//img.uscri.be/pth/f7344bf3655adf46429e25d7b3ce4f84b3aa9685
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 11,63 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

INTRODUCTION A L'ECONOMIE DU TOURISME

De
148 pages
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le tourisme connaît une croissance de plus en plus forte. Joël Raboteur met en exergue les fondements explicatifs de cette croissance exceptionnelle de la demande touristique, et nous permet d'anticiper les évolutions futures de l'offre touristique. Un ouvrage qui s'adresse particulièrement aux étudiants en économie, en BTS tourisme loisirs, aux enseignants et chercheurs ainsi qu'aux professionnels de l'hotellerie et du tourisme.
Voir plus Voir moins

Joël RABOTEUR

INTRODUCTION À L'ÉCONOMIE DU TOURISME

L'Harmattan 5-7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris FRANCE

-

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

Collection Sociétés et économies insulaires dirigée par Fred CÉLIMÈNE et François VELLAS
La collection Sociétés et Économies Insulaires correspond au besoin né du grand développement des régions insulaires qui jouent un rôle essentiel dans les échanges économiques mondiaux, mais aussi dans les échanges culturels et scientifiques. Les îles, aujourd'hui, ont largement dépassé les problèmes traditionnels liés à l'éloignement et à l'isolement. Les nouvelles technologies de communications et de télécommunications donnent désormais aux sociétés insulaires les mêmes possibilités que sur les continents, tout en permettant aux îles de conserver leurs avantages comparatifs liés notamment à la qualité de la vie et à l'environnement. Les ouvrages de la collection Sociétés et économies insulaires ont pour ambition d'aborder à la fois les îles en tant qu'entités spécifiques et en tant qu'espaces privilégiés des politiques de développement sectoriel. Cette collection permettra ainsi de combler un vide dans l'édition des ouvrages sur les régions insulaires en permettant de rassembler un ensemble de contributions de grande valeur consacrées uniquement aux îles.

Déjà parus
François VELLAS, Jean-Michel Cauet, Le tourisme et les îles, 1997. Philippe HEIN, Économie de l'île Maurice, 1997. Jean-Michel SALMON, Marché du travail et développement économique dans les petites économies insulaires: théorie et application, 1997. R. Hernandez MARTIN, D. GODENAU, A.J. Vera MESA, C.J. Rodriguez FUENTES, L'économie des îles Canaries, 1997. François VELLAS, Le tourisme et la Caraïbe, 1997. Elisa PAULIN, Théorie de la spécialisation internationale et économies insulaires: le cas des iles de la Caraibe, 1997. Joël BOUDINE, Le régime fiscal des départements d'Outre-mer, 1998.

INTRODUCTION

L'économie du tourisme a toujours été considérée comme «l'enfant pauvre» des sciences - économiques. Aussi, traiter de la question peut sembler une redoutable entreprise, si l'on tient compte du caractère relativement jeune de la spécialisation, dont la documentation et l'approfondissement théorique ne couvrent pas toujours le champ de l'information. Pendant longtemps, on n'a accordé que peu de crédits aux recherches entreprises dans ce secteur. Seuls les géographes, dont on connaît la curiosité naturelle, ont compris l'importance économique, sociale, environnementale, juridique et culturelle du problème. Depuis quelques années, certains chercheurs en économies s'intéressent de manière rationnelle et pragmatique à l'économie du tourisme. Leurs études ont contribué en grande partie à mettre en évidence les facteurs explicatifs de l'offre et de la demande touristiques, sans exclure dans leurs investigations l'environnement et l'aménagement du territoire. Par contre on découvre un nombre assez restreint de recherches qui traitent de l'impact du tourisme sur l'environnement physique et sur l'environnement socioculturel. La rareté relative des recherches en la matière s'explique par la spécificité inhérente même à ce secteur d'activité et par les difficultés qu'il y a à l'appréhender. En effet, il peut paraître déconcertant de vouloir déterminer de façon précise le champ d'investigation de cette industrie. De même, il semble fallacieux de vouloir réduire le tourisme uniquement à l'hôtellerie ou à la restauration. Accepter cela, c'est omettre ce qui fait l'originalité du produit touristique, à savoir le fait qu'il soit un produit composite ou une activité multiproduit.

Est-il nécessaire de rappeler que l'activité touristique n'est pas un phénomène nouveau. Le voyage a toujours été une constante dans l'histoire de l'humanité. Ainsi le désir de découvrir et de redécouvrir n'a pas été l'exclusif de l'homme moderne. Bien avant le XXe siècle, ce goût prononcé pour les déplacements était déjà manifeste chez bon nombre de peuples. Le mérite de notre société contemporaine est d'avoir rendu le tourisme jusque-là réservé à une élite, à la portée de tous et d'en faire un produit de« consommation de masse ». La grande innovation de ce XXe siècle a été de faire du tourisme une véritable « industrie». Mais l'évolution du concept n'a surtout pas contribué à l'altérer; loin de là, « tourisme» est né bien après « touriste». Le mot viendrait de la transcription anglaise d'un vocable français, « tour» utilisé en Angleterre tout au long du XVIIIe siècle. «The Tour» ou le grand tour évoquait à cette époque le voyage d'étude, de découvertes, désintéressé que faisait en Europe le jeune aristocrate anglais. Ce voyage initiatique, véritable apprentissage des cultures étrangères avait pour finalité de parfaire l'éducation. The Tour en fin de compte consacrait le Gentleman. Par conséquent le mot « touriste» s'appliquait surtout aux voyageurs anglaisl. Ce concept fut ensuite appliqué aux voyageurs français grâce en grande partie à l'œuvre de Stendhal intitulée: Mémoires d'un touriste (1838). Le XIXe siècle c'est l'apogée, le terme touriste est utilisé par nombre d'écrivains français, Balzac H., Gauthier (L'Orient, I, Le Danube), Nerval G. (Œillette, cit. ; pérégrination, cit. 3), Nodier (Contes, p. 407), Baudelaire (Spleen à Paris, XV). Le point commun de tous ces auteurs, c'est l'idée de désœuvrement qui caractérise le voyage.2
1 Boiste. Dictionnaire universel de la langue française avec le latin. 3e édition chez l'auteur 1808- ge édition Firmin-Didot 1839. 2 « Aix-la chapelle, pour le malade, c'est une fontaine minérale... , pour le touriste, c'est un pays de redoutes et de concerts, pour le pèlerin ... »Hugo (1838), Lettre 9. « L'admiration continue des voyageurs enthousiastes a produit une réaction, et, pour se singulariser, beaucoup de touristes aujourd'hui prennent pour devise le Nil

admirarid'Horace. » Mérimée, Colomba,I (paru en 1840).
«Nous allons la semaine prochaine commencer nos courses aux Thermopyles, Sparte, Argos,... Ce ne sera guère qu'un voyage de touriste (oh! I): il ne nous reste ni

temps ni argent. » G.Flaubert,Correspondance,275, 19 déc.1850
« ...les voitures des touristes, des types pourvus de casquettes blanches, de chemises à carreaux, d'appareils de photos et de compagnes en shorts,... traversant rapidement 8

Dès la fin du XIXe siècle, on assiste à une uniformisation de la terminologie, si bien qu'à l'heure actuelle les mots «touriste» et « tourisme» se retrouvent dans toutes les langues. L'Organisation Mondiale du Tourisme (DMT)3 définit le tourisme

comme:

«

toute personne qui se rend dans un pays (tourisme

international) ou dans un lieu situé dans son pays de résidence (tourisme intérieur), mais autre que celui correspondant à son environnement habituel et dont le motif principal de visite est autre que celui d'exercer.une activité rémunérée dans le lieu visité ». L'O.M.r tient à jour, et publie chaque année les statistiques mondiales du tourisme. Au regard des chiffres, il apparaît très clairement que le poids économique d'une telle activité est considérable. Cet organisme estime à environ 592 millions le nombre de déplacements dans le monde, et à 423 millions de dollars les recettes touristiques pour l'année 1996. Ce qui peut surprendre l'observateur non avisé, c'est l'énorme potentiel de cette industrie, et le rythme de croissance depuis 1950. En effet, depuis cette date, le taux de croissance est supérieur à 5% en moyenne. L'extraordinaire vitalité du secteur se résume en quelques chiffres, depuis 1950, le nombre d'arrivées de touristes a été multiplié par 20. Les prévisions de l'D.M.T sont très optimistes, d'ailleurs les experts prévoient qu'en l'an 2000 le nombre de déplacements dans le monde sera de 700 millions. Le seuil historique sera probablement l'an 2010 dans la mesure où l'on atteindra le milliard d'arrivées de touristes internationaux. Ce chiffre aussi exorbitant qu'il soit, ne doit pas surprendre, surtout qu'à l'heure actuelle, la réduction du temps de travail (35 heures) ne fera qu'accentuer le phénomène. En effet, le constat de Baretje R.

illustre assez bien cette nouvelle donne, « l'homme contemporain vit
environ 640000 heures5, il consacre environ 60 000 heures au travail et 280 000 heures aux loisirs. Demain, avec la réduction de la journée,

la ville Ouste le temps de se photographier,... devant les vieux remparts ou le portail de la cathédrale) pour gagner au plus vite la mer et s'affaler à la terrasse des casinos ». Simon, Claude Le vent, 1962 3 O.M.T. (Organisation Mondiale du Tourisme) 4 Le siège de l'O.M.T. se trouve à Madrid (Espagne). 5 Concerne les pays industrialisés et les nouveaux pays industrialisés. 9

de la semaine, de l'année et de la vie de travail, il ne travaillera que

40000 heures et disposera de 300 000 heures de loisir »6.
Au terme d'un bref propos qui se veut introductif, notre écrit comprendra deux parties. La première partie de l'ouvrage consistera à situer le secteur touristique. Pour ce faire, nous verrons successivement la demande touristique et l'offre touristique. Les facteurs explicatifs de la demande touristique semblent riches d'intérêts. L'objectif essentiel de ce chapitre sera d'essayer de cerner les motivations profondes du consommateur. Connaître le pourquoi des déplacements, est essentiel pour une meilleure maîtrise de l'industrie touristique. De la même façon, il sera intéressant de connaître ce qui est offert aux touristes. On peut parler à juste titre de «produit touristique». Ce vocable exprime la qualité ou l'état d'une chose concrète ou abstraite.7 L'originalité du produit touristique, c'est qu'il est un assemblage très complexe d'éléments hétérogènes. Nous conviendrons que ce produit comprend: les ressources naturelles; les infrastructures et équipements; les moyens de communication; . l'hébergement et l'animation;

. . .

La deuxième partie sera l'occasion d'analyser les matériaux utilisés pour estimer l'impact économique de ce secteur d'activité. Si maintenant, dans beaucoup de pays l'on n'accorde que peu d'importance au fait touristique, c'est surtout parce que l'impact économique n'est pas connu, ou qu'il n'existe pas de statistiques fiables. C'est la raison pour laquelle il est difficile d'évaluer les retombées économiques, le nombre d'emplois directs et indirects générés par l'industrie touristique du fait de l'inadaptation des moyens et techniques d'évaluation.

6

Préface du livre de G.Guibilato(1983), «Economie touristique», Ed. Delta-Spes,

Berne, Collection hôtelière et tourisme, 183 Pages. 7 R.Lanquar et R.Hollier (1989), « Le Marketing touristique », Ed. Que sais-je? 10

CHAPITRE 1

LA DEMANDE TOURISTIQUE

Aussi bien au niveau global de l'économie mondiale qu'à l'échelon plus restreint d'un pays ou d'une zone géographique, l'industrie touristique a connu un développement progressif qui s'est accentué ces dernières années. Si l'on s'en remet aux statistiques de l'OMT8, le nombre total d'arrivées de touristes est passé de 60 millions en 1960 à 284 millions en 1984 pour atteindre 592 millions en 1996. Parallèlement, les recettes sont passées de 7 milliards de dollars US en 1960, à 103 milliards en 1980 et 423116 milliards en 1996. L'examen des chiffres des échanges internationaux montre également que le tourisme figure au premier rang dans diverses catégories de produits échangés, bien avant le pétrole et les véhicules automobiles. Pour les pays industrialisés qui sont les principaux bénéficiaires des recettes du tourisme international, ce secteur pèse pour beaucoup en terme d'emploi, de consommation et d'investissement. Pour d'autres pays en voie de développement, et en particulier ceux de la caraïbe, le tourisme est évidemment considéré comme une stratégie de développement économique. Ces brèves observations suffisent largement pour souligner, s'il en était besoin, l'intérêt des études cherchant à mesurer l'impact macroéconomique de l'arrivée de touristes dans un pays.

1. L'importance quantitative de la demande
L'activité touristique constitue l'une des nouvelles donnes économiques à l'orée du XXIe siècle. Aujourd'hui, les progrès conjugués de la navigation et de l'aviation ont eu le mérite de compresser le temps et les distances. C'est dorénavant en milliards
8

O.M.T. (Organisation Mondiale du Tourisme).

que l'on comptabilise les flux touristiques dans le monde. L'on dénote d'ailleurs une très forte concentration spatiale et temporelle de la demande touristique. 1.1 Les flux touristiques dans le monde A titre indicatif, il est souhaitable de s'accorder sur le sens de certains concepts pour une meilleure compréhension. Le terme de visiteur international" désigne toute personne qui se rend dans un pays autre que celui où elle a son lieu de résidence habituelle, mais autre que celui correspondant à son environnement habituel, pour une période non supérieure à 12 mois, et dont le motif principal de visite est celui d'exercer une activité rémunérée dans le pays visité. D'un point de vue quantitatif, la demande touristique se traduit par les « flux touristiques». L'on peut considérer qu'il existe au moins trois flux touristiques.
FIGURE 1 : LES FLUX TOURISTIQUES EN FRANCE

A: Espace monde B: Espace européen C: Espace national français 12

1e Flux touristique: Tourisme international Monde Monde ~ ~ France France

2e Flux touristique: Tourisme intra-régional Europe Europe ~ ~ France France

3e Flux touristique: Tourisme intérieur (domestique ou local)
France __

~

France

TABLEAU

1 : LES PRINCIPALES

DESTINATIONS

TOURISTIQUES9

Rang 1995 1 3 2 4 5

Rang 1998 1 2 3 4 5

Pays FRANCE
ESP AGNE

Arrivées touristique

ETATS-UNIS

ITALIE
ROYAUME-UNIS

1998(000) 70.000 47.743 47.127 34.829

variations en 1995/97% 4.7 10.0 -1.3 2.2

8 7
9

6 7
8

CHINE
MEXIQUE POLOGNE

25.475 24.000
19.300

-0.2 1.0
-0.3

Il 10

9 10

CANADA
AUTRICHE

18.820 18.659
17.282

-3.6 7.9
3.6

L'analyse du tableau 1 montre que la France est le premier pays récepteur du monde, en 1996 avec 61.500.000 millions de visiteurs, viennent ensuite les Etats-Unis.

9

O.M.T. (Organisation Mondiale du tourisme) 1997 13

1.2 Les grandes zones touristiques
Il convient de signaler que tous les pays ne bénéficient pas de la même façon des flux touristiques. Il existe de toute évidence une grande disparité entre les différentes destinations ou zones, mais aussi entre les différentes régions du monde. Si l'on devait établir une carte du tourisme international, celle-ci permettrait d'isoler trois grandes zones géographiques attrayantes et d'importance variable. - La première zone concerne le bassin méditerranéen, localisé autour de la mer Méditerranée, et où l'on comptabilise environ 150 millions de touristes en 1996. - La deuxième zone touche le bassin asiatique et pacifique, qui connaît actuellement une forte croissance. Ce lac de loisirs comptabilise approximativement 85 millions d'entrées touristiques en 1996. - La troisième zone d'importance, c'est le bassin caraibéen qui

représente plus de 50 millions de visiteurs10.

En dépit de cette concentration géographique des flux touristiques, il est à remarquer qu'à l'intérieur d'une zone géographique, il existe de grandes disparités en terme d'importance quantitative des flux.

2. Les caractéristiques fondamentales de la demande
Etudier les caractéristiques de la demande suppose comprendre les phénomènes de concentration spatiale et temporelle des flux touristiques. Nombreux sont les auteurs qui ont mis en évidence et tenté d'expliquer cette concentration spatio-temporelle. 2.1 Concentration dans l'espace

Cette concentration spatiale des flux touristiques, dont les causes sont nombreuses, se retrouve dans tous les pays. Elle existe à deux niveaux, à l'échelle régionale mais également à l'échelle locale.

La définition de la zone caraibe est prise dans son sens large, et concerne tous les pays directement baignés par la mer du même nom. Par conséquent il ne s'agit pas uniquement de la caraibe insulaire. 14

10

2.1.1 Au niveau régional Les causes de cette concentration massive de la demande sont nombreuses: - La première, c'est la maturité en matière touristique de certaines destinations. Quelle que soit la zone géographique étudiée, il y a toujours des pays ayant une certaine avance sur d'autres en matière touristique. Certains pays sont plus ouverts que d'autres, et il existe dans ces pays une tradition d'accueil, d'hospitalité dont le rayonnement s'étend bien au-delà de leurs propres frontières. En Europe, la France et l'Espagne ont toujours été considérées comme des pays d'accueil par excellence. Les départs et les arrivées de touristes internationaux concernent essentiellement les continents européen et américain, et plus exactement les pays industrialisés, c'est-à-dire les états d'Europe Occidentale et d'Amérique du Nord. Dans la région caraïbe, le même constat peut être fait car dès l'aprèsguerre, avec l'avènement du tourisme de masse de la décennie 1950, le tourisme était devenu une activité économique importante. Certaines îles, avaient pris une avance considérable (Cuba, Porto Rico, République dominicaine, Jamaïque et les Bahamas). A l'exception de Cuba, ces pays ont gardé leur avance, et encore de nos jours, canalisent une part importante de l'activité touristique. - La deuxième cause, c'est la volonté politique. Certaines destinations se sont positionnées très tôt, et ont opté pour l'industrie touristique. De ce fait, elles ont mis en place les infrastructures nécessaires, de même que des mesures incitatives pour permettre son développement. - La troisième raison, c'est l'opportunisme. Des pays ont très vite pris conscience de leur faiblesse du point de vue des richesses minières et végétales. Une seule alternative s'offrait à eux pour maintenir leur niveau de vie, et permettre une amélioration du bienêtre social de leur population, c'était l'industrie des services. Le cas de nombreux pays insulaires de la Caraibe ou de l'océan indien est assez significatif.

- La

quatrième raison, c'est l'importance

des dotations factorielles

en

ressources touristiques exploitables. Nous reviendrons ultérieurement sur l'importance de ces dotations.

15

2.1.2 Au niveau national Cette concentration de l'activité touristique se retrouve au niveau national. Par exemple, en Jamaïque l'activité touristique se retrouve concentrée dans trois zones: Montego Bay, Ocho Rios et Négril. En France, certains espaces littoraux sont soumis à une pression touristique très forte, c'est le cas de la région Provence alpes côte d'Azur (PACA) et du Languedoc-Roussillon. Ces deux régions ont accueilli pendant l'été 1994, 8.9 millions de vacanciers. De même en Guadeloupe, ceux-ci se retrouvent concentrés autour des villes de Saint-François, du Gosier et de Sainte-Anne. Cette concentration est présente dans bon nombre de destinations touristiques, et n'est pas spécifique à une région en particulier. Les causes de ces concentrations sont multiples. Parmi elles, il faut noter l'importance des sites naturels: en effet la beauté de certains sites (plages, forêts, lacs, montagnes, etc.) explique en partie le regroupement d'activités touristiques dans certains lieux. Autre raison, la présence d'infrastructures. Celles-ci sont favorables à la demande touristique, et à une localisation d'activités à caractère récréationnel. Par infrastructures, il faut entendre aéroports, ports, centrales électriques, réseaux ferroviaires, hôpitaux, etc. Néanmoins, l'élément déterminant de cette concentration devra être une volonté politique locale. Dans la région, nombreuses sont les îles qui doivent leurs lettres de noblesse en matière touristique à la volonté, à la persévérance, et à la détermination d'hommes d'actions (chefs d'édilité, chefs de gouvernement, universitaires, chercheurs, politiciens, etc.) parfois en avance sur leurs concitoyens, et qui ont compris l'intérêt stratégique de se positionner dans le domaine touristique, malgré le fait que ce soit un secteur marqué d'une forte saisonnalité.

2.2 Concentration dans le temps
Dans de nombreux pays, la demande touristique est fortement marquée par la saisonnalité, c'est-à-dire quelle est concentrée sur quelques mois de l'année. Bénigno Caceres (1974)11 considère cette

concentration dans le temps comme une « migration collective ».
11Bénigno Caceres (1974), «Loisir et travail du moyen âge à nos jours ». Edition peuples et cultures Seuil. 16

L'on a coutume, chez les professionnels du tourisme, de parler de «Haute Saison» H.S ou de «Basse Saison» touristique B.S. La haute saison commence en décembre et se termine en avril. En moyenne la haute saison concentre plus de 50 % de la clientèle touristique annuelle. Les causes de cette concentration dans le temps sont nombreuses: -Climatiques: beaucoup de touristes nord-américains et européens viennent se protéger des rigueurs de l'hiver dans les pays tropicaux. Le différentiel climatique explique en partie les flux touristiques interrégionaux. Il y a donc une corrélation très forte entre les taux d'occupation des chambres et les aléas climatiques. Il en résulte qu'un hiver rigoureux entraîne une bonne saison touristique pour les pays récepteurs situés en zone tropicale. -L'habitude: la permanence d'habitude, fait que beaucoup de touristes reviennent plusieurs fois, à la même époque et au même endroit. -Economiques Fermeture annuelle simultanée de certaines entreprises et administrations. -Sociales: Désir de suivre la mode, ou d'affirmer un statut social. -Scolaires: Les congés annuels règlent la vie de nombreuses familles. L'observation mensuelle des flux touristiques de 1987 à 1993 en Martinique permet de mieux comprendre l'ampleur du phénomène. -Monétaires: Certains voyageurs profitent des différences de taux de change pour augmenter leur consommation touristique, et accroître leurs emplettes.

17

TABLEAU 2 : REPARTITION MENSUELLE DES TOURISTES DE SEJOUR

EN MARTINIQUE DE 1987 A 1995

12

Années Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Sept. Oct. Nov. Déc.

1987 28179 22854 22703 26414 13429 18470 25102 25102 15072 12199 12561 27975

1988 33388 26922 29545 16257 14619 28280 28598 19059 13043 13043 14251 28889

1989 36400 30940 35858 27623 17184 17793 25959 36736 21504 16678 18804 26105

1990 30794 26685 29201 29519 14589 21180 30396 26412 14940 14809 17432 25560

1991 25430 23770 22489 21431 19525 22413 38329 43270 19748 20018 26121 32587

1992 36113 30895 33621 31795 19933 18313 26990 31153 19419 16248 21429 34783

1993 44926 40895 44474 38134 21697 17710 23113 33826 20167 16312 19972 45127

1994 50052 48556 47168 47916 24801 21476 36909 38046 18238 19755 22966 49124

1995 54856 49670 49378 46020 27772 25901 39761 46049 20623 20989 24318 51889

Néanmoins le tableau N°2 ne permet pas de bien faire apparaître le caractère saisonnier. Une vérification graphique s'avère nécessaire. Pour ce faire nous superposons les courbes pour les années 1991 et 1992 et nous obtenons la figure 2.

12

A.R.D.T.M (1995)

18