérémonies  de  cet  hôtel  hup -
toufante  de  l’or chestr e  Negro Succès   crève  pé  connaissent  la  participation  de  l’ensemble 
le  plafond.  La  richesse  de  l’or chestration  con - devenu  incontour nable.  L ’artiste  Frank  Lassan 
tenue  dans  la  partition  musicale  exécutée  par  (lir e  Fariala  wa  Nyembo  infra)  r ecourt  égale -
les  saxophonistes  fait  que  Maur o  Maurice  se  ment  à  cette  formation  pour  l’enr egistr ement 
fait  désir er  par  les  grands  de  l’univers  musical  de  son  album  contenant  « Laissez  tomber », 
du Congo. Et, ce qui devait arriver , arriva ! « Pr overbes »,  « Il  sufft »,  « Nuit  de  fête », 
Après  son  passage  à  l’Olympia  de  Paris,  T a  « Maniema »,  « Sarakoulé »,  « Génération  ya 
Bu  Ley  Rocher eau  est  privé  des  services  de  sika », « T’en fais pas mon vieux », etc. 
Sacky ,  son  saxophoniste  nigérian  r entré  dans  Les  deux  frèr es,  savourant  les  délices  de  la 
son pays d’origine.  réussite,  mettent  sur  pied  à  partir  de  1982  un 
Le  chanteur  jette,  alors,  son  dévolu  sur  nouvel  ensemble.  Ce  der nier ,  à  l’instar  de  son 
Maur o  Maurice  et  l’intègr e,  à  partir  de  1970,  devancier  kinois,  se  fxe,  quant  à  lui,  dans  l’en -
dans  l’or chestr e Africa International .  Six  mois  ceinte  de  l’Hôtel  Ivoir e  à  Abidjan  (Côte  d’ivoi -
durant,  l’artiste  joue  en  duo  avec  son  vieux  ca - r e).  Maur o  Maurice  préside  aux  destinées  du 
marade  Empompo  Lowayi.  Malheur eusement,  gr oupe  d’Abidjan  tandis  que  Jean  Marie  s’oc -
l’on  note  en  1971,  un  départ  massif  des  mu - cupe de celui de Kinshasa.
siciens  (Attel  Mbumba,  Ndombe  Opetun,  Le  gr oupe  d’Abidjan  r ecèle  de  musiciens 
Michelino…  )  qui  dénude  la  formation  de  T a  de  qualité  tels  Bibi  Denis,  chanteur ,  Lokwa 
Bu  Ley  Rocher eau.  Maur o  Maurice  compte  Kanza  (lir e  infra),  Akele  dit  Dr  Gabs,  pianiste  de 
parmi  les  récalcitrants  qui  fondent,  en  1971,  pr emièr e  for ce  devenu,  aujour d’hui,  la  coque -
l’or chestr e Afrizam que  dirige  le  chanteur  luche des milieux du jazz eur o-américain, etc. 
Ndombe  Opetun.  Beya  Maduma  y  compose  Entr e  1990  et  2000,  le  saxophoniste  Beya 
la  chanson  « Beya  wa  Loho »,  un  chef  d’œu - Maduma  Maur o  Maurice  entr epr end  de  nom -
vr e  qui    secoue  l’establishment  musical  du  br euses  navettes  entr e  l’Afrique  et  l’Eur ope, 
Congo.  Il  récidive,  peu  de  temps  après,  en  s’installant  pour  un  moment  dans  la  ville  de
accouchant  de  « Bessala ».  L ’unanimité  se  fait  Paris.  Il  y  enr egistr e  deux  albums  de  musi -
autour  de  son  nom  et  le  saxophoniste  se  voit  que  instrumentale.  Ceux-ci  r epr ennent  en 
hisser  au  rang  d’éminents  auteurs-composi - les  r elookant,  parfois,  des  titr es  comme : 
« Malaïka »  de  Edouar d  Masengo  et  inter -teurs congolais.
38
002.Nimy.indd 38 25/02/10 15:09:26BIDO BA TILANGANDI ALPHONSE (BIOLO)
prété  par  Myriam  Makeba, « Sex  Madjesi »  et  De  1948  à  1950,  Biolo,  joueur  de  tuba,  est 
« Chérie  Anna »  de  Mario  Matadidi,  « Africa  membr e  d’un  ensemble  de  cuivr e  (tr ompettes, 
Liberté »  de  Franklin  Boukaka,  « Marguerite »  bugles,  tuba  et  saxophone)  avec  des  compa -
de  Léon  Bukasa,  « Nakomitunaka »  de  gnons  tels  que  Loleka  Johnny  (tr ompette)  et 
Kiamuangana  V er ckys,  « Adios  T ete »  de  T a  Bu  Kibonge  Pascal  au  saxophone.  Deux  années 
Ley  Rocher eau, « Jamais  Kolonga »  de  T ino  durant,  le  gr oupe  s’installe  dans  le  Maniema 
Bar oza,  « Indépendance  cha  cha »  de  Joseph  (1952)  puis  sillonne  la  pr ovince  du  Kivu  en 
Kabasele  ainsi  que  « F .O.B. »  et  d’autr es  œu - passant  par  la  ville  de  Bukavu  et  se  pr oduit 
vr es de sa composition.  à  Bujumbura  (Burundi).  S’inspirant  du  gr oupe 
Les  événements  tragiques,  guerr es,  se - Odéon Kinois   de  Kinshasa,  ces  vieux  r ou -
cousses  politiques,  etc.  de  2002  obligent  tiers  de  la  musique  baptisent  leur  gr oupe  du 
l’artiste  à  quitter  la  Côte  d’Ivoir e  et  à  r egagner  nom  de  Odéon Stan   (Stan  étant  le  diminutif 
Kinshasa  où  il  se  r edéploie,  depuis,  avec  sa  de  Stanleyville).  En  1953,  ils  r encontr ent  le  cé -
ténacité habituelle. lèbr e  chanteur  W endo  Kalosoy  à  Bujumbura 
Encadrant  une  nouvelle  étoile  montante  et  font  chorus  avec  lui.  Ensuite,  ils  descen -
du  nom  de  Bijou  Kamin,  Maur o  Maurice  tra - dent  à  Kinshasa  et  enr egistr ent,  sous  le  label 
vaille  avec  la  chanteuse  à  l’élaboration  d’un  de  la  maison  Ngoma,  quelques  titr es  dont : 
nouvel  album.  La  voix  sulfur euse  de  ce  jeune  « N° 51 / « Bima  pwani »,  « Josephina  Mama », 
talent,    génie  en  herbe,  permet  au  saxophone  « N° 52 / « Nde  yo  alubaki »,  « Elenghe  moa -
de  Beya  Maduma  de  rayonner  comme  jamais  na  moasi »,  « N° 53 / Soko  alingi  ngai  te », 
auparavant.  Disposant,  en  ef fet,  d’un  son  ma - « Marguerite » etc.
gnifque  qui  le  particularise  au  milieu  de  nom - En  1957,  le  tr ompettis te  Biolo  intègr e  à 
Kisangani  l’or chestr e  Rocken Band   d’Henri br eux  autr es  saxophonistes  africains,  Maur o 
Maurice  demeur e  un  des  meilleurs  « souf - T inapa  et  son  frèr e  Ndongala  Gracia.  En 
feurs » du continent.  1958,  l’or chestr e  change  de  nom  et  devient 
Rico jazz.   Le  succès,  qu’il  r encontr e  auprès  du 
bIdO bATILAngAndI Alphonse  public,  dépasse  tout  entendement  dans  la  ville 
alias bIOLO (Kisangani , 18.12.1932)  de Kisangani alors Stanleyville.
• tr ompettiste • Congo (RDC). En  1959,  Biolo  intègr e  l’or chestr e King Jazz
Originair e  de  la  pr ovince  orientale,  Alphonse  d’Akuke  Selemani,  ancien  guitariste  d’accom -
Bido  Batilangandi  alias  Biolo  est  un  « Lokele »  pagnement  de  l’or chestr e  de  Ndongala  Gracia. 
qui  est  né  du  côté  de  la  rive  gauche  du  feu - Biolo  qui  af fectionne  le  style  de  African  Jazz
ve  Congo.  Fils  d’Ignace  T sholo  et  de  Lucia  de  Grand  Kallé  ne  peut  longtemps  cohabiter 
Kondjaso,  il  est  de  la  génération  d’Antoine  avec  Ndongala  Gracia  qui  développe  le  style 
Kasongo.  Il  appr end  la  tr ompette  au  sein  opposé  et  concurr ent  de  Luambo  Franco. 
Akuke  Selemani,  devenu  bon  soliste  dans de  la  fanfar e  de  son  école  à  l’instar  d’autr es 
Congolais  qui  usent  de  certains  instruments  à  l’entr e-temps,  crée  un  or chestr e  rival  à  celui 
de  Ndongala  Gracia  et  Biolo  s’y  déploie  avec vent.
enchantement.  À   la  veille  de  l’indépendance, En  1947,  Biolo  débute  sa  carrièr e  avec  des 
7 l’or chestr e  bat  campagne  pour  le  M.N.C. gr oupes  de  per cussionnistes   qu’accompa -
Lumumba à travers la pr ovince orientale.gne  parfois  un  petit  chœur  or chestral  constitué 
9En  1960,  Biolo  intègr e Rocken Band   où  sa  de  clair ons,  tr ompettes,  bugles  et  tubas.  Dans 
8 tr om pette  fait  tabac  auprès  des  mélomanes cette  enr eprise,  il  s’accompagne  de  Kayisala ,
de  Kisangani  Boyoma.  Biolo  voyage  avec  l’en -un autr e tr ompettiste de r enom à Kisangani.
semble  jusqu’à  Kampala,  en  Ouganda  et  l’or -
chestr e yréside pendant près d’une année.
7  T ant  à  Kinshasa  que  dans  d’autr es  villes  du 
Congo  ainsi  qu’à  Brazzaville,  ces  dif fér ents  gr oupes 
de  per cussionnistes,  batteurs  de  tam  tam  essentiel -
lement, se dénomment Groupe Patenge.
8  Frèr e  des  personnalités  politiques  Salumu  9 Cet  or chestr e  porte  d’abor d  le  nom  de 
et  Kidicho  sans  oublier  Justin  Mangubu,  également  Racing Jazz   puis  celui  de Rocken Band   et  il  devient, 
tr ompettiste  à  Liège  dans  l’or chestr e Los Nickelos enfn, l’or chestr e  Singa Mwambe .
monté par les étudiants congolais en 1965.
39
002.Nimy.indd 39 25/02/10 15:09:26BILL ALExANDRE
L ’intér essé  r egagne  Kisangani  en  1961  et  bILL Alexandr e (Belgique, 1922)
est  embauché  par  le  chanteur V icky  Longomba  • guitariste • Belgique.
dont  l’or chestr e Negro Succès   séjour ne  dans 
le  chef  lieu  de  la  pr ovince  orientale.  Il  descend 
à  Kinshasa  avec  l’ensemble  puis  r evient  à 
Kisangani,  en  1962,  pour  intégr er  le  gr oupe 
Succès Prosabel.   Biolo  s’y  pr oduit,  un  court 
laps  de  temps,  avant  de  voyager  pour  Kindu 
dans le Maniema.
Au  cours  de  la  même  année,  le  tr ompettiste 
r encontr e  Jeannot  Bombenga  qui  l’incorpor e 
dans Vox Africa   en  séjour  dans  cette  der nièr e 
ville.  Mais,  lors  du  voyage  de  l’or chestr e  pour 
Kampala,  Biolo  fausse  compagnie  à  ses  ca -
marades.  En  ef fet,  il  est  courtisé,  dans  l’entr e- À   l’origine,  Alexandr e  Bill  vient  au  Congo 
temps,  par  le  patr on  d’un  cabar et  de  la  ville  de  grâce  à  la  société  anonyme  Belge  de  naviga -
Goma  en  séjour  à  Kindu.  Celui-ci,  voulant  le  tion  aérienne :  SABENA.  En  ef fet,  la  Sabena 
débaucher ,  lui  fait  des  pr opositions  alléchan - invite  régulièr ement  des  musiciens  de  Belgique 
tes.  L ’impétrant  ne  résiste  pas  aux  conditions  pour  se  pr oduir e  dans  les  dif fér ents  guest  hou -
juteuses,  accepte  de  s’y  r endr e  et  ef fectue,  ses  de  la  société  à  Léopoldville  (Kinshasa), 
au  sein  de  la  formation  musicale  du  cabar et,  Stanleyville  (Kisangani)  et  Elisabethville 
(Ludes  pr estations  fort  appréciées.  Il  en  devient,  bumbashi) ;  et  ce,  durant  une  période  de 
même, le chef d’or chestr e attitré. tr ois  mois.  Après  ce  délai,  d’autr es  musiciens 
En  1963,  Grand  Kallé,  en  quête  de  musi - viennent,  par  une  sorte  de  r otation,  pr endr e 
ciens  pour  r elancer  son  African Jazz,   tr ouve  la  r elève  des  précédents.  A vec  des  expatriés 
l’artiste  à  Goma.  Il  l’incorpor e  dans  son  en - de  la  tr empe  de  Fud  Candrix,  Alario  (saxo) 
semble et l’emmène à Kinshasa. et  Guidouille  W ar nant,  Bill  Alexandr e  pr este 
En  1967,  tour nant  le  dos  à  Kalléjeef,  Biolo  usuellement  au Guest  House  de  Kinshasa,  si -
entr e  dans  l’or chestr e African Fiesta National tué  au  quartier  Ndolo.  De  r etour  à  Bruxelles, 
de  T a  Bu  Ley  Rocher eau  et  ef fectue  le  voyage  Bill  Alexandr e,  conquis  par  les  charmes  de 
du  Canada  à  l’occasion  de  l’exposition  univer - Léopoldville  et  d’une  fançée  belge  résidant 
selle de Montréal. au  Congo  avec  ses  par ents,  décide  de  r evenir 
En  1970,  le  tr ompettiste,  qui  s’épanouit    aux  pour  s’y  installer  à  son  tour .  Il  travaille  pour  le 
côtés  de  T a  Bu  Ley ,  participe  aux  voyages  tant  compte  de  la  société  V olkswagen.  Par  la  suite, 
à  l’intérieur  qu’à  l’extérieur  du  pays  et  voit  le  il  se  r econvertit  dans  la  pr oduction  musicale  et 
cour onnement  de  sa  carrièr e  en  pr estant  dans  fait  valoir ,  à  cette  occasion,  son  immense  ta -
le célèbr e music hall parisien « Olympia ». lent  de  guitariste.  Bill  Alexandr e  assume,  ainsi, 
Aux  alentours  des  années  1974  et  1975,  des  r esponsabilités  au  sein  de  la  Compagnie 
Biolo  abandonne  momentanément  la  musique  d’enr egistr ement du folklor e africain (Cefa). 
et  s’installe  à  Brazzaville  où  il  travaille  comme  La  maison  Cefa,  créée  en  1953,  est  une 
bur eaucrate  dans  les  services  administratifs  pr opriété  d’un  nommé  Laetz,  de  nationalité  al -
d’une mairie. lemande,  associé  à  un  r essortissant  belge  du 
Pendant  les  années  1999  et  2000,  Biolo  nom  de  Jean  Dr ossart  ainsi  qu’à  la  compagnie 
r epr end  du  service  et  se  pr oduit  au  sein  d’une  de  l’Ituri  (Comituri).  Le  guitariste  en  devient  le 
église  située  dans  la  commune  de  Limete  et  dir ecteur  artistique  et,  en  plus  de  son  salair e, 
dirigée  par  une  Congolaise  dénommée Mama  il  détient  10 %  des  parts  dans  le  capital  de 
Olangi. l’entr eprise.  Il  pr oduit  des  gr oupes  folkloriques 
Depuis  2000  jusqu’à  ce  jour ,  Biolo  est  dans  dont  celui  de  François  T otoko  qui  enr egis -
l’or chestr e Victoria Bakolo Miziki   du  chanteur  tr e  « Ikofolambula »,  « Nkoko  Fuki  Okanga » 
W endo  Kalosoy .  Il  y  compose  la  chanson  (Edit.  Cefa  N° 78)  ainsi  que  « Nkai »,  « Bololo 
« Bana  ya  T ata  W endo »,  entr epr end  d’innom - O  Kolilo »  (Edit.  Cefa  N° 79),  etc.  Mais,  Cefa 
brables  voyages  à  travers  le  monde  avec  le - ne  se  cantonne  pas  qu’aux  gr oupes  folklori -
dit  or chestr e  et  dit  y  tr ouver  chaussur e  à  son  ques  et  se  met  à  diversifer  ses  pr oductions 
pied. musicales.  C’est  ainsi  qu’on  y  tr ouve,  dès 
40
002.Nimy.indd 40 25/02/10 15:09:27BIMI OMBALE ANDRÉ (MW ANA W ABI
1953,  des  musiciens  tels  que  Roger  Izeidi,  dant  que  la  « maison  bleue »,  autr e  subdivi -
Roitelet  Moniania,  V icky  Longomba,  Armando  sion  d’Ecodis,  fonctionne  comme  la  branche 
Brazzos,  Paul  Kossi  alias  Bemi,  François  qui  combine  la  vente  des  disques  avec  celle 
Egbondu dit Franco, etc. du  matériel  électr o-ménager .  Roger  Izeidi  (lir e 
Pour  ce  qui  est  du  der nier  cité,  l’artiste  est  infra)  s’occupe  de  la  r eprésentation  de  cette 
le  pr emier  auteur -compositeur  à  porter ,  au  maison  Ecodis.  Mais,  cela  également  est  une 
Congo,  le  sobriquet  de  Franco.  Cependant,  toute autr e histoir e !
du  fait  de  l’abandon  de  la  carrièr e  musicale 
par  l’intér essé,  le  sobriquet  disparaît  aussi 
avec  lui  pour  réapparaîtr e  avec  for ce,  à  l’arri -
vée  en  scène  de  Luambo  François.  Ce  der nier , 
guitariste  tonitruant  le  porte,  désormais,  et  le 
gar de  toute  sa  vie  musicale  durant.  Mais,  cela 
est une autr e histoir e !
Revenons  à  la  maison  Cefa  pour  signaler 
que  Bill  Alexandr e,  pr emier  à  user  d’une  gui -
tar e  électrique  au  Congo,  pr end,  lui-même, 
l’habitude  d’accompagner  ceux  qui  viennent 
enr egistr er .  Sa  dextérité,  bien  appréciée  des 
afcionados  congolais,  est  alors  plus  d’une  fois 
mise  à  contribution  dans  des  chansons  telles 
que  « Mama  eh,  wapi  yo,  Mama  eh »  compo -
sé  par  Guy-Léon  Fylla  et  chantée  par  Mar celle 
Ebibi (cf. infra). Accr oupi : Brazzos ; Debout (de gauche à dr oite) : 
Pris  à  l’impr oviste  comme  à  l’accoutumée,  Egbondu François, Bill Alexandr e, Gaby Mokuse, 
la  petite  histoir e  raconte  que  Alexandr e  Bill  Roger Izeidi, V icky Longomba.
stupéfe  tout  un  gr oupe  au  cours  d’un  enr e -
gistr ement,  lorsqu’il  se  sert  de  la  guitar e  solo  En  der nièr e  instance,  que  convient-il  de  r e -
en  lieu  et  place  du  titulair e  absent.  Sans  avoir  tenir  de  Bill  Alexandr e ?  L ’artiste  est  le  pr emier 
préalablement  répété,  il  apporte,  après  une  qui,  utilisant  le  plectr e,  appelé  aussi  médiator 
seule  audition,  des  harmoniques  fascinantes  par  les  musiciens  congolais,  au  travers  de  sa 
qui  transforment  la  chanson  et  lui  donnent  guitar e  électrique  de  mar que  Gibson,  boule -
une  couleur  absolument  nouvelle.  Et  lorsqu’au  verse  par  sa  technique  le  monde  de  la  mu -
cours  d’un  autr e  enr egistr ement,  une  intr o - sique  au  Congo.  Bill  Alexandr e,  pétri  de  jazz, 
duction  fait  défaut,  Bill  Alexandr e  s’emploie,  r ehaussa  le  niveau  d’exécution  à  la  guitar e  des 
séance  tenante  et  avec  beaucoup  d’à  pr opos,  musiciens  Congolais  et  leur  permit  d’évoluer 
à  suppléer  à  cette  car ence ;  et…  cela,  à  quel - dans le sens d’une plus grande moder nité.
ques  minutes  seulement  de  l’enr egistr ement 
défnitif de l’œuvr e. bIMI OMbALE  André alias Mw AnA
Outr e  « Mama  eh,  wapi  yo  (L.  Fylla) »  et  wAbI (Kinshasa,  1954) • per cussionniste 
« T ango  ngai  nabengaki  yo  makango  (Mar celle  (drums), chanteur , auteur -compositeur • 
Ebibi) »,  l’on  tr ouvera,  en  par courant  la  fche  Congo (RDC).
de  Mar celle  Ebibi  (infra),  le  catalogue  des  dis - « Musengele »,  r essortissant  de  la  pr ovince 
ques  Cefa  qui  contient  les  œuvr es  exécutées  de  Bandundu,  Bimi  André  est  un   musicien  de 
à la guitar e par Bill Alexandr e. variétés  qui,  de  1968  à  1970, évolue  au  sein 
En  1955,  la  maison  Cefa  commencant  d’un  or chestr e  de  musique  pop  en  qualité  de 
à  battr e  de  l’aile,  la  Comituri  se  r econvertit  drummer .  Ce  pr emier  ensemble,  au  sein  du -
et  oriente  une  partie  de  ses  activités  vers  la  quel  il  se  pr oduit,  a  comme  nom Les Zeze . 
fabrication  des  meubles  en  acier  « F .N.M.A.  T rès  porté  sur  la  musique  « rythm  et  blues », 
(Fabrique  nationale  des  meubles  en  acier) ».  la  musique  « yéyé »  ou  autr es  musiques 
Jean  Dr ossart,  demeuré  seul,  vend  la  mai - « pop »,  Bimi  Ombale,  dont  la  cultur e  musicale 
son  Cefa  au  gr oupe  Decca-Fonior .  Ce  der nier  est  plus  élevée  que  celle  des  confrèr es  de  sa 
crée  au  Congo  une  succursale  qui  se  nomme  génération,  est  un  per cussionniste  hors  pair . 
Ecodis  ( É dition  congolaise  des  disques)  pen - Il  opèr e,  aux  côtés  d’autr es  camarades  tels 
41
002.Nimy.indd 41 25/02/10 15:09:27BISIKIT A KISANGALA PIERRE (PETIT PIERRE)
Otis  Mandala  (chanteur / jerk),  Johnny  Empesi  louer  son  Créateur ,  pr o cur e  un  immense  bon -
(chanteur  pop),  Pierr e  Nkumu  et  Mbuta  heur aux dévots.
Mashakado.  À  la  fn  du  mois  de  février  1970, 
bISIKITA KISAngALA  Pierr e alias pETIT Bimi  Ombale,  doté,  pourtant  d’une  voix  subli -
me  et  porteur  d’un  grand  talent  d’auteur -com - pIERRE (Kinshasa , 1946) • guitariste, 
positeur ,  entr e  dans  l’or chestr e  Zaïko Langa auteur -compositeur • Congo (RDC).
Langa   en  qualité  de  drummer  pour  les  variétés  Pierr e  Bisikita  dit  petit  Pierr e,  en  raison 
musicales. Cependant,  il  ne  lui  faut  pas  beau - de  son  jeune  âge  au  moment  où  il  embras -
coup  de  temps  pour  arracher  une  place  de  se  la  carrièr e  musicale,  est  un  ne-Kongo  qui 
chanteur  et  d’auteur -compositeur  de  valeur  participe  à  l’ascension  de  l’or chestr e  Bella
au sein du gr oupe.  Bella ,  une  des  formations  phar es  du 
CongoKinshasa.  Dans  ce  gr oupe  créé  par  les  frèr es 
Soki,  Bisikita  joue,  dès  la  naissance  de  l’or -
chestr e,  en  1970,  de  la  guitar e  rythmique  aux 
côtés  de  Shaba  Kahamba  (guitar e  basse)  et 
de  Kinzunga  Ricos  (guitar e  solo).  D’entrée  de 
jeu,  il  déploie  ses  r essour ces  d’auteur -compo -
siteur  et  ber ce  l’Afrique  d’une  œuvr e  intitulée 
« Nono ».  Ses  talents  d’auteur -compositeur  se 
manifestent  au  fur  et  à  mesur e  que  le  gr oupe 
s’affrme  sur  le  mar ché  du  disque,  pr oduisant 
une  musique  exceptionnellement  attrayante 
et  dont  les  airs  se  fr edonnent  en  Afrique  ainsi 
que  dans  le  r este  du  monde.  Dans  la  foulée, 
De  1971  à  1988,  Bimi  Ombale  navigue,  Bisikita  ravit  les  mélomanes  avec  des  titr es  tels 
dans  le  r egistr e  de  la  rumba  congolaise,  com - « Suaze » et « Julie ya ba Julie ».
me  un  commandant  de  navir e  dont  le  gouver - En  1973,  après  la  scission  intervenue 
nail  obéit  aux  humeurs  fastes  de  ses  inspira - au  sein  de  l’or chestr e  Bella Bella   de  l’écurie 
tions  multiformes.  Sa  discographie  abondante  « Vévé »,  le  chanteur  Nyboma,  crée  sous  l’ins -
et  variée  contient  des  œuvr es  de  haute  fac - tigation  de  V er ckys  Kiamuangana  l’or chestr e 
tur e  telles  « Mizou »,  « Mwana  W abi »,  « Ba  Lipua Lipua.
nyango  (Matiti  ezala  ata  mbongo  na  mokili) »,  Pour  le  bon  aboutissement  de  son  des -
« Missolina »,  « La  blonde »,  « Sandra  Lina »,  sein,  Nyboma  r ecourt  aux  services  de  Pierr e 
etc.  Au  sein  de  l’or chestr e Zaïko Langa Langa, Bisikita.  Cependant,  ce  der nier  entr e,  par  la 
le  chanteur  gratife,  dix  sept  années  durant,  le  suite,  en  confit  avec  le  pr oducteur  V er ckys 
public de sa voix riche et pleine. Kiamuangana  et  se  tr ouve  dans  l’obligation 
de  monter  avec  le  chanteur  Kanda  Bongo  une En  1988,  l’or chestr e  connaît  une  grande 
scission  qui  enfante  deux  ailes  à  savoir Zaïko formation  du  nom  de Orchestre Makoso .  Cette 
expérience  stérile  fge  l’artiste  dans  la  léthargie Langa Langa / Nkolo Mboka   et  Zaïko Langa
et  l’oblige  à  s’arrêter  en  chemin.  Dommage ! Langa / Familia Dei .  Bimi  Ombale  opte  pour  le 
Bisikita  était,  de  l’avis  de  ses  nombr eux  collè -nouveau  gr oupe  Zaïko Langa Langa / Familia
gues,  un  guitariste  doté  d’un  fair  musical  hors Dei .  De  1988  à  1990,  cette  der nièr e  formation 
pair .se  maintient  tant  bien  que  mal  sur  le  mar ché 
Ne  pouvons-nous  point  r ejoindr e  le  philoso -du  disque  puis  disparaît  en  laissant  chacun  de 
10phe  Maurice  Merleau-Ponty  :  «  À   quoi  bon  se ses membr es à la mer ci  de fortunes diverses.
demander  si  l’histoir e  est  faite  par  les  hommes À  partir  de  l’année  1990,  le  chanteur  Bimi 
ou  par  les  choses,  puisque  de  toute  évidence Ombale  crée  son  pr opr e  ensemble  dénommé 
les  initiatives  humaines  n’annulent  pas  le  poids Basilique Loningisa .  Malheur eusement,  cette 
des  choses  et  que  la  for ce  des  choses opèr e expérience  connaît  aussi  une  existence  éphé -
toujours  à  travers  des  hommes ?  C’est  juste -mèr e.  Depuis  lors,  épousant  les  contours  de 
la  r eligiosité  ambiante,  Bimi  Ombale,  s’inscrit 
dans  l’air  du  temps  et  passe  de  la  musique 
dite du monde à la chanson sacrée.
10 À  ce  jour ,  l’artiste  continue  d’user  de  son  Philosophie contemporaine ,  Éditions  France 
Loisirs, 2002, Signes, p. 500. organe  vocal  qui,  tout  en  lui  permettant  de 
42
002.Nimy.indd 42 25/02/10 15:09:27BITSHOUMANI FRANCIS (CELI BITSHOU)
ment  cet  échec  de  l’analyse,  quand  elle  veut  l’or chestr e  Révolution de  Kwamy Munsi.  En 
tout  rabattr e  sur  un  seul  plan,  qui  dévoile  le  1967,  Francis  Bitshou  intègr e,  donc,  l’or ches -
vrai milieu de l’histoir e ». tr e O.K. Jazz   de  Luambo  Franco  et  y  apporte 
une  touche  particulièr e  à  la  guitar e  basse.  De 
1967  à  1972,  son  style  innove  sensiblement 
et  s’écarte  résolument  de  celui  de  son  prédé -
cesseur  T shamala  Picolo.  Cinq  années  durant, 
Celi  Bitshou  enthousiasme  les  mélomanes, 
par  son  per cutant  phrasé,  et  fait  l’unanimité 
auprès  des  connaisseurs.  Il  se  distingue  spé -
cialement  par  des  compositions  éloquentes : 
« Amour  na  biso  ya  sans  souci »,  « Mokolo 
ya  pasi »,  « Nazali  kitoko  mingi »  et  surtout 
« Infdélité  Mado »,  une  chanson  sortie  avec  
fracas  et  que  le  fair  de  Luambo  Franco,  pr o -
priétair e  des  Éditions  populair es,  parvient  à 
imposer aux quatr e coins de l’Afrique. 
V aincu  par  la  maladie,  Pierr e  Bisikita,  guita -
riste  aux  doigts  de  fée,  décède  à  Kinshasa  en 
février 2004.
bITShOuMAnI  Francis alias cELI
bITShOu • guitariste bassiste, auteur -
compositeur • Congo-Brazzaville.
Francis  Bitshoumani  dit  Francis  ou  Celi 
Bitshou  est  né  à  Brazzaville  en  République 
du  Congo.  Cousin  du  célèbr e  contr ebassiste 
Lubelo  De  la  Lune,  il  appr end  tôt  le  maniement 
de  la  guitar e  et  pr end  pied  dans  le  monde  de 
la  musique  après  l’indépendance  de  son  pays. 
De  1960  à  1962,  Bitshoumani  Francis  évolue 
comme  bassiste  au  sein  de  l’or chestr
e NegroAprès  1972,  Francis  batifole  au  sein  de  l’or -Band  de Brazzaville.
chestr e Vévé   du  saxophoniste  Kiamuangana En  juillet  1962,  Francis  fait  son  entrée  au 
Mateta  V er ckys  où  sa  guitar e  basse  conti -sein  de  l’or chestr e  Les Bantous du 
Congonue  de  fair e  la  joie  des  mélomanes.  É minent Brazzaville  en  r emplacement  de  Lubelo  De  la 
auteur - compositeur ,  Celi  Bitshou  crée  des Lune  r eparti  à  Kinshasa  pour  réintégr er  l’or -
œuvr es  superbes  dont  « Mwana  Mbu ru »  qui chestr e O.K. Jazz   de  Luambo  Franco.  Entr
econnaît un r etentissement hors du commun. temps,  Francis  et Les Bantous   entr epr ennent 
Incr oyable  carrièr e  que  celle  de  ce  contr e -en  Occident  une  tour née  qui  les  conduit  à 
Bruxelles  et  à  Paris.  À  l’étape  de  Bruxelles,  bassiste  qui  s’entend  réclamer ,  au  cours  des 
dif fér ents  concerts,  les  airs  de  son  répertoir e l’or chestr e  entr e  en  studio  et  réalise  une  cin -
que  les  gens  fr edonnent  avec  gourmandise  en quantaine  de  titr es  sous  le  label  Cefa  tandis 
s’accompagnant  d’étranges  déhanchements. qu’à  celle  de  Paris,  le  gr oupe  enr egistr e  quatr e 
Francis  pr oduit  durant  les  années  passées disques aux « Éditions Louis Gatse ».
En  août  1963,  Bitshoumani  quitte  l’or - à  Kinshasa  un  grand  nombr e  de  tubes  qui, 
aujour d’hui, se vendent encor e bien . chestr e les Bantous et  il  se  fait  r emplacer   par 
Après  cette  expérience  musicale  de Alphonse  Ntaloulou,  transfuge  de  l’or chestr e 
Kinshasa,  Francis  r egagne  Mavoula,  sa Cercul jazz.  Mais, cela est une autr e histoir e ! 
Brazzaville  natale  où  il  crée,  vers  1978,  une L ’apport  de  Francis  à  la  musique  congolai -
se  moder ne  est  r essenti  à  partir  de  Kinshasa,  formation du nom de Orchestre Celi Bitshou .
Le  saxophoniste  Dimbwidi  Didan  partage, au  cours  de  l’année  1967.  L ’or chestr e O.K.
pendant  quelque  temps,  sa  pr oximité  au  sein Jazz   se  r estructur e  à  la  suite  d’une  fr onde 
de  cet  ensemble  dont  le  r etentissement  est menée  par  quelques  dissidents  partis  étof fer 
43
002.Nimy.indd 43 25/02/10 15:09:27BIYELA GÉRARD (GERR Y GÉRARD)
ténu.  À  ce  jour ,  Francis   continue  la  pratique  de  le  talent  précoce,  la  jeune  flle débute  comme 
choriste  à  Kisangani  dans  une  église  située  à la  musique  et  s’adonne  aussi  à  diverses  activi -
tés commer ciales. l’intérieur  du  camp  Ketele  où  habite  son  pèr e, 
membr e  des  For ces  armées  Zaïr oises.  Pour  la L ’on  r etient  de  lui  son  énorme  potentiel  de 
créativité  et  un  doigté  exceptionnellement  fé - petite  histoir e,  signalons  que  c’est  au  sein  de 
cette  même  chorale  qu’auparavant  Mukangi cond  qui  donne  de  l’artiste  l’image  d’un  initia -
Déesse  ft  ses  pr emiers  pas.  T out  se  précipite teur de rythme d’avant-gar de.
à  une  allur e  vertigineuse  pour  Fayila  Boendi, 
bIyELA  Gérar d alias gERRy géRARd jeune  choriste  qui  tient  mor dicus  à  emboîter 
le  pas  à  ses  aînés.  En  ef fet,  au  sortir  des  ré -• guitariste, auteur -compositeur • Congo 
pétitions  à  l’église,  elle  pr end  l’habitude  de (RDC).
chanter  en  s’accompagnant  vaille  que  vaille Gérar d  Biyela  est  un  gu itariste  ne-Kongo, 
à  la  guitar e.  Un  jour  de  la  St-Sylvestr e  dans originair e  de  la  République  démocratique  du 
le  dancing  bar  « Mama  Y edu »  à  la  commune Congo.  La  majeur e  partie  de  sa  carrièr e  se  dé -
de  la  T shopo,  Fayila  surpr end  l’assistance  en r oule  au  sein  de  l’or chestr e Bantou   du 
Congointerprétant  avec  brio  la  chanson  « Mwana Brazzaville  à  l’exception  de  l’époque  fugace 
muke  wa  Miss »  d’Abeti  Masikini.  D’invitation où  il  r oule  sa  bosse  au  sein  d’un  petit  or chestr e 
en  invitation,  la  jeune  chanteuse  conquiert  les kinois.  De  Brazzaville,  les  sons  per cutants  de 
suf frages  du  public  de  Kisangani ;  et,  sa  noto -sa  guitar e  r eviennent  à  Kinshasa  comme  un 
riété  s’amplife.  C’est  ainsi  qu’en  1986,  Fayila feu  d’artifce  dont  la  luminescence  irradie  par 
évolue  dans  la  même  ville  avec  l’or chestr e ricochet  l’Afrique  entièr e.  Hormis  le  guitariste 
Singa Mwambe .  La  r encontr e  qui  détermine Nedule  Papa  Noël  dont  l’apport  est  immense 
l’orientation  futur e  de  sa  carrièr e  se  fait  lors ente  1962  et  1963,  aucun  autr e  guitariste  ne 
d’une  Kermesse  qui  se  dér oule  à  Kisangani. mar que  de  son  empr einte,  autant  que  Biyela 
Sa  pr estation  enchante  un  nommé  Lodi, Gerry  Gérar d,  le  style  de  ce  méga  or chestr e 
Président  de  l’or chestr e  Super Afro ,  devenu de  la  République  du  Congo-Brazzaville.  Son 
plus  tar d Afro International   du  chanteur  Mimi mode  opératoir e,  depuis  le  3  février  1964,  date 
Ley .  Lodi  lui  pr opose  illico  pr esto  un  contrat de  son  incorporation  dans  le  gr oupe,  fnit  par 
pour  se  pr oduir e  à  Kinshasa.  Arrivée  dans  la fair e  corr espondr e  les  contours  de  son  style 
capitale  en  1987,  Fayila  intègr e  l’or chestr e avec  celui  de  l’or chestr e Bantou. Des  œuvr es 
Afro International et  passe  à  la  télévision  dans r etentissantes  jonchent  le  par cours  du  guita -
l’émission  « L ’invité  du  dimanche ».  Depuis riste : « Mobali  ya  lisano »  de  Gérar d  Biyela, 
lors,  les  convoitises  se  font  persistantes.  Les « Masuwa »  et  « Monsieur ,  on  va  se  marier » 
chefs  des  formations  musicales  de  tout  bor d de  Pamelo  Munka,  « Mer ci  maman »,  « Even » 
désir ent  disposer  de  la  voix  r emar quable  de et  « Choisis  ou  c’est  lui  ou  c’est  moi »  de 
l’artiste.  En  1988,  les  émissair es  de  l’or ches -Alphonse  Ntalulu,  « Damba »  de  Edo  Ganga, 
tr e Zaïko Langa Langa / Familia Dei   parviennent « Rosalie  Diop »  de  Célestin  Kouka,  « Nakufeli 
à  l’embrigader .  Aussi,  la  novice  se  met-elle  à Boboto »  de  W eteto  mi  corazon,  « Joselyna » 
répéter  avec  le  nouvel  ensemble  qui  vient  de de Arthur Nona, etc. 
démarr er sur les chap eaux de  r oue.Ces  mor ceaux  r endent  compte,  d’une  fa -
çon  clair e,  du  magistral  savoir -fair e  de  ce  gui -
tariste.  Malheur eusement,  en  2003,  le  virtuose 
est  subitement  arraché  à  l’af fection  des  siens 
ainsi  qu’à  celle  de  nombr eux  mélomanes.  Son 
décès  précoce  prive  la  postérité  d’un  apport 
à  la  musique  diffcile  à  r etr ouver  chez  d’autr es 
guitaristes quels que soient leur s talents.   
bOEndI fA yILA  Hélène alias fA yILA
(Lubumbashi , 2.02.1972) • chanteuse, 
auteur -compositeur • Congo (RDC).
Boendi-Fayila  est  la  flle   de  Itchale  B oendi 
et  de  Fayila  Bokakola,  tous  deux  r essortis - A yant,  enfn,  exploré  les  ar canes  du  micr o -
sants  de  la  commune  d’Isange  dans  la  pr o - cosme  musical  et  de  la  ville  de  Kinshasa,  le 
vince  orientale.  Emule  de  ceux  qui  possèdent   choix  de  Boendi-Fayila  se  fxe  défnitivement, 
44
002.Nimy.indd 44 25/02/10 15:09:28