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Scènes de la vie familiale

De
131 pages
Ingmar Bergman a toujours filmé le sujet humain dans toutes ses complexités : que ce soit l'affrontement conjugal, l'incertitude face à Dieu ou le rôle de l'artiste dans le monde qui l'entoure. Mais qu'en est-il de la filiation ? Comment met-il en scène la relation parent-enfant ? À partir de plusieurs analyses filmiques, ce livre entend révéler la particularité et les spécificités de cette relation dans l'oeuvre de Bergman.
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Eidos
Raphaël Yung Mariano
Scènes de la vie familiale Ingmar Bergman
RETINA
Série Collection
Préface de Murielle Gagnebin
Scènes de la vie familiale
Ingmar Bergman
ème Ce livre est le 104 livre de la
dirigée par François Soulages & Michel Costantini Comité scientifique international de lecture Argentine(Silvia Solas, Univ. de La Plata),Brésil(Alberto Olivieri, Univ. Fédérale de Bahia),Bulgarie(Ivaylo Ditchev, Univ. de Sofia St Clément d’Ohrid),Chili(Rodrigo Zuniga, Univ. du Chile, Santiago),Corée du Sud(Jin-Eun Seo, Daegu Arts University, Séoul),Espagne(Pilar Garcia, Univ. Sevilla),France(Michel Costantini & François Soulages, Univ. Paris 8),Géorgie(Marine Vekua, Univ. de Tbilissi), Grèce(Panayotis Papadimitropoulos, Univ. d’Ioanina),Japon(Kenji Kitamaya, Univ. Seijo, Tokyo),Hongrie(Anikó Ádam, Univ. Pázmány Péter, Egyetem),Russie(Tamara Gella, Univ. d’Orel),Slovaquie(Radovan Gura, Univ. Matej Bel, Banská Bystrica),Taïwan(Stéphanie Tsai, Unv. Centrale de Taiwan, Taipei) Série RETINA3 François Soulages (dir.),La ville & les arts11 Michel Gironde (dir.),Les mémoires de la violence 13 Eric Bonnet (dir.),Le Voyage créateur 14 Eric Bonnet (dir.),Esthétiques de l’écran. Lieux de l’image 17 Manuela de Barros,Duchamp & Malevitch. Art & Théories du langage 18 Bernard Lamizet,L'œil qui lit. Introduction à la sémiotique de l'image 30 François Soulages & Pascal Bonafoux (dir.),Portrait anonyme 31 Julien Verhaeghe,Art & flux. Une esthétique du contemporain 35 Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou36 Pascal Martin & François Soulages (dir.),Les frontières du flou au cinéma37 Gezim Qendro,Le surréalisme socialiste. L’autopsie de l’utopie38 Nathalie ReymondÀ propos de quelques peintures et d’une sculpture39 Guy Lecerf,Le coloris comme expérience poétique40 Marie-Luce Liberge,Images & violences de l'histoire41 Pascal Bonafoux, Autoportrait. Or tout paraît42 Kenji Kitayama,L'art, excès & frontières43 Françoise Py (dir.),ost-rtplameàrésiaminDuenredom 44 Bertrand Naivin,Roy Lichtenstein, De la tête moderne au profil Facebook 48 Marc Veyrat,La Société i Matériel. De l’information comme matériau artistique, 1 49 Dominique Chateau,Théorie de la fiction. Mondes possibles et logique narrative 51 Patrick Nardin,Effacer, Défaire, Dérégler... entre peinture, vidéo, cinéma e 55 Françoise Py (dir.),siècleMétamorphoses allemandes & avant-gardes au XX 56 François Soulages & Sandrine Le Corre (dir.),Les frontières des écrans 60 François Soulages & Aniko Adam (dir.),Les frontières des rêves 61 M. Rinn & N. Narváez Bruneau (dir.),L’Afrique en images.62 Michel Godefroy,Chirurgie esthétique & frontières de l’identité 63 Thierry Tremblay,Frontières du sujet. Une esthétique du déclin Suite des livres publiés dans la CollectionEidosà la fin du livre Publié avec le concours de
Raphaël Yung Mariano Scènes de la vie familiale
Ingmar Bergman Préface de Murielle Gagnebin
Secrétariat de rédaction : Pauline Renié
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-12476-6 EAN : 9782343124766
Remerciements Je remercie François Soulages, à qui je dois l’édition de ce livre ; Murielle Gagnebin, pour avoir cru en mes capacités, pour son aide et son exigence ; Catherine Magistry et Alain Letoulat (†) pour m’avoir fait découvrir Bergman ; ma famille et Alexandra pour la présence et le soutien.
Préface Yung Mariano & la forme sonate
Quelle n’a pas été ma joie lorsque Raphaël Yung Mariano m’a proposé de rédiger cette préface ! C’était un beau cadeau.  En premier lieu, j’aimerais saluer son regard pénétrant. Tout d’abord, parce qu’il est chargé d’une émotion plastique absolument sincère. De plus, Yung Mariano va chercher à même la « matière » filmique ses rimes chromatiques, ses figures cinématographiques : la diversité des angles de vue, des plongées et des contre-plongées, des inserts, des très gros plans, du montage, bref tous les ressorts du cinéma. Ensuite, parce que sa perspicacité permet d’élaborer une esthétique psychanalytique dans le monde clos, voire étouffant, sombre, sinon tragique de Bergman, monde paradoxal où la mort et l’art se fécondent réciproquement. « Et si la seule issue était l’art » se demande dès le début Raphaël Yung Mariano ?  Il construit ainsi ses micro-lectures à travers trois chefs-d’œuvre :Sarabande, Sonate d’automne, Fanny & Alexandre.adopte pour écriture la forme sonate. C’est Et dire qu’énoncés des conflits, réitérations des thèmes, variations des détails, répétitions des mots, des verbes ont une fonction épistémologique et musicale. Musicalité, toute à l’écoute des pièces de Bach utilisées par Bergman, tantôt
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lorsque des personnages jouent du piano, tantôt comme mesure extra-diégétique ; épistémè où les grandes structures de la psychanalyse sont étudiées à même la poïétique et les formes du cinéma. Manquements psychiques, crocs de l’absence, de la solitude, dépression, tiercéité, régression, vacillements identitaires, dépersonnalisations, désirs incestuels, expériences de deuil, mélancolie, ludisme, appel à la sublimation, chacune de ces structures apparaît au gré des nouages dévoilés par Yung Mariano, toujours ingénieux. Elles progressent suivant les films et se font écho, dessinant une cartographie qui vient faire taire les douleurs et les mutilations psychiques. Au terme de cette enquête subtile, une fois les mises en scène de Bergman repérées, un nouveau départ vers l’imagination créatrice est suggéré.  Mais auparavant, désirs de meurtre : parricides, matricides, suicides ont été traqués, cependant que Yung Mariano a soin de démonter leurs enjeux pulsionnels, ne se fiant qu’à la force des espaces revendiqués par Bergman. Ceux-ci, venant contre-investir des situations pénibles, mortifères, ébauchent une architectonique des couleurs et des valeurs, des fragments de corps et des détails propices, devant l’œil futé de Yung Mariano, à être le prélude aux retours divers et madrés du refoulé. Le tout conduisant à l’appel vers quelque sublimation, sublimation toujours jumelée à une reviviscence de l’énergie vitale, indispensable à la magie de l’acte créateur.  Repérage des pulsions, des manifestations défensives, des retours inlassables d’un refoulé primitif, on a là l’exercice d’une méthode que j’ai jadis inventée, véritable chemin menant au vœu inconscient de l’œuvre. Cette voie analytique permettant l’accès au cœur silencieux de l’œuvre est proche, on le constatera, de la structure du symptôme. Toutefois, en art, le symptôme n’a pas sa place, puisqu’il vient à se résoudre de façon économique et dynamique. Structuréecommeun symptôme, l’œuvre, mise en pièce ici par l’auteur, dévoilein fine sa puissance.
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Des théoriciens servent à Raphaël Yung Mariano de piliers pour frayer son questionnement sur les relations intimes au noyau des familles : S. Freud, D.W. Winnicott, M. de M’Uzan, P. Fédida, J. Laplanche, A. Anzieu, W. Bion, A. Le Guen, J-C. Arfouilloux, L. Laufer, D. Brun et encore d’autres. Désir de voir autrement, remise en marche de la parole, victoire sur l’informe, sur la nuit, valorisation des lieux de passage, des seuils : les clés de l’acte sublimatoire se donnent, une à une. Le « devenir-adulte » si implacable proposé par Bergman rencontre ici la pensée philosophique de Raphaël Yung Mariano au travers de trois concours du combattant, épuisant certes, même si toujours soucieux de l’infantile créateur, caché au fond des cœurs. Le désir d’image s’ouvre là, pleinement. Murielle Gagnebin Professeur émérite à la Sorbonne NouvellePsychanalyste, Membre titulaire de la Société psychanalytique de Paris
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