Le basson en France au XIXe siècle

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Français
460 pages
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Le présent ouvrage tente de mettre en lumière les différentes évolutions subies par le basson au cours du XIXe siècle en France. Pour ce faire, trois parties s'imposaient : la facture de l'instrument, les théories dont il a fait l'objet et son répertoire. Ce livre devrait ainsi avoir fait le tour des connaissances sur cet instrument tout en donnant une idée des perspectives d'avenir qui s'offrent à lui.

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Date de parution 01 juillet 2010
Nombre de lectures 533
EAN13 9782296260238
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

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Univers Musical Collection dirigée par AnneMarie Green  La collectionUnivers Musicalest créée pour donner la parole à tous ceux qui produisent des études tant d’analyse que de synthèse concernant le domaine musical. Son ambition est de proposer un panorama de la recherche actuelle et de promouvoir une ouverture musicologique nécessaire pour maintenir en éveil la réflexion sur l’ensemble des faits musicaux contemporains ou historiquement marqués. Déjà parus AnneMarie FAUCHER,La mélodie française contemporaine : transmission ou transgression ?, 2010. Jimmie LEBLANC,Luigi Nono et les chemins de l'écoute : entre espace qui sonne et espace du son, 2010. Michel VAN GREVELINGE,Profil hardcore, 2010. Michel YVESBONNET,Jazz et complexité. Une compossible histoire du jazz, 2010. Walter ZIDARIČ,L’Univers dramatique d’Amilcare Ponchielli, 2010. ème Eric TISSIER, Être compositeur, être compositrice en France au 21 siècle, 2009. Mathilde PONCE,Tony Poncet, Ténor de l’Opéra : une voix, un destin, 2009. Roland GUILLON,L’Afrique dans le jazz des années 1950 et 1960, 2009. H.C. FANTAPIÉ,Restituer une œuvre musicale, 2009. e Christian TOURNEL,DanielLesur ou l’itinéraire d’un musicien du XX siècle (19082002), 2009. Franck FERRATY,La musique pour piano de Francis Poulenc ou le temps de l’ambivalence, 2009. Christophe CASAGRANDE,L’Energétique musicale, 2009. e Françoise ROYGERBOUD,La musique comme Art total auXXsiècle, 2009. Ziad KREIDY,Takemitsu, à l’écoute de l’inaudible, 2009. Roland GUILLON,Le Hard bop, au cœur du jazz moderne, De Chicago, Detroit, Pittsburgh, Philadelphie à New York, 2008. Eric HUMBERTCLAUDE,Empreintes. Regards sur la création musicale, 2008. Françoise ESCAL,Espaces sociaux, espaces musicaux, 2008. Marcel VAL,Lexique d’acoustique, 2008.
AUGUSTIN TIFFOU    
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© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’EcolePolytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296122789 EAN : 9782296122789
AVANTPROPOS Le travail d’Augustin Tiffou s’inscrit dans la suite logique de ses travaux universitaires, tous consacrés à l’univers du basson : une maîtrise consacrée à « Berlioz et le basson », un Diplôme d’Etudes Approfondies e puis une thèse de doctorat centrés sur « Le basson en France au XIX siècle » avec comme axes de réflexion les domaines de la facture instrumentale, de la théorie de l’instrument et de son répertoire. L’ouvrage qu’il nous propose aujourd’hui s’appuie sur ses recherches les plus récentes et apporte des informations complètes et à jour sur un sujet qui le préoccupe depuis fort longtemps déjà. Au travers de cette étude sérieuse, rigoureuse et documentée, Augustin Tiffou se propose e d’analyser la place du basson français dans la vie musicale du XIX siècle et d’évoquer les enjeux de sa pérennité face au risque qu’il courait de disparaître face aufagot allemand car  et c’est là un paradoxe non négligeable lié aux aléas des évolutions de cette époque , de tous les e instruments du XIX siècle, le basson est peutêtre le seul à s’être retrouvé, malgré ses qualités indéniables et un répertoire réel, dans la situation de devoir s’effacer devant un instrument concurrent dont les tenants justifiaient la supériorité par des arguments qui n’étaient pas toujours incontestables (une certaine facilité de jeu, une sonorité plus forte…). Il s’agit là d’une véritable problématique qu’Augustin Tiffou traite à la manière d’un vibrant plaidoyer qu’il aurait pu intituler : « Défense et illustration de basson français », tant il est vrai que derrière e cet instrument, qui connut d’importantes évolutions au XIX siècle sous l’impulsion de facteurs parisiens et l’essor de l’industrialisation, se révèle toute une dimension de la musique française caractérisée par son timbre doux et ses couleurs particulières qui le rapprochait du basson ancien dont il se voulait le continuateur. En dépit de ses qualités et de ses particularités, ce basson français, indissociable de certaines ambiances e timbriques du XIX siècle, est en passe d’être supplanté par lefagotdans e e les orchestres et conservatoires du XX et XXI siècles, altérant ainsi, à une époque où l’on se plaît à retourner vers l’authentique, la perception sonore d’un des instruments ayant joué un rôle important dans le développement de l’orchestre moderne en tant que basse de vents. Sentant que l’abandon programmé de cet instrument occasionnerait une perte e irrémédiable pour la connaissance de la musique française du XIX siècle, Augustin Tiffou s’efforce de nous montrer les différents aspects du
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basson (facture, théorie et pratique, répertoire), en insistant sur ses origines, ses évolutions techniques et son empreinte irremplaçable dans le répertoire musical français. Par ailleurs, son étude démontre avec précision l’interdépendance existant entre la facture instrumentale du e basson au XIX siècle et l’évolution de la technologie sur la créativité des compositeurs. L’ampleur du travail, qui comble une véritable lacune dans la connaissance musicologique liée aux instruments, recouvre également la richesse d’un répertoire musical peu connu de nos jours, qui révèle e l’engouement des compositeurs du XIX siècle pour le basson. Augustin e Tiffou fait revivre les enjeux du basson français au XIX siècle dans un style fluide, convaincant et argumenté qui s’avère d’une grande efficacité dans l’affirmation de ses idées. JeanJacques Velly
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Université de ParisSorbonne
INTRODUCTION Le basson français en péril e  À l’entrée de ce XXI siècle, bien des problèmes se posent, aussi s’interroger sur ce qu’il en est du basson français peutil sembler d’un intérêt limité ; et pourtant cette question est bien légitime. En effet, au e XIX siècle, l’instrument était utilisé dans divers pays, tels que l’Angleterre, l’Espagne et l’Italie, alors qu’au siècle suivant il n’était presque plus joué qu’en France. Qui plus est, certains chefs d’orchestre allèrent jusqu’à exiger que l’on jouât dufagot (le basson allemand) à la place du basson français, forçant ainsi ses interprètes à apprendre une nouvelle technique digitale : « Tout récemment, deux bassonistes français ont tenté cette gageure, sous la pression surtout des chefs invités de l’Opéra de Paris, qui n’imaginaient comme timbre du basson que celui de 1 type Heckel. » e  En France, à la fin du XX siècle, des classes defagotété ont progressivement créées dans différents établissements musicaux, tels que le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris ou celui de Lyon, et des postes ont été réservés à cet instrument. Le terme destiné à nommer l’instrument devient de plus en plus ambigu et contribue à créer l’idée que les différences entre lefagotet le basson sont minimes. On tend, en effet, de plus en plus à recourir au même mot pour désigner deux types d’instruments différents. Quand on l’utilise en France, il réfère très précisément au basson de type français ; mais il n’en va pas de même dans d’autres pays francophones. Au Québec, par exemple, province francophone du Canada, le terme de basson désigne l’instrument de type allemand, et non français. Cette variabilité linguistique est intéressante, car elle montre que lefagots’est imposé à un point tel qu’il peut être appelé « basson » en français. Et pourtant, le basson français, tel qu’il se présente actuellement, est bien l’instrument dont le timbre se rapproche le plus de celui du basson ancien, auquel, d’ailleurs, il se voulait fidèle.
1 JOPPIG, Gunther,hautbois et basson, Paris, Payot Lausanne, 1981, p. 71.
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e L’importance du XIX siècle dans la facture et l’histoire du basson  Outre l’intérêt que suscitent intrinsèquement l’histoire et l’analyse d’un instrument de musique, la tendance qu’a lefagotà évincer le basson justifie que l’on consacre une étude à ce dernier ; mais pourquoi e la limiter au XIX siècle ? Selon Gunther Joppig, « En France, au contraire, aucune transformation importante du basson n’a eu lieu depuis e le début du XX siècle, en particulier en ce qui concerne la perce, et par conséquent la sonorité. Il est vrai que sur les bassons français aussi, les clés devinrent plus nombreuses ; mais dans son principe on laissa le 2 basson sans le modifier. » L’auteur de ces quelques lignes a, certes, raison de rappeler que la perce du basson français a très peu évolué  e e depuis le XVIII siècle ; il n’en reste pas moins que c’est au XIX siècle que la facture du basson a considérablement évolué et que c’est à cette époque que les différences entre les systèmes français et allemand sont apparues. Cette époque de créativité dans l’histoire de l’instrument se traduit par une augmentation prodigieuse de facteurs qui se consacrent à sa fabrication. Constant Pierre en témoigne clairement en indiquant que e leur nombre était devenu sept fois plus important qu’au XVIII siècle. : e « Pendant la plus grande partie du XVIII siècle, cinq facteurs suffirent à construire les instruments à souffle humain, (dits à vent) e en bois. Au début du XIX , ils furent encore peu nombreux, mais peu à peu leur nombre s’accrut et s’éleva un moment à 35, pour ne décroître ensuite que très légèrement. Les anciens facteurs fabriquaient cinq sortes d’instruments, ceux de ce siècle firent de même en grande partie, cependant quelquesuns se sont spécialisés à un seul instrument ou à une famille d’instrument : flûte, serpent, 3 etc., ou hautbois, cor anglais, etc. » e Cela montre à l’évidence que le XIX siècle représente un moment déterminant dans l’histoire de la facture des instruments à vent, et tout particulièrement du basson, ce qui lui permit de garder sa place au sein des formations musicales. Par ailleurs, bien que certains facteurs de basson français fussent installés en dehors de Paris, ce fut dans cette ville que se déploya en ce domaine la plus grande activité. Le nombre
2 Ibid., p. 70. 3  PIERRE, Constant,Les facteurs d’instruments de musique, Paris, Ed. Sagot, 1893, réédité par Minkoff Reprint, Genève, 1976, p. 294.
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