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La santé, indicateur d'environnements

286 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1996
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EAN13 : 9782296327450
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LA SANTE, INDICATEUR D'ENVIRONNEMENTS GÉRER, AGIR

@ L'Harmattan, 1996 ISBN: 2-7384-4728-7 @ ORS Picardie, 1996 ISBN: 2-909195-11-2

LA SANTE, INDICATEUR D'ENVIRONNEMENTS GÉRER, AGIR

~

ACTES DU 7e CONGRÈS NATIONAL DES OBSERVATOIRES RÉGIONAUX DE LA SANTÉ

Amiens, 5, 6 & 7 octobre 1994

CoHoque ObservatOires

National Régionaux

des de la Santé

AMIENS.fg-94

/

n

o

r

s

Fécl.ération Naûùnale des Ohservaloires Régionaux de la Santé

ORS Picardie FacuIté de Médecine 3, rue des Louvels 80036 Amiens cedex 1

L'Harmattan 5-7,rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L 'Harmattan Inc. 55, me Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

26 observatoires régionaux de la santé...
ORS d'Alsace 4, rue de Lausanne 67000 STRABOURG Tél: 03 88 36 53 12 ORS d'Aquitaine 58, rue de Marseille 33000 BORDEAUX Tél: 05 56 44 45 79

ORS de Guyane 6, rue du Capitaine Bernard BP 659
97335 CAYENNE CEDEX

Tél: 0594300220 ORS Île-de.. France 21- 23 rue Miollis 75732 PARIS CEDEX 15 Tél: 01 44 42 64 70 ORS du Langpedoc-Roussillon Hôpital Saint-Éloi 2, avenue Bertin Sans 34295 MONTPELLIER CEDEX 5 Tél: 04 67 52 64 17 ORS du Limousin DRASS 24, rue Donzelot 87037 LIMOGES CEDEX Tél: 05 55 320301

ORS de Haute-Normandie Hôpital Charles Nicolle Pavillon de l' Aubette 1, rue de Germont 76031 ROUEN CEDEX Tél: 02 35 08 84 53 ORS des Pays de la Loire Hôtel de la Région l, rue de la Loire 44066 NANTES CEDEX 02 Tél: 0240 41 41 28 ORS de Picardie Faculté de médecine 3, rue des Louvels 80036 AMIENS CEDEX I Tél: 03 22 827724 ORS de Poitou-Charentes Hôpital Pasteur - Pavillon Guillon 15,pont Saint-Cyprien 86036 POITIERS CEDEX Tél: 05 49 44 40 41

ORS d'Auvergne Hôtel Dieu Boulevard Léon Malfreyt BP69
63003 CLERMONT-FERRAND

CEDEX I Tél: 04 73 31 61 03
ORS de Bourgogne 22, rue Nodot 21000 DIJON

Tél:0380434113 ORS de Bretagne BP 1605
35016 RENNES CEDEX Tél: 02 99 33 98 94 ORS du Centre En cours de réorganisation Contact: FNORS ORS de Champagne-Ardenne 7, boulevard Kennedy 51037 CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE Tél: 03 26652673

ORSAS de Lorraine 38, place Duroc BP 122 54705 PONT-À-MOUSSON CEDEX Tél: 03 83 8207 61 ORS de Martinique Entrée Hôpital Clarac Pavillon Lyautey 97200 FORT-DE-FRANCE CEDEX5 Tél: 05966098 15
ORS de Midi-Pyrénées Faculté de médecine 37, allées Jules Guesde 31073 TOULOUSE CEDEX Tél: 05 61 53 Il 46 ORS du Nord.. Pas-de-Calais 13, rue Faidherbe 59000 LILLE Tél: 03 20 15 49 20 ORS de Basse-Normandie La Maladrerie 9bis, rue de Saint -Germain 14000 CAEN Tél: 0231 734793

ORS Provence-Alpes-Côte 23, rue Stanislas Torrents
13006 MARSEILLE

d'Azur

Tél: 0491 374824 ORS de la Réunion 60, rue du Général de Gaulle 97400 SAINT-DENIS Tél: 02629438 13
ORS Rhône-Alpes 19, rue Bourgelat 69002 LYON Tél: 04 72 56 07 70

ORS de Corse Il, rue Colomba BP 810 20192 AJACCIOCEDEX4 Tél: 04 95 51 25 57
ORS de Franche-Comté 4, rue de la Préfecture 25000 BESANÇON Tél: 03 81 81 83 85 Observatoire d~partemental et sanitaire de Guadeloupe Bâtiment C, Institut Pasteur, Morne Jolivière 97139 ABîMES Tél: 0590 89 41 Il social

... 1 Fédération nationale
FNORS
Fédération nationale des ORS 62, boulevard Garibaldi 75015 PARIS Tél: 01 45 66 63 Il

SOMMAIRE

Vade mecum

p Il

Allocutions d'ouverture
Bernard Risbourg, président de l'ORS Picardie Charles Aussilloux, président de la FNORS Jean-Claude Cousin, premier-adjoint au maire d'Amiens Daniel Capon, président de la commission des affaires sociales, conseil général de la Somme Pierre Boquet, conseiller régional de Picardie délégué à l'environnement

p 17 P 19 P 21 P 23 p 25 p 27

Jean-Claude Cargnelutti, directeur régional des affaires sanitaires et sociales de Picardie p 33 Dominique Bertrand, conseiller technique auprès du ministre délégué à la Santé p 35 Jacqueline Denis-Lempereur, conseiller technique auprès du ministre de l'Environnement p 39

Exposé de la problématique
Gérard Dubois, présentation, professeur de santé publique, CHU Amiens Bernard Festy, surveillance des eaux... président de la section des eaux, CSHPF Jacques Drucker, réseaux, pourquoi? directeur du Réseau national de santé publique François Landais, prévenir la pauvreté/précarité direction interministérielle au RMI Marc Renaud, de "pas de travail" à... "trop de travail" professeur de sociologie, université de Montréal, Québec

p 43
P 45 P 47 P 59 p 67 p 73

7

7eCongrès des ORS: Gérer, agir

Tables rondes
Première table ronde: De "pas de travail" à... "trop de travail" ; prévenir la pauvretélprécarité

p 85 p 87

Claude TerraI, présentation président du CRES Languedoc-Roussillon p 87 Bernadette Lémery, rapport de synthèse De "pas de travail" à... "trop de travail" directeur ORS Bourgogne p 89 Débat p 97 Christine Ungerer, rapport de synthèse Prévenir la pauvreté/précarité p 113 directeur ORS Alsace Débat P 119 Seconde table ronde: Surveillance des eaux... ; réseaux, pourquoi? Bertrand Garros, présentation Directeur ORS Aquitaine Christian Lahoute, rapport de synthèse Surveillance des eaux... directeur ORS Nord - Pas-de-Calais Débat André Ochoa, rapport de synthèse Réseaux: pourquoi? directeur ORS Limousin Débat

p 131 P 131 p 133 p 143 p 147 P 153

Conférence Collectivités

débat, territoriales et santé publique
p 167 p 169 p 171 p 173 P 179 P 191 P 197 P 211 p 215

Michel Desmet, allocution d'ouverture préfet de la Somme, préfet de région Michèle Biétri, animation du débat journaliste, Le Figaro Ségolène Chappellon, exposé introductif (1) : la décentralisation inachevée Chargée d'études, ORS Pays de la Loire Débat Ségolène Chappellon, exposé introductif (2) : la lutte contre les MST . Chargée d'études, ORS Pays de la Loire Débat Ségolène Chappellon, exposé introductif (3) : perspectives Chargée d'études, ORS Pays de la Loire Débat

8

Sommaire

Synthèses
Jacques Theys, directeur scientifique, IFEN Claude Got, chef de service anatomie pathologie, Hôpital A. Paré

p 229 P 231 P 241 p 253 P P P P 255 259 267 271

Allocutions de clôture
Alain Dubreuil, remise des prix des communications affichées professeur de santé publique, CHU Amiens Jean- François Girard, directeur général de la santé Alain Trugeon, directeur de l'ORS Picardie Bernard Nemitz, président de Col' ORS 94

Liste des participants

p 273

9

Vade mecum

ORGANISER UNCONGRÈS, quelle qu'en soit l'économie, n'est pas chose facile, même si la tâche, ardue, n'en est que plus excitante. Convenir de son programme, de l'agencement des communications, de ce fil rouge auquel présidents de séance, modérateurs et rapporteurs essaient de se raccrocher, dans le labyrinthe des discussions, apartés et détournements, n'est pas non plus, on en conviendra, chose aisée. Lorsque le temps fut venu de nous atteler à cette construction toute intellectuelle, l'environnement s'imposa à nous, gens de santé publique, comme une évidence. Surprenant choix qui ne correspond pas au découpage thématique échu aux ORS; mais pas plus d'ailleurs que ne le fut le social; du moins explicitement. Ce ne fut tout de même pas faire œuvre originale: l'observation de la santé et l'intrication des problèmes posés ne s'embarrassant en fin de compte de compartimentages, aussi séduisants, aussi intelligents fussent-ils, il y a beau temps de cela que santé publique et environnement croisent leurs perspectives. Bref, l'association santé-environnement devint la plaque tournante de ce Congrès; encore qu'environnement se singularisât par un pluriel inhabituel: la santé, indicateur d'environnements. Il s'agissait bien d'aller au-delà des effets de mode, limitant l'environnement à l'écologie, elle-même limitée, en quelque sorte, à la seule gestion patrimoniale des arbres, parcs et autres espaces verts. Cette relation sur laquelle nous voulûmes nous pencher, nous la voulions dès le départ multiple, embrassant le physique (l'eau), le social (travail, pauvreté) et le relationnel (réseau), voire même le politique (collectivités locales). Il

7eCongrès des ORS: Gérer, agir

Notre proposition, sous-jacente aux thèmes choisis et débats engagés, était, par la confrontation d'idées, d'expériences, de travaux menés par différentes stnlctures dans le champ de la santé publique, ou dans celui de l'environnement mais relié, au moins par la toxicologie, à une préoccupation sanitaire, de dresser un bilan, certes limité et partiel, des acquis, pour tenter d'élabo"rer, autant que faire se pourrait, de nouvelles perspectives ou stratégies d'actions, et, pourquoi pas? de définir des pistes où les ORS, aux avants-postes de l'observation et de l' épidémiologie, pourraient désormais s'avancer. C'était notre hypothèse de travail - les discussions, si elles ne l'ont verifiée, du moins l'ont-elles argumentée - que de proposer la santé en tant que dénominateur commun de réflexions et valeurs partagées. Innovation pour innovation, nous voulûmes aussi tester le multimédia, permettre l'échange à distance, inaugurant ce que pourraient être réunions et conférences dans un avenir déjà si peu lointain. C'est ainsi que prit forme le projet de visio-conférence entre Amiens et Montréal, reliant par dessus l'Atlantique, chercheurs et décideurs, Québécois et Français, sur les mêmes problématiques. Enfin, nous ne pourrions clore ce préambule sans remercier l'ensemble des partenaires qui ont permis la construction et la réalisation de ce Congrès, au premier rang desquels la Fédération nationale des ORS qui en a bien voulu confier l'organisation à l'ORS Picardie. Mais au-delà, c'est à la mobilisation de toute une région qu'il faut rendre hommage: aux collectivités locales (la municipalité d'Amiens, le conseil régional de Picardie, le conseil général de la Somme), à l'université de Picardie et au CHU d'Amiens, à l'Assurance maladie (CRAM NordPicardie, les 5 CPAM de Picardie, la CMR de Picardie, la mutuelle de la Somme, la caisse chirurgicale mutualiste de l'Oise) et les 5 CAF de Picardie. Mobilisation nationale aussi avec le ralliement des partenaires traditionnels des ORS: soit ancien, le ministère des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, soit plus récents, le Haut comité de la santé publique, le Réseau national de santé publique et le Comité français d'éducation pour la santé. Mais aussi avec des partenaires venus d'autres horizons: le ministère de l'Environnement, France Telecom, la Caisse d'Épargne de Picardie et le groupe de presse Quotidien santé.

12

Vade mecum

Remerciements aussi, et, en fin de compte surtout, à tous les conférenciers, qui, au-delà de leur communication et de leur lot quotidien, ont bien voulu se prêter aux l110dalités de l'organisation: réunions préparatoires, conférences téléphoniques, texte préalable, épreuves à corriger...

* * *

Nous avions plusieurs possibilités de rendre compte de ce Congrès. Distribué lors de l'inscription et sans autre forme de procès, le recueil des communications privait le lecteur des débats et échanges," ce qui était la clé de ce Congrès et la raison d'existence des séances thématiques. Faire une synthèse de l'ensemble des propos, mais les abstracts et abstracts d'abstracts, par la dureté de leur forme et la sécheresse de leur style, ne renvoient qu'une trame approximative de l'écriture et de la pensée originale. Toute synthèse ferait plutôt œuvre de mutilation que de mise à dispositon de l'information. Hors de la communication et de ces principes, sinon préceptes, qui apprennent à lire en diagonale et à ne retenir que l'essentiel, disent-ils, nous préférons l'arrêt sur les mots d'auteur, comme d'autres pratiquent l'arrêt sur image, et suivre la sinuosité d'une pensée, devrions-nous y passer le temps nécessaire. De toute façon, la connaissance a le temps long... C'est pourquoi les deux jours et demi que dura le Congrès se trouvent réunis dans ces deux forts volumes qui forment l'actuelle édition des Actes. L'un, Gérer, agir, reprend l'ensemble des communications tenues en séance plénière: les discours introductifs, les exposés des problématiques, tables rondes, synthèses, conclusion, y compris la conférence-débat, préliminaire au Congrès. L'autre, Observer, confronter, fait place à l'ensemble des communications et échanges des séances thématiques, avec la visio-conférence qui reprenait la même armature. Que le lecteur pressé, avide de connaissances ou avare de temps, soit rassuré! Les énoncés de la problématique (4 textes), les rapports du travail en séances thématiques (4 textes) et la synthèse des travaux (2 textes) sont une grille de lecture aisée, rapide et efficace. 13

7" Congrès des ORS: Gérer, agir

Bien sûr, cette lecture laisse le champ à une lecture pl~s thématique des Actes. Formant chacune un ensemble autonome, séances thématiques ( y compris exposé de la problématique et visio-conférence correspondant), tables rondes ou encore conférence débat, peuvent se lire séparément.

* * *

Il est temps de conclure ce propos liminaire. Deux années sont maintenant passées depuis le Congrès. Le lien que nous avions légitimé entre santé et environnement physique s'est depuis bien affermi. Des réunions, des colloques, des congrès, des formations même ont lieu aux quatre coins de l'hexagone, et même ailleurs, sur la nécessaire liaison entre ces deux thèmes et entre les disciplines qu'ils sous-tendent. Le titre du Congrès, que d'aucuns ne comprenaient pas, à même été repris. Au cours de l'assemblée d'Istanbul de début 1996, l'Organisation mondiale de la santé a renforcé ce lien entre santé et environnement, notamment à propos de la pollution de l'air. C'est à ce même thème que s'est attelé le député J.-F. Mattéi, rapporteur de la commission des affaires culturelles sur le projet de loi sur l'air et l'utilisation rationnelle de l'énergie, mettant en évidence tout l'intérêt qu'il y aurait à surveiller la pollution de l'air par la surveillance ou l'observation de la santé. La voie semble ainsi définitivement tracée reliant l'environnement physique, l'écologie, à la santé. Du côté de l'environnement social et de ses liens avec la santé, les accointances sont déjà plus formalisées et traditionnelles tant le sanitaire et le social sont imbriqués, à tel point d'ailleurs, que la distinction ne devrait guère plus avoir cours. Les appels en ce sens se font de plus en plus insistants auprès des ORS et, s'ils n'ont pas tous le terme "social" dans leur intitulé, cela constitue bien un de leurs principaux centres d'intérêt. Au même titre, du reste, que le travail. Si les relations sont encore mal maîtrisées, la mise au point d'une fiche du tableau de bord des ORS portant sur les maladies professionnelles, et les quelques études engagées autour de la notion de 14

.

Vade mecum

stress marquent la volonté, au moins de la part des ORS, mais certainement aussi des décideurs, de bien s'implanter sur ce terrain. Quant aux réseaux, et à leurs interconnections, l'idée a fait son chemin parmi les ORS. Le réseau des ORS, en tout premier lieu, est désormais une réalité indépassable, avec en tête de réseau, la Fédération nationale. Dans un tout autre domaine, mais non moins éloigné, la mise en connexion des ORS via Internet, va venir renforcer, s'il le fallait, cette .collaboration désormais plus que décennale. Réseau européen aussi. L'observation de la santé est devenue une priorité de l'Union européenne, reposant sur l'établissement d'un état des lieux de la santé des populations, à l'instar de la production des tableaux de bord régionaux initiés par les ORS. Le rapprochement avec des structures européennes similaires est une des volontés affichées. La Belgique, qui dispose d'observatoires de santé à l'échelon provincial, a été le premier état membre avec qui la relation est la plus aboutie. Mais l'Espagne, la Grande-Bretagne, le Danemark comptent des structures remplissant des missions voisines, sans parler de relations hors des frontières de l'Union européenne, comme avec le Québec ou la Suisse. Le paysage de la santé publique, pour terminer, est en train de se modifier, et dans des proportions importantes. Si la loi sur la santé publique, attendue en 1994, enjeu repris d' ailleurs par la conférence-débat sur la santé publique et les collectivités locales, fait toujours l'objet des préoccupations des décideurs les plus importants de l'État et pourrait voir le jour dans dans un temps peu éloigné, le gouvernement n'est pas resté inerte dans le domaine du sanitaire. Ainsi a-t-il lancé une réforme en 1996 à travers 3 ordonnances qui ont déjà transformé l'ensemble du fonctionnement du système de santé. Le Parlement va ainsi voter chaque année les objectifs d~dépenses de la Sécurité sociale, en fonction des priorités arrêtées par la Conférence nationale de santé. Pour alimenter les travaux de cette Conférence, des conférences régionales de santé se tiendront régulièrement dans les régions afin de définir les priorités régionales de santé. La création des agences régionales de l'hospitalisation, d'une Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé, la redéfinition de l'Assurance maladie, le partenariat engagé avec les unions régionales des médecins libéraux, forment les bases d'une nouvelle politique tant nationale que régionale concernant la santé et précise, voire redéfinit les missions des uns et des autres. 15

7" Congrès des ORS:

Gérer, agir

L'axe fort qui structure ce paysage est bien celui de l'évaluation mais restreinte à l'évaluation économique, des diverses politiques et actions. Mais on ne saurait en rester à la seule maîtrise des dépenses et des coûts, sinon par inachèvement... Toute évaluation, quelle qu'elle soit, doit prendre matière dans une matrice intellectuelle, primo principio, laquelle donne sens, aux politiques et aux actions, à l'économique comme à l'éthique. Par leur existence, leurs missions, leurs travaux, les ORS participent pleinement de cette matrice intellectuelle et sont l'un des piliers des systèmes d'information qui la sous-tendent. Sollicités pour alimenter les travaux des conférences régionales de santé, notamment par les tableaux de bord régionaux sur la santé, ils ancrent les processus décisionnels à la fois dans la réalité du terrain et dans le temps de la réflexion. C'est la reconnaissance de leurs rôles d'organismes scientifiques, mais aussi d'initiateur et de valorisateur de l'information. Dans cette santé publique inachevée, nul ne doute désormais que la reconnaissance technique précède la reconnaissance politique qui assurera aux ORS et à leur Fédération, toute la pérennité nécessaire à leur sérénité...

16

ALLOCUTIONS

D'OUVERTURE

Allocution d'ouverture
Bernard RISBOURG Président de l'ORS Picardie Amiens

MESDAMES,

MESSIEURS.

C'est un très grand honneur pour l'observatoire régional de santé de Picardie d'ouvrir ce 7c Congrès national des observatoires régionaux de santé, consacré à la thématique Santé et environnements. Je voudrais vous dire, en tant qu' Amiénois ~t Picard, toute la joie que nous avons de vous accueillir dans notre ville d'Amiens, dans notre département de la Somme, dans notre région de Picardie, en espérant vous les faire mieux connaître et vous les faire aimer.

Le terme environnement sera utilisé durant ce Congrès de façon très large, comportant, outre l'écologie, tout le volet social. Depuis leur création, il y a un peu plus de 10ans maintenant, les observatoires régionaux de la -santé ont fait leur preuve en matière de collecte et de mise en forme de l'information permettant d'aider les décideurs dans différents domaines sanitaires et sociaux. D'autres observatoires se mettent en place, les observatoires de l'environnement par exemple, et l'objet de ce Congrès est de présenter, de mettre en lumière, les contributions que les observatoires de la santé peuvent apporter à ces différentes structures et aux différents décideurs.

19

?'Congrès des ORS: Gérer, agir

4 thèmes principaux ont été retenus: - la surveillance des eaux;

- les relations
"trop de travail" ;

entre la santé et le monde du travail, de "pas de travail" à...

- la précarité, la prévention de la pauvreté;

- enfin, les réseaux,

leur utilité et leur existence actuelles.

Bien sûr, ces 4 thèmes ne couvrent pas le champ extrêmement large des interfaces entre le monde de la santé et celui de l'environnement, mais nous espérons que chacun de ces thèmes est en soi significatif et représente une facette intéressante. À partir de la problématique du Congrès, chacun des présidents des séances thématiques aura toute latitude pour développer la thématique générale de la séance; nous leur demandons, lorsqu'ils présideront chacun leur séance thématique, de bien vouloir introduire les thèmes généraux et les grands principes avant de lancer la discussion. Avant de passer la parole aux différentes personnalités qui sont sur ce plateau, je voudrais remercier tous ceux qui nous ont aidé et soutenu dans l'organisation matérielle de ce Congrès. Les sponsors institutionnels et privés sont trop nombreux pour que je les cite tous mais je voudrais qu'ils sachent combien nous leur sommes redevables de la qualité de l'aide qu'ils nous ont apportée. Nous espérons que grâce à toute cette organisation, vous garderez un excellent souvenir de ce Congrès d'Amiens et que les idées concernant les interfaces entre la santé et environnement auront progressé. Je vais tout d'abord passer la parole à M. Charles Aussilloux, professeur de pédo-psychiatrie à Montpellier mais qui est surtout aujourd'hui président de l'observatoire régional de la santé du Languedoc-Roussillon et président de la Fédération nationale des observatoires régionaux de santé.

20

Allocution d'ouverture
Charles AUSSILLOUX Président de la Fédération nationale des ORS Président de l'ORS Languedoc-Roussillon Montpellier

M. LE REPRÉSENTANTu ministre de la Santé, Mmele représentant d l'Environnement, mes chers amis.

du ministre de

MM. les présidents, MMes les directeurs, mesdames et messieurs,

C'est avec joie maintenant que je parle en tant que président de la Fédération, laquelle Fédération n'existe que parce qu'il y a les observatoires. Je pense que ce Congrès d'Amiens, dont l'objectif a été clairement déterminé, dont les moyens ont nécessité qu'il y ait des partenaires si nombreux, et dont l'évaluation va être faite par tous ceux qui y assistent, est un bon exemple de la façon dont doivent travailler nos structures. Elles doivent être effectivement clairement missionnées et elles doivent être clairement contrôlées. A,ctuellement, l'expérience dans les observatoires de la rencontre avec les différents partenaires est désormais suffisante pour que chacun soit convaincu de la nécessité de l'observation de la santé, de la nécessité de continuer à en améliorer la qualité en l' inscri vant dans la durée, de l'utilité des différents niveaux d' observation, région, départements, villes, et de la nécessité d'une méthodologie identique pour permettre des comparaisons et une synthèse nationale. La fonction d'observation, dans tout ce qui a trait àla santé de l'homme, ne peut s'exercer efficacement que sous certaines conditions dont certaines paraissent antinomiques, mais c'est ce qui caractérise l'équilibre de l'être vivant. Les contradictions sont toujours là lorsque quelque chose vit. 21

71'Congrès des ORS:

Gérer, agir

La première condition, c'est que les observateurs soi~nt clairement mandatés dans leur mission générale et ceci doit l'être au niveau de ce qui nous est commun, à savoir l'État. Que les observateurs soient indépendants de ceux qui les mandatent dans l'exécution de leur missions, dans la production des résultats. Qu'ils soient sérieusement contrôlés au niveau de leur méthodologie, de leur éthique, de leur organisation et de leur gestion. Que les observateurs soient au plus près des réalités qu'ils ont à observer, inscrits eux aussi dans le paysage de façon que les observés acceptent les observateurs sans que cela pertube leurs comportements habituels. En même temps que les observateurs soient distanciés de cette réalité, en particulier par la clarté de leurs objectifs. Ils sont les seuls à ne pas avoir à défendre ce point de vue particulier ou général. Ils sont les seuls à ne pas exister en tant qu'acteurs mais en tant qu'observateurs. Parmi les mots principaux que l'on entend dans l'épidémiologie, que j'ai appris à connaître lorsque le pédopsychiatre s'est intéressé à la santé publique, on parlait de saisie et de données. Je crois qu'effectivement l'information passe par l'équilibre entre ces deux fonctions saisir, où quelqu'un est actif, choisit, sélectionne et fait attention à ne pas être un prédateur, et donner: ce que l'on saisit nous est donné par les autres et ce qui est important est que l'on soit accepté par les donneurs d'information et tant qu'on n'a pas trouvé cet équilibre nous sommes en danger. Je pense que le Congrès cette année va permettre d'avancer dans cette voie sur laquelle déjà depuis plusieurs années on a fait un bon chemin.

22

Allocution d'ouverture
Jean-Claude Maire-adjoint COUSIN

Amiens

M. LEPRÉSIDENT, mesdames et messieurs. Je voudrais tout d'abord excuser Gilles de Robien, député-maire d'Amiens, qui avait initialement prévu de participer à l'ouverture de cette séance, mais qui a été retenu par d'autres missions. Il m'a demandé de bien vouloir le représenter, en tant qu'adjoint ayant en charge les affaires sociales et la santé. Ceci étant, je vous remercie d'avoir choisi Amiens, capitale de la Picardie, pour lieu de réunion et d'être venus de toutes les régions de France pour participer aux travaux de votre Congrès national. Après les Congrès d'Aix et Bordeaux, vous avez jugé opportun, et on ne peut que vous en féliciter, de tenir congrès au nord de la Seine et votre choix s'est porté sur notre ville. Je pense que vous ne le regretterez pas. Nombre d'entre vous connaissent déjà Amiens par son festival international du film médical, Filmed, qui attire tous les 2 ans près de mille participants, et diffuse dans le monde entier mille cinq cent copies de films de 45 spécialités médicales. Cette année, cette manifestation a connu une innovation avec Filmet, le festival du film d'étudiants en médecine. Cette innovation est l'expression de la richesse et de l'enthousiasme d'une ville universitaire fière de ces étudiants, et parmi eux, de ces étudiants en médecine. Mais Amiens est la ville de plus de 100 000 habitants la plus jeune de France, ce qui fait que pour une grande partie de ces habitants, l'essentiel de leur existence 23

7<'Congrès des ORS:

Gérer, agir

va se dérouler au XXIe siècle. C'est pourquoi Amiens a rejoint, il y a deux ans, le réseau français des villes-santé et a tout naturellement accepté et financé l' établissement d'un tableau de bord de la santé de la ville, tableat;t de bord qui a été établi et dressé par l'observatoire régional de santé de Picardie, grâce au pr Risbourg et à son équipe. Cela nous a permis d'aborder et d'approfondir de nombreux thèmes concernant la santé des Amiénois. Ce diagnostic de la santé ne peut être destiné à un simple usage interne mais, avant tout, il est pour nous, responsables publics, un indicateur de l'environnement social, économique et humain de la ville. À partir du suivi des données, notre responsabilité est d'informer, d'agir et de prévenir les Amiénois pour que leur vie soit plus sereine, paisible, équilibrée et longue. Notre étonnement avait été à l'époque assez grand d'apprendre que nous étions la première ville à faire réaliser ce tableau de bord; d'autres nous imitent depuis. Cette mobilisation en faveur de la santé n'est malheureusement pas suffisamment consentie par les collectivités locales. Les statistiques peuvent déranger, le décalage entre la structure régionale des ORS et les compétences sanitaires des départements, les difficultés de financement publics et privés, ne facilitent pas le travail de vos établissements. Cependant, la valorisation des informations sanitaires, la complexité des problèmes d'environnement et votre savoir-faire, militent en faveur d'une lecture interrégionale de la santé.

Je pense que vous pourrez trouver le moment au cours de votre Congrès, et malgré le caractère studieux de vos travaux, pour visiter Amiens, apprendre à connaître la ville, sa cathédrale évidemment, les hortillonnages, le centre-ville avec sa zone piétonne, le parc urbain St-Pierre que nous avons ouvert et inauguré il n'y a pas longtemps. Tout cela est la traduction des efforts faits par la ville d'Amiens en faveur d'un environnement de qualité, pour qu'il y ait une vie et une santé la plus favorable possible pour les Amiénois. Il me reste à vous souhaiter de bons travaux dans l'avenir et un bon Congrès.

24

Allocution d'ouverture
Daniel CAPON Président de la commission des affaires sociales Conseil général de la Somme Amiens

M. LEPRÉSIDENT, mesdames et messieurs.
C'est avec grand plaisir que je vous adresse les vœux de bienvenue du conseil général de la Somme au nom du président Demilly que je représente ici. L'observatoire régional de santé de Picardie effectue, depuis sa création, un travail remarquable. Il n'est pas étonnant, lorsqu'on connaît le dynamisme de son équipe, de le voir aujourd'hui accueillir à Amiens votre Congrès national. Je m'en réjouis d'autant plus que le thème retenu pour ce Congrès est un sujet intéressant, riche et qui promet des débats de qualité. Observatoires de la santé, vous abordez celle-ci avec une approche très ouverte, en prenant en compte l'ensemble des conditions de vie, la mise en perspective dans J'environnement et même, si l'on suit votre titre, dans des environnements.

De par ces compétences et les domaines dans lequel il intervient, le conseil généraI se retrouve bien dans cette approche. On connaît les compétences médicosociales des conseils généraux et l'on mesure bien toutes les interactions entre un bien-être physique ou psychique et une insertion sociale. Interactions entre les dimensions individuelles de la santé que nous rencontrons au quotidien chez tous les usagers de nos services, de la dimension du contexte de l'environnement qui conditionne les états de santé. Malaise sanitaire et social, indicateur d'un malaise

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7('Congrès des ORS: Gérer, agir

d'environnement pourrait-on dire. On sait bien que les facteurs d'emploi ou de chômage, de revenus et de pauvreté sont déterminants pour la santé. Nous sommes présents sur tous ces domaines. Nous y apportons tout ce que nous pouvons pour maintenir, améliorer ou préserver les conditions de bien-être pour la population du département. De même, on ne peut se désintéresser de la qualité du cadre de vie et son incidence sur la santé. Le problème de l'eau, s'il n'est pas le seul aspect, en est un. tout à fait essentiel et nous avons beaucoup à y voir. Le croisement entre nos préoccupations d'aménage~ent et les réflexions de professionnels de la santé me semble pouvoir être fécond. Puisque je parle de croisement, je m'arrêterai sur le thème des réseaux. Le conseil général est un opérateur public important, mais il a bien conscience d'intervenir au milieu d'un tissu d'organismes et d'institutions publiques ou privées avec lesquels il entretient des liens plus ou moins serrés. Croiser et échanger des informations pour augmenter la connaissance et être à même de mieux agir, c'est une exigence qui n'est pas facile à remplir au quotidien mais dont nous reconnaissons l'importance et la nécessité. Je remercie donc les observatoires de la santé, tout particulièrement celui de Picardie, pour la contribution importante qu'il apporte. Je vous souhaite un Congrès studieux et en même temps agréable, en espérant que vous garderez un excellent souvenir de votre séjour à Amiens et dans notre département.

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Allocution d t ouverture
Pierre BOQUET Conseiller régional de Picardie délégué à l'environnement Amiens

M. LE PRÉSIDENT, mesdames, messieurs.
Il est évident que lorsqu'on intervient dans une séance d'ouverture et qu'un certain nombre d'orateurs sont intervenus avant vous, la tâche devient de plus en plus difficile parce que beaucoup de choses ont déjà été dites. Aussi, je voudrais éviter de tomber dans le travers que présentent parfois certains prêtres à la messe qui redisent souvent en mauvais français ce qui a été excellemment dit dans l'Évangile et mes propos seront donc courts. Lorsqu'un homme politique, dans une intervention, dit: "Le thème que vous avez retenu est extrêmement important", on le considère souvent comme cherchant à flatter les organisateurs de la manifestation et comme cherchant à brosser dans le sens du poil l' auditoire. Mais il est évident, étant médecin et mon prédécesseur à la tribune, mon collègue du conseil général de la Somme, étant lui aussi un professionnel de santé, que le thème retenu est important et j'ose espérer que mes propos retrouveront à vos oreilles un peu plus de crédibilité. L'environnement est à la mode et je pense que c'est une bonne chose. Mais on peut se poser la question de savoir pourquoi l'environnement est à la mode? Du fait des progrès technologiques importants observés depuis quelques décennies, du fait d'un développement économique également important, on observe des bienfaits indiscutables mais force est de constater qu'à côté de ces bienfaits, ce développement économique et ces progrès technologiques comportent des effets 27

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pervers, malheureusement, eux aussi évidents. Nous vivons donc dans un monde de plus en plus dangereux. Comment dans ces conditions ne pas partager l'indignation de celles et ceux qui s'énervent, à juste titre, lorsque l'on voit des pollutions importantes de l'eau, des pollutions importantes de l'air? lorsque lesmédias, la télévision en partidulier, nous montrent des camions entiers de déchets hospitaliers allemands qui viennent dans nos décharges municipales, avec les seringues, les tubes... J'avoue personnellement que a posteriori je rougis de penser que, il y a encore une dizaine d'années, en activité libérale avec des fonctions hospitalières mais.j'ai arrêté mes activités libérales du fait de mes activités politiques, je jetais allègrement dans la poubelle d'ordures ménagères mes seringues et tout le matériel qui pouvait être contaminant. Pour cela j'avoue encore une fois, avec a posteriori un sentiment de honte, que je le faisais sans qu'à l'époque cela ne m'interpelle beaucoup. Heureusement, maintenant, il y a une prise de conscience et la population s'indigne à juste titre et s'inquiète de tous les dangers réels ou potentiels. Vivant dans un monde de plus en plus sophistiqué, les risques sont donc plus importants, qu'ils soient mécaniques, chimiques ou nucléaires. Ceci dit, nous avons la chance en France d'avoir eu des nuages quelque peu irradiés qui avaient une connaissance administrative parfaite et qui se sont arrêtés à la frontière. Mais je crains que cela ne puisse se reproduire éternellement et je pense que nous avons raison d'être vigilant sur ces problèmes qui concernent l'environnement.

Il est évident que dans un état démocratique, où un certain nombre de personnes reçoivent par le suffrage populaire la responsabilité de prendre des décisions, il est important que ces décisions soient prises avec la meilleure connaissance possible de la situation réelle. Il est évident aussi que, dans un tel contexte, des structures telles que les observatoires régionaux de la santé constituent des éléments de conseils tout à fait primordiaux et je dirai même absolument indispensables. Un problème est déjà à moitié résolu quand il a été bien posé. Cela confirme tout l'intérêt qu'une structure telle qu'un conseil régional peut porter à une structure telle qu'un observatoire régional de la santé.

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Allocution d'ouverture, Pierre Boquet

En ce qui concerne la perception des problèmes environnementaux, je pense qu'il y a plusieurs façons de les percevoir. L'écologie, avec un petit e,c'est-à-dire la sauvegarde de la petite fleur et du petit oiseau, n'est pas suffisante bien qu'importante. L'Écologie, avec un grandE, c'est-à-dire tout le support scientifiquede la connaissance qui permet de lutter contre toutes les pertubations auxquelles je viens de faire allusion, n'est pas non plus suffisante. Il y a, à mon avis, une façon un peu plus expansive de prendre en considération les problèmes environnementaux. Ainsi, et je reprends ce que je disais lors de la conférence débat, si on s'en tenait à la définition traditionnelle de l'être humain, à savoir l'association d'un corps et d'un esprit, nous passons à côté d'une dimension fondamentale qui nous concerne, non seulement en tant que groupe social, la soci~té, mais qui nous concerne très étroitement en tant qu'individu. Pour ma part, l'être humain comporte trois dimensions:

- une dimension - une dimension

physique: le corps;

- une dimension psycho-affective: l'esprit, l'âme; environnementale.

D'une façon consciente, mais aussi inconsciente, nous sommes étroitement associés à notre environnement. Environnement humain puisque le fondement de notre vie est social. Comme les animaux, nous ne sommes pas faits pour vivre isolés, mais pour vivre en bande avec la loi de la meute. Pour l'espèce humaine, nous avons une caractéristique supplémentaire qui est la structure familiale. Mais nous sommes également très étroitement liés à notre environnement matériel, c'est-à-dire l'ensemble de notre environnement que nous percevons par nos sens: environnement visuel, environnement olfactif, environnement auditif. Je crois que si du fait d'une mobilisation de l'opinion publique, les décideurs politiques, qui se situent au niveau national, régional, départemental ou communal, intègrent dans l'analyse des problèmes qui se posent à eux, cette dimension traditionnelle, l'Écologique avec un grand E, telle que la pollution de l'eau, de l'air, des sols, décharges, etc., il serait important qu'ils puissent aussi intégrer cette composante inconsciente au niveau de notre vie quotidienne.

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Je voudrais justement insister sur l'importance, beaucoup plus grande que l'on en a l'habitude, de prendre en considération la pollution visuelle. Le ministère de J'Environnement vient de sortir une loi sur le paysage et je crois qu'il serait bon d'insister sur le rôle tout à fait primordial que joue le paysage dans le bien-être, donc dans la notion de santé de chacun d'entre nous. Sous prétexte du développement économique, que de crimes contre le paysage n'avons-nous pas commis! Il faut bien se rendre compte que si le développement économique peut avoir des effets bénéfiques immédiats sur le plan de la rentabilité, il ne faut pas sous-estimer les effets pervers, les effets néfastes que cela peut avoir de façon plus ou moins occulte. Il en est de même dans d'autres domaines, les pollutions olfactives par exemple. Les médias nous parlent souvent de révolte de voisinage lorsqu'une installation qui crée de l'emploi par de l'élevage de porcs ne tient pas compte de la proximité d'un village. La pollution olfactive a des répercussions complètement néfastes sur la qualité de la vie et donc sur l'équilibre psychique de toute une population. Je sais bien que mes propos peuvent être perçus comme un petit peu provocateurs,mais il ne s'agit pas pour moi de critiquer celles et ceux qui dans le passé ont pris un certain nombre de décisions, prises dans un certain contexte de connaissance, mais force est de constater qu'un certain nombre de choses qualifiées d'erreurs ne furent pas perçues comme telles. Cependant, il serait dramatique de perdurer dans cette voie. Il y a enfin un troisième domaine que trop souvent malheureusement les déci. deurs ne prennent pas très au sérieux, c'est le problème de la pollution auditive. Il est bien sûr facile de mettre en prison un homme qui, excédé, tire avec sa carabine sur un groupe de jeunes qui, désœuvrés, font du bruit dans un ensemble HLM. Mais on peut peut-être se poser la question de savoir pourquoi cet homme a tiré. La plupart du temps, c'est parce qu'il a disjoncté, car le niveau sonore de la nuisance lui était devenu totalement insupportable. Pourquoi de ne pas pouvoir prendre en compte la pollution auditive qui est liée à la circulation de quelques moby lettes dont les jeunes conducteurs ont traficoté le pot d'échappement afin, peut-être, de faire comme tel héros de feuilletons télévisés?
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Je crois qu'il s'agit là de pollutions extraordinairement importantes et qu'il serait grand temps que les décideurs politiques prennent en considération tous ces 30