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LE FRANÇAIS DANS SA VARIATION EN HOMMAGE A DANIEL BAGGIONI

De
280 pages
L'image construite d'une langue (telle qu'elle apparaît par exemple dans les dictionnaires) en dessine les contours. Les locuteurs peuvent en dessiner d'autres. Comment alors délimiter la langue (le français et le créole sont ici pris en exemple), ou la variété de langue, qu'il s'agisse d'un standard ou, par exemple, d'une variété régionale ?
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LE FRANÇAIS DANS SA VARIATION
En hommage à Daniel Baggioni

@ L'Harmattan, 2000

ISBN: 2-7384-9232-0

Claudine BAvaux, Régine DUPUIS et Jean-Michel KASBARIAN (éds.)

LE FRANÇAIS DANS SA VARIATION
En hommage à Daniel Baggioni

ACTES DE LA SE TABLE-RONDE

DU MOUFIA

22-24 avril 1998

Préface de Danièle Latin

LCF -UPRESA 6058 du CNRS Université de la Réunion L'Harmattan L'Harmattan Inc. 5-7, rue de l'École Polytechnique 55, rue Saint-Jacques 75005 Paris - FRANCE Montréal (Qc) - CANADA H2Y IK9

COLLECTION ESPACES FRANCOPHONES
dirigée par Didier de Robillard

- D. Baggioni, Francophonie et multiculturalisme en Australie. - E. Martinez, Le département français de la Réunion et l a coopération internationale dans l'Océan Indien. - D. Baggioni et D. de Robillard, Ile Maurice: une francophonie paradoxale. - R. Chaudenson, Créoles et enseignement du français. - G. Manessy, Le français en Afrique noire. Articles colligés et publiés par M. Beniamino et C. Bavoux. - C. Bavoux éd., Français régionaux et insécurité linguistique. - M. Beniamino, La francophonie littéraire. Essai pour une théorie.

Cet ouvrage a bénéficié du concours de l'A ence Universitaire de la Franco honie

PREFACE Les auteurs réunis dans ce volume l'ont d'abord été par des affinités scientifiques dont le centre est l'action de recherche partagée de l'équipe UPRESA 6058 du CNRS inscrite au sein du réseau "Etude du français en francophonie", laquelle portait sur une description des particularités lexicales du français dans la zone océano-indienne en tant que contribution à une étude plus générale de la genèse de variétés de langue en contexte de mixité linguistique, et principalement en situation de continuum créole-français. Je n'ai pas de raison d'ajouter ici à la présentation très claire qui est faite ci-après des contributions qui composent ce recueil des Actes de cette vème Table Ronde du Moufia: Claudine Bavoux, qui a coordonné l'entreprise, y explique mieux que quiconque ne pourrait le faire en quoi l'intention de l'équipe-pilote et des auteurs de communications était de dévoiler, voire de désocculter selon diverses facettes ce processus ô combien complexe de la variation, lié aux différents sites de structuration du sens linguistique, lexical et symbolique et dont on perçoit toujours davantage aujourd'hui le caractère interactif par rapport aux codes et aux standards qui servent à le référer. L'une des principales problématiques qui s'y trouve développée souligne à bon escient combien le champ d'enquête et sa nature influent sur la théorie du langage qui doit servir à le définir. Ainsi l'intention du texte va-t-elle à l'encontre de tous les conformismes intellectuels et principalement à l'encontre d'une lexicographie qui voudrait limiter la portée épistémologique des apports de la variation francophone à la périphérie du système. On appréciera la cohésion, voire la passion exploratoire et, par I à même, l'intérêt heuristique d'une telle prospective. Il faut rendre ici justice à l'esprit d'une recherche collective et solidaire qui, partant de la description, débouche sur des préoccupations sémiologiques beaucoup plus générales et tente de revisiter, par delà une critique idéologique de certains champs du savoir philologique, dialectologique et lexicographique, les concepts-clés d'une nouvelle sociolinguistique historique appliquée au terrain qui est le sien et qu'elle ne perd pas de vue, - ce qui, somme

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toute, est la meilleure façon d'élever ce dernier de son statut culturel empirique en objet de science. L'étude du français écrit et parlé dans les différentes régions et communautés de la francophonie détermine - selon l'écologie des langues en vigueur - la configuration sociolinguistique des communautés et des représentations qu'elles s'y forgent, l'émergence de variétés francophones qu'il est présomptueux d'homologuer aux "français régionaux" de France -les substrats n'étant pas les mêmes, les enjeux d'aménagement linguistique pouvant être sensiblement divergents. L'objet d'étude que représente la francophonie linguistique offre donc un excellent terrain d'observation et d'analyse pour une réflexion critique d'ensemble qui interpelle les sciences du langage au coeur desquelles nous situons la lexicographie comme la lexicologie, la sociolinguistique comme la sémiologie des cultures, voire la glottopolitique et l'étude des idéologies scientifiques: conscients que la description des usages linguistiques et de leurs normes n'est pas le tout de l'enjeu mais qu'y jouent tout autant sinon davantage le regard que l'on porte sur eux (qui les signifie) et les modèles formels auxquels on se réfère pour les définir et les codifier (métalangue, dictionnaire, grammaire), les auteurs de ce volume me semblent partager l'ambition d'une approche pluridisciplinaire de la variation mais en la comprenant comme une entreprise de déconstruction des présupposés, comme une mise en lumière de la relativité de la variation ... A cet égard, le recueil prend alors un autre sens, un sens secret et intime pour se faire trace et recueillement par affinités électives avec un vécu moral et intellectuel partagé au coeur de l'équipe FRaI et, plus largement, au cœur du réseau, pour se faire Hommage à I a mémoire de Daniel Baggioni, à la personne et à la personnalité intellectuelle du Collègue si présent, si proche encore de tous, et qui fut brutalement arraché à la vie peu après ce dernier rendez-vous de la Réunion. Le réseau "Etude du français en francophonie" s'associe par ma voix à l'hommage intellectuel qui lui est rendu dans ce volume. Nous lui savons gré de ses contributions à nos travaux, desquels il était assidu, nous lui savons gré de la confiance qu'il nous fit et de la franchise de sa pensée. Nous le savions amoureux de vie, de savoir et de cultures, n'acceptant avec intransigeance que le 1xn grain de l'érudition, et rejetant farouchement l'ivraie dominatrice: Corse et Français, Océano-indien et Provençal, il défendait les

D. LATIN: PREFACE

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patrimoines intellectuels et identitaires non par nationalisme mais par un sens positif du droit de connaissance et de reconnaissance, par respect de la différence. Du point désormais de "ce toit tranquille où marchent les colombes", 1"'Ailleurs imaginé" par ce linguiste-poète méditerranéen, le "rêve linguistique" qu'il évoquait lui-même un jour à propos du mythe de la Pentecôte correspond sans aucun doute peu cu prou à celui que Roland Barthes définissait si bien à propos du sens Il me plaît ou du texte de plaisir en des termes quasi similaires '" qu'Albert Valdman m'ait précédée dans ce rapprochement symbolique lors des mèmesJournées du réseau à Yaoundé, consacrées au corpus lexicographique. Il citait ce texte admirable: "Alors le vieux mythe biblique se retourne, la confusion des langues n'est plus une punition, le sujet accède à la jouissance par I a cohabitation des langages qui travaillent côte à côte: le texte de plaisir, c'est Babel heureuse" (Barthes, Roland, 1973, Le Plaisir du texte, Paris, Le Seuil, pp. 9-10). Danièle Latin Coordonnatrice du RTR Etude du français en francophonie Agence universitaire de la Francophonie Bureau Afrique B.P. 10017 Dakar Sénégal

Dakar, le 30 novembre

1999

PRESENTATION

DE L'OUVRAGE

Les actes d'une table ronde sur le thème de la variation Les participants de la Table Ronde qui s'est tenue du 22 au 24 avril 1998 à l'Université de Saint-Denis de la Réunion étaient invités à réfléchir à la variation à partir des travaux menés au sein de l'UPRESA 6058 du CNRS dans le cadre du programme Contribution à lm inventaire des particularités lexicales des français de l'Océan Indien du réseau Etude du français en francophonie de l'AUPELF-UREF. Pour préparer cette rencontre, les organisateurs que nous étions avions envoyé un appel à participation à des chercheurs que leurs travaux prédisposaient à enrichir 1a réflexion de l'équipe du programme Contribution... Nous en rappellerons ici les termes: "On admet maintenant très largement l'idée que la variation est un phénomène constitutif de toute langue1. Ce phénomène est générateur d'images, tant chez le descripteur que chez les locuteurs. Intéressons-nous à l'observateur-descripteur qui s'applique à construire un modèle qui est la mimesis de la réalité observée. Nous proposons de nous concentrer sur le lexicographe (mais on pourrait aussi s'intéresser au grammairien): Pourquoi travaille-t-il? Comment? Pour qui? Avec quelles conséquences sur le "produit fini" ? Voyons maintenant le locuteur, non pas en tant qu'individu mais comme membre d'une communauté linguistique. Comment se représente-t-il la variation? En quoi la représentation qu'il peut s'en faire influence-t-elle ses comportements? Demandons-nous enfin comment le descripteur tient compte de l'image que le locuteur a de "sa" variété et quel effet a l'image projetée par le descripteur sur le locuteur. Le lexicographe exprime l'obligation à laquelle il se sent tenu de présenter un reflet fidèle de cette variabilité. L'image qu'on évoque 1 Voir Claude Frey, 1997, "Rapport de synthèse des travaux", ln C. Frey et D. Latin éds., Le corpus lexicographique. Méthodes ck constitution et œ gestion. Actes des liO Journées scientifiques du réseau thématique cE recherche "Etude du français en francophonie".

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souvent (image illusoire?) est celle du dictionnaire reflet de 1a langue (c. Frey, idem). Notons qu'aucun lexicographe ne défend le point de vue inverse, et ce consensus en forme d'évidence est bien 1a preuve qu'on est ici devant une position idéologique bien partagée. Voyons maintenant si les principes proclamés sont réalisés, mettons en regard les préfaces, les nomenclatures et le corps des articles de dictionnaires ou d'inventaires. Il faut avoir l'œil bien exercé pour lire les marques et les absences qui sont autant d'indices de choix qui ne sont pas toujours en accord avec les intentions et les principes proclamés dans les préfaces. La première des idéologies nie qu'elle en soit une. Le dictionnaire se présente alors comme une pure entreprise de description. Comme \ID reflet. Reflet homogène d'une langue homogène, parlée par une communauté homogène de locuteurs. Comment échapper à cette vision idyllique de la lexicographie? Sans doute en (re)situant le travail du lexicographe dans son cadre, qui est, dans une large mesure, celui de l'aménagement linguistique. Nous savons bien que toute activité lexicographique est assimilable à une action de normalisation, de standardisation de certaines formes de la langue au détriment d'autres formes. A tout instant, le lexicographe opère des choix qui ont pour effet de faire exister certaines formes linguistiques et certaines images de 1a langue et d'en faire "inexister" d'autres. Choisit-il de privilégier 1a variété dont il est lui-même \ID locuteur "natif" ou "acclimaté" al cherche-t-il à fonder ses choix sur une exigence d'objectivité, dans une démarche de type "philologique"2? Tente-t-il, dans 1a description de la langue à laquelle il se livre, qui en est aussi l'institution3, de gommer la variation, dans \IDrêve d '''universalité'' ou au contraire d'en donner une image fidèle, voire atomisée à force de vouloir coller à la diversité du réel? Quel "rêve de langue" le guide au moment où il délimite sa nomenclature, au moment où il sélectionne ses exemples, mais aussi ses informateurs, au moment où il établit \ID système de marquage censé signaler la multiplicité des usages? Les lexicographes peuvent certes, en femmes et hommes. du métier, apporter des éléments de réponse à ces questions. Une approche plus théorique ne doit cependant pas être exclue: 1a question du traitement de la variation linguistique peut être abordée de façon plus générale si on inclut, outre les descriptions 2 Voir Alain Rey, ln Bédard et Maurais, 1983, La norme linguistique. 3 Voir Renée Balibar, 1985, L'institution dufrançais.

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lexicographiques de variétés périphériques, celles des autres variétés de langues (dont la variété standard), ainsi que les descriptions grammaticales, ces autres outils de normalisation." Avec le recul du temps, nous pouvons constater que cet appel a bien été entendu. Les communications dont nous publions les textes dans cet ouvrages traitent bien de la variation du français central et de français périphériques, d'Amérique ou de l'Océan Indien, sans écarter les créoles qui entrent en contact avec les variétés régionales de français; certains textes se présentent comme des bilans d'actions de description lexicographique ou syntaxique, cependant que d'autres, ou les mêmes, proposent une réflexion théorique sur 1a question du traitement savant de la variation. Que peut-on dire aujourd'hui, au moment d'éditer les Actes de ces journées d'avril 98 ? Un constat d'abord: il semble que la question de la variation soit au centre de toute réflexion sur les langues. Il suffit de s'informer des dernières publications pour se convaincre qu'elle préoccupe plus que jamais les linguistes, au point qu'on se demande comment on a pu si longtemps réaliser des travaux sur des théories qui se fondaient sur sa négation, son occultation, ou sa mise à l'écart. Disons, pour nous limiter à la linguistique française, que si, au sortir d'une longue période de fascination pour les théories saussuriennes du signé, les linguistes redécouvrent, dans la langue orale d'abord, le fait fondamental de la variation, ceux d'entre eux qui se trouvent confrontés aux variétés régionales ont fait depuis longtemps de la variation leur pain quotidien, ce qui ne signifie pas, toutefois, qu'ils aient surmonté les difficultés théoriques liées à leur objet. Tout comme les dialectologues, les lexicographes des français régionaux ont de la variation une expérience intime. C'est le cas de P. Brasseur pour le français terre-neuvien, de J.-M. Kasbarian pour le français de Marseille. C'est le cas des descripteurs des variétés indianocéaniques, confrontés au double problème de la variation du français et de son contact avec des créoles apparentés. D. de Robillard s'interroge sur la complexité de ce contact dont le modèle le plus classique, celui de l'axe diglossique ne propose qu'une représentation simplifiée. La question du contact d'une variété de français et d'un créole, loin de nous éloigner de la question de la variation du français, offre, entre autres possibilités, celle de comparaisons éclairantes. 4 Voir l'article de Paul Siblot publié dans cet ouvrage.

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G.Staudacher et P.-L. Mangeard, se penchant sur les problèmes d'écriturisation des créoles de l'Océan Indien, mettent en lumière le rôle de l'écriture dans la réduction de la variation et dans I a normalisation /standardisation d'une langue. L'oral apparaît pour ce qu'il est, le règne de la tolérance à la variation, cependant que l'écrit apparaît comme le domaine de l'aménagement linguistique et de l'action sur les langues. Quant aux descriptions (lexicographiques, grammaticales), elles se situent, de toute évidence, du côté de l'écrit et de la grammatisation5 ... Les auteurs dont nous publions les textes ont contribué à élargir une réflexion qui s'était développée sur un terrain bien circonscrit, celui de la description lexicographique des français de l'Océan Indien. En lisant ces textes, on comprend qu'ils ont une préoccupation commune, la question de la variabilité du système et celle de ses conséquences concrètes: l'existence de variantes et de variétés de langues. Leurs approches, pour différentes qu'elles soient, se complètent utilement. Certains, on le verra dans la présentation qui suit, interrogent la variation à sa source; d'autres tentent de corréler les variantes à des réalités géographiques, historiques, sociales; d'autres semblent ne postuler l'existence de variétés que pour s'interroger sur le flou de leurs frontières ou à titre d'hypothèse. Statut des variantes, extension de la zone de variabilité du système linguistique, comptage et reconnaissance des variétés de langues, autant de questions ardues, auxquelles cet ouvrage tente d'apporter quelques éléments de réponse, à partir de l'étude de corpus et de terrains précis. Agencement de l'ouvrage

Les éditeurs ont voulu placer en tête de l'ouvrage quelques pages d'hommage à Daniel Baggioni. Ces textes proposent une lecture critique de son dernier ouvrage, Langues et nations et une bibliographie suivie d'une synthèse critique de ses travaux, faite par l'une des personnes qui scientifiquement est le plus proche de lui, J.-M. Kasbarian. Ces trois textes révèlent, au premier abord, m Daniel Baggioni préoccupé, ces dernières années et depuis son départ de la Réunion, par d'autres thèmes que ceux qui nous intéressent ici. L'image qu'imposent ses derniers écrits est celle d'un historien de I a langue et de la linguistique. Mais le message qu'il adresse aux

5 Nous

reprenons le terme et le concept à Sylvain Auroux, 1992, Histoire des idées linguistiques, t. 2, Mardaga.

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linguistes de l'endroit où il parle, qui est, n'en doutons pas, celui de sa chère diachronie, concerne d'une façon évidente les descripteurs de français régionaux et de variétés minorées que nous sommes. Les

travaux du programme Contribution à un inventaire ... largement
synchroniques dans leur première phase, ont pourtant, peu à peu, notamment chez M. Beniamino et C. Bavoux, redécouvert l'ancrage historique de toute (variété de) langue. Dans une première partie, les chercheurs du programme présentent un bilan d'étape et analysent globalement ou sur des points précis l'image des variétés qu'eux-mêmes ou d'autres ont construite. Dans la deuxième partie, des études portant sur des terrains ou s'inscrivant dans des domaines voisins contribuent à repousser les limites de la réflexion. C. Bavoux propose un premier bilan d'une activité lexicographique qui concerne les français de l'Océan Indien. Elle retrace une histoire qui conduit les sociolinguistes de l'UPRESA 6058 du CNRS-Réunion, confrontés à un projet lexicographique, à façonner des outils de description adaptés à leur objet, sans renier pour autant le double héritage qui leur sert de cadre, celui des dictionnaires de français standard et celui des inventaires de français dits régionaux. Ce bilan conclut à la pertinence d'une approche sociolinguistique des variétés non standard, sans faire l'économie d'une réflexion sur les conditions d'un transfert du modèle élaboré dans la zone Sud-Ouest de l'Océan Indien à d'autres situations où le français est dépourvu d'un réel ancrage sociologique et historique. Cette dernière interrogation remet à l'ordre du jour la question de la diachronie, que certaines descriptions ont cru pouvoir occulter. Elle se fait entendre en écho des exhortations de Daniel Baggioni en faveur d'une "sociolinguistique historique s'inspirant des résultats aussi bien de la linguistique historique, de l'histoire, de l'anthropologie historique ou générale que de la théorie linguistique tout court." (Langues et nations en Europe, p. 47) Adoptant la posture d'un lecteur non spécialiste, J. Simonin s'attache à comparer les entrées COCO dans les dictionnaires et inventaires réunionnais et mauriciens. Faisant de la candeur une méthode d'investigation, il ne s'aperçoit pas que les uns se présentent comme des dictionnaires de créole, les autres comme des inventaires de français régionaux. Il voit plutôt des représentations diverses d'un même espace langagier. Dans un deuxième temps, il convoque des théories linguistiques et sémiotiques susceptibles d'éclairer les

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contraintes qui pèsent sur toute entreprise lexicographique différentielle. Il reprend les analyses que D. Baggioni et de S. Auroux proposent des dictionnaires et des encyclopédies. lI présente les idées générales d'Eco, de Gumperz, de Veron et poursuit sa propre réflexion sur le terrain réunionnais. Il en vient à placer les ouvrages lexicographiques produits à la Réunion et à Maurice dans une seule et même catégorie, celle des dictionnaires / inventaires différentiels, et à proposer la thèse selon laquelle ces ouvrages s'inscrivent dans une tradition lourdement marquée encore par une conception saussurienne de la langue. Sa critique rejoint celle de P. Siblot, qu'on découvrira dans la deuxième partie. 1. Pierozak trouve un exemple du traitement lexicographique de la variation du français dans le traitement de la valence verbale qu'opèrent les deux inventaires des particularités lexicales de I a Réunion (le FRR de M. Beniamino) et de l'île Maurice (le FRM de D. de Robillard), confrontés au Petit Robert, dictionnaire de français standard (ou central, selon le point de vue). L'auteur fait l'hypothèse que le choix (d'ailleurs non systématique) du traitement diachronique et polysémique de la valence verbale chez M. Beniamino vise à légitimer la variété en en soulignant l'ancrage historique. Inversement, dans l'inventaire de D. de Robillard, le choix du traitement homonymique et synchronique de la valence viserait à rendre visible la distance qui sépare le FRM du français. L'image construite de la variation nous renseignerait sur son auteur et sur ses relations tant avec la variété qu'avec la communauté linguistique. A. Rey a raison, la lexicographie n'est pas une activité innocente! Cherchant à défricher de nouvelles pistes, D. de Robillard propose une étude comparative du déterminant nominal LA dans les trois lectes du "diasystème roman" qui englobe le français standard, le français mauricien et le créole mauricien. Le diasystème, tel qu'il le définit, figure les subtiles frontières des trois lectes et en montre I a dynamique. Il ne rend pas obsolète le schéma diglossique du continuum, il le sous-tendrait plutôt dans la mesure où il représente les ressources que le système linguistique tient à la disposition des locuteurs/acteurs d'une interaction. Le déterminant LA pris comme critère discriminant met en évidence le caractère flou de frontières interlectales auxquelles les locuteurs peuvent donner, en discours, ID tracé plus net selon les enjeux sociolinguistiques de la situation. La réflexion de D. de Robillard a entre autres mérites celui de refuser le

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clivage habituel entre linguistique interne et sociolinguistique et d'aller au-delà de modèles qui ont marqué un progrès dans la conceptualisation des situations de contact linguistique mais qui échouent à rendre compte de leur complexité: la notion de situation affinitaire, qu'il propose, mérite qu'on s'y arrête. Dans la deuxième partie de l'ouvrage, des chercheurs extérieurs au programme centré sur les français de l'Océan Indien proposent d'analyser d'autres variétés de français ou des créoles, d'un point de vue qui n'est pas toujours lexicographique ni sociolinguistique. Paul Siblot invite le lecteur à une réflexion sur les notions de variation, de variété, de variante et sur la valeur que prennent ces termes quand ils apparaissent dans des théories linguistiques. I I rappelle, après Bréal et Sapir, mais contre Saussure et le structuralisme, ce que nous savons tous, que la variation est au cœur du système linguistique. Au passage, il trouve dans l'idéologie nationaliste l'explication du retard mis en France à reconnaître les limites de la théorie saussurienne d'une langue homogène et statique renvoyant indûment la variation aux marges du système. P. Siblot reprend la définition que Saussure donne de l'emprunt, transfert d'un signe d'un système à un autre système dans lequel il trouverait sa place et fonctionnerait, ni plus ni moins, comme les autres signes. A partir de l'exemple des emprunts du français à l'arabe, qu'il regroupe en plusieurs types, P. Siblot montre que, même si les emprunts les plus anciens illustrent la définition de Saussure, les emprunts de I a période orientaliste et ceux de la période coloniale gardent une signification d'altérité et ont pour fonctionnement normal. m fonctionnement d'intrus: ils ne connotent pas l'altérité, ils I a signifient. Ainsi l'emprunt apparaît-il comme un processus producteur d'une variation dont le caractère n'a rien d'accidentel ni de marginal. J.-M. Kasbarian s'intéresse comme P. Siblot au français de France, mais, au lieu de prendre en considération la variété standard, son regard se porte sur un dictionnaire du français de Marseille, le dictionnaire d'Auguste Brun publié en 1931 par l'Institut Historique de Provence. J.-M. Kasbarian explicite le projet descriptif, sociologique et historique de Brun et la définition qu'il donne du français des "vieux Marseillais". Il note que la variété se définit chez Brun sur un critère endogène, en fait à partir d'une communauté linguistique dont il montre qu'elle est l'objet d'un effort de modélisation étonnant pour l'époque. Brun présente de la variété

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une image qui s'inscrit dans la durée, prenant soin de marquer les archaïsmes et les néologismes, mais restant plus prudent dans sa description des variantes non diachroniques, dont l'origine et l a nature restent souvent problématiques à ses yeux. Brun s'appuie sur une théorie de la langue qui oppose un noyau invariant à une périphérie où se rencontrent les parties les plus "fragiles" dont l a variation explique l'existence de variétés régionales. J.-M. Kasbarian regrette qu'on ne retrouve dans la description lexicographique de Brun qu'une partie de la théorie qui la sous-tend. Il présente ensuite les travaux d'actualisation de l'inventaire d'A. Brun auxquels il a participé et qui ont permis, outre l'édition d'un dictionnaire mis à jour, une analyse de l'évolution sémantique et morphologique des mots. Après les variétés de français hexagonal, c'est un français d'Amérique qui est pris en exemple de la variation. Variété proche de l'acadien dont il est issu, le terre-neuvien survit au contact de l'oral et de l'écrit anglais et, depuis peu, du français scolaire. Pour Patrice Brasseur, cette variété strictement orale et populaire ne connaît pas plus la variation géolinguistique que la variation diastratique. Quant au changement, il semble insaisissable, aucun relevé antérieur ne permettant la comparaison; par ailleurs, l a néologie interne est inexistante, la variété évoluant peu, sinon par emprunts à l'anglais. Autre source d'inquiétude: la graphisation qui accompagne nécessairement la description lexicographique, destinée en fait à "un lecteur externe", a peu de chances d'améliorer le statut du terre-neuvien. L'auteur s'interroge sur la responsabilité du lexicographe: c'est lui qui sélectionne et hiérarchise les variantes d'un point de vue qu'il a voulu différentiel, par rapport au français de référence, mais aussi avec l'objectif d'exhiber la parenté qui existe à ses yeux entre le terre-neuvien et l'acadien. Il s'interroge sur les retombées envisageables de son action: il y a peu de chances qu'elle augmente la légitimité de la variété face à l'anglais et au français scolaire. En contrepoint, Gillette Staudacher- Valliamée propose, à partir des grammaires existantes ou en cours d'élaboration, complétées par les atlas linguistiques de la Réunion et de l'île Rodrigue, une réflexion sur le traitement, non plus lexicographique mais syntaxique, de la variation des créoles de la zone (mauricien, rodriguais, seychellois et réunionnais). Elle étudie chez P. Baker une représentation de la variation du créole mauricien qui pose

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l'existence de quatre variétés, auxquelles la population, divisée sur un critère socio-ethnique, attribuerait une valeur identitaire. Elle voit chez A. Bollée une prise en compte de la variation interne au créole seychellois, notamment dans ses relations avec l'élaboration d'un code écrit. L'expérience seychelloise montre que l'écrit ne parvient pas à réduire totalement la variation: l'orthographe officielle, de type phonologique, doit s'imposer face à une graphie populaire francisante ; elle doit par ailleurs assouplir le principe de la stricte notation phonologique sur lequel elle s'est construite. G. Staudacher-Valliamée dénombre les problèmes que pose la description syntaxique du créole réunionnais qui, outre qu'il se distingue mal du français régional, connaît une forte variation géolinguistique et sociolinguistique (qu'elle analyse au moyen des critères du sexe et de l'âge). On retiendra deux idées-forces de cet article, l'une en linguistique formelle, l'autre en sociolinguistique: la première découle d'un rapprochement que l'auteur établit, sur plusieurs points de syntaxe, entre les créoles de la zone, aussi bien en synchronie qu'en diachronie, pour proposer un modèle de "variation intercréole" ; la deuxième concerne la responsabilité du grammairien qui, dans le domaine créolistique, échappe difficilement à l'action linguistique et se trouve engagé, même malgré lui, dans une confrontation avec les usagers de la langue. Ce problème est abordé par Pierre-Louis Mangeard à partir d'une analyse du Dictionnaire kréol rénioné-jrançais d'A. Armand, publié en 1987. L'auteur rappelle dans quel contexte l'ouvrage a été publié et quelles polémiques l'ont accueilli. Les réactions du public, qui ne s'est pas reconnu dans l'image projetée par le dictionnaire, témoignent d'une certaine incompréhension. Autre source de mécontentement, autre pomme de discorde, la place faite dans le dictionnaire aux graphies phonétiques et au lexique basilectal. Les propositions d'A. Armand ont manifestement été interprétées comme autant d'actions en faveur d'une variété du créole réunionnais (et de ses locuteurs) au détriment des autres variétés (et de leurs locuteurs). Images de la variation. L'actualité du thème proposé à 1a réflexion des auteurs ne doit pas en masquer la difficulté. Tout 1e monde est d'accord aujourd'hui pour accorder à la variation la place qu'elle mérite. Mais on voit mal comment une une conceptualisation de la variation linguistique pourrait faire l'économie d'une critique radicale des principes saussuriens, critique qui constitue pour tout linguiste français, en particulier (pour les raisons que P. Siblot

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expose dans son article), un véritable travail, au sens fort du mot. Penser la variation, penser les processus de perception et de modélisation de la variation... Le lecteur s'étonnera peut-être de l'audace d'un projet élaboré à la périphérie de l'espace francophone. Il y a effectivement quelque témérité à se lancer de tels défis, mais le terrain, de par son caractère périphérique justement, s'y prête si bien! On sait qu'à la périphérie d'un espace linguistique, et tout particulièrement aux confins de la francophonie, le poids de la nonne se fait moins sentir et que la variation y est me réalité quotidienne. Normale. C'est cette normalité du non standard que nous sommes à même d'explorer.

C.B.

HOMMAGE

A DANIEL BAGGIONI

La Vème Table-Ronde du Moufia, réunion d'équipe annuelle du programme Contribution à un inventaire des particularités lexicales des français de l'Océan Indien!, a été endeuillée par la disparition accidentelle de son plus dynamique animateur, notre . collègue, maître et ami Daniel Baggioni. Sa place parmi nous est restée vide. Nous lui dédions les Actes de cette Table-Ronde qui s'est tenue sans lui, à laquelle pourtant il avait promis de participer, puisque, malgré la distance, il n'avait jamais cessé de répondre aux invitations de ses anciens collègues et amis de la Réunion. Nous publions en son hommage, en avant-propos des Actes, ill dossier formé de trois textes que le lecteur, nous en sommes certains, appréciera à leur juste valeur: la liste de ses publications établie par son ancien thésard Jean-Michel Kasbarian, une synthèse de ses travaux, du même, sous le titre "Histoire et linguistique dans l'approche interdisciplinaire de D. Baggioni" et une note rédigée par un autre sociolinguiste de ses amis, François Gaudin, sur Langues et nations en Europe, son dernier ouvrage. Daniel Baggioni donnait le meilleur de lui-même, son savoir, son insatiable curiosité, sa générosité, dans ces rencontres auxquelles il avait imprimé sa marque. Nous avons fait l'impossible pour que cette dernière réunion, en prenant le risque de l'éclectisme et des débats contradictoires, reste dans l'esprit des précédentes. Paul Siblot et Patrice Brasseur, nos "invités extérieurs" dans le jargon des réunions d'équipe, Jacky Simonin et Gillette StaudacherValliamée, de l'UPRESA 6058 du CNRS-Réunion, ont accepté de s'intéresser à notre objet de recherche, la description des français de l'Océan Indien. Leurs interventions ont contribué grandement à I a qualité de la réflexion et l'ont enrichie durablement. C.B.

1

Du réseau AUPELF-UREF Etude du français en francophonie.

BIBLIOGRAPHIE

DE D. BAGGIONI

1974a. "Dirigisme

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