Notes étrangères
397 pages
Français

Notes étrangères

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Description

Avec cette nouvelle édition de Notes étrangères I et II (Crise), le compositeur Nicolas Bacri reprend, fusionne et enrichit ses deux précédents ouvrages parus en 2004 et 2016 : cette synthèse est l'occasion de réaffirmer ses convictions esthétiques sur la musique et sur ce que peut signifier « être compositeur » aujourd'hui. Nicolas Bacri appartient à une nouvelle génération de compositeurs réconciliés de façon créative et personnelle avec le « sentiment tonal » et qui souhaitent contribuer à ce que la musique savante du XXIe siècle redevienne une musique s'inscrivant au coeur de la vie des interprètes et des mélomanes.

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Publié par
Date de parution 11 décembre 2020
Nombre de lectures 0
EAN13 9782140166044
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

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Exrait

l’occasion de réafIrmer ses convictions esthétiques sur la musique et sur ce que peut signiIer « être compositeur » aujourd’hui.
« La musique d’aujourd’hui que je défends . Elle bouleverse car on n’est pas le même après avoir écouté une musique qui nous a dit quelque chose d’important sur nous-mêmes et nous a fait au
monde. Elle dérange du point de vue esthétique car elle prend le risque d’emprunter des chemins déjà connus là où on les attend. »
« Au diable les luttes de clans ! Notre époque n’est-elle pas une chance de s’ouvrir continuellement à l’altérité, un déI permanent lancé à nos tristes habitudes et à la tentation de dominer ceux qui pensent différemment ? »
Nicolas Bacri
Notes étrangères et autres écrits sur la musique
mus ques en question(S)
Musiques en question(s) collection dirigée par Philippe Malhaire
La collectionMusiques en question(s)pour vocation de mettre en a lumière des compositeurs, musicologues et interprètes souhaitant enrichir la réflexion sur la musique savante par des propositions originales ou innovantes.
La collection souhaite notamment participer activement au débat sur l’évolution de l’art musical en invitant les auteurs à manifester leur engagement critique par une approche argumentée et pertinente.
Les ouvrages de la collection adoptent des configurations très diverses : esthétique, histoire, théorie, analyse, correspondance, biographie, mémoires, essai, roman, etc.
Titres déjà parus Anthony Girard,Minos. Les dédales de l’expérience créatrice, 2016. Louis-Noël Belaubre,Pour un cinquième âge de la musique, préface de Philippe Malhaire, 2016.Émile Goué,Demain, je t’écrirai en majeur, 2016. Zélia Chueke,Face à l’inconnu. Les pianistes et la musique de leurs temps, préface de Jean-Yves Bosseur, 2017. Michèle Alten,La musique au cœur des enjeux de la société française (1896-1956), 2017. Anthony Girard,Dans les replis de la mémoire. Les sonates pour piano de Valéry Arzoumanov, 2017. Claude Debussy : la trace et l’écart, sous la direction de Jean-Pierre Armengaud et Pierre-Albert Castanet, 2018. Antoine René-Renard,Thomas Tomis. Directeur de conservatoire, 2018. Danièle Pistone,Prospectives musicologiques, préface de Catherine Massip, 2019.
Nicolas Bacri
Notes étrangères et autres écrits sur la musique
© L’HARMATTAN, 2020 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Parishttp://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-21963-9 EAN : 9782343219639
Sommaire
Préface/Manifeste à la deuxième éditionContinuer à chanter
Notes étrangères
Note de passageMusicien français Questions Darmstadt Modernité modernité Situation Appoggiature Contradictions Tonal ou atonal ? Les anciens et les modernes ? Le phénomène tonal La crise du langage musical : orthodoxies et réactions Attitudeversusesthétique D’autres voix, une autre voie Critique Les blessures de l’après-guerre Nécessité historique et idéologie L’affaire Ducros Le paradoxe de la tranquillité Hier et aujourd’hui Échappée Ruptures Solitudes Le sublime et la honte Le culte de la futilité
9 13
3537 40 42 64 68 7171 74 80 83 90 94 95  100  110  112  113  120  128 131  131  136  138  145
Anticipation Postmodernité Retours ou permanences ? Le pur, l’impur et le « Steigerung » Le succès en échec Le compositeur dans la cité Espoirs Dutilleux, Chostakovitch et les autres Perspectives Conclusion Épilogue
Autres écrits sur la musique
Cantus Formus Entretiens Résidence au Festival d’Auvers-sur-Oise, 2000 Euterpe, septembre 2009 Entretien avec Simone Straehle, novembre 2010, inédit Tutti-Magazine, janvier 2012 Music Keys, février 2012 Lettre du Musicien, octobre 2013 Aimez-vous Beethoven ?, janvier 2014 Classic Agenda, novembre 2014 Lettre du Musicien, janvier 2018 Classique Mag, janvier 2020 La Traversière, deuxième trimestre 2020 Exercices d’admiration Serge Nigg – Une introduction René Maillard Guillaume Connesson Tristan MurailDavid Matthews Jacques Boisgallais Olivier Greif Pierre Boulez Olivier Messiaen Robert Simpson Henri Dutilleux
163  163  169  174  177  180  186  192  204 211215
219 221  221  224  227  229  239  241  245  250  254  256  263 271  271  281  287  288  290  291  292  295  296  298  300
Mieczyslaw Weinberg Alexander Lokshin Thierry Escaich Benoît Mernier Guy Sacre Yorgos Sicilianos Petit panorama de la musique écrite par des femmes SurLe Génie de Beethovende Bernard Fournier Livret du disqueSonates pour 2 pianos :Brahms-Bargiel-BrüllNotice pour le Festival Channel Tunnel 1994
Annexes
Biographie Repères chronologiques Catalogue chronologique des œuvres de Nicolas BacriRemerciements
 300  304  307  311  313  316  318  328  329  332
347 353 375 393
Préface/Manifeste à la deuxième édition deNotes étrangères I & II (Crise)
1 2 Publiés séparément en 2004 et 2016 , ces deux textes obéissent à la même découpe enplusieurs chapitresintitulés de la même manièreet faisant une référence métaphorique à autant d’aspects de ce qu’il est convenu d’appeler, dans le domaine de l’écriture musicale, lesnotes étrangères à l’harmonie. La nouvelle édition que je propose aujourd’hui réunit les deux texteschapitre par chapitreet se voit enrichie de notes de bas de page ainsi 3 que de corrections . Les idées développées dans cette œuvre,Notes étrangères, peuvent être résumées en ces termes : il ne peut y avoir d’innovation du langage ou de l’esthétique, en art, qu’en référence à un consensus théorique. En musique, discipline qui nous occupe dans ces écrits, le consensus théorique a explosé e au début duXXsiècle avec l’École de Vienne (Schoenberg, Berg, Webern) qui, ce faisant, a produit l’ultime innovation musicalepoint de vue du du langage. Il devrait être évident pour tout le monde que l’École de Darmstadt, créée en 1946 en zone américaine avec le soutien financier clandestin des services de renseignements (OSS), n’a produit en fait d’innovation qu’une radicalisation de l’École de Vienne. Elle a fait passer cette dévotion pour l’École de Vienne pour un changement de paradigme musical dont la vocation était d’aboutir au bannissement définitif de tout rappel de ce qui avait servi de soubassement à l’art musical depuis la nuit des temps, à savoir, la tonalité-modalité et ses conséquences harmoniques, mélodiques et rythmiques. Il devrait également être évident pour tout le monde que la fameuse nécessité historique musicale invoquée par les leaders de l’École de Darmstadt n’était en fait qu’une nécessité géopolitique impliquée par l’opposition de deux blocs engendrant une guerre froide et, chez les artistes, des conceptions de leur mission forcément antagonistes selon qu’ils ressortissaient d’un bloc ou de l’autre. La seule différence entre eux étant
1 Notes étrangères: Valencia, 1992-93/La Prée, Ségry, 1994-96/Paris-Bayonne, 1999-2003. 2 Crise (Notes étrangères II): Genève, mai 2006-Bruxelles/Virginal (Ittre), Belgique, 7 janvier 2016. 3 Les paragraphes auparavant publiés dansNotes étrangères (I) sont séparés par ** et ceux publiés dansCrisepar *.
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NOTES ÉTRANGÈRES ET AUTRES ÉCRITS SUR LA MUSIQUE
que les artistes du bloc soviétique étaient conscients d’être manipulés, voire 4 directement menacés par le régime , tandis que les artistes, à l’Ouest, étaient convaincus qu’ils ne l’étaient pas pour faire le contraire des artistes de l’Est. Enfin, il devrait être évident pour tout le monde que le résultat de cette doxa a abouti à la marginalisation du compositeur par rapport à la vie musicale dans son ensemble. Marginalisation laissant le champ libre à l’invasion progressive de la sphère médiatique par la sous-culture musicale ayant permis, outre l’hypnotisation des masses, de gigantesques profits commerciaux qui furent très peu redistribués, dans l’industrie du disque, à la production dans le domaine de la « musique contemporaine ». Corrélativement à cela,l’institutionnalisation de l’Avant-garde, qui est un oxymore en soi, tend à répandre l’idée, dans les conservatoires depuis la fin du siècle dernier, qu’une seule voie est possible : l’exploration du timbre au détriment de tout ce qui avait fait l’apanage de l’art musical jusqu’alors, y compris dans un contexte atonal : la mélodie, le rythme, l’harmonie, le contrepoint, les points de repères thématiques. Or l’institutionnalisation de l’Avant-garde a tué le véritable esprit d’avant-garde et la disparition des composantes traditionnelles de la musique sur laquelle s’appuiel’orthodoxie moderniste, comme il est inévitable de devoir la nommer, n’a abouti qu’à un nouvel académisme. La vérité, comme le disait Nietzsche, est « toujours laide » et elle fut peut-être formulée, il y a longtemps déjà, par une célèbre boutade en forme d’alternative binaire attribuée à Ottorino Respighi : « Écrire de la nouvelle musique ancienne ou de l’ancienne musique nouvelle ». Voilà le seul choix pour les compositeurs depuis l’explosion du consensus théorique (lesystèmetonal) qui élucidait le phénomène musical jusqu’à Schoenberg. Faisons un petit jeu, admettons que cette boutade soit la vérité : l’ancienne musique nouvelle est bien sûr celle qui suit l’École de Darmstadt et est enseignée dans presque toutes les classes de composition des conservatoires aujourd’hui… La nouvelle musique ancienne ne se refuse,a priori, aucune adjonction idiomatique provenant d’écoles plus récentes mais prend toujours le soin de l’intégrer, de l’assimiler à un art qui suit la tradition millénaire de la musique. Elle se doit donc, en toute logique, d’exclure les apports éventuels de ce qui est la marque de l’orthodoxie moderniste depuis les années cinquante-soixante, basée sur l’exploration de la matière sonore. Si l’innovationen soi (telle qu’elle ne peut se définir qu’au sein d’un système clos, le système tonal) est forcément absente de ces deux tendances, toutes deux respectables lorsqu’elles sont l’apanage d’artistes qui le sont tout 4 Lire à ce sujet lesMémoiresde Chostakovitch, bien que contestables à plusieurs égards.
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