Afrique du Sud

Afrique du Sud

-

Livres
230 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Le pan de la réconciliation a déjà été gagne deux fois. Le jour de l'investiture présidentielle et lors de la victoire de la Coupe du Monde de Rugby, Nelson Mandela a réussi à rassembler son pays dans une véritable fusion identitaire qui a cimenté cette étonnante société multiraciale. Hier l'Afrique du Sud était l'illustration du pire des racismes, aujourd'hui elle relève le défi d'une société multiculturelle dont l'arc-en-ciel se retrouve dans le vibrant symbole que représente le drapeau national. Après un an de démocratie, qu'en est-il vraiment ? Avec le recul, il est temps d'en observer de façon critique tous les aspects : culture et société, politique intérieure et géopolitique régionale, économie et finances, qui seront traités dans cet ouvrage réunissant toutes les données actualisées du moment. Prenant le parti d'être sur tous les sujets le plus exhaustif possible, cet ouvrage doit permettre à chacun de réviser ses préjugés et de se faire une opinion objective sur l'Afrique du Sud. Ce sera donc en connaissance de cause que l'entrepreneur pourra laisser libre cours à son imagination et échanger idées et richesses avec de pays-continent.

Sujets

Informations

Publié par
Ajouté le 01 janvier 1995
Nombre de lectures 61
EAN13 9782296311381
Langue Français
Signaler un abus

AFRIQUE DU SUD Le Pari

Du même auteur:
* Ouvrage récent: lA Monnaie Européenne, Enjeux et réflexions, Editions Economica, 1995. * Direction d'ouvrage: ù Chaos et la Raison, MaréchalE. Chapochnikov, Editions n01, 1994. * En préparation: CD-Rom sur l'Europe, Editions Edusoft, 1995.
L'artr1£ nucléaire, Proliférations et Doctrines, 1996.

1995 ISBN: 2-7384-3797-4

@ L'Harmattan,

FRANK GENIN

AFRIQUE DU SUD Le Pari

Editions L'Harmattan 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75 005 Paris

Remerciements

Je tiens à remercier pour leur enrichissante collaboration, Messieurs Dominique Brunin et Hubert d'Amato, et tout particulièrement mafidèle collaboratrice, Madame Yolande Brennan.

En couverture: Le Président de la République d'Afrique du Sud, Nelson Mandela, remettant la Coupe du Monde de Rugby 95 au capitaine de l'équipe nationale, François Pienaar, lors de la finale contre la Nouvelle-Zélande, le 24 juin 1995 à Ellis Park (photo David Rogers, agence Vandystadt).
Maquette de couvérture, PAO et infographie: ANTENNA, Paris

SOMMAIRE
Introduction Chapitre 1 1.1 1.2 1.3 1.4 Culture Histoire Littérature Religion Symboles 9

13 28 30 32

Chapitre 2

Société 2.1Faits et statistiques 2.2 Indice de développement humain 2.3 Géographie humaine

37 42 44

Chapitre 3

Politique 3.1 La Constitution Intérimaire 3.2 Les élections présidentielles et parlementaires de 1994 3.3 Le Gouvernement 3.4 La transition politique 3.5 La pression syndicale 3.6 Le "Volkstaat" 3.7 La recomposition du paysage politique 3.8 L'analyse du risque politique

71 78 96 102 109 113 115 119

Chapitre 4 4.1 4.2 4.3 4.4 4.5 4.6

Economie Macro-économie Indice de liberté économique Le R. D. P. Les privatisations L'indice de compétitivité Le risque-pays

123 127 132 136 138 140

4.7 Tactiques de pénétration du 'marché par genre d'intervenant 4.8 Les agences de développement

141 146

Chapitre 5 Finance 5.1 Le budget 5.2 Le :contrôle des changes 5.3 Le Rand 5.4 La haute Finance 5.5 Les majors de l'industrie 5.6 Les groupes noirs émergents 5.7 Le Rating 5.8 La ,fiscalité des entreprises

151 153 156 159 161 181 186 187

Chapitre 6

Biographies du Pouvoir 6.1 Les acteurs politiques du gouvernement 6.2 Les personnalités hors-gouvernement 6.3 Les décideurs de la communauté des affaires

193 207 212

Chapitre 7

Géo-économie 7.ILe tremplin sud-africain vers le continent 7.2 La pénétration sud-africaine sur le continent 7.3 La SACU,Union Douanière d'Afrique Australe 7.4 La SADC, Communauté Économique d'Afrique Australe 7.5 Le P.T.A. et la COMESA 7.6 L'I.O.R., Indian Ocean Rim

217 219 222 223 227 228 229 231

Conclusion Bibliographie

INTRODUCTION
Le pari de la réconciliation est gagné. Nelson Mandela, chef d'Etat et chef d'équipe vient d'offrir à son pays une seconde victoire chargée de tous les symboles d'une unité raciale dont il avait signé le défi dès sa sortie de vingt-sept années de pnson. Quelle image saisissante cet animal politique nous a présentée sur les télévisions mondiales en arborant tel un simple supporter le maillot de l'équipe, et avec une coquetterie calculée, le même numéro que le capitaine... hurlant avec la foule d'Ellis Park et les millions de Sud-Africains réunis dans une transe télévisuelle jusqu'à la libération finale de la victoire! Une équipe de Blancs 1 dont le rugby est un des piliers culturels de leur minorité a réussi à rassembler dans un seul mouvement sportif toute la fierté d'une nation. Une équipe, une nation 2 cette fusion identitaire a cimenté pour la seconde fois ce peuple uni par cette passion du rugby et, avec lui, le sentiment de reprendre place dans le concert des nations. La joie des millions de Sud-Africains s'embrassant tous dans un véritable patchwork de couleurs était d'une fraternité comparable à celle qu'avait suscitée la cérémonie d'investiture du président Mandela. Hier le nom des Springboks était haï, chargé de souvenirs de boycott des Jeux et d'interdiction de matches. Aujourd'hui, par leur retour sur la plus haute marche du podium, c'est la victoire de la démocratie que l'on associe, celle qui leur a per. Et un métis Chester Williams... pas de Noirs pour l'instant encore de niveau international. 'J ... Mot célèbre du capitaine François Pienaar à la veille du match finaL

9

mis de revenir se battre face à des adversaires qu'ils leur était interdit de rencontrer.

D'un seul cri, d'un seul bloc toute la nation les a soutenus, et malgré un talent légèrement inférieur à celui des Néo-Zélandais, c'est la rage de la revanche qui les a fait gagner pour leur nouveau drapeau. Une équipe, une nation, l'histoire mérite d'être d'être signalée pour sa beauté et sa rareté. Mais maintenant, dans cet ouvrage, nous allons laisser le lyrisme des images et l'enthousiasme de côté pour prendre du recul et observer d'un oeil critique le pays sous tous ses aspects. Je souhaite qu'il permette à chacun, selon ses centres d'intérêt, de se faire son propre jugement, de saisir ainsi la chance d'ouverture d'un continent par son cône sud, pour y échanger des idées en leur apportant projets et marchés, et s'enrichir enfin de cette société multiraciale assez étonnante qui mérite le respect.

Paris, le 16 octobre 1995
Frank GENIN

10

Chapitre

1

CULTURE

1.1. HISTOIRE
1.1.1. Les BOCHIMANS - (1500 av. J.C.) A l'instar des aborigènes d'Australie et des pygmées de République Centrafricaine, les Bochimans sont les derniers hommes de la préh.istoire à perpétuer, en plein XXème siècle, le mode de vie néolithique. Des peintures rupestres découvertes dans le parc Kranberg (province du Natal) et que le Carbone 14 date de 1500 ans avant notre ère le confirment. Délaissant l'élevage et l'agriculture pour ne vivre que de la chasse, ils traversèrent définitivement le fleuve Limpopo vers l'an 300 avoJ.C. et s'installèrent dans le centre et l'ouest de l'Afrique du Sud d'aujourd'hui. Repoussés peu à peu des terres cultivables qu'ils n'exploitaient pas par les attaques croisées des agriculteurs bantous venus du nord et des éleveurs hottentots remontant du sud, ils se sont repliés prudemment dans le désert du Kalahari. Depuis lors, dans ce désert devenu leur domaine, quelque 60 000 d'entre eux, reconnaissables à leur stéatopygie, vivent paisibles et sereins, continuant à dessiner des fresques polychromes au moyen de minéraux broyés et mélangés à de la graisse animale.

1.1.2. Les BANTOUS (du IXème au XIème siècle) Les premières migrations bantoues, venant de la région des Grands Lacs en traversant le Limpopo, remontent au XVème siècle. Néanmoins l'on ignore tout des raisons qui poussèrent des pasteurs et des agriculteurs pour la plupart, à quitter leur

.~
~

{ ~ (

\ \
.

.

i
,.... "~~""""""~

" ,\ E ." :' l~)

;

.

~-_/

"/\"..1

~ =,:NOII£
MtGRAOON £UROPtENNl

GRANDES MIGRATIONS ou xvlr AU XIX" SltCtE

16SlA1I8Q
MKSRAnoN

~.Qf)

1N00ENNf

13

région d'origine pour se diriger vers le sud à la recherche de nouveaux pâturages. Organisés en cellules regroupées sous l'autorité d'un chef et dépendant d'un Kraal, tout à la fois ferme et camp militaire, les Bantous, dont le nom signifie les hommes, le peuple, étaient subdivisés en quatre tribus principales: les Sothos, les Vendas, les Tsongas et les Ngunis. C'est de cette dernière tribu que sont issus les Zoulous et les Xhosas dont les affrontements guerriers perpétuent jusqu'à aujourd'hui encore une tragédie vieille de cinq siècles.

1.1.3. Les découvertes portllgaises (1486-1497) A la fin du XVème siècle, le Portugal, première nation maritime du monde, vit son roi Joao II proclamé par le Pape Sixte V souverain des territoires conquis sur le continent africain. Les navigateurs étaient ainsi officiellement autorisés à poser des jalons, marques de leurs premières conquêtes. Le premier d'entre eux, Diego Cao, après avoir découvert l'embouchure du fleuve Zaïre, atteignit en 1496 Alexander Bay à la frontière namibienne. En 1488, à la tête d'une expédition de deux caravelles, Bartolomeu Dias, qui débarqua d'abord sur les côtes angolaises, avant d'accoster plus au sud à Mossel Bay et sur son voyage de retour à False Bay, découvrit le premier le cap de Bonne Espérance. Neuf ans plus tard, Vasco de Gama longea plus méthodiquement le littoral est et, après avoir dépassé le cap de Bonne Espérance, atteignit le Natal. A la recherche d'une escale sur la route des Indes, il avait préféré laisser ses navires voguer au gré des vents de mousson jusqu'aux Indes, plutôt que d'affronter des vents contraires et le cap des tempêtes déjà bien. nommé. Le Portugal n'ayant plus les moyens d'exploiter ces nouvelles terres simultanément à ses nouvelles possessions indiennes, ces découvertes demeurèrent sans suite, laissant le champ libre à sa rivale d'alors, la Hollande.
«.. .1648 : le français Etienne de Flacourt effectua une reconnaissance dans la baie de Saldagne (Saldanha Bay à 30 km du Cap). A son retour, Colbert le reçut, prenant intérêt à son projet d'implantation de comptoir... hélas, sans suite... dommage...»

1.1.4. La Compagnie Hollandaise des Indes Orientales (1642-1795) Dès la fin du XVllème siècle, le monopole maritime hispano-portugais fut ébranlé par les nouvelles puissances issues de la Réforme. Les Provinces Unies proclamant leur indépendance créèrent en 1602, par la fusion de 17 sociétés maritimes, la Compagnie Hollandaise des Indes Orientales. Parmi les premières expéditions, l'une éChoua (le Haarlem) en 1647 devant la montagne de la Table. Après cinq mois de réparations, les officiers rentrèrent en 14

Hollande et firent leur rapport devant le Conseil des 17 sous forme d'un mémoire intitulé Exposé montrant quels services, avantages et profits, la Compagnie des Indes Orientales tirera de l'établissement d'unfort et d'unjardin au Cap de Bonne Espérance.

L'argument majeur était séduisant: la route d'Europe jusqu'à Batavia sans escale étant trop longue, les hommes tombaient malades en cours de route, faute de vivres frais. Le Cap bénéficiant d'un climat et de terres favorables comme d'une population peu nombreuse et de commerce agréable d'indigènes hottentots, ce rapport conseilla l'établissement d'une escale de ravitaillement dans la baie de la Table. L'idée ayant été adoptée, l'envoi d'une expédition de trois navires fut décidé un an plus tard. Le commandant Jan Van Riebeeck, accompagné d'une centaine de soldats, y accosta le 9 avril 1652. Il mit aussitôt en chantier la construction d'un fort et d'un jardin irrigué, afin de donner au plus vite les fruits et légumes souhaités. Allant audelà de sa mission du départ, il obtint l'accord d'en faire une colonie dès 1654. Devenus citoyens libres, les marins allemands et hollandais d'origine exploitèrent les terres qui leur furent allouées contre un engagement d'achat à prix fixes de leurs produits. Le port d'escale, rendez-vous des océans qui devint petit à petit un vrai comptoir, vit passer, de 1653 à 1661, plus de 500 navires qui s'y arrêtaient volontiers. Un fait important: l'origine créole de.la langue afrikaans (le terme n'apparaît qu'en 1707) est due à l'arrivée d'esclaves de Java et de Madagascar. Les Hottentots refusant de travailler au service des colons, la Compagnie se vit contrainte d'importer des esclaves pour faire face aux besoins de plus en plus pressants de main-d'œuvre. Dès cette époque, la société...commença à se métisser, confortée par la célébration de mariages mixtes, base de la population colored d'aujourd'hui.

LA TABLE

ET LA VilLE DU CAP en 1654

15

«...En 1685, la Compagnie décida d'accueillir les Huguenots français (100 000 réfugiés en Hollande) qui avaient fui la France après la Révocation de l'Edit de Nantes (18 Octobre). Elle leur proposa de partir coloniser la région du Cap. Le 16 Avril1689, un premier bateau accosta et le mouvement se poursuivit jusqu'en 1720. On a .pu répertorIer 184 noms de r4fugiés français: la plupart se sont installés dans la zone de Stellenbosch et y ont implanté la culture de la vigne. Aujourd'hui, sur les 2,7 millions d'Afrikaners, 300000 revendiquent leurs origines françaises, origines que l'on retrouve aisément dans leurs patronymes: Villiers, La Grange, du Plessis, du Toit, Malherbe, Cellier, Marais, etc... Les racines françaises se retrouvent aujourd'hui encore dans le berceau fondateur de Franshoek (coin des Français). Le mémorial élevé à la mémoire des protestants français et inauguré en 1948 au pied du Drakenstein derrière Le Cap le rappelle...»

Parallèlement à ces installations de pionniers dans la' zone bien délimitée du Cap, l'essor démographique et le besoin d'indépendance en dehors des règles strictes édictées par la Compagnie incitèrent les fermiers à aller plus loin vers l'est. Les Hottentots décimés par la variole n'y opposèrent aucune résistance, mais ils se retrouvèrent face aux Xhosas qui, après leur scission d'avec les Zoulous (issus de la même ethnie d'origine, les Ngunis), émigraient vers eux. Cette période (17791877) dénommée Guerre Cafre, est en fait une suite d'escarmouches et d'attaques brèves entre les Afrikaners et les guerriers xhosas. Il est essentiel de retenir, pour mieux comprendre l'histoire afrikaner, que le mythe fondateur de la frontière est né à partir de là. En Europe, au même moment, la Révolution Française fragilisant les royaumes voisins et le roi de Hollande trouvant refuge en Angleterre, la République Batave est proclamée en 1795. Prenant prétexte que Le Cap pourrait tomber aux mains de la France révolutionnaire, le Colonial Office négocia avec la Compagnie Hollandaise des Indes la prise en charge de ses intérêts d'outre-mer.

1.1.5. L'ordre britannique (1796-1909) Sans tarder, et jusqu'en 1806, les anglais utilisèrent leur suprématie sur les mers pour protéger Le Cap. A cette date, ils s'emparèrent du pouvoir; cette prise en force ne sera légitimée qu'avec.l'achat,en 1814, de la Colonie à la Hollande pour six millions de Livres. Mais le brassage entre colons calvinistes et fonctionnaires anglais acquis au libéralisme se fit mal. Très vite, les récemment nommés Boers (paysan en hollandais) se mirent à redouter les velléités .de législation égalitaire que voulut mettre en oeuvre la couronne britannique. Elle leur aurait fait perdre leur régime patriarcal et aurait porté atteinte à leur particularisme linguistique basé sur l'afrikaans, cette langue créole déjà enseignée à leurs enfants. 16

Pendant cette période de tension anglo-boer, un autre mythe fondateur de la nation sud-africaine se fitjour, celui des guemers zoulous (Le Ciel).
«...En 1816, Chaka, succédant à son père à la tête des Zoulous, reconstitua l'armée "Impis", formée de régiments placés sous l'autorité de généraux, les "Indunas". Il institua la conscription obligatoire et révolutionna la stratégie en imposant l'attaque en Hcorne de buffle" fondée sur l'encerclement. Cette formidable machine de guerre qui couvrait jusqu'à 80 kilomètres par jour, soumettait la plupart des clans rebelles. Mais, surtout, elle repoussa vers le sud les Xhosas qui se retrouvèrent face aux Afrikaners, et renvoya les Sothos au nord, les Tsanas vers le Kalahari et les Ndébélés vers le Zimbabwe d'aujourd'hui. Cette période que la tradition orale nomme la "guerre difaqane", a poussé à l'exode obligatoire sous forme de migrations anarchiques toutes les anciennes tribus bantoues. Ces populations qui se retrouvèrent ainsi éparpillées dans le pays, ne pardonnent toujours pas aujourd'hui... En 1828, à l'apogée de sa gloire, le royaume zoulou, comptant une armée de vingt mille guerriers, occupa avec force son noyau central, le Natal actuel, et n' engagea pas plus loin ses conquêtes...» Le Cap observait de loin ces guerres inter-tribales, sa préoccupation du moment étant l'organisation et l'expansion de la colonie avec deux faits marquants:

*En 1820, quelque 5 000 colons anglais débarquèrent au Cap, une deuxième vague accostant à Algoa (Port Elizabeth) sous l'impulsion d'une double politique: protéger les frontières à peu de frais et surtout remplacer par une colonie d'immigration anglaise une colonie hollandaise bien trop réticente à la modernité. * En 1833, l'abolition de l'esclavage prit à contre-pied la communauté boer. L'affranchissement de sa main-d'oeuvre menaça directement un des piliers de sa société à savoir cette relation maître-serviteur extraite de la Bible. Ce sont les pasteurs de l'Eglise Réformée hollandaise qui avaient érigé en dogme fondamentaliste la malédiction de CHAM (personnage biblique de race noire qui se moqua de SQnpère, Noé, un jour qu'il était ivre. Ulcéré, Noé punit Cham en condamnant sa descendance à la servitude éternelle). C'était déjà là le premier pilier de ces convictions rigides et de ces fermes certitudes qui conduiront progressivement les Boers, tout au long de leur histoire, à la définition constitutionnelle d'un développement séparé (apartheid).

17

Langues Bantoues

XHOSA

~
Tsonga

Familles

(groupes)

linguistiques

m

Sotho

E:I

Nguni

III

Venda

1834 voit alors le début de l'épopée fondatrice du peuple afrikaner, qui mit sur les routes, dans des équipages brinquebalants, des centaines de familles déterminées, en direction tout d'abord du Natal (dénommé le Petit Trek) puis et surtout de l'est et du nord, la région du mythique Grand Trek. Les Trekboers partirent en convoi de chariots attelés de 6 à 10 paires de boeufs, le Boer muni d'un long fouet pour les diriger marchant à leurs côtés. A la nuit, selon le même réflexe que leurs homologues américains, les Wagons étaient disposés en cercle autour d'un grand feu. C'était le laager, un système de défense contre les incursions guerrières des tribus noires et des bêtes sauvages. Le héros du far-west américain avec sa bible et son fusil est le frère du Boer du Grand Trek parti vers son far-east terre promise. Cet exode est toujours aujourd'hui, la pierre de touche de l'histoire et de la conscience du peuple afrikaner, car il s'est alors pris pour le peuple élu, soutenu par une foi ardente, naïve et trouvant des justifications divînes à sa pensée. Le Grand Trek correspondait à une double nécessité théologique d'une part, fuir un Etat contre Nature (contre Dieu) imposé par les Anglais, et politique d'autre part, partir implanter la civilisation chrétienne à l'intérieur. Le discours d'opposition se situait entre les civilisés (les Boers et Dieu) et les sauvages, en prolongement des fondements de la Réforme: Achever l'oeuvre de Dieu, qu'un extrait des mémoires de PietRe~ief (un des principaux responsables de l'expédition) traduit bien: UNousquittons aujourd'hui la terre fertile de notre naissance (...) et pénétrons dans un territoire dangereux et sauvage. Mais nous avan18

çons en faisant confiance à l'EIre miséricordieux et juste qui voit tout, que nous devons nous efforcer de craindre et à qui nous devons humblement obéir"...

Cette conquête de l'est débuta par des approches diplomatiques auprès du roi zoulou Diugaan avec lequel les Afrikaners voulurent négocier des cessions de terres. Mais ils ignoraient alors que le caractère zoulou, inchangé jusqu'à aujourd'hui, ne comprend et ne vénère que la force. Le massacre de Weenen (larmes) a été poursuivi par des raids vengeurs vite repoussés jusqu'à la bataille historique et décisive de Blood River que les Boers remportèrent sur 12 000 Zoulous.
«...11 est intéressant de noter qu'au XIXème mais surtout au XXème siècle et jusqu'à ces temps derniers, le rapport de forces entre Zoulous et ~frikaners revêt une certaine forme de complicité et de respect pour les"descendants de ceux qui les ont vaincus,. par contre, pour ceux qu'ils. ont pourchassés et battus, les Xhosas, l'ethnie majoritaire de l'ANC, de la condescendance et la recherche de l'affrontement systématique...»

Pendant cette période relativement calme, deux faits constitutifs de la nation sud-africaine sont à retenir: - d'une part, en 1843, le Natal devint colonie britannique - d'autre part, les Boers, occupant les Républiques du Transvaal et de l'Etat Libre d'Orange qu'ils avaient gérés par un gouvernement régulier, virent en 1854 et 1857 leur autodétermination reconnue par la couronne britannique. Sur l'emplacement d'une ferme, fut décidée la fondation d'une capitale, Pretoria, ville voulue par Marthinus Pretorius, le chef boer vainqueur de Blood River. Pendant ce temps, le nouveau roi zoulou, Cetshwayo, reconstituait son armée, l'agrandissant à 50 000 hommes répartis en 33 régiments. De plus, il apporta une modification essentielle pour les combats corps à corps à savoir: la réduction de la taille des sagaies qui passa de 1,80 m à 1,35 m. En face, le général anglais Chelmsford, 15 000. hommes et une artillerie de campagne. Sûr de sa supériorité tactique, il n'envoya en éclaireur que des troupes réduites à savoir 2 000 hommes. Le 22 janvier 1879, quelque 20 000 Zoulous fondirent sur eux si vite que les canons n'eurent pas le temps d'être armés et la bataille, sagaie contre baïonnette, tourna vite en faveur des guerriers zoulous qui remportèrent la première bataille anglo-zoulou d'Isendhlawana.
«...Souvenons-nous également qu'une page de l'Histoire de France s'est déroulée dans les collines du Zoulouland : Le Prince Eugène, fils de Napoléon III et de l'Impératrice Eugénie, alors âgé de 23 ans, en exil à Londres et en proie àla pression des journalistes parisiens t accusant la dynastie Bonaparte de lâcheté, s enrôla dans les troupes britanniques

19

en parlance vers l'~frique du Sud. Bien que formé à Sandhurst et comptant ainsi redorer le blason impérial, le Prince ne put échapper, le 1er juin, à l'embuscade que tendit à sa patrouille une quarantaine de Zoulous. Les éclaireurs ayant aussitôt pris la fuite, seul et sans monture, il se trouva rapidement encerclé et fut transpercé de dix-sept coups de sagaie. Un vaisseau de guerre rapatria en Grande-Bretagne la dépouille d'Eugène Louis Napoléon, tombé au champ d'honneur pour la gloire de la France. Un an plus tard, l'Impératrice Eugénie se rendit au Natal pour se recueillir sur les lieux de sa disparition, avan.t de sombrer dans une demi-folie. En. 1979 pour la célébration du centenaire de la mort du Prince impérial, des plaques commémoratives .furent inaugurées...»

Les Anglais continuèrent de perdre sur plusieurs fronts jusqu'à ce que des renforts arrivent enfin du Cap et de Grande-Bretagne (20 000 hommes). Lord Chelmsford lança alors une ultime attaque sur Ulundi, la capitale royale. Le 4 juillet la victoire anglaise fut acquise, le Kraal royal brûlé et le roi Cesthwayo, en fuite, rattrapé et fait prisonnier. C'est depuis cette date que le Zoulouland se trouve politiquement affaibli par une division politique et administrative éclatée en 13 districts éparpillés sur le territoire, les frontières définies par les cartographes de la couronne étant toujours restées floues. Le nord ayant été laissé aux mains des autorités tribales, encore en place aujourd'hui, Buthelezi, dans un combat politique d'actualité contre la constitution, s'appuie tout naturellement sur cet argument, afin que soit maintenu un statut aux Umlhazi (chefs traditionnels). En dehors de ces faits guerriers, un futur pilier de la nation sud-africaine vit le jour à cette époque, d'abord discrètement, avec la découverte en 1867 du premier diamant près du Cap, puis d'une pépite d'or en 1873, dans l'Est Transvaal. Dès 1886, la véritable ruée débuta à Kimberley et sur le plateau du Witwatersrand. Un fait économique sans précédent va précipiter une autre phase du développement politique de l'Afrique du Sud. Attirés par ces richesses minières, des nouveaux émigrants non afrikaners, dénommés les Uitlanders (étrangers), s'installèrent à 60 km de la capitale boer, Pretoria, et fondèrent Johannesburg. Taxés lourdement et ne jouissant d'aucun statut de citoyen, ces émigrants étaient pour la plupart d'origine britannique. La Grande-Bretagne, s'étant émue des conditions réservées à ses ressortissants, dirigea ses troupes vers la ville pour prendre fait et cause en leur faveur. Le 9 octobre 1899, le président Kruger lança un ultimatum au gouvernement britannique pour qu'il retire ses troupes. La monarchie ayant bien entendu refusé, le Transvaal, suivi de l'Etat Libre d'Orange, déclara la mobilisation générale de 50 000 hommes pour la plupart répartis en petites unités appelées Boers commandos. Face à cette mobilisation, les garnisons du Cap et de Durban ne totalisaient, 20

elles, que 20 000 hommes. Devant leur première défaite, elles reçurent des renforts qui montèrent jusqu'à 450 000 hommes en 1900. Meurtriers et fratricides, ces combats causèrent des pertes disproportionnées des deux côtés: 22 OOOhommes tués et 31 000 invalides du côté anglais, 7 000 tués et la destruction de 30 000 fermes du côté boer. Mais au-delà de ces affrontements, ce fut sut;tout la création, version contemporaine de camps de concentration au sens premier du terme, qui transforma en défaite politique la victoire militaire des Britanniques. Car devant l'insoumission des populations civiles qui prenaient part ~u]{combats et erraient après avoir vu brûler leurs fermes, les Britanniques décidèrent de les regrouper de force dans de vastes camps (130 000 personnes réparties sur 50 camps) où l'hygiène et l'alimentation déplorable eurent vite provoqué la mort de 27 000 Boers (hommes, femmes et enfants confondus). A Londres, -l'opposition libérale d'alors dénonçant la cruauté de ces méthodes, le gouvernement britannique f1Jtalors acculé à signer, en 1902, le traité de Vereeniging. La guerre anglo-boer (1899-1902) fut, avec le Grand Trek, le ciment du peuple afrikaner car elle a favorisé et imposé le développement de la langue et de la littérature afrikaans, prélude de son futur affranchissement politique.
«...C'est en 1893 qu'un jeune avocat répondant au nom de Mohandas Karamchand Gandhi est arrivé de Bombay. Invité par la communauté indienne de Durban alors en pleine confusion, il fonda un parti le UNatallndien Congress " relayé par un journal Indian opinion. Pendant la guerre anglo-boer; il organisa des corps d'ambulanciers aux côtés de l'armée britannique. Fort (le cet engagement, dès 1906, il revendiqua. l'identité et la défense des intérêts de la communauté indienne par la pratique systématique de la non-violence qui devint l'idée-force de son oeuvre politique à son retour aux Indes. Organisateur de grèves de mineurs et de défilés pacifistes, il est emprisonné à plusieurs reprises avant que ne fut signée en 1908 avec le président Smuts une convention de protection. Après vingt ans de présence (1913), considérant sa tâche comme terminée, il retourna dans son pays natal, auréolé de ses victoires, prélude à une offensive pacifique au niveau de l'Inde tout entière contre l'Empire Britannique...»

En Grande-Bretagne, la victoire du parti libéral de Gladstone contre Disraeli modifia la donne politique pour les territoires du Commonwealth. En 1907 le Transvaal et l'État Libre d'Orange retrouvèrent leur autonomie cinq ans après l'avoir perdue. Les négociations commencèrent pour créer l'Union Sud-africaine à statut de dominion sous égide britannique en réunissant les colonies anglaises du Cap et de Natal aux deux républiques boers du Transvaal et de l'Etat Libre d'Orange. C'est de là qu'est venu le partage entre Pretoria, capitale administrative où siégeait l'ancien général bo~r Louis Botha, nommé Premier ministre, et Le Cap, siège 21

-

du Parlement, où le Gouverneur Général nommé par Londres avait des pouvoirs réduits. Généreux et habile, le Colonial Office accordait selon sa tactique habituelle le pouvoir exécutif du quotidien aux vaincus pour mieux les dominer par leur devoir de respect et d'égard naturel envers la couronne propriétaire... Mais cet arrangement qui n'empêcha pas la communauté indienne de tirer son épingle du jeu grâce à un lobbying tactique bien orchestré auprès du gouvernement et des épreuves de force sur le terrain, se fit au détriment des ethnies noires.
«...Des intellectuels fondèrent alors en janvier 1912 les bases du parti au pou.

voir d'aujourd'hui (ANC), le South African Native National Congress.

Les trois leaders des années 1960-1990 naquirent avec lui en 1917 : Walter Sisulu et Oliver Tambo, et le 18juillet 1918, Nelson Mandela...»

1.1.6. Les Afrikaners au pouvoir (1910-1994) Le rapprochement anglo-boer n'ayant pas créé la fusion espérée, dès 1914 un mouvement nationaliste boer parla de scission avec l'empire britannique et d'indépendance. Des rébellions sporadiques éclatèrent aussitôt et les divisions du personnel politique s'affichèrent ouvertement. La vie politique s'est alors traduite par une lutte entre les afrikaners anglophiles conduits par le maréchal Smuts et les nationalistes emmenés par le général Hertzog. Ces derniers, obtenant enfin en 1925 que l'afrikaans soit reconnu comme langue officielle au même titre que l'anglais, engagèrent sans attendre la pression nécessaire pour la mise en place du développement séparé: l'apartheid. Ci-après, le résumé chronologique de l'histoire de l'apartheid de ses origines à son abolition facilitera la compréhension de la vie politique et économico-sociale d'aujourd'hui sous-tendue pas son histoire très contemporaine.

Chronologie résumée des années d'apartheid 1894 -1991 1894 La loi Glen Grey définissant les modalités de l'allocation obligatoire de délimitations géographiques pour les populations noires est votée par le Parlement anglais du Cap sous l'influence de son Premier ministre Cecil Rhodes. Le Native Labour Regulation. .Act implique que tout Africain qui quitte son emploi est passible de poursuites pénales. Le Mines and Work Acts institue les premières barrières raciales dans le travail. Le Native Land Act attribue aux Noirs 7,3 % de territoire et remanie la loi Glen Grey, en autorisant seulemênt des Blancs à posséder de la terre dans

1911

1913

22

les 92,7% restants.

1912
1914

Création du SANCC lefutur ANC (1923).
Création du Parti National (NP) par le général Hertzog dirigé contre les Britanniques et les non-Blancs.

1927

La loi sur l'immoralité interdit les rapports sexuels hors mariage entre les Européens et les Africains. Vote du Native s Administration Act sur la séparation géographico-raciaIe.
Nelson Mandela, secrétaire de la Ligue de la Jeunesse de l'ANC.

1936
1947

1948

Loi interdisant les mariages mixtes. Suite à la victoire du NP de Malan, accélération des lois et mesures.
Le Group Areas Act, pierre angulaire de l'apartheid assignant chaque individu à un groupe social, détermine ses droits et obligations et délimite des secteurs d'habitat séparé. Suit Ie Population Registration Act avec obligation de posséder un Pass pour se déplacer d'une zone à l'autre. Ces mesures seront suivies de 1 400 arrêtés et décrets améliorant le système jusqu'en 1974. Première grève organisée par l'ANC, journées de la "première" arrestation de Mandela. nationales de défi suivies

1950

1952

1953 1956

Mandela devient le Président de l'ANC pour le Transvaal. Nouvelle arrestation et premier procès de Mandela.

1960 1961

Massacre de Sharpeville. Le parti de }'ANC est interdit et hors~la-Ioi. Le 31 mai proclamation d'indépendance de la République d'Afrique du Sud qui quitte son statut de dominion britannique et le Commonwealth. La loi sur le sabotage étend la mise hors-la-loi de la presse d'opposition et autorise l'emprisonnement illimité et sans procès. Mandela, de retour de clandestinité, est à nouveau arrêté! * La Bantu Law confère au gouvernement le pouvoir légal d'expulser n'importe quel Noir de n'importe quelle zone blanche. *Au procès de Rivonia, Mandela et ses compagnons sont condamnés à la 23

1962

1964

prison à vie. 1974 Premier geste public et politique contre l'apartheid émanant du Conseil Municipal de Johannesburg qui vote la suppression des pancartes Whites only placées sur les bancs des jardins publics. C'est la première fissure officielle qui verra par étapes successives tout le système se démanteler tout au long des 17 années qui suivirent. Emeutes et massacres de Soweto. La RSA accorde l'indépendance ali Transkei. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies impose un premier embargo sur les armes destinées à la RSA. La RSA octroie l'indépendance au Bophuthatswana. * Deuxième acte de démantèlement de l'apartheid avec la suppression du Job Reservation Act qui imposait l'emploi prioritaire d'un Blanc quelle que fût sa compétence * L'immorality Act datant de 1927 est abrogé. * La RSA octroie l'indépendance au Ciskei, le quatrième bantoustan non reconnu par les Nations-Unies. * Une loi autorise les Noirs à s'inscrire dans les syndicats ouvriers. Abolition du Mines and Works Act de 1921... La branche armée (MK) de l'ANC attaque au lance-missiles la centrale nucléaire de Sasolburg. La nouvelle constitution sud-africaine institue un parlement tri-caméral : une chambre blanche, une chambre indienne et une chambre métisse. Plusieurs opposants blancs coalisés dans l'UDF dirigé par Helen Suzman protestent contre l'absence de représentation parlementaire noire. L'évêque de Johannesburg, Mgr Desmond Tutu, reçoit le Prix Nobel de la Paix.
* Instauration de l'état d'urgence dans tout le pays. * Parallèlement, une délégation non autorisée du patronat sud-africain se rend à Lusaka (Zambie) au siège de l'ANC en exil. Gavin Relly (angloaméricain), Tony Bloom (groupe premier) et Zach de Beer rencontrent Olivier Tambo, Chris Hani et 3membres du gouvernement d'aujourd'hui,
Thabo Mbeki, Pallo Jordan et M(lc Maharaj.

1976

1977

1978

1981

1982

1983

1984

1985

24

1986

* Troisième brèche, la loi sur les mariages mixtes de 1948 est abolie. * Menaces de sanctions économiques et vote aux Nations-Unies: France: Pour; Royaume Uni et RFA : Contre. * En juin, le Ministre de la Justice, K. Coetsee, l'actuel Président du Sénat, entame les premières réunions secrètes avec N. Mandela. * Suppression pour les Noirs nationaux des homelands et bantoustans de l'influx control. Renforcement des sanctions et du boycott international.
N. Mandela est transféré de Robben Island près du Cap à Paarl, où il est assigné à résidence surveillée. Les premières visites sont autorisées.

1987
1988

1989

* Ministres et chefs de cabinet lui rendent visite à plusieurs reprises et le Président Botha invite N. Mandela à prendre le thé dans sa résidence officielle de Tuynhuis. * En septembre, Frederik de Klerk, remplaçant par des manoeuvres en coulisses L. Botha gravement malade, devient le nouveau Président. Il libère aussitôt les compagnons du procès de Rivonia, sauf Mandela.

1990

* 2 février le Président de Klerk ré-autorise l'activité politique de l'ANC, du PAC et du Parti Communiste. * Le Il février, Nelson Mandela est libéré après 27 années de prison.

1990

Nelson Mandela, prisonnier n°466/64 de retour dans sa cellule de ROBBEN ISLAND lors du 4ème anniversaire de sa sortie le 11.02.94 (Source: Nedcor).

* Le 4 mai, le gouvernement et l'ANC de retour d'exil signent l'accord de Groote Schur libérant tous les prisonniers politiques et autorisant le retour des exilés. Joe Modise, actuel Ministre de la Défense et Tbabo Mbeki 25