Georges Brassens : de la pudeur, sacrebleu !

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Description

« On se dissimule par pudeur derrière ce qu’on dit. C’est mes chansons qu’il faut interroger. Elles sont travaillées et je suis tout entier là-dedans. Montré et caché... »
Pour être fidèle au conseil de Georges Brassens, ce portrait s’attache à découvrir comment un sentiment aussi subtil et délicat que la pudeur influe sur l’homme, sur ses mots, ses pensées, travaille son œuvre musicale et poétique.
Au cours de cette promenade auprès de son arbre, se dessine nettement le rapport intime entre les textes et l’auteur, qui demeure indissociable de l’homme privé.
Qu’elle soit feinte ou bien réelle, dissimulée sous l’humour ou érigée en modèle, par la vertu d’une langue parfaitement maîtrisée, sa profonde modestie parvient à s’accommoder des contraintes d’une exposition médiatique – que tant d’autres recherchent avec obstination.
Pour son authenticité et parce qu’il s’est inspiré de thèmes universels qui ont toujours préoccupé l’homme, l’humble troubadour ne vit pas en dehors des chemins forestiers. Il ne se satisfait pas d’une place de choix dans le panthéon littéraire ! Plus que jamais, l’exigeante morale laïque de Brassens invite l’homme du xxie siècle à s’interroger sur sa quête du bonheur, trop souvent réduite aux acquêts et à préserver ou conquérir sa liberté...

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Date de parution 01 janvier 2011
Nombre de visites sur la page 8
EAN13 9782849242223
Langue Français

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Georges Brassens : de la pudeur... Sacrebleu !Collection « Portraits littéraires »
Dans la même collection :
Amour pur et vitesse chez Madame Guyon et Kleist, Jad Hatem
Rendre à Naples tous ses baisers, Elvire Maurouard
La poésie slovène contemporaine, Jad Hatem
Francis Jammes, une initiation à la simplicité, Claire Démolin
René Daumal, l’Inde en jeu, Caroline Fourgeaud-Laville
© Éditions du Cygne, Paris, 2011
www.editionsducygne.com
ISBN : 978-2-84924-222-3Didier Antoine
Georges Brassens : de la pudeur... Sacrebleu !
Préface de Jean-Paul Sermonte
Éditions du CygneRemerciements
D’infinis mercis à Serge Cazzani, neveu et ayant-droit de
Brassens, pour sa disponibilité, sa gentillesse et sa générosité ;
Pierre Schuller, de l’association Auprès de son arbre, pour sa
précieuse contribution, relecteur bienveillant, exigeant et
toujours pertinent ; Jean-Paul Sermonte, biographe
incontournable de Brassens (et plus encore), Directeur de la revue Les
Amis de Georges, dont les encouragements ont entraîné une
succession d’événements qui ont mené jusqu’à ce livre ; Béchir
Kiari, Professeur de Lettres passionné, qui me donna jadis le
bonheur de découvrir Brassens ; Alain Sari, mon ami
philosophe, dont la conversation a nourri cet ouvrage ; Patrice
Kanozsai, mon éditeur, pour la confiance qu’il m’a accordée, la
justesse de son regard et la grande liberté qu’il m’a offerte ; à
Christelle Antoine, pour tout ce qui ne se dit pas...
À ceux et celles qui m’ont accompagné et supporté...
www.delapudeursacrebleu.fr
Malgré toutes nos recherches, il ne nous a pas été possible de retrouver
l’auteur de la photo en couverture.À mon père,
À mon frère...Préface
30 ans après sa – vraie – sortie de scène, Brassens continue
de passionner, d’intriguer et d’inspirer les biographes. Cet
individualiste frère des hommes, ce mauvais sujet frère des humbles
demeure, parmi les poète-chanteurs, celui dont l’ œ uvre est la
plus étudiée. Certes, toutes les biographies ne se valent pas. Il y
a celles, repérables, qui (ne) sont (que) des commandes
d’éditeurs, et celles qui témoignent d’une vraie passion, d’une vraie
connaissance. Nous comptons l’ouvrage de Didier Antoine
parmi ces dernières. Avec un respect perceptible et une grande
humilité il nous convie à cette « promenade auprès de son arbre »
agréable et si enrichissante. Il est certain que la qualité de
l’écriture et la richesse documentaire de cet essai vont combler les
admirateurs du grand Georges.
Jean-Paul SermonteAvant-propos
Au lendemain de ce soir d’octobre 1981 où Brassens laisse
de nombreux orphelins (lui qui n’eut pas d’enfant !), ceux qui le
côtoyaient furent d’abord frappés de mutisme. Il paraissait alors
incongru de prendre la plume pour évoquer le Bon Maître.
Heureusement pour nous, les langues peu à peu se sont déliées ;
avec bonheur chez les amis de toujours qui firent don de
témoignages aussi précieux qu’émouvants. Parfois, sans l’avoir connu,
ses « têtes d’émules » témoignent encore de leur admiration.
Grâce aux ouvrages déjà parus, chacun a pu enrichir l’image
qu’il se faisait du poète. Parmi les contributions les plus
sensi1bles, celle d’Éric Zimmermann me fournit le prétexte qui me
manquait pour ajouter ma pierre à l’édifice :
« Fréquenter l’ œ uvre de Brassens, c’est courir le risque de
subir son influence bénéfique. De fait, tous ceux qui l’ont
écouté avec attention, avec passion (...) constatent aujourd’hui
que leur vie fut transformée, guidée, bonifiée, par la vertu de
quelques chansonnettes dont l’auteur devint, par effraction, une
sorte de parent, père, oncle ou frère, qui, lorsqu’il disparut, fit
un grand vide dans les c œ urs et tout aussitôt un grand plein
dans les pensées ».
J’ai 17 ans lorsque, touché par la grâce d’un de ces
professeurs qu’on ne rencontre qu’une fois sur les bancs de
l’école mais qui nous marque à jamais, je découvre Brassens.
Par les caprices et une étrange contraction du temps, cette
année-là m’impose le choc de la révélation Brassens et celui
de sa disparition. Terme qui ne convient pas à évoquer la
mort d’un homme qui n’a cessé depuis de vivre à mes côtés,
comme il habite chez tant d’autres, singulier, universel et
indispensable.
9Devenu enseignant, je tente de partager un peu ce que ce
professeur m’a offert, au-delà d’une immense admiration pour
Brassens, une passion pour sa poésie et pour sa musique...Quelques repères
Le 22 octobre 1921, Georges Brassens naît à Sète d’un père
libre penseur, entrepreneur de maçonnerie et d’une mère très
croyante, d’origine italienne.
Dès son plus jeune âge, la musique est omniprésente : « Si je
me suis intéressé à la chanson, c’est surtout parce que dans ma
famille, tout le monde chantait. Dés l’âge de quatre ou cinq ans,
(...) je me suis mis à chanter avec ma mère, mon père et ma s œur.
2Depuis ma naissance, je vivais dans un bain de chanson ».
Il quitte l’école sans achever ses études au collège Paul
Valéry pour apprendre, auprès de son père, le métier de maçon.
Le seul événement important pendant ces années consiste en
une rencontre décisive : celle d’un professeur de lettres de
vingt-huit ans, Alphonse Bonnafé, ami de Sartre. Il fait
découvrir la poésie au jeune Brassens : Verlaine, Rimbaud, Baudelaire,
Valéry, Mallarmé mais aussi les surréalistes. À cette époque,
Brassens commence à écrire des chansons. Parallèlement, il
aspire à créer une grande œ uvre poétique. Guidé par Bonnafé,
il apprend la versification qui l’aidera, du moins le croit-il, à
réaliser cet ambitieux dessein.
En 1939, il monte à Paris où il est accueilli chez sa tante, rue
ed’Alésia dans le XIV arrondissement. Il travaille, un peu, chez
Renault et consacre tout son temps libre à la lecture. Il fait plus
ample connaissance avec les auteurs que lui avait fait découvrir
Bonnafé et part seul à la rencontre d’ œuvres aussi variées que
celles de Rutebeuf, Villon, Clément Marot, des poètes de la
Pléiade mais encore de Paul Fort, Jules Laforgue, Francis
Jammes...
En 1942, deux petits recueils de poèmes sont édités, À la
venvole et Des coups d’épée dans l’eau.
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