Jazz à Limoges. La Saga du Hot Club et de Swing FM

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222 pages
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Description

Ce livre retrace l'histoire du Hot Club de Limoges et de son président-fondateur, Jean-Marie Masse. Aujourd'hui âgé de 90 ans, successivement artiste peintre, musicien de jazz professionnel et producteur-animateur de radio, il est depuis 70 ans un personnage incontournable de la vie culturelle limousine. Depuis sa création en 1948, le Hot Club a organisé des centaines de manifestations avec les plus grands musiciens de jazz, et créé sa propre radio locale, Swing FM, diffusée sur internet.

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Date de parution 01 octobre 2011
Nombre de lectures 241
EAN13 9782296471344
Langue Français
Poids de l'ouvrage 12 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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JAZZ À LIMOGES
Graveurs de mémoire
Claude MILON,Pierre Deloger (1890-1985). De la boulange à l’opéra, 2011. Jean-Philippe GOUDET,Les sentes de l’espoir. Une famille auvergnate durant la Seconde Guerre mondiale, 2011. Armand BENACERRAF,Trois passeports pour un seul homme, Itinéraire dun cardiologue, 2011. Vincent JEANTET,Je suis mort un mardi, 2011. Pierre PELOU,Larbre et le paysage. Litinéraire dun postier rouergat (1907-1981), 2011. François DENIS et Michèle DENIS-DELCEY,Les Araignées Rouges, Un agronome en Ethiopie (1965-1975), 2011. Djalil et Marie HAKEM,Le Livre de Djalil, 2011. Chantal MEYER,La Chrétienne en terre dIslam, 2011. Danielle BARCELO-GUEZ,Racines tunisiennes, 2011. Paul SECHTER,En 1936 javais quinze ans, 2011. Roland BAUCHOT,Mémoires dun biologiste. De la rue des Ecolesàla rue dUlm, 2011. Eric de ROSNY,LAfrique, sur le vif. Récits et péripéties, 2011. Eliane LIRAUD,Laventure guinéenne, 2011. Louis GIVELET,L’Écolo, le pollueur et le paysan, 2011. Yves JEGOUZO,Madeleine dite Betty, déportée résistanteà Auschwitz-Birkenau, 2011. Lucien LEYSSIEUX,Parcours dun Français libre ou le récit dun sauvageon des montagnes du Dauphiné, combattant sur le front tunisien avec les Forces françaises libres en 1943, 2011. Sylvie TEPER,Un autre monde, 2011. Nathalie MASSOU FONTENEL, Abdenour SI HADJ MOHAND,Tinfouchy (Algérie 1958-1960), Lucien Fontenel, un Français torturépar les Français, 2011. AndréROBINET,Larzac-Millau-Grands Causses, Elevage et partage des savoirs, 2011. Dmoh BACHA, Palestro Lakhdaria,Réflexions sur des souvenirs denfance pendant la guerre dAlgérie, 2011.
Claude-Alain CHRISTOPHE
JAZZ À LIMOGES
La Saga du Hot Club et de Swing FM
Préface de Jean-Marie Masse
L’Harmattan
© L'HARMATTAN, 2011 5-7, rue de lcole-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-56100-7 EAN : 9782296561007
PRÉFACE
Jai fait la connaissance des frères Christophe en 1948, lannée où jai fondé le Hot Club de Limoges. Pierre, laîné, en fut lun des premiers membres. Puis, jai rencontré Claude-Alain quiétait encore tout jeune, ainsi que leur mère qui venait douvrir un magasin de disques. Hélène était une femmeépatante avec quijai tout de suite sympathisé. Peu après, Claude-Alain devenait à son tour membre du Hot Club de Limoges, tandis que Pierre allait fonder celui de Marennes-Oléron.
Dès sa jeunesse, comme inspirépar le légendaire saint Christophe passant à gué, sur sesépaules, un jeuneenfant dun poids singulier, Claude-Alain prit conscience du poids considéIl en acquitrable de la toute jeune musique de jazz une connaissanceexhaustive qui na dégale que son dévouement enthousiaste dans toutes les activités du Hot Club dont il est devenu le vice-président. Donc, lisez ce ChristopheÉet allez rassuré!
Cest au début des années 1990 quil a souhaitérecueillir mes souvenirs, sintéressant surtout à ma jeunesse età ma découverte du jazz. Ainsi, nous avons passéquelques belles journées détéen tête à tête, devant son magnétophone. Il a aussi enregistré, peu après, les souvenirs de celui qui mavait fait découvrir le jazz, Roger Blanc.
Pendant de longues années, je nentendis plus parler de tout cela. Je ne men inquiétaispas, sachant quun tel projet a besoinde mûrir et que seul Claude-Alain réunissait les connaissances, le courage et le talent nécessaires pour laisser une traceécrite de la merveilleuse aventure que le Hot Club et les amateurs de jazz de Limoges ont vécue et continuent de vivre ensemble. Mais un beau jour, ilmannonça quil avait mis tous nos souvenirs«noir sur blanc », ce qui est la moindre des choses pour parler de jazz !
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Jean-Marie MASSE
AVANT-PROPOS
Rien a priori ne laissait présager que le jazz séduirait autant le public de Limoges et des environs. Pourtant, depuis plus de soixante ans, notre ville a reçu une foule de grands jazzmen. Ce livre racontedabordla découverte du jazz par trois jeunes gens àdix ans dintervalle. Le sympathique et discret Roger Blanc, néen 1913, a découvert le jazz en 1928 et enfut lun des pionniers dans la région. Il nous a quittés en 2007 et javaissurtout recueilli de lui des souvenirs en lien avec le jazz. On ne présente plus Jean-Marie Masse aux Limougeauds.Àquatre-vingt-dix ans, il demeure à leurs yeux licône du jazz quil découvreen 1938 et dont il sera le flamboyant promoteur. Il est le personnage central de ce livre qui souligne son apport à la vie culturelle de Limoges pendant plusieurs décennies, et jai cherchéà en savoir un peu plus sur sa jeunesse et la viepeu connue quil a menée avant de devenir un homme public par le biais de la musique et de la radio. Quant à moi, troisième«découvreur du jazz » en 1948 et auteur de cette saga historique, je participe à la vie du jazz à Limoges depuis bientôt soixante ans et mes propres souvenirs sont liés à ma jeunesse dans le monde du disque. Jai recueilli le témoignage de mes deux aînés au cours de longues conversations enregistrées, et jaurai mis des années avant de me décider à les mettre en forme. Ce livre relateensuite lhistoiredu Hot Club de Limoges et de Swing FM grâce auxquels quelques Limousins fous de jazz continuent à transmettre leur passion à un public toujours renouvelé. Je remercie au passage mes amis du Hot Club dont certains ont aussi largement contribuéà la vie du jazz à Limoges etmont aidéà raviver ma mémoire pourévoquer le parcours de notre association. Cette suite de souvenirs na pas la prétention dêtre un ouvrage dhistorien, mais tous les témoignages réunis dans ce livrenen constituent pas moins la première«histoire du jazz à Limoges ».
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INTRODUCTION
Le jazz tel qu’on le parle
Le jazzÉ? Ceux qui ont suivi son histoiredepuis sa création jusquà aujourdhuisavent combien ce nouveau langage musicala suscité dabord dincompréhension, puis denthousiasmeet enfin, quand ses formes se sont diversifiées, dappréciations divergentes et même de polémiques.Àla lecture de mon avant-propos, on aura compris que dans cet ouvrage, je ne mintéresserai au jazz que sous sa forme première et traditionnelle, définie par les pratiques vocales, puis instrumentales,de sa communauté dorigine. Or, depuis bien longtemps, le mot«jazz »recouvre aussi dautres réalités musicales. On a par exemple tendance à assimiler aujourdhui toutes les musiques improvisées au jazz, alors quà lorigine limprovisation nen est quun épiphénomène. Ce qui a séduit les premières générations damateurs, cest surtout loriginalité dun langage aux accentsbien particuliers. Or, dans ce quon appelle aujourdhui «jazz », certains ont gardé ces accents, tandis que dautres y ont renoncé. Pour mieux comprendre ces différences, un petit rappel historique nest pas inutile. Le jazz est né sur le continent américain dans une population dorigine africainequi, réduite longtemps à lesclavage, avait conservé les dons musicaux propres à ses origines.Àpartir de 1863, après labolition de lesclavage, cette population afro-américaine a encore forméaux États-Unis, pendant un siècle, une communautépas vraiment intégrée qui a conservéune culture propre avec ses codes et son langage intra-communautaire. Et cest principalement par le biais de la musiqueet de la danse que saffirmaitcette identitéculturelle noire. Cest pourquoi on parle alors souvent du jazzcomme dun «langage » musical. Cette nouvelle façon de«parler la musique », créée par des Noirs pour des Noirs, reflète bien sûr les particularités mélodique, harmonique et rythmique de leurascendance africaine. Quadonc de particulier ce langage ?
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Dans le jazz de tradition, le musicien sexprime naturellement, comme sil chantaitou comme sil parlait à un ami pour lui raconter à sa façon lemorceau quil joue, cest-à-dire dune façon spontanée et détendue qui va refléter sa personnalitéet son humeur. Quel que soit linstrument utilisé, il va tout naturellement reproduire les particularités vocales du chant des Noirs, comme une forte attaque des notes, un ample vibrato et de larges inflexions. La simplicité de son langage nexclut pas des phrases bien développées, un discours construit, cohérent, mais plein de subtilités qui enrichissent la mélodie. Peuvent y prendre place lhumour ou lémotion, et aussi la virtuosité. Mais, même sur tempo rapide, son discours prendra le temps de faire des pauses et de respirer. Et ce qui rend sa manière de sexprimer si prenante pour lauditeur, cest que larticulation des phrases est sous-tendue par une vitalitéparticulière, mélange de tension et de décontraction quon appellera leswing. Celui-ci est particulièrement sensible dans le rythme à quatre temps que les Noirs américains finiront par adopter et auquel, à partir des années 1920, ils plieront bien des mélodies basées sur dautres rythmes. Pour eux, ce jazz de tradition est avant tout une musique de danse. Depuis les bouges des États du Sud où jouaient les guitaristes de blues et les premiers orchestres de La Nouvelle-Orléans jusquaux salles de bal des palaces oùse produisaient encore lesbig bandsde Basie et dEllington dans les années soixante, en passant par les revues du Cotton Club, le Savoy Ballroom ou les petites boîtes de Harlem, en Amérique les jazzmen traditionnels jouaient presque exclusivement pour la danse. Le naturel et la cohérence du discours vont, bien sûr, se retrouver dans les parties arrangées pour lesorchestres oùle swing sépanouira par lusage dun procédétypique du langage des Noirs, leriff, courte phrase répétée pour faire monter la tension. Ayant déjà jetéles bases du gospel et du bluesavant labolition, ce nouveau langage va ensuite adopter, et adapter, un répertoire différent, majoritaire dans la population américaine. Car alors, les musiciens qui pratiquent ce langage que lon appelle bientôt «jazz », dépendent en partie des goûts de ceux qui ont les moyens de les faire vivre, c'est-à-dire les Blancs. Heureusement, le jazz jouépour la danse plaît à cette Amérique encore jeune et dynamique, au point que de nombreux musiciens blancs veulent le pratiquer. Quand on commenceà lenregistrer, cest dailleurs un orchestre de jeunes musiciens blancs qui grave les premiers disques, ce qui entretient longtemps lambiguïtésur lorigine de cette musique.Ainsi, après avoirétéune musique que lon peut qualifier de folklorique (musique dun peuple à lusage de sa communauté), le jazz va rapidementévoluer sous diverses influences. Mais
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