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Quand Laurel rencontra Hardy

De
98 pages
Il y a quatre-vingts ans, en 1933, paraissait sur les écrans Fra Diavolo, parodie de l'opéra Auber qui rendit célèbres Stan Laurel et Olivier Hardy. Un mythe cinématographique était né. Leur carrière s'étend de 1917 à 1951, multipliant les succès avant un inévitable déclin. À l'inverse, d'autres acteurs du burlesque, Laurel et Hardy n'ont jamais été oubliés. Ce livre est un nouvel hommage rendu à leur génie comique, proposant une analyse de tous leurs films avec leurs meilleurs gags.
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Jean Tulard QUAND LAUREL RENCONTRA HARDY NAISSANCE D’UN MYTHE CINÉMATOGRAPHIQUE
EDITIONS SPM
QUAND LAUREL RENCONTRA HARDY
Naissance d’un mythe cinématographique
JEAN TULARD de l’Institut
QUAND LAUREL RENCONTRA HARDY Naissance d’un mythe cinématographique
Editions SPM Paris - 2013
Illustration de couverture Laurel et Hardy, DR
© SPM, 2013 ISBN : 978-2-917232-15-6
Editions SPM 34, rue Jacques-Louvel-Tessier 75010 Paris Téléphone : 01 44 52 54 80 – Télécopie : 01 44 52 54 82 Courriel : Lettrage@free.fr
DIFFUSION – DISTRIBUTION : L’Harmattan 5-7 rue de l’Ecole-Polytechnique 75005 Paris Tél. : 01 40 46 79 20 – télécopie : 01 43 25 82 03 site : www.harmattan.fr
IntroductIon
Il y a quatre-vingts ans, en 1933, paraissait sur les écrans le film qui allait asseoir la célébrité de Stan Laurel et Oliver Hardy,The Devil’s Brother(Fra Diavolo). Dès lors Laurel et Hardy n’allaient cesser de fasciner cinéphiles ou simples spectateurs, adultes et enfants. Charlie Chaplin connut une brève éclipse après sa mort : il fut jugé trop intéressé par l’argent (Claude Beylie en sut quelque chose pour avoir projeté sans son autorisationL’opinion publique) et discrédité, peut-être injustement, par ses derniers films dontLa comtesse de Hong-Kong. L’éclipse de Buster Keaton fut plus longue, malgré une apparition dansLimelight(Les feux de la rampe) du même Chaplin. C’est l’hommage qui lui fut rendu à la Cinémathèque française en 1962 qui révéla aux nouvelles générations son génie. Encore devra-t-il attendre le DVD pour être pleinement reconnu. Harold Lloyd, qui avait atteint des sommets au box-office, déçut dans ses derniers films et ne retrouva jamais sa popularité du muet. Fields et les frères Marx n’ont conservé qu’un succès d’estime, grâce à leurs éblouissantes répliques, après leur disparition. Engloutie la gloire de Charlie Chase, de Fatty, de Clyde Cook, de Hank Mann, d’Al Saint-John, de Lloyd Hamilton, de Snub Pollard, de Larry Semon, de Ben Turpin, de Billy Bevan, de Raymond Griffith et d’autres encore, les Dudule, Zigoto, Bilboquet… que l’avènement du parlant réduisit au chômage. Sans oublier Max Linder qui tenta une carrière américaine et disparut trop tôt.
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Quand Laurel rencontra Hardy
Ni les Ritz Brothers, ni les deux nigauds, ni Wheeler et Woolsey ni les Stooge n’ont survécu à d’éphémères succès. Même Jerry Lewis a connu la dépression. Laurel et Hardy n’ont jamais déserté les écrans depuis leur apparition en 1927. En avril 2000 la Cinémathèque française proposait, programmé par Alberto del Fabro, un festival de courts métrages burlesques où triomphaient, alors séparés, Laurel et Hardy, qui éclipsaient la vedette, Larry Semon, alias Zigoto en France, dont ils avaient été à tour de rôle les partenaires. À nouveau, en décembre 2009, la Cinémathèque leur consacrait, avec succès une rétrospective complète (ou presque). En 1995 Polygram Video, se fondant sur l’ouvrage de Roland Lacourbe, Laurel et Hardy, paru en 1975 et repris en poche chez Ramsay, annonçait l’intégrale de leur œuvre en video-cassettes, incluant des raretés comme On the LooseouOn the Wrong Treck. Le DVD ayant supplanté la cassette, la plupart des films de Laurel et Hardy reparurent en disque. Mk2, avec le concours de Serge Bromberg, édita dix courts métrages de Hardy et seize de Laurel. Bach de son côté sortit plusieurs raretés. Universal enfin offrit la majeure partie des longs et courts métrages du tandem. À la télévision, Arte, chaîne culturelle, n’hésita pas à programmer, en décembre 2011, à une heure de grande écoute, les meilleurs films du duo. France Inter, dans sa série « Questions pour l’Histoire » donnait, le 14 novembre 2005, une dramatique d’une demi-heure, intitulée « Quand Laurel rencontra Hardy : naissance d’un mythe cinématographique » par Jean Tulard, dont on trouvera le texte dans ce livre. Comment expliquer une passion qui ne s’est jamais démentie ? Le film burlesque américain s’est partagé entre deux courants : d’un côté l’école de Mack Sennett, de l’autre celle d’Hal Roach. Mack Sennett débute à la Biograph puis fonde la compagnie Keystone préférant le rire au mélodrame. Son style est brutal, violent, destructeur : la poursuite en est la caractéristique.Galloping Bungalowsdemeure son chef-d’œuvre. Avec Sennett triomphe le« slapstick », un burlesque sans temps morts. Formidable découvreur de talents, Sennett embauche Mabel Normand, Chester Conklin, Ford Sterling, Al Saint-John, Slim Summerville, Mack