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Accompagner des projets de jeunes artisans et micro-entrepreneurs en Afrique

De
208 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1996
Lecture(s) : 310
EAN13 : 9782296316966
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Remerciements

Tous les animateurs qui ont participé à l'action «échanges-formation», Pascaline AGONMADAMI, Moussiliou ALIDOU, Matar ANT A DIOP, Oumar BA, Joseph DIDIERJEAN, Augustin DONGMO, Lanssissi EBIBOYE, Wisdom FUMEY, Stéphanie GONZAL VES, Diadji GUEYE, Antonio HERRERA, Komlan HOUNSI, Koman KONA TE, Gaston KOUAME, Françoise KOUARFATE, Claire KYELEM, David LEMBO, Cheik N'DOUR, Amadou N'GOM, Oumar NIANG, Mamadou OUEDRAOGO, Jeannette RENARD, Corinne RIQUET, Didier ROCQUE, Souleymane SECK, Bayiri SIDIBE, Mamadou SIDIBE, Moussa SISSOKO, Cécile TARDY, Pierre THOO, Yacouba TRAORE, N'Guettia YAO BA ont contribué activement à l'élaboration de cet ouvrage. Leurs structures: ADPES, AID-Mali, Caritas-Mauritanie, Ie CAGED, le CERAD-International, le Centre Don Bosco, la Communauté AbelLVIA, l'Espace-Métiers, le FAARF, Guamina, l'IRAD-MALUK, la Kora-PRD, Mali-Enjeu. le PADEB, PRODIA, la SACASE leur ont permis de participer à l'action «échanges-formation». Tous remercient Fanny CHAUVEAU, Laurent GIRARD, Pierre JOBERT, Henri LAPOUGE, Louis LHOPITAL, Alain MARIE, Nicole MARTIN. Isabelle SAGNET qui ont relu et commenté les versions préliminaires de ce document. Ils ont ainsi contribué à l'approfondissement de ce travail.
Enfin, cet ouvrage n'aurait pu voir le jour sans l'appui du Programme Jeunes Ville Emploi et de la Fondation de France à notre action.

Sous la direction de Catherine Lejeune et Hervé Derriennic

Accompagner des projets de jeunes artisans et micro-entrepreneurs en Afrique
Réflexions, méthodes et outils Manuel à l'usage des animateurs

Ouvrage

collectif

Terre des hommes France - Réseau Aoudaghost 2000
Avec le soutien du Programme Jeunes VilleEmploi et de la Fondation de France

@ L'HARMA TIAN, 1996 ISBN: 2-7384-4118-1

Accompagner des projets de jeunes artisans et micro-entrepreneurs en Afrique
Réflexions, méthodes et outils Manuel à l'usage des animateurs

Avertissement
Ce manuel à l'usage des animateurs est un ouvrage collectif. Il rassemble les travaux réalisés au cours de l'action «échangesformation entre animateurs de structures d'appui à des projets de jeunes artisans en milieu urbain en Afrique» qui s'est déroulée en 1995. Cette action a été initiée et coordonnée par Terre des Hommes France avec le soutien du Programme Jeunes Ville Emploi et de la Fondation de France. 30 animateurs, appartenant à 16 structures d'appui de 8 pays d'Afrique de l'Ouest ont participé à cette action échanges-formation. Cet ouvrage, rédigé au terme de cette action, reste «en chantier». Certains chapitres mériteraient des analyses plus approfondies et d'autres thèmes seraient à traiter pour compléter la démarche des animateurs et des structures avec les jeunes, artisans et microentrepreneurs, en milieu urbain. Ainsi, l'évaluation des programmes d'appui eux-mêmes n'est pas abordée. Ce sera l'un des thèmes que travailleront les animateurs lors de prochaines rencontres. En prévision d'une édition, revue et augmentée, cet ouvrage est donc à enrichir de nouvelles recherches et de nouvelles expériences. Le lecteur est invité à participer à ces échanges et à contacter Terre

des Hommes France et les structures d'appui qui se constituent en
réseau, Aoudaghost 2000 !

INTRODUCTION

En l'an 2000, plus de la moitié de la population africaine résidera en ville. La croissance urbaine est régulière: de 1980 à 1992, la croissance annuelle a été de 8,7% au Burkina Faso, 5,5% au Togo, 5,2% au Bénin, 4,7% en Côte d'Ivoire et 4% au Sénégal. Ces chiffres montrent l'importance du phénomène urbain dans les pays d'Afrique subsaharienne. Chacun mesure cette transformation: l'Afrique rurale devient en trois décennies majoritairement urbaine.

La ville africaine en crise....
L'exode rural conduit en ville des hommes et des femmes, le plus souvent jeunes adultes, ou des familles entières, dans l'espoir d'une vie meilleure et de revenus réguliers. La jeunesse de la population urbaine entraine naturellement une croissance démographique importante. Le taux d'accroissement est partout supérieur à 2,5%.

Cette population aspire à se loger, à vivre dignement -éducation, santé, culture, services collectifs - et à travailler. Mais face à cette réalité et à ces aspirations, nombre de pays se trouvent dans la 7

quasi incapacité à gérer cette croissance. La ville africaine s'impose dès lors comme une des priorités des politiques
économiques et sociales pour tous les responsables.

L'économie africaine «sous ajustement» Le contexte socio-économique de ces quinze dernières années, loin d'être le «moteur» d'un développementvigoureux, aggrave la crise urbaine. Pour résorber la dette, des plans d'ajustement structurel sont décidés par les grands bailleurs de fonds, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International, et sont appliqués aux économiescomme aux Etats. La première conséquence des plans d'ajustement structurel c'est de restreindre le marché de l'emploi: les Etats ne recrutent plus, même quand un personnel nouveau pourrait répondre à des besoins prioritaires (éducation, santé) et les départs volontaires sont encouragés. Les entreprises publiques sont privatisées ou contraintes de se restructurer.Les licenciements sont importants. La crise de l'emploi est générale. La jeunesse africaine en panne d'avenir En âge d'entrer dans la vie active et de gagner leur vie, les jeunes sont les premiers touchés par le chômage et le sous-emploi, ils sont les plus vulnérables. Après avoir cru en la course aux diplômes, nombre de jeunes se retrouventau terme de leurs études sans perspective sur un marché du travail fermé. D'autres, les plus nombreux, déscolarisés ou non scolarisés, n'ont accès qu'à des activités de survie, peu rémunératrices et au caractère plus ou moins légal. Dans tous les cas, les jeunes n'ont pas de perspectives à long terme. Ils vivent au jour le jour au risque d'être tentés ou entraînés dans des activités illégales,dans la délinquance. Une prise de conscience encore récente Face à ces réalités, des associations, des Organisations non 8

gouvernementales de développement (ONG), des centres de fonnation... se saisissent de ces problèmes et cherchent avec les jeunes des alternatives. Terre des Hommes France a engagé un premier programme de fonnation et de perfectionnementde jeunes apprentis à Dakar dès 1982, afin de préparer leur installationdans l'artisanat. Le Colloque «Jeunes, Ville, Emploi: quel avenir pour la jeunesse africaine ?». à l'initiative du ministère français de la Coopération, a réuni à l'automne 1992 de nombreux acteurs, chercheurs et responsables d'Afrique et d'Europe. Les préoccupations essentielles de la jeunesse africaine quant à son avenir ont fait l'objet de débats et d'analyses.Des perspectives ont été affinnées et des actions mobilisatricesdécidées avec la mise en oeuvre d'un programme triennal Jeunes-Ville-Emploi. C'est dans ce contexte et avec le soutien de ce programme que Terre des Hommes France a élaboré et conduit, à compter de 1994, une action «d'échanges-formation entre animateurs de structures d'appui à des projets de jeunes artisans en milieu urbain en Afrique.» Cette action s'est déroulée sur 18 mois. Au total, 27 animateurs appanenant à 16 structures d'appui et originaires de 8 pays d'Afrique de l'Ouest, se sont impliqués dans cette action. Sa finalité est de pennettre aux animateurs d'approfondir et de clarifier leurs méthodes d'appui à l'insenion de jeunes dans la vie sociale et économique. C'est cette action entre animateurset les acquis de leurs échanges que cet ouvrage développe.

L'action échanges-formation
La rencontre des animateurs et des structures d'appui L'étape préalable à l'action échanges-formation a été l'identification des structures actives auprès des jeunes en milieu urbain. Terre des Hommes France, riche de son expérience de panenariat avec deux associationsafricaines -l'ADPES à Dakar et 9

Guamina à Bamako - et infonnée de l'existence de nombreuses initiatives similaires, a organisé deux missions pour identifier ces structures et rencontrer les équipes d'animateurs dans plusieurs pays, Bénin, Burkina Faso, CÔte d'Ivoire, Mali, Mauritanie,
Sénégal et Togo. Au cours de cette phase de recherche en France et en Afrique, près de cinquante associations, ONG, centres de fonnation ou autres ont été visités. Les animateurs de ces structures mènent des actions avec des jeunes et/ou avec des artisans, mais dans tous les cas ils ont le souci de la réussite de projets à caractère économique. Ces rencontres ont souligné les besoins d'échanges entre animateurs et la nécessité de répondre à leurs attentes en matière de fonnation. Au tenne de cette étape, il a été proposé à 16 structures d'appui de déléguer chacune un ou deux membres de leur équipe d'animation pour paniciper à l'action échanges-formation.

Le déroulement de l'action Au cours de l'année 1995. l'action compone trois phases: un premier stage échanges-formation en janvier puis des visiteséchanges entre structures d'appui au deuxième trimestre et un second stage de capitalisationen juillet.
Le premier stage échanges-formation a tout d'abord pour objet la

découvene mutuelle des 16 structures panicipantes. la nature de chacune d'elles, leurs objectifs et leurs méthodes d'appui aux jeunes. Le programme de ce stage prévoit le déroulement des travaux en ateliers autour de 9 thèmes distincts :

- connaissance

du milieu anisanal, des jeunes, connaissance de l'environnement institutionnel, - initiation économique,

- connaissance

- identification de projets, -montage et évaluation de projets,
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Pour préparer chaque atelier des animateurs sont sollicités en fonction de l'expérience de leurs structures. Les travaux en ateliers permettent aux animateurs de confronter leurs pratiques, d'analyser leurs difficultés et d'envisager quelques solutions. Lors de visites auprès de jeunes, d'artisans, d'associations socioprofessionnelles, les animateurs appréhendent l'environnement des programmes d'appui mis en oeuvre par trois ONG sur la ville de Bamako. Un document-mémoire est élaboré tout au long du stage. Il est diffusé peu après. Il réunit toutes les contributions des animateurs, les synthèses des échanges et présente des fiches de méthode utilisées par telle ou telle structure en fonction de son environnement et de ses objectifs propres. Au terme du stage de Bamako, les animateurs déterminent un programme de 5 visites-échanges (choix du lieu et des thèmes de réflexion) : Kara (Togo) * les pratiques de valorisation de l'apprentissage, * l'installation, le suivi et l'évaluationdes unités artisanales. Lomé (Togo) * la formation, son suivi et son évaluation dans les domaines de la technique, de la gestion, de l'organisation de l'entreprise et des ressources humaines, * l'appui aux artisans dans la recherchede marchés. Ouagadougou (Burkina Faso) * le crédit, * l'évaluation de projets économiques. Tambacounda (Sénégal) * les rapports entre les ONG et les structures formelles de formation, * le financement de l'activité socio-économique par le crédit bancaire: forces et faiblesses. Il

-crédit et gestion, -techniques de commercialisationet innovations technologiques, -formation et suivi.

* les techniques de montage de projets. Tabacorro (Mali) * la gestion du crédit, * la formation.

Un document de travail est envoyé à chaque structure afin de rappelerles thèmes choisis et les participantsà chacunedes visites. Deux thèmes transversauxsont égalementproposés: Groupement
d'Intérêt Economique/entreprise individuelle et l'apprentissage. Chaque structure d'appui intervient au cours des visites-échanges sur les thèmes choisis. Les participants mènent ensuite des débats pour poursuivre leur réflexion. Quelques personnes-ressources (extérieures) sont aussi invitées à intervenir. Des visites de terrain pennettent des échanges concrets avec des porteurs de projet et des artisans qui bénéficient des activités des structures. En juillet 1995, pour la capitalisation les animateurs se retrouvent à Dakar. Quelques animateurs élus à Bamako participent en concertation avec Terre des Hommes France à la préparation de ce second stage. Il s'agit de reprendre l'ensemble des échanges de la rencontre à Bamako et de les confronter aux réflexions menées lors des visites-échanges et aux expériences des animateurs. Des apports complémentaires sont réunis grâce à l'intervention de quelques personnes-ressources. L'objectif final est la présentation d'une synthèse des méthodologies d'appui aux jeunes en vue de leur insertion socioprofessionnelle dans le secteur artisanal.

L'échanges-formation: une méthode constructive La démarche d'échanges-formation sous-tend la conduite de l'action initiée par Terre des Hommes France et le programme Jeunes-Ville-Emploi. Dans ce domaine, chaque action est une expérience unique puisqu'elle repose sur l'implication forte des participants. Malgré cela, il est tout de même possible de caractérisercette démarche.

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Repères méthodologiques La démarcheéchanges{ormationnécessitetrois étapesdistinctes:

- la connaissance

mutuelle des participants,

-la capitalisation. Etre partie prenante d'une démarche d'échanges-formation nécessite de pouvoir partager son activité, d'échanger ses expériences, de vouloir approfondirdes réflexionset des méthodes d'action. Le choix des participants est donc primordial. Les personnes invitées doivent avoir suffisamment d'objectifs communs, être responsables d'actions convergentes, avoir acquis une expérience suffisante. Les participants établissent des relations de connaissance mutuelle dès leur première rencontre. Ainsi chacun se présente au groupe, explique sa structure, ses objectifs et expose son travail en décrivant son environnement. Après chaque intervention, un temps de libre expression pennet d'éclaircir cenains points. Les échanges et la réflexion sur les thèmes choisis peuvent dès lors être menés avec rigueur. Les panicipants se connaissent et s'expliquent plus facilement sur leur pratique. Les échanges sur des thèmes précis, préalablement définis, sont d'abord menés en atelier: le travail par petits groupes est en effet à privilégier. Il pennet l'expression de tous les panicipants. Dans chaque atelier, les échanges sont ouverts par un ou deux exposés préparés par des panicipants. La parole est ensuite donnée aux autres membres du groupe pour apporterdes précisions. Ensuite, chacun s'exprime sur le thème en fonction de sa propre expérience, de ses pratiques. Les débats sont alors ouverts. Afin de clarifier progressivement les échanges et de progresser dans la réflexion quelques repères sont ici proposés. Ils ne sont ni exclusifs, ni restrictifs et dépendent en fait de l'objet même de l'échanges-formation: - avantages et inconvénientsperçus des différentespratiques,
forts et points faibles, - difficultés rencontrées,

- les échanges et approfondissements,

- points

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-ébauches de solutions. La restitution en réunion plénière des différents ateliers donne l'occasion à de nouveaux questionnements et ouvre de nouveaux débats. Une synthèsepeut être élaborée. Une capitalisationintermédiaireest souvent utile. Il y a nécessité pour les panicipants de pouvoir décomposer leurs expériences, classer les éléments réunis, structurer des fiches de synthèse, et enfin élaborer un document mémoire de leurs échanges, réflexions et efforts de méthode. La capitalisation finale interviendra dans un second temps, souvent au cours d'un nouveau stage. Les panicipants prennent ainsi du recul par rappon à tout ce qu'ils ont découven et par rappon aux éléments réunis. La capitalisation est systématique pour chaque thème. Chaque panicipant s'exprime sur les documents intennédiaires et panicipe à la finalisationde la production du groupe.
Enfin, l'évaluation continue d'une action d'échanges-formation fait panie intégrante de la méthode. Les panicipants s'expriment sur la qualité de l'organisation, sur le déroulement des échanges et leurs contenus, ils suivent la progression de leurs travaux en groupe. Puisque les participants sont à la fois acteurs et bénéficiaires, l'évaluation est indispensable pour adapter, recentrer, voire réorganiser.

Avan~ageset contraintes de l'échanges-formation L'échanges{ormation a pour principal avantage - ou point fon de valoriser les compétences internes du groupe en formation. En effet, chaque panicipant appone et reçoit. Et si une personneressource participe, elle n'est plus au «centre» du processus de formation comme c'est le cas dans une démarche «classique».Son intervention est un complément aux travaux du groupe et les relations qu'elle établit ne sont pas «venicales». La personne invitée sera elle-même à l'écoute des expériences de ses interlocuteurs. 14

Quelques difficultés peuvent intelVenirau cours de l'échangesformation. La principale c'est la maîtrise aussi bien des temps de parole ou d'échanges que de leurs contenus. En raison de la nature
de la démarche et des caractéristiques des participants personnes de terrain, praticiens dans leur domaine tout devient objet et sujet

-

-

de l'échanges-formation. fi est parfois difficile de contenir toutes les préoccupations ou centres d'intérêt des participants dans un cadre délimité, cadre pourtant nécessaire à la qualité de l'action. Ils doivent accepter de ne pouvoir tout traiter. La méthode échanges-formation est donc riche mais exigeante parce que la dimension humaine y est plus présente que dans une fonnation classique. Le rôle de l'animateur du groupe ou facilitateur est dès lors crucial. Il présente et rappelle les objectifs. situe chaque thème et chaque échange dans la progression des travaux de groupe et en assure la cohérence. L'animateur suscite la participation de tous pour éviter que telle personnalité ou expérience ne s'impose comme seu1eréférence. Il régule les débats. Selon l'expérience des participants. la fonction d'animation. souvent prise en charge par une personne-ressource extérieure, peut être partagée avec des membres du groupe. Un ouvrage collectif Le présent ouvrage expose les travaux d'un groupe d'animateurs motivés par l'appui à des projets de jeunes artisans en milieu urbain en Afrique. Certes ce groupe rassemble une trentaine d'animateurs. mais les réflexions rapportées ici leur restent propres et doivent être resituées dans leur contexte particulier. En première partie de cet ouvrage sont exposées les principales réalités que doivent appréhender les animateurs au cours de leur action: les jeunes. le milieu artisanal et l'apprentissage. La seconde partie traite de la démarche d'appui. Les différentes étapes sont exposées. de l'adaptation socio-économiqued'un jeune, 15

porteur de projet, au suivi de l'unité artisanale. Ce manuel constitue en quelque sorte un guide à l'usage des animateurs et des formateurs. Le lecteur découvrira des idées, des suggestions, des réflexions, des recommandations, des outils, mais en aucun cas des recettes toutes faites. Chaque structure, chaque animateur reste responsable de la démarche d'appui qu'il choisit de proposer aux jeunes africains qui croient en leur avenir.

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PREMIERE PARTIE

Les jeunes et l'artisanat
Des connaissances de base sur les jeunes et sur l'artisanat constituent le minimum requis pour une bonne action d'appui à l'insertion socio-économiquedes jeunes dans l'artisanat urbain. Cette première partie a pour objet de situer le contexte de l'intervention des structures qui appuient les jeunes artisans. Tout animateur qui souhaite s'engager auprès des jeunes doit préalablement, et par souci d'efficacité, appréhender les domaines dans lesquels il va s'investir. Il faut certes s'imprégner des réalités du milieu, mais il faut également ne pas faire abstraction des perceptions et représentations de l'artisanat et de l'apprentissage que s'est construite la société.

ChapitreI
Connaissance des jeunes

Les jeunes fonnent une grande partie des populations africaines. Le taux de natalité élevé. la faible espérance de vie sont autant de facteurs de rajeunissement des populations qui doivent amener les associations et les organisations socio-économiques de développement à travailler avec et pour les jeunes. Les moins de 15 ans constituent une part très importante de la population: 1994 47% 45 44 49 1994 47% 43 45 43

Bénin Burkina Faso Cameroun Côte d'Ivoire

Mali
Mauritanie

Sénégal Togo

Source: L'Etat du monde 1996, annuaire économique et géopolitique mondial, La Découverte, Paris, 1995

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Quelques

caractéristiques

La notion de «jeune» est un concept qui recouvre en Afrique de nombreuses réalités. Une personne peut rester «jeune» tant que lui survit un patriarche, un aÛlé, membre de sa communauté (famille, chefferie...). Le passage de l'état de «jeune» à celui d'«adulte» est à la fois culturel (traditionnel et initiatique), économique, social et matrimonial. Ainsi, la jeunesse des filles s'arrête, le plus souvent, là où le mariage commence. Mais la recherche d'une définition n'est pas une fin en soi. Le travail d'appui à des projets de jeunes concerne tout à la fois des apprentis au sortir de leur formation, des jeunes inactifs et marginaux, des déscolarisés, des diplômés... qui souhaitent s'insérer dans la société par l'exercice d'une activité productive rémunératrice. Les «jeunes» concernés peuvent avoir de 18 à 35 ans. Ce public <<jeune»est très large. L'hétérogénéité que traduit la diversité des dénominations est grande: jeunes démunis, jeunes travailleurs, jeunes diplômés, jeunes de la rue, jeunes dans la rue, jeunes analphabètes, jeunes en situation difficile, et d'autres encore. Pour pallier cette multiplication des qualitatifs et des classifications, nous avons retenus trois critères principaux: l'alphabétisation, la formation, les relations sociales et familiales. Face à ces groupes de jeunes, les animateurs adoptent une même approche. Ensuite, compte-tenu de la particularité sociale, scolaire et professionnelle du jeune, différentes démarches doivent être entreprises.

Rencontre,

mise en confiance et appui

Quel que soit l'objectif final de la démarche avec un jeune, elle suit un déroulement linéaire qui passe par trois grandes étapes: une rencontre,une confiance réciproque,et l'appui. Ainsi, la méthode de travail avec les jeunes peut être systématisée: 20