//img.uscri.be/pth/eeb883263ef2e05212122c8d21b0594d428b87ca
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 1,49 € Lire un extrait

Téléchargement

Format(s) : PDF - MOBI - EPUB

sans DRM

Retrouvailles

De
132 pages

Comédie dramatique rythmée en neuf actes.


Cinq personnages, amis depuis leurs études universitaires, se retrouvent dans un chalet, convoqués d'urgence par l'un d'entre eux. Mystère ?
Cette pièce, aux répliques directes et incisives où la moquerie et l'ironie se jouent de la réalité cachée qui sous-tend le vécu des personnages, révèle plusieurs aspects cyniques de la vie moderne.


Voir plus Voir moins

Couverture

Image couverture

Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-14614-2

 

© Edilivre, 2016

Les personnages, la quarantaine :

Vivent ensemble :

Grégoire, journaliste

Julie, secrétaire

Vivent ensemble :

Dominique, commercial

Sophie, médecin

Vit seule :

Delphine, professeur

Acte 1

Scène 1

Décors extérieurs :

1ère scène : Cela se passe dans une petite clairière, devant un chalet mais non visible. Un tapis de verdure ou un éclairage vert, une lumière générale jaune blanchâtre (c’est l’été).

On entend deux portes de voiture, en coulisses, qui se ferment en claquant l’une après l’autre. Deux personnages arrivent sur scène :

Grégoire la quarantaine et Julie la trentaine.

L’homme, de manière nonchalante, s’avance et en milieu de scène, s’étire en levant les bras au ciel et fait des mouvements circulaires avec son bassin.

Grégoire

– Ah ! Cette route, quel ennui et en mauvais état et malgré ma nouvelle Citroën, j’aurais jamais cru ça. Des creux, des bosses, combien de nids de poules, de dinosaures je devrais dire, j’ai évités, hein ma poule !

Julie hausse les épaules, regarde autour d’elle, fait la moue et quelques pas en se rapprochant de Grégoire.

Julie

– L’endroit paraît aussi ennuyeux qu’un dimanche d’hiver. Je t’avais bien dit que ce n’était pas une bonne idée d’accepter de venir ici. Franchement ! Quelle perte de temps. Passer un week-end dans ce trou. Et en plus on arrive les premiers. C’est vraiment con ! Faut toujours que tu aies peur d’arriver en retard, mon pauvre ami.

Grégoire

– Oh ça va ! Profite un peu. T’étais bien pressée de partir pour ne pas croiser la logeuse, en cette fin de mois, non ? Écoute plutôt ce calme.

Julie

– Justement, ça m’inquiète.

Grégoire continue, en se donnant un air majestueux, la bouche en cul de poule.

Grégoire

– Regarde cette clairière balayée par les rayons du soleil (il fait de son bras droit un large demi-cercle) dans laquelle nous nous trouvons…

Julie

– Lugubre !

Grégoire

– Mais ce chalet, enfin ! Il le désigne d’une main ouverte et agitée. Il se met à tourner sur ses pieds en faisant une ronde, satisfait de ses déclamations.

Julie

– Un tas de bois ce truc. Ne m’emmène pas ici, l’hiver ça doit cailler dans le coin.

Grégoire s’arrête face à Julie et lui lance :

– Tu n’es qu’une rabat-joie ! Même pas une petite mondaine qui se la joue.

Julie

– Ne fais pas le malin, Grégoire ! Elle le repousse de la main. Tu sais bien pourquoi on est ici et pourquoi tu as accepté de venir ?

Grégoire

– Peut-être, mais ne gâche pas tout. Un peu de détente, tout de même, ça ne nous fera pas de mal, hein, ma petite cha-chatte ?

Il l’attire vers lui pour la prendre dans ses bras et l’embrasser, elle se retire vivement.

Julie

– Du calme ! Tes amis vont arriver d’un instant à l’autre, ce n’est pas le moment.

Faisant une petite moue et regardant, l’air attendri, son ami elle ajoute :

– Je suis indisposée !

Grégoire

– Ben tiens ! (Il se détourne d’un coup sec de sa compagne en grimaçant). Fallait que ce soit à ce moment là ! Comme un fait exprès.

Julie sourit, flattée d’une telle réaction de sa part.

Elle s’approche de lui, comme une louve vers sa proie, lui passe une main dans les cheveux et lui enserre la taille.

Julie

– Mais non mon minou. C’était pour te charrier un peu.

Il se retourne et ils se mettent à rire à grands éclats.

Julie

– Tu sais au bureau, suite au départ de ma collègue qui est partie en claquant la porte de l’entreprise après ma réflexion devant le boss comme quoi elle n’était bonne à rien, ben j’ai l’impression que la nouvelle recrue avec ses grands airs, m’énerve et risque de ne pas faire l’affaire. Ça ne pourra pas marcher, vu son C.V. un peu léger à mon goût ; et son jeune âge ne lui permettra pas tout. Je vais bien m’amuser à la tester celle-là !

Ah la la ! Je ne m’en sors plus tu sais !

Grégoire, se tournant vers le public :

– Quelle jacasse ! Mais heureusement elle est bien foutue.

Julie

– Allez, viens, dit-elle. On va sur le chemin à leur rencontre.

Ils sortent

Scène 2

En coulisse le bruit d’un gros moteur et on entend une voix qui crie :

– Coucou, c’est nous !

Apparaissent sur la scène en premier, Dominique et Sophie, derrière Grégoire et Julie.

Dominique a deux grosses valises aux mains, Grégoire à un énorme sac à dos pesant à l’épaule. Julie est chargée d’une valise lourde elle aussi, de couleur rose, devant appartenir à Sophie qui elle n’a rien qu’un joli petit sac à main de grande marque au bras.

Dominique :

– Ah ! Ça fait du bien d’être ici ! Tu as l’air de peiner mon Grégoire avec nos bagages. Ah ! Je vois bien que ça te change de tes feuilles de papier de journaliste, va. Enfin, merci du coup de main. On n’a pas su se décider pour prendre nos affaires, figurez – vous, alors on a rempli nos bagages à la va-vite. On a bien rigolé, hein ma Sophie, A celui qui en mettrait le plus dans son sac. Tout ça pour deux jours, t’avoueras.

Sophie se met à rire en se tournant vers Julie qui lui sourit d’un air pincé, embarrassée par la valise qu’elle remet vivement au pied de Sophie.

Julie

– Tenez, prenez donc le relais !

Sophie se redresse et acquiesce en prenant dans sa main la poignée de la valise qui lui résiste. Elle s’en trouve déséquilibrée et pousse un « ouf » expressif.

Dominique :

– Bon allez ! On va déposer tout notre dressing dans le chalet.

En se retournant et mettant sa main dans sa poche :

Dominique

– Au fait j’espère que j’ai bien pris les clefs sur le meuble.

Tout le monde est aux arrêts

Il fait semblant de ne pas la trouver

Dominique

– Ah ! La voilà. Il l’a regarde. J’espère que c’est la bonne, car je l’ai prise en vitesse en partant de chez nous. Sophie, j’espère que tu n’avais rien touché à mes préparatifs. Allez, on y va !

Ils disparaissent.

Acte 2

Scène 1

Changement de décors.

Un séjour comprenant :

– Une cheminée ouverte

– Une statuette, copie d’une œuvre de Giacometti.

– deux portes.

– un miroir sur pied

– Un portrait de vieille femme accroché au mur

Mobilier : Une table et 5 chaises, un canapé.

Dans le séjour Sophie et Julie

Julie est près de la statuette Giacometti

Sophie

– Oh ! Je vois que vous, allez on se tutoie non ! Je vois que tu t’intéresses à l’art.

Julie

– C’est beau et bien à sa place dans un chalet. Tu l’as trouvée où ?

Sophie

– Oh ! lors de l’un de nos nombreux voyages à l’étranger. C’est un Giacometti tu sais ? Il nous a coûté une fortune, mais on s’est dit que dans le chalet, ça ferait bien, n’est-ce pas ?

Julie

– En effet ! Mais c’est amusant car en passant par Avoriaz pour venir ici, on a vu une grande affiche sur le mur du fronton de la mairie avec ce nom là et si je me souviens bien, il y a eu une exposition – vente il y a deux mois dans cette ville.

Sophie

– Ah bon ! (fait Sophie l’air gêné). Je ne savais pas.

Julie continue de vagabonder dans le séjour et s’arrête devant l’un des tableaux.

Julie

– Mon dieu que cette tête de bonne femme, ce nez crochu, cette veine au milieu est laide. On dirait la sorcière qui apparaît dans blanche neige. En tous cas, c’est bien et pas raté.

Sophie,
les yeux exorbités de colère et d’un ton sec :

– C’est ma grand-mère !

Julie

– Oups, pardon ! (Julie faussement confuse), je n’avais pas encore fait le rapprochement, euh, je veux dire…

Elle baisse la tête et se retourne, l’envie de pouffer de rire.

Julie

– Tout de même. Quelle drôle d’idée que d’avoir mis une verrue sur le nez de cette pauvre dame.

– Ça ne la faisait pas loucher, placée au bout de son nez ?

Sophie

– Non pas elle ? Nous, si !

Elles rient toutes les deux.

Scène 2

Entrée de Dominique et Grégoire

Dominique

– Bon vous devez avoir faim. Venez Mesdames que je vous montre la cuisine (ouvrant une porte)

Les deux femmes se regardent

Julie

– Pourquoi nous deux ?

Dominique

– Ben comme ça (gênée). Je plaisantais.

Grégoire, en aparté au public :

« L’aurait mieux fait de ne rien dire celui – là et de leur faire juste visiter la cuisine, montrer les placards et dire qu’il faudra penser aux victuailles. Il y en aurait bien eu une qui aurait proposé ses services et par solidarité l’autre l’aurait accompagnée. Toujours aussi lourdaud ce Dominique. »

Dominique, Sophie, quittent la scène. Reste Grégoire et Julie.

Julie

– Dis – donc, ton ami, il n’a pas l’air très évolué. Avec sa tête de charcutier, dans la cuisine quand il nous a montré un tablier et un gros couteau à viande, j’ai cru qu’il allait me couper en tranches. Et puis tu as vu cette Sophie, elle est maigre comme un clou et ressemble à un mannequin de chez La Redoute. C’est redoutable des filles comme ça, en compagnie d’hommes. Tu l’as bien connue toi ?

Grégoire fait signe « non » de la tête.

Julie

– Et puis il n’ont pas l’air d’aller bien ensemble ces-deux la. Qu’est-ce qu’elle fait comme métier ?

Grégoire

– Elle est médecin et fait des consultations à l’hôpital. Elle est en effet redoutable mais pour une autre raison et dans son service. Les infirmières ont peur de ses diagnostics et des médicaments. Si celles-ci n’étaient pas là pour surveiller et apporter des corrections à ses traitements, elle aurait tendance à transformer son service en mouroir, à en croire certains de ses collègues.

Dominique réapparaît :

– Le frigo crie famine et a la gueule béante de vide. Faudrait aller faire les courses !

Sophie :

– Oui, euh ! Avant – tout on pourrait peut-être s’installer dans les chambres ?

Tous d’un commun accord : « Ben oui tient, ça pourrait se faire ? Allons s’occuper des bagages ».

Ils sortent.

NOIR

Sur un coin de scène

Revient en premier Julie, suivi de Grégoire avec leurs bagages :

Julie

– (En chuchotant) Tu vois ! Je te l’avais...