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Sénéchal

De
80 pages

Dans sa nouvelle pièce de théâtre, l'auteur s'aventure dans le genre de la comédie et du conte en choisissant de faire porter à ses personnages des masques d'animaux et des costumes datant de l'époque 1900. Sénéchal, surnommé le généreux, est un sympathique hamster qui prend très au sérieux l'avenir de sa fille Hénechelle. Sans rien lui dire, il échange durant deux années des lettres avec l'un de ses prétendants afin de choisir celui qu'il jugera digne d'elle. Mais tel est pris qui croyait prendre, puisque Raphaël, l'amoureux, s'est rendu compte des manigances de Sénéchal. Il demande à ses frères de l'aider à tromper son futur beau-père. Au terme de plusieurs retournements, le spectacle s'achève sur une note heureuse, la promesse d'un mariage d'amour partagé suivi d'une naissance. Avec beaucoup d'humour, le dramaturge met en scène des situations cocasses qui ne manqueront pas de faire sourire le public, jeune comme adulte.


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Cet ouvrage a été composér Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-23609-6

 

© Edilivre, 2017

Acte 1

La lumière monte sur la scène et sur le décor. Un intérieur douillet. Une salle à manger. Une table, des fauteuils, une grosse pendule à balancier.

Entre un personnage.

Sénéchal

(Hamster) Péverine ! Hénechelle ! Venez vite ! Sortez de vos songes et de vos occupations ! J’ai une nouvelle ! Une grande nouvelle ! (Il relit la lettre qu’il tient dans les mains. Puis se met à tourner en rond) Quoi que je fasse, quoi que j’ordonne, elles me font toujours attendre. Attendre ! Attendre ! Est-ce bien là tout ce que je mérite ?! Encore attendre… (Il regarde l’horloge) Dix heures. (Il va vers les coulisses) Péverine ! Hénechelle ! Venez tout de suite !

Péverine

(Souris Grise) (Arrivant à jardin) Et bien, et bien ! Sénéchal ?! Quels sont ces intimations verbales ?! Tu hausses le ton ?! Te prendrais-tu pour un général ? Ici, dans ma maison ?

Sénéchal

Cette maison est aussi la mienne, ma toute belle. Je te le ferais remarquer. Où est Hénechelle ? Je veux la voir. Tout de suite ! Ici, et maintenant !

Péverine

Ho ho ?! Tu es bien nerveux. Et bien impatient. Toi qui es toujours si heureux. Si charmant. Alors ? Qu’y a-t-il ? Hénechelle dort comme une image. C’est utile ! A son âge.

Sénéchal

Attendre… Dormir… Que cette vie s’encombre en heures et en temps perdus ! Voilà tout ce que je supporte depuis le jour béni de ma naissance. (A Péverine) Et… Tu sais quoi ?

Péverine

Non. Mais tu vas me le dire.

Sénéchal

J’angoisse à l’idée d’une pensée. Et si… Et si, après la mort, au fond de la terre, ça ne soit qu’une longue attente. Une longue, lente, et désespérante attente jusqu’au jugement dernier.

Péverine

Le jugement dernier ? Qui s’en soucie ? Tu divagues !

Sénéchal

Vague ? Je n’ai pas dit « Vague » ma douce. Vas réveiller Hénechelle ! J’ai une grande nouvelle à lui annoncer. Une très grande nouvelle ! (Montrant la lettre) Là !

Péverine

Une lettre ?! Une nouvelle ?! Ha ! Je comprends mieux. Elle en reçoit si peu. Je vais la tirer de son somme.

(Elle sort. Sénéchal reste seul en scène)

Sénéchal

(Il est alors pris d’une étrange frénésie. Cherchant dans ses meubles quelque chose) Non, ce n’est pas là. (Il cherche encore) Pas là non plus. (Il cherche encore ailleurs) Peut-être qu’ici… (Il cherche dans les tiroirs où il trouve un classeur) Ça y est ! (Il prend le classeur précieusement) Le voilà ! (Il vient vers la table et il l’ouvre délicatement puis se met à énumérer les pages) Voilà. Voilà sa première. Ho que c’est beau ! Une page pleine de mots. La Magie de l’Ecriture. Sa plume court sur le papier comme un lutin sur la lande et rien ne le retarde… Rien ne le rattrape. Son encre noircit la page de façon uniforme et sereine. Rien ne le tourmente. Chaque mot est à sa place et pas un n’est plus fort qu’un autre. Tous servant l’accord du Verbe et du Temps. (Il en choisit une autre) Ha ! là, il s’inquiétait de son silence. Les majuscules se dressent. Elles ne sont pas loin de la colère. Elles hésitent entre l’insolence et le pardon. Sa plume est plus inquiète, plus fébrile. (Il s’esclaffe) Il lui rend tout de même hommage. (Il range précieusement la lettre) Ah ! Jeunesse ! (Il cherche) Où est-elle, celle-là ? celle où… La voilà ! (Il la regarde) Ha ! Là ! Cher Ecrivain, vous faites part de tout ce qui vous dévore. L’insulte est magistrale. L’encre sur le papier dessine des phrases qui ressemblent à un vrai champ de bataille. J’y vois poindre des chevaux fumivores, des canons éventrés, des sentiments mutilés ; et les verbes détonnent. C’est le cafouillage ; le doute au bord des larmes. (Il en prend une autre) ah ! Celle-ci… Au premier petit enfant, je l’encadre ! (Il la lit) Ho ma belle, ma douce, mon aimée, que ne saurais-je faire sans vous ? J’incarnerai celui qui, dans vos pensées secrètes, vous rêvez… (Il commente) Après il fait de l’humour… (Il lit) Non je n’ai pas de cheval clair… Non je ne m’habillerai pas de blanc… (T) Ah ? Après il me fustige. Il me déchire en lanières… Me grime ou me travestit. Moi ! Qui ne suis que son père ! Il se moque de ma jalousie. Moi, qui la retient prisonnière et me gifle au visage avec des verbes éloquents. (Se parlant à lui même) Promis… A la première naissance… Je l’encadre ! Garçon ou fille ! En même temps je sortirai de la cave une bonne bouteille.

(Entre Hénechelle, encore toute endormie)

Hénechelle

(Souris Blanche) Tu as parait-il des nouvelles pour moi ? Sans vouloir te brusquer mon cher Papa, je dormais…

Sénéchal

Oui ma toute petite. J’ai des nouvelles. Elles sont si fraîches ; si importantes qu’elles me brûlent les doigts.

Hénechelle

De quoi s’agit-il ? Pourquoi tu me tires de ma sieste ? Il n’est que dix heures. Tu sais que j’ai l’habitude de dormir jusqu’à midi !

Sénéchal

Connais-tu « Moned Trosand » ?

Hénechelle

(Après une grimace) Non. Pourquoi ? Je devrais ?

Sénéchal

Oui. Tu devrais… (Il se met à faire les cent pas) Oui, oui, oui, tout le genre féminin devrait connaître et se pâmer devant Moned Trosan ! Il est le B.A.BA de la pâmoison langoureuse littéraire.

Hénechelle

C’est pour me parler de lui que tu me tires de mon lit ?! Dis-moi vite ! Quelle est cette nouvelle, que j’y retourne au plus vite. (Elle trépigne) J’ai sommeil !

Sénéchal

(Sortant la lettre) J’ai là… Pour toi, un avenir prometteur. Tu ne devines pas ?

Hénechelle

Non. (Elle grimace) Un avenir tu dis ? (Soudainement) Oh, c’est tante Léontine qui m’invite pour les vacances ! C’est ça ?

Sénéchal

Cette bigote ! Pchââ ! J’ai déjà dit que son nom ne devait plus être prononcé dans ma maison ! Non. Un avenir en blanc… Tu ne saisis toujours pas ?

Hénechelle

Je vais partir à la montagne ?! Je ne supporte pas le froid…

Sénéchal

(En aparté au public) Elle est bien la seule dans cette salle à ne pas avoir compris. (Revenant à elle) Lettre… ? Blanc… ? Non ? Ça ne te dis toujours pas quelque chose ?

Hénechelle

Ben non ! Ne tourne pas autour du pot. Je languis…

Sénéchal

Et… « Demande en mariage » Est ce que ça ne serait pas plus significatif ?

Hénechelle

On me demande en mariage ?!

Sénéchal

Parfaitement.

Hénechelle

Qui ?! Est ce que je le connais ?

Sénéchal

Il te connaît par cœur.

Hénechelle

Qui ?! Dis moi qui ?! Melrose ? Ugolin ? Pierre ? C’est Pierre ! (Sautant au cou de Sénéchal) Ho mon petit Papa ! Comme je suis contente ! Pierre...