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Nouvelles créations africaines

128 pages
Un dossier spécial Masa-Fespaco :
Musique, théâtre, danse et cinéma : la critique de tous les spectacles du Masa d’Abidjan et des films du Fespaco de Ouagadougou. Un outil de connaissance et de débat. Face à la pensée unique, les artistes d’Afrique s’émancipent du regard occidental et explorent de plus en plus une intimité partagée, utilisant pour cela des formes épurées.
Entretiens avec metteurs en scène et réalisateurs.
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n018, mai 1999

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ET LES CRITIQUES

PAR

OLIVIER

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Demain je brûle Mektoub Dakan Chikin 8izniss Noces de lune Letting go Saikati the Enkabaani La Jumelle Femmes... et femmes Lalla Hobby Waalo Fendo Sucre Amer Courts métrages et documentaires
L'émergence de l'intime

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Actualité
Agenda 110 Tous les événements culturels de mai Murmures 122 Les nouvelles des cultures africaines de par le monde

Couverture: Compagnie Les 7 Koûss,
@ Thomas Dom

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Africultures / Mai 1999

Editorial:

Alorsque tonnent les armes...

Peinture rupestre Afrique du Sud

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« il paraît que bientôt l'Afrique et le progrès vont peut-être se marier c'est pourquoi sans relâche à la recherche d'un témoin tonnent les armes»
Nostalgies Idris Youssouf Elmi ou Le joug du Verbe (L'Harmattan, 1998).

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Masa et Fespaco en enfilade: 15 jours épuisants et passionnants de découvertes et d'interrogations. Sentir, réagir, rencontrer, échanger... Comment rendre compte de la richesse du vu, du vécu, du débattu ? Notre voix est subjective et critique. Il nous a semblé important, en marge du travail documentaire fait par d'autres organismes, d'apporter ce qui tend à se faire rare dans les écrits: une critique qui cesse de dire" c'est bien - c'est mal" mais qui exprime, entre le ressenti et l'analyse, le pourquoi de l'adhésion ou de la distance. Une critique engagée et parfaitement subjective: notre engagement pour un outil de débat qui cherche les enjeux, qui dégage les nécessités, qui donne envie d'en connaître plus. Nous ne nous faisons pas que des amis: ce n'est pas notre rôle. Par contre, nous voulons respecter le

travail de tous. Surtout ne pas appliquer une pensée soit disant universelle à des créations qui tentent justement de définir leur indépendance. Car c'est sans doute là le maître mot de ces nouvelles créations africaines: les budgets se réduisent, les décors se simplifient, les énergies se groupent pour s'émanciper du regard extérieur et se concentrer sur l'humain. C'est l'intime dès lors qui prend le dessus, que cherchent à saisir de nouvelles écritures. Car rien n'échappe à la mondialisation rampante de la pensée unique et aux dérives modernes de l'autodestruction par la haine ou la drogue, et surtout pas la sphère du privé. Nous ne cesserons de le répéter: les créations actuelles sont des aides à la résistance. Elles évoluent avec la nécessité. L'Afrique puise dans son Histoire et sa culture comme dans ses drames modernes de quoi éclairer la quête de la planète entière et, 3

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par-delà les annes qui tonnent si fort en ce moment, la recentrer sur l'humain. C'est cette mondialisation-là que nous espérons et pour laquelle nous nous battons. 0 Olivier Barlet

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'ai dû passer un coup de fil pour me rendre à l'évidence. Quand on habite ici même, il faut se lever de bonne heure. Au téléphone, une journaliste m'a renvoyé à quelqu'un d'autre qui m'a dit: c'est maintenant que tu te réveilles? Oui, je me suis réveillée trop tard, comme d'habitude. Nous sommes à deux semaines du MASA. Le lendemain, je traverse la ville moite qui vaque à ses occupations habituelles. Le boulevard lagunaire est encombré. Il va être trois heures de l'après-midi. Je remonte la rue qui longe la cathédrale Saint-Paul, construite il y a une vingtaine d'années par les soins d'un architecte bien connu, sur le site de l'ancienne prison civile, en face du Palais de justice, près des tours administratives, à l'entrée du Plateau, le quartier des affaires mais aussi des ministères, du Palais présidentiel, de l'Assemblée nationale, de tous les lieux importants où il faut se rendre de très bonne heure pour prendre part à la vie de la ville, à la vie tout court... Le siège du MASA est ici, non loin du Centre International du Commerce d'Abidjan (CCIA).

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Pour y aller, il faut se lever de bonne heure afin d'éviter les embouteillages, les sautes d'humeur, pour être sûr de pouvoir s'inscrire et demander une accréditation. Oui, je ne l'oublie pas, le MASA est un marché fermé. Je ne suis ni acheteur ni vendeur. Je n'intéresse personne. Je veux voir, voir des spectacles, prendre part aux débats, rencontrer des gens, parler avec eux d'art et de culture ou de la pluie et du beau temps. Un marché, à mon sens, c'est aussi cela: un endroit où l'on vient partager des paroles, des passions, des mots et des maux, des bonheurs aussi. Mais le MASA estil un marché ouvert ? Cette ville ne ressemble à aucune autre, je le sais. Perchée sur les bords de la lagune Ebrié, elle vit au rythme des contrastes entre les traditions villageoises et l'urbanité la plus poussée Elle étend ses tentacules à perte de vue sur les collines, dans les bas-fonds, dans la forêt qui tend à disparaître. Je ne sais plus comment s'appelle cette rue où je me gare, en face du siège du MASA. C'est l'une des rares rues où les manguiers de mon enfance existent encore. Ailleurs, ils ont été massacrés sans pitié.
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Il est trois heures et, dans les arbres géants, les chauves-souris somnolent, la tête en bas. De temps à autre, elles attirent l'attention des passants: elles n'ont pas l'habitude de garder le silence. Toutes les nuits, elles donnent un concert au moment où le silence s'installe, où le souffle du quartier se ralentit. Ce quartier doit le plus clair de sa vie àla chaleur du soleil où se mêlent les trépidations des voitures, les colères, les peines et les joies des milliers de travailleurs qui lui donnent une âme la journée et l'abandonnent le soir venu. Ils se mettent en route vers les quartiers populaires, les bidonvilles ou les villas cinq étoiles. Il est trois heures au moment où je franchis le portail de l'ancienne maison coloniale restaurée qui sert de siège au MASA. Une chauvesouris m'accueille avant que le gardien ne me demande où je vais et qui je viens voir. Elle libère en douceur une boule d'excréments que le hasard dépose dans mes cheveux.

Il paraît que ça porte chance. Voire! A cette heure-là, au Plateau, le travail reprend. Tout le monde s'occupe de ses affaires. Le gardien me dévisage avec des yeux ensommeillés. Il ne voit pas le mouchoir jetable avec lequel j'enlève une boule indésirable de mes cheveux. Ils sont propres. Je continue mon chemin qui n'est pas encore celui du bonheur: je manque tous ceux que je dois pouvoir rencontrer. Il n'y a personne pour me dire où je dois m'inscrire. Je rebrousse chemin. Quelques jours plus tard, je reviens. Christine, qui depuis des années s'occupe d'une troupe bien connue dans le pays, est avec moi. y a-t-il un programme? Pas encore. Soyez pas si pressées! Dès vendredi, les badges seront prêts, les programmes aussi. Cette fois-ci, il y a quand même un peu plus de monde. La chance nous sourit. Au rez-de-chaussée de cette bâtisse coloniale qui n'en a plus l'air, nous croisons le Directeur du MASA. Il

Souleymane

Koly présente

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et Rokiya

Traoré

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Ki-Yi et explique qu'ils ne peuvent danser sur la scène en béton.

programmés @ Olivier

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se demande ce que nous faisons dans ses murs. Il se doute bien de ce que nous venons y faire. Mille autres visites au siège du MASA avant et après le 20 février seront nécessaires pour avoir un badge... J'y pense souvent. Dans quelle catégorie classe-t-on un écrivain? Ni artiste, ni journaliste, ni metteur en scène, ni cinéaste, ni musicien. Inclassable. Exclu d'office du MASA. J'en fais l'expérience au moment même où je cherche le badge introuvable pendant des jours et des jours. Les spectacles ont commencé, les rencontres professionnelles aussi. Comment voir un spectacle à l'Ivoire ou au Centre Culturel Français? Il faut payer chaque entrée bien sûr! Le prix du ticket est un moyen efficace de sélection entre riches d'ici et d'ailleurs et pauvres d'ici: saltimbanques, poètes, artistes de tous bords et

amoureux des arts vivants. Comment franchir la porte du village du MASA ? Il ne reste que les couloirs de l'Hôtel Ivoire. Il ne reste que le hall du Centre Culturel Français et le MASA off, la fête populaire tous les soirs, qui n'a rien à voir avec les spectacles officiels. Il reste bien sûr, aux plus démunis, la Sorbonne, l'une des rares places libres où le spectacle est vivant et se déroule tous les jours ouvrables entre midi et trois heures, en face de ce jardin où se loge, pour quelques jours, ce lieu dénommé "village du MASA". La Sorbonne a son recteur, homme célèbre emprisonné dans les années 90 à cause de son franc parler. La Sorbonne est le lieu de tous les savoirs, de toutes les misères, de toutes les obédiences religieuses. J'espère que ceux qui ont pu accéder au village du MASA ont fait aussi le détour par la Sorbonne, la place libre, située juste en face. La 7

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place où tous les espoirs sont permis, où toutes les colères sont déversées, où toutes les illusions se perdent puis se retrouvent... Le troisième jour, dans le hall de 1'hôtel Ivoire, je rencontre un grand écrivain ivoirien, mondialement reconnu, qui ne sait plus à quel saint se vouer. On le renvoie d'un guichet à l'autre sans accorder le moindre égard à sa personne. Après une heure d'attente et de recherches vaines on lui dit: repassez demain matin! Et ils sont nombreux, ceux d'ailleurs et ceux d'ici, toutes catégories confondues qui ont dû passer des heures incalculables à faire le pied de grue à la recherche d'un badge introuvable. Pendant ce temps, les spectacles se déroulent à huis clos. Un journaliste de la télé nationale a eu la bonne idée de tendre son micro à quelques passants dans les

rues de la ville, le jeudi 18 février. Connaissez-vous le MASA ? J'espère que les organisateurs ont écouté les réponses. Est-ce un marché ? Un festival? Pour qui organise-t-on l'événement? Où l'organise-t-on ? Du lieu, parlons-en. Tout se passe comme si, dans ce pays, chaque manifestation d'envergure devait nécessairement se dérouler dans cet Hôtel super luxe dont le beau monde est si fier. Tous les soirs, les spectacles sont programmés dans la grande salle du Palais des Congrès au rez-de-chaussée de 1'Hôtel. Salle immense pour le nombre de spectateurs qui se présentent. Des acheteurs préfèrent, parfois, aller découvrir des spectacles non sélectionnés. Ils vont communier avec la. foule qui vit dans les quartiers populaires. Cette foule a peur du froid gla-

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cial, air conditionné dans lequel se déroule les rencontres professionnelles, en pleine journée, au moment où, dehors, il fait en moyenne 35 à l'ombre. Elle n'ose pas se déplacer jusqu'à l'Ivoire pour prendre part au débat. Je me demande si le grand public ou les artistes du pays savent qu'il y a des forums et des ateliers où ils peuvent apporter leurs contributions et partager leurs expériences avec d'autres venant du Sud ou du Nord. Les spectacles retiennent l'attention de la plupart des journalistes qui rendent compte de l' événement. Tout est génial ou à quelque chose près. Comment avoir son opinion par rapport à tout cela? Des spectacles que j'ai vus, je n'en parlerai pas. Mais il faut dire un mot de quelques points forts passés sous silence. Il y a ce premier forum, celui du 22 février où la salle est comble. On écoute. Ce sont des personnalités politiques et diplomatiques qui parlent: Premier Ministre, Ministre de la Culture, Chef de la Délégation de la Commission Européenne en Côte d'Ivoire. Les discours portent sur "économie et développement des arts vivants en Afrique". D'autres forums aux thèmes prometteurs ont attirés moins de monde. Celui sur l' éducation fut dominé par l'exposé de Were-Were Liking, compte rendu de l'expérience du village Ki-Yi. Celui sur les femmes m'a permis de comprendre que le dialogue franc entre hommes et femmes au-

tour de l'art n'est pas pour demain. Mais dans les ateliers qui suivent les langues peuvent se délier. Dans l'atelier "danse et chorégraphie" où je vais prendre place pendant toute la semaine, des choses essentielles se disent. On s'interroge sur la nature de la danse africaine. S'il y a une nouvelle danse africaine aujourd'hui, on veut savoir les rêves, les idées et les pratiques qui soustendent cette danse. Pendant cinq jours, Zab Maboungou ou Alphonse Tiérou donneront le meilleur d'eux-mêmes. Leur passion est partagée par les chorégraphes et danseurs présents. Vendredi 26, l'on parle de mondialisation. Je crois avoir déjà entendu tous ces discours quelque part. Un journaliste belge a engagé la conversation avec moi depuis hier. Il finit par me faire parler, dans le hall. Comme je le pense, le hall fait partie des lieux où on peut se rencontrer. C'est là aussi qu'un VIP venant de Guadeloupe me dit: "On aurait dû vous demander d'intervenir dans le débat sur les femmes". Je le regarde d'un œil sceptique... Il n'a pas l'air de me comprendre. Le MASA 99 c'est aussi le point de rencontre autour d'un pot, ou d'un repas. Là, les langues se délient, des amitiés naissent ou se consolident. On peut se parler. A cœur ouvert. Enfin. C'est ici que je retrouve le sens du marché auquel je crois...D
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Un théâtre

à la rencontre

de son public
hâte aux quatre coins de la ville. De quoi faire des emplettes dramatiques abondantes et variées, le panel des propositions allant des créations de textes d'auteurs africains contemporains tels Sony Labou Tansi, Kossi Efoui, Tiburce Koffi, Koulsy Lamko, Nocky Djedanoum ou Koffi Kwahulé jusqu'à la reconstitution ethnographique comme ce rituel sacré guinéen appartenant aux Pkèllè, un peuple de chasseurs de la région forestière, présenté par la compagnie L6i-Nii (et dont on peut d'ailleurs se demander s'il a sa place dans un marché des arts de la scène et surtout s'il faut parler ici de théâtre...), sans oublier les marionnettes pour petits et grands avec les poupées géantes des Articuleurs du Village Ki-Yi ou les grosses grenouilles vertes de la compagnie tunisienne Six Cinq Un, et aussi les nombreuses prestations de " mono-

Avec douze compagnies invitées dans la sélection officielle et de nombreuses troupes venues à leur frais au festival" off" présenter leurs créations dans les quartiers d'Abidjan, le MASA 99 a fait la part belle aux expressions théâtrales d'aujourd'hui. Une vraie braderie que cette foire du théâtre, avec ses spectacles tous azimuts qui s'enchaînaient à tombeau ouvert. Aucune hécatombe néanmoins, tant du côté des spectateurs que des créateurs. Le public abidjanais était au rendez-vous - au Centre Culturel Français pour la sélection officielle, mais surtout dans les quartiers. Aussi, malgré les conditions extrêmes qui étaient données aux compagnies pour se préparer et l'absence d'équipement technique, le théâtre africain a fait preuve de sa vitalité. Il y en eu de toutes les couleurs sur les étals scéniques dressés à la
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théâtre" (comme disent aujourd'hui les Ivoiriens de ces pièces à un personnage) avec Lèse-majesté de Sony Labou Tansi par Eric Mampouyadu Congo, Mikul Mi Nnem ou rêves couleur cactus de Félix Kama par David Noundji du Cameroun qui jouait les Diogène africains ou Les Déconnards de Koffi Kwahulé par l'Ivoirien Sidiki Bakaba en étudiant solitaire qui tente vainement de dompter l' absence. Pas une minute à perdre pour les festivaliers, amateurs, journalistes ou diffuseurs qui ne savaient où donner de la tête, contraints de quadriller la ville à tout berzingue pour assister in extremis aux spectacles, de Cocody à Port-Bouët, de l'Hôtel Ivoire au Centre Culturel Français, du village Ki-Yi au Centre Culturel d'Abobo, en passant par les podiums et tréteaux dressés au Plateau dans le parc floral transformé en village pour l'occasion ou sur la place du quartier populaire de Blokoso

Si certaines créations n'étaient pas de la première fraîcheur et sentaient un peu le réchauffé, d'autres ont su en revanche retenir le chaland et apporter un souffle de nouveauté. Tourbillon de foire, ambiance de braderie, mais loin de solder les spectacles, le Marché des Arts de la Scène a parfaitement joué son rôle de vitrine, mettant sous les projecteurs de nouveaux talents: acteurs, metteurs en scène, auteurs... Bravo! à ces sept jeunes comédiens sénégalais, formés par Philippe Laurent: " Les 7 Koûss " (cf. critique et interview). Ils ont emballé le public abidjanais avec une prestation d'acteurs des plus originales autour de moments privés de la vie dakaroise et de petites scènes de rue croquées sur l'avenue Ponty. Cette jeune troupe a su se faire remarquer des professionnels et devrait à présent se confronter à un texte de Williams Sassine sous la direction du metteur en scène belge Jean-Claude Idée qui souhaite pré11

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parer avec eux les Indépendantristes pour le prochain festival de Limoges. Dans le " off" se distinguèrent également les trois jeunes comédiens de la Compagnie Punta-Negra : Roch Amedet Banzouzi, Elie Lemboussou Founda et Jean-Pierre Makosso, venus de la République du Congo avec Qu'est-ce qui ne tourne pas rond ?, un spectacle musical, plutôt café-théâtre, mais drôle et vivifiant. Ce fut aussi la consécration du metteur en scène béninois Alougbine Dine pour la trajectoire parfaite de La Ligne une comédie de la resquille créée avec L'Atelier Nomade (Gabon) d'après une pièce d'Israël Horovitz depuis 1997 et qui n'a rien perdu de son mordant. (cf. critique) Autre travail scénique de qualité, celui de la Compagnie du Sphinx qui jouait devant son public :Le Paradis infernal. Un texte fort et insolent de Tiburce Koffi et un jeune metteur en scène fougueux: Binda N'Gazolo. Résultat: un 12

spectacle enlevé qui s'en prend à la crédulité des gens et dénonce sans ménagement les manipulations des classes dirigeantes. (cf. critique et entretien) La Récupération, une pièce du togolais Kossi Efoui montée par l'Atelier théâtral de Lomé n'a pas manqué aussi d'émouvoir le public( cf. critique). Mais il y eut des déceptions. Le lyrisme geignard de L'Aubade des coqs de Nocky Djedanoum, monté par le Logone Chari Théâtre du Tchad dans une mise en scène de Vincent Mamba Chaka n'a guère passé la rampe avec ses momies de cotons et ses chaînes d'esclavage. Les deux textes de Were-Were Liking présentés durant la journée d'ouverture n'ont pas convaincu. Curieux tête-àqueue pour cette parodie de procès en sorcellerie, La queue du Diable, un spectacle déjà rôdé monté par Bomou Mamadou avec le Ki-Yi Mbock et qu'on n'aurait pu croire lancé sur les rails, mais dont on a cherché vainement la cohérence esthétique (cf. critique). Quant à Une
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