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Inventer la Corse - Dimension de l'autonomisme politique

De
128 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 0001
Lecture(s) : 43
EAN13 : 9782296226968
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Inventer la Corse

LA CORSE À L'HARMATTAN
BINDI A.-L.: Voir page 4. BONNARDI F.: Corse-La croisée des chemins, 118p. GRIFFI T. et PREZIOSI L.: Première mission en Corse occupée, avec le sous-marin «Casabianca» (1942-1943), présenté par J. Rous, Préfacé par H. Noguères, 192p. POIZAT-COSTA M.-F.: Le problème corse - Essai tf anthropologie philosophique, 19Op. POLI M.: La Corse au poing.

ANGE-LAURENT BINDI

INVENTER LA CORSE
Dimensions de l'autonomisme politique

L'Hannattan 5-7 rue de l'Ecole-Polytechnique 75005 -Paris

DU MÊME AUTEUR À L'HARMATTAN

- Le naufrage de l'autonomisme Corse - 1982-87, Essai,14Op. - Autonomisme, luttes d'émancipation en Corse et
ailleurs (1984-89 J, préface d'O. Mongin, postface de J-P Chagnollaud, 32Op.

-

Corse -

Entretiens avec 19 personnalités et autres
154p.

textes, préface de B. Marchetti,

@ L'Hannattan, 1991 ISBN: 2-7384-0867-2

«Rien ne peut être dit grand ou petit qui n'ait été placé devant son contraire et comparé à ce qui est plus petit ou plus grand que lui.» Alben DÜRER

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AVANT-PROPOS

«Je suis assez connu pour qu'on puisse aisément vérifier ce que je dis, et pour que mon livre s'élève contre moi si je mens.»
Jean-Jacques ROUSSEAU, Mon portrait

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L'essai que voici a subitement pris forme et consistance à la suite des dizaines de déclarations à la presse, l'été dernier, la cause en étant la publication quasi simultanée de mes trois premiers ouvrages. Certains entretiens - d'aucuns exceptionnellement longs, sur les ondes des radios -, avec les journalistes donc, ont suscité une réflexion, très profitable pour moi, nul ne voulant en rester à des écrits, à peine publiés pourtant. L'actualité aidant, il est vrai, mais aussi la nouveauté, et même l'audace. Comme on dit, il Y avait une «forte demande», une évidente attente. Depuis longtemps, semblet-il. Pour capter, à plusieurs reprises, l'attention du public, nécessairement les questions se devaient d'être abordées d'une facon particulière, celle dont ce livre garde la trace. r en appelais, d'emblée, abruptement, à une «inversion des propositions du nationalisme» et, essentiellement pour moi, à l'obligation de «redéfinir l'autonomisme». Le texte est venu d'un coup, d'un seul jet, pendant une accalmie, en août. Selon une logique, celle de l' enchaînement des idées, sans que rien ne puisse être ensuite ajouté. Très sèchement. A partir d'une citation, à prévoir en exergue, comme pour permettre d' «entrer» dans un raisonnement, de réussir à l' «attraper» par un bout. * * * Effectivement, il convient de tout reconsidérer. Au cœur même du politique, tel qu'il est à appréhender ici. Les propositions, les initiatives, les programmes suivront, chaque chose venant en son temps. Il suffit d'observer pour se convaincre que l'action politique quotidienne, répétitive, «sur le terrain», d'après les idées, les conceptions, jusqu'aux pratiques et stratégies défendues par les uns et les autres, n'autorise aucun espoir 9

de voir entreprendre, avec quelque chance de succès, une action salutaire. Et ce n'est pas un hasard. D'où un cenain retrait (de l'auteur), qui - on l'imagine aisément-n'est pas (de sa part) désintérêt, isolement ou encore «largage», inévitable après une exclusion, de la direction autonomiste comme l'on sait. Aucunement. Bien au contraire. Que de refus - injustes, sans aucun doute de m'engager dans ce qui, selon moi, n'est pas prédominant! Que de rencontres, avec des hommes de qualité, de tous horizons, de toutes convictions, avec des hommes de cœur, en appelant à voir large et viser très haut! Que d' ambitions, de travail, de projets à mettre en chantier pour les années à venir! Au même moment, tout ce qui avait été analysé, annoncé, répété, et encore répété jusqu'à satiété, prévu, parfois sous la forme de prédictions... s'est produit. En quelques mois, dans les délais, selon mes prévisions. La crise du nationalisme est bien là. Quel déballage! Selon les protagonistes: les divisions, les structures «archaïques, du type claniste», les dissidences (d'une nature paniculière, dans ce cas de figure), les accusations de «dérive maffieuse», le «sale fric» cause de tous les malheurs, enfin le terrorisme ( à ne pas confondre avec la lutte clandestine classique, si l'on veut), car il est, celui-ci, d'abord guerre intestine, affrontement des chefs féodaux (organisations, journaux, réseaux d'amitiés, le tout à bases régionales essentiellement) et produit d'une influence extérieure. Tout y est, comme dit dans «Le naufrage de l'autonomisme», quelques mois auparavant. Et par-dessus, une réforme institutionnelle, toujours en cours, si mal engagée. En somme, une sone de «libanisation». Nous y voici donc, les choses bien en place. Alors? Ici, une précision qui mérite d'être énoncée: quasiment pas d'exposition d'œuvres de nationalistes lors des ras-

semblements littéraires de l'été, ce qui contraste avec une
«occupation» de la scène, tapageuse comme chacun sait. 10

Car il faut savoir qu'il n'y a pas, de ce côté-là, de produc-

tion

-'-

une chose effrayante qui navre et révèle la pauvrehors des écrits militants et des journaux

té de la pensée d'opinion.

* * *
A chacun une réponse. Cet essai est la mienne, dans la continuité. II est court, rapide, et les idées s'alignent sans perte de temps, s'entrechoquent, c'est selon, donnant une impression de mobilité du texte. Le ton est déclaratif, symbolique, allusif, il n'est pas celui de la déclamation, de la démonstration et de la suggestion. Cela s'est imposé tout seul, cette fonne trouve là son évidente et suffisante justification. Un pari donc. Enfm, l 'hommage à Théodore HERZL, dans la conclusion de cet ouvrage, mérite une explication. En 1985, j'ai publié un article intitulé «Le peuple tout entier»*, ignorant alors que le fondateur du sionisme politique avait, en quelque sorte, lui-même créé cette expression. Je n'avais pas encore lu, à cette date-là, HERZL dans le texte (traduit). Cette notion, je la considère fondamentale, et ne puis que me borner à constater que j'y avais eu recours, selon une pensée logique avec elle-même, et en aucun cas par pur hasard. Elle sert donc, ici, de concept opératoire. Vite dit, elle signifie que le peuple (au sens politique, en action) n'existe pas, qu'il est à faire. En même temps, qu'il est globalité, totalité. Que sa véritable dimension est l' adhésion des individus. Ainsi, dans un combat, tout homme compte. Et Hlui appartient d'y adhérer, s'il le désire. De la sorte, le peuple n'est pas un mot vide de sens, les divisions, au demeurant impossible à éviter, ne sont pas inac-

*

ln Autonomisme,

mattan, p.67.

luttes de libération

en Corse et Ailleurs,

L'Har-

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ceptables, choses monstrueuses. Elles sont dépassées par l'extraordinaire richesse des apports individuels, dans des conditions pareilles, possibles. Cela paraît évident, simple. Eh bien, qu'on aille faire un tour du côté des politiciens, et puis on saura à quoi s'en tenir!... * * * Mes remerciements sont dus à toutes les personnes qui m'ont, à des titres divers, aidé. Celles de mon entourage immédiat, celles aussi du cercle des relations qui s'est tellement élargi ces derniers mois, dans la perspective, puis à l'occasion, de la publication de mes ouvrages. Les encouragements, les avis et conseils n'ont pas manqué. Je dirai simplement qu'ils ont été très utiles et même en certaines occasions décisifs. Et qu'en aucun cas, il ne s'agirait d'en rester au souvenir de cette attention quelque peu... crispée de ma part, ou encore de ces échanges tournant si court, n'est-ce pas? Cela dit du fond du cœur, vraiment, et avec ma gratitude et mon amitié la plus profonde.

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