MILIEUX,

HOMMES

ET TECHNIQUES

DU
SAHARA PREHISTORIQUE

Problèmes actuels

CNRS - G.D.R. 848 Montignac-Lascaux 20-23 Septembre

1988

Les auteurs

Ginette AUMASSIP Nadjib FERBA T Abdelkader HEDDOUCHE Robert VERNET Michel THINON Olivier DUTOUR Jorge ONRUBIA-PINTADO Danilo GREBENART Mohamed ould KHATTAR Karl Heinz STRIEDTER Michel TAUVERON Cbristian DUPUY Sylvie AMBLARD Gérard QUECHON Jean GAUSSEN Rogier BEDEAUX Mohamedou BATHIL Y Fabrizio MORl

Docteur es Lettres, CNRS, France Docteur en Préhistoire, CNEH. Algérie Docteur en Préhisroire, Directeur du Musée du Bardo, Algérie Docteur en Préhistoire, Université de Niamey, Niger Docteur es Sciences, CNRS, France Docteur Université Marseille, CNRS, France Professeur, Université de Tolède. Espagne Docteur es Lettres, CNRS, France !MRS, Mamitanie Dr.Phil., InstitUt Frobenius, Allemagne Docteur Université Paris I. France Docteur Université Aix-en Provence, France Docteur en Préhistoire. CNRS, France ORSTOM. France Docteur en médecine. France Directeur du Musée de Leyde, Pays-Bas Docteur Université Paris l, IMRS, Mamitanie Professeur, Université "La Sapienza", Rome, Italie

MILIEUX, HOMMES ET TECHNIQUES DU SAHARA PRÉHISTORIQUE
Problèmes actuels

G. AUMASSIP N. FERRAT A. HEDDOUCHE R. VERNET M. TRINON O. DUT OUR J. ONRUBIA-PINT ADO D. GREBENART M. OULD KHATT AR M. TAUVERON K. R. STRIEDTER

C. DUPUY
S. AMBLARD G. QUECRON J. GAUSSEN R. BEDEAUX M. BATHIL Y

F. MORI

Editions L'Harmattan 5-7, rue de L'Ecole-Polytechnique 75005 Paris

@L'Harmattan, 1994 ISBN: 2-7384-2889-4

LE MIUEU SAHARIEN

5 '\

SOMMAIRE Introduction
G. AUMASSIP, N. FERHAT, A. HEDDOUCHE ET R. VERNET: Le milieu saharien aux

7
.,.
des sédiments dans les sols et risques de perturbation

temps préhistoriques.
M. THINON : Mouvements

9

des couches archéologiques... ...
O. DUTOUR, R. VERNET ET G. AUMASSIP : Le peuplement Sahara

...
préhistorique

......... 31
du

39

R. VERNET ET J. ONRUBIA-PINTADO: La place des ancêtres des Berbères dans le

Sahara néolithique
D. GRÉBÉNART, M. OULD KHATTAR ET M. TAUVERON : L'âge des métaux au

53

Sahara

...

...

......

...

.... 69

K.H. STRIEDTERET M. TAUVERON: L'art rupestre saharien et ses problèmes.......

105
127

C. Dupuy: Elaboration d'un corpus restituant l'organisation gravures rupestres du N.O. de l'Adrar des Iforas G. AUMASSIP, TAUVERONTR. VERNET;L'élevage au Sahara M. E
S. AMBLARDET G. QUÉCHON: L'agriculture saharienne

spatiale des

137
161

; J. GAUSSEN Objets énigmatiques du Sahara
G. AUMASSIP ET 1. ONRUBIA-PINTADO : L'habitat préhistorique au Sahara...........

171
179
193 229
237

R. BEDEAUX: Recherches ethno-archéologiques. Poterie des Dogon (Mali) comme modèle pour l'étude des poteries néolithiques
R. VERNET: Datation M. BATHILY : Ruptures, Un dossier à rouvrir. absolue et chronologie discontinuités sahariennes.................................... saharienne. en Préhistoire

ou hiatus dans la Préhistoire problèmes sémantiques

R. VERNET ET G. AUMASSiP : Quelques
saharienne

247
saharien...............................................................................

F. MORI : Néolithique

269

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MIliEUX,

HOMMES ET TECHNIQUES

REMERCIEMENTS

Il nous est agréable d'adresser nos remerciements à tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce colloque et tout particulièrement au Conseil Général de la Dordogne, à la municipalité de Montignac-Lascaux, à la Direction des Antiquités d'Aquitaine, aux Papeteries de Condat ainsi qu'à ceux qui ont permis la publication des travaux qui en sont issus, CMA et L'Harmattan.

LE MIUEU SAHARIEN

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IN1RODUCTION En Septembre 1988, les préhistoriens sahariens se réunissaient à Montignac-Lascaux (France) autour du thème "Milieux, Hommes et Techniques du Sahara préhistorique". Il s'agissait, plus que d'apports nouveaux, d'ouvrir des discussions sur les connaissances réellement acquises, les ouvertures qu'elles apportaient. Après avoir abordé, à Bondy en 1986, les questions de méthodologie et permis la mise en œuvre de "Méthodes d'approche de la Préhistoire saharienne" (sous presse), synthèse de l'expérience et de la réflexion de chacun, ces discussions paraissaient une nouvelle étape nécessaire à l'efficacité de la recherche préhistorique au Sahara. La préhistoire du Sahara vit encore souvent au rythme d'idées vieilles de plusieurs décennies qui, pOUfbeaucoup, remontent à l'époque où l'absence d'études paléoécologiques, de datations absolues, interdisaient, en particulier pour les 10 derniers millénaires, une vue cohérente dans une région de quelques 8 millions de km2. Or bien des données qui paraissent solidement assises tant elles sont transmises avec aisance par la littérature, ne résistent pas forcément à l'analyse des faits. Il en est qui, de simples hypothèses, sont devenues au fil de leur transmission de véritables doctrines, soit qu'au départ, elles aient suscité un enthousiasme dépourvu de toute critique, soit que d'habiles effets stylistiques aient permis de confondre faits et interprétations. Servant souvent d'appui à de nouveaux travaux, de tels éléments émoussent les résultats, entraînent des retards, des piétinements dans l'évolution des connaissances. Or, ainsi que le précisait P. Huard et J. Leclant dans Problèmes archéologiques entre le Nil et le Sahara (1972) "pour établir des rapports susceptibles d'être pris en considération, il faut être en mesure de faire concorder des ensembles de traits de civilisation, matériels, techniques, culturels ou psychiques bien caractérisés, répétés, de préférence complexes, associés entre eux et répartis sur des aires où ils sont bien jalonnés dans l'espace et dans le temps" (p. 10). Tel n'est pas encore le cas; près de vingt ans plus tard, on reste bien souvent prisonnier d'idées reçues aux assises précaires voire sans autre support que l'opinion de l'auteur. Ainsi, même pour nombre d'africanistes, le Néolithique est encore un nouveau mode de vie, l'intervention de nouvelles techniques qui trouvent leurs origines au ProcheOrient; il n'apparaît que tardivement, vers le 4ème millénaire B.C., dans le Sahara et le Maghreb où, venant de la .vallée du Nil, il se développe sur le Capsien (c'est ce que L. Balout en 1955, nomme Néolithique I dans Préhistoire de l'Afrique du Nord). Des idées autres, seule a persisté timidement celle d'un substrat mou stéroïde émise par P. Pallary et Tommasini

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MIUElJX,

HOMMES ET TECHNIQUES

en 1891 au xxème Congrès de l'AFAS ; de propositions comme celle, pourtant argumentée, que F. Chasseloup-Laubat émit en 1938 dans Art rupestre au Hoggar (Haut Mertoutek), il n'est rien retenu. Combien d'années fallut-il pour que la première datation ancienne de gisement à céramique dans le massif de l'Ahaggar soit admise? Pour que celui-ci soit perçu comme foyer d'un changement fondamental dans le devenir des hommes? Il est vrai qu'il est souvent délicat de dissocier les acquis réels, ceux qui résisteront aux découvertes futures car Hs traduisent une réalité, des conjectures voire de véritables suppositions. Face à une telle situation, il paraissait indispensable de tenter une appréciation de la valeur des théories actuelles, des éléments sur lesquelles elles reposent. Ceci est particulièrement important pour le Néolithique. Les dates connues, en effet, situent actuellement tout un ensemble de sites à poterie entre 9500 et 8000 BP qui vont de pair avec de nouveaux concepts et de nouveaux rapports homme-nature. En l'état des connaissances, on ne saurait non plus rester seulement descriptif. Cette étape première, indispensable, qui nécessite le maximum de soins, si elle n'était dépassée, enfermerait la Préhistoire dans un état statique. Or celle-ci implique des audaces, des erreurs qu'il faut savoir reconnaître. Dans une pareille démarche, il est apparu réconfortant à chacun d'avoir l'opinion ou l'approbation des autres. A tous il est apparu essentiel de bien séparer les faits, incontestables et appréhendables d'une même manière par chacun, des hypothèses qu'ils génèrent ou ont générées et ce afin d'alléger la documentation et permettre au fil du temps aux hypothèses devenues caduques ou à même de l'être, de tomber sans bousculer l'édifice entier. Les pages qui suivent présentent une synthèse de ces discussions et des ouvertures qu'elles ont permises.
Alger, Francfort, Leyde, Madrid, Paris, Niamey, Rome 1990

LE MILIEU SAHARIEN

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LE MILIEU SAHARIEN AUX TEMPS PREHISTORIQUES par G. AUMASSIP*, N. FERHAT*, A. HEDDOUCHE*, R. VERNET**

Malgré les efforts de ces dernières années, encore peu d'indications permettent d'évoquer les écosystèmes de la zone saharienne et leur évolution durant le Quaternaire. Les informations dont on dispose s'attachent à établir globalement les variations du climat et n'aboutissent que rarement à une reconstitution des paysages. Les phases arides ont conduit à des dépôts sédimentaires épais mais ponctuels dont on ne maîtrise pas la répartition, difficilement l'âge, en raison du peu d'éléments datables susceptibles de s'y rencontrer, et dont on connaît malles niches écologiques qu'ils purent induire. A l'inverse, les phases pluviales ou simplement humides ont généré des dépôts étalés, plus ou moins continus, riches en matière organique dont on suit aisément l'évolution dans les bassins de réception devenus les lieux privilégiés d'étude mais qui n'ont encore fourni que peu d'indications sur les paléomilieux qu'ils dralnaient. Le passage d'une phase à l'autre se fait par des emboîtements ou des superpositions dont les passages sont des points des plus importants à étudier pour préciser l'intensité des changements. L' endoréisme engendrant des niveaux de base différents pour chaque bassin, et par suite un comportement qui n'est pas obligatoirement similaire, on ne peut mener ces études que bassinversant par bassin-versant. Même si l'ouverture maritime est réduite, on ne peut oublier le contact Sahara-Océan. L'influence de l'Atlantique a été bien soulignée par E.M. van Zinderer Baker et J. Maley (1979). Sur une étroite bande de teITe, il engendre des particularités que l'on doit prendre en compte, modification de la direction des vents, humidité nocturne accentuée. Les secteurs affectés changent en fonction des variations du niveau de la mer (à propos duquel il faut rappeler que seul un cordon littoral est à même de l'indiquer avec précision). HETEROGENEITE ECOLOGIQUE DU MILIEU SAHARIEN La succession de phases pluviales (ou humides) séparées par des périodes arides dont l'ampleur en durée et en intensité ne cesse de croître, est, à ces * C.N.E.H., 3 Rue F.D. Roosevelt,Alger et G 0848. ** Universitéde Niameyet G 0848.

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MIliEUX,

HOMMES ET TECHNIQUES

latitudes, la réplique des phénomènes glaciaires. Les rétractions et expansions de la zone désertique qui en résultent, mettent en place la notion de gradients latitudinaux ; on connaît ainsi des variations de l'interface Sahara-Sahel. N. Petit-Maire (1989) l'estime autour de 500 à 600 km de remontée vers le Nord, au 7èmemillénaire. A. Durand et J. Lang (1986) apprécient un déplacement de 350 à 400 km vers le Sud des isohyètes actuelles, lors de l'aride kanémien. L'un des problèmes majeurs reste le synchronisme ou le diachronisme de la variation des marges nord et sud, donc la contraction ou le balancement de la zone désertique. En 1987, H. AHmen faisait valoir leur fonctionnement synchrone au Pléistocène supérieur et à l'Holocène. Cependant, à l'Holocène, on tend plutôt à les opposer, le Nord aurait évolué vers l'aridité à partir de 6000 BP, pour être définitivement aride vers 4000 BP, le Sud aurait bénéficié d'au moins un millénaire de répit. Mais on découvre alors avec étonnement que les régions méridionales renferment de nombreux dépôts lacustres, que le Sahara égyptien resta sans doute aride ou subaride (au mieux 200 mm d'eau par an) durant presque toute la première moitié de l'Holocène (Peters 1988 par exemple), qu'en Libye, si les dernières traces lacustres datent de 55004500 BP, les formations du wadi Shati sont pléistocènes (Petit Maire et alii 1982) ; de même le Bas Sahara algérien montrerait à l'Holocène un paysage de type saharien supérieur (Aumassip 1986) même si des travertins y furent signalés à diverses reprises!. L'image d'un Sahara préhistorique évoluant de façon homogène est ainsi caduque; il apparaît de plus en plus que le Sahara, à l'Holocène comme au Pléistocène, a connu une évolution climatique hétérogène. Pour la justifier, à cette donnée majeure d'effet de latitude, certains surajoutent l'effet de longitude qui éloigne plus ou moins des grandes masses océaniques. Enfin, l'effet d'altitude place certaines régions en position marginale. Les massifs montagneux sahariens, parfois gigantesques comme l'Ahaggar, le Tibesti, parfois simples inselbergs géants comme le Gilf Kebir en Egypte, Termit au Niger, la Kedia Idjill en Mauritanie, furent des chateaux d'eau et des facteurs de fraîcheur. Or une baisse de température peut améliorer le bilan hydrique par la seule diminution de l'évaporation. Au Tibesti, D. Hikel et D. Schulz (1972) ont bien montré la zonation de la végétation, à affinités méditerranéennes en altitude, sahélienne dans les parties basses. La même observation vaut pour l'Ahaggar. A ces facteurs globaux, s'ajoute le jeu de micromilieux susceptibles d'avoir, en période de crise, un rôle déterminant dans les implantations humaines et les modes de vie. Ainsi tempérée, cette vue d'ensemble pourra-t-elle rendre la réalité du climat et du milieu sahariens à l'échelle de la recherche préhistorique? Peut-on entrevoir le seuil d'influence de l'homme sur le milieu? Dans une telle perspective, que signifient les oasis actuelles?
1.- Voir ci-dessous page 19 et suivantes.

LE MrUEU SAHARIEN

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EVOLUTION PALEOCLIMATIQUE ET OCCUPATION HUMAINE HOLOCENE L'épanouissement du Néolithique, placé traditionnellement au 4ème millénaire, a entraîné ipso facto, l'idée d'un Sahara vert et donc de période pluviale. Or, pas plus que les études archéologiques, celles des paysages ne sont conformes à ce schéma. La notion d'humide substituée à celle de pluvial (Coque 1962, Alimen 1982), entérinée pour l'Holocène par les résolutions du Colloque de Beni Abbès (1983), ne traduit que partiellement les faits; de même la mise en évidence d'une courte séquence aride intra-holocène (Chavaillon 1964) que l'on s'accorde actuellement à placer aux alentours de 7S00 BP ou, dans les parties méridionale et centrale, les manifestations d'une humidité moins grande après cette période. L'absence de sables éoliens dans les dépôts du lac de Haijad (Mali) qui sont datés de 8300 :t. 100 (Gif 6196) à 4440:t. 270 BP (Gif 6197) (Petit-Maire et alii 1987), donnée en contradiction avec celles d'autres régions, fait-elle valoir une régionalisation de cet épisode aride intra-holocène ou une de ces lacunes de sédimentation si fréquentes en période aride? Dans le Sahara central, en particulier dans la zone montagneuse, les variations de la température, facteur rarement mis en valeur, n'ont-elles pu jouer un rôle autre que secondaire? Au sème millénaire, expliqueraient-elles la présence dans divers oueds, de mollusques tels Aspatharia spathopsis qui furent consommés par les Néolithiques dans certains secteurs du Sahara central? Un abaissement de la température qu'attestent les changements d'espèces de diatomites entre 12000 et 7S00, lié à une faible variation de l'humidité, serait-il susceptible d'entraîner des neiges éternelles sur les sommets et, dans certains oueds sahariens, des écoulements pérennes indispensables à la vie d'Aspatharia spathopsis et à celle des hommes? L'implantation de ces derniers est relativement forte le long des oueds même s'ils ne recherchent pas systématiquement leurs abords. Dans les Tassili-n-Ahaggar, certains détails de la sédimentation holocène laissent supposer un possible changement dans l'origine des sables. Serait-il lié à une modification de la direction des vents dominants? Auquel cas, ceci recouperait-il les observations de J. Maley (1983) pour qui, depuis 7000 BP, la remontée estivale du F.I.T. serait responsable des pluies de mousson sur le Sahara central? Antérieurement, depuis 17000 BP, les pluies auraient été liées à une descente en latitude du front polaire2 ; les coulées d'air polaire, en créant des systèmes dépressionnaires, neutraliseraient le jet stream subtropical et les
2.- Voir ci-dessous page 13.

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MIUEUX,

HOMMES ET TECHNIQUES

provoqueraient Pareil modèle respecte les données d'une aridité prononcée sur le Sahara nord-oriental à cette période. EVOLUTION PALEOCLIMATIQUE ET OCCUPATION HUMAINE ANTE HOLOCENE Même loin d'être bien connue, la chronologie paléoclimatique du Sahara holocène livre assez d'informations pour permettre de travailler avec des marges d'erreur de l'ordre d'un siècle ou deux. Il n'en va pas de même pour les trente derniers millénaires qui précèdent l'Holocène, seul moment du Pléistocène pour lequel on dispose de quelques données précises. La conception que nous avons de cette période ne cesse de varier tant dans l'espace que dans le temps. Ainsi l'idée unanimement retenue de 20 millénaires d'humidité ou de pluviosité (avec un épisode central sec) précédant 10 millénaires arides a-t-elle été remplacée par celle d'épisodes contrastés selon les régions et les époques; l'aride anté-holocène (Ogolien ou Kanémien) qui aurait étendu le désert jusque vers 15°30, voit son importance diminuer sensiblement.
LA PÉRIODE 40000

-20000

BP

Globalement on admettait que cette période, qui correspond dans le Sahara à la période atérienne, était humide ou pluviale avec un épisode sec vers 3500029000 BP. T. Tillet (1989 p. 96) résume cette conception jusque là généralement admise, d'une manière très cohérente: "Il existe une grande unité dans l'occupation atérienne du Sahara au 40ème millénaire et il est maintenant bien établi que son installation et son évolution se sont faites sous un régime climatique sahélien généralisé, interrompu par un hyperaride situé vers 35000 BP au Sahara nord-occidental et oriental et entre 33000 et 29000 BP au Sahara méridionaL.. Cette civilisation disparaît brusquement du Sahara méridional vers 2ppoo ans BP en même temps que l'humide pléistocène supérieur". Or cette conception, essentiellement fondée, au Sahara, sur des datations par radiocarbone de sédiments lacustres, est aujourd'hui contestée. Peut-on envisager que la cohérence des résultats obtenus jusqu'alors pour cette période soit caduque? Elle ne repose en fait que sur quelques dates absolues, issues du radiocarbone, dont bon nombre proviennent des travaux de L. Hébrard (1978) dans le Sahara atlantique, de G. Conrad (1969) dans le Sahara algérien, de M. Servant (1973) dans le bassin du Tchad, de F. Wendorf et R. Schild (1980) dans le Sahara égyptien, de Pachur et alii (1987) en Egypte et au Soudan. On compte quelques 150 dates dont certaines sur coquilles marines. Trente six sont affublées du signe >. Nous sommes là à la limite des possibilités de la méthode.

LE MIUEU SAHARIEN

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Récemment, un groupe de chercheurs (Causse et alii 1988) a remis en cause ces dates en utilisant une autre méthode, l'uranium-thorium, qui donne des résultats bien plus anciens. "Compte-tenu de l'examen de la totalité des variables (concentrations et rapports d'activité) du système de l'uranium et du thorium, nous n'avons aucune raison de suspecter les indications chronométriques livrées par le déséquilibre Th/U... Nos résultats, comme dans le Sud tunisien, conduisent à repousser dans le temps, vers 80-100 ka l'âge de la dernière grande période humide antérieure...et l'on doit envisager un Pléistocène supérieur (40-20 ka) sec au Sahara septentrionaL" (p. 1463). Ces datations correspondent à celles obtenues sur un lac du Fezzan (Petit Maire et alii 1982) par cette même méthode. Doit-on pour autant tirer un trait sur la période 80000-20000 BP ? Peut-elle être uniformément aride? De cela, ces auteurs ne disent rien. Mais certains s'engouffrent dans la brèche, balayant telle transgression marine à 35000 ou remontant, simplement de ce fait, l'Atérien au-delà de 100000 BP... On doit être d'une grande prudence à cet égard, d'autant qu'il y a là, au premier chef, un problème méthodologique. LE PLÉISTOCENE RÉCENT (20000-10000 BP) Cette période, quoiqu'aride et peu étudiée comme le sont habituellement les périodes arides, est relativement mieux connue que la précédente car on dispose de 120 dates qui la concernent. La conception ancienne Les travaux de H. Faure (1962), G. Conrad (1969), Ph. Chamard (1970, 1976), P. Michel (1973), M. Servant (1973), S. Servant- Vildary (1978), P. Rognon (1980), J. Maley (1981, 1983) avaient établi que des conditions hyperarides régnaient dans le Sahara vers 17000-16000 BP. Les zones climatiques étaient alors décalées de 4° à 5° vers le Sud, le lac Tchad disparaissait entre 20000 et 12000 BP. Le mécanisme climatique paraissait évident: la limite des pluies de convection s'avançait vers le Sud lors des phases de réchauffement et progressait vers le Nord pendant les phases glaciaires. Vers 20000 BP, l'existence de l'inlandsis würmien descendant jusqu'à la latitude de Berlin aurait provoqué un renforcement du jet stream qui, alimentant directement les hautes pressions du Sud du tropique, accentuait l'aridité du Sahara car la barrière anticyclonique aurait été alors encore plus impénétrable qu'actuellement aux échanges méridiens. De plus, la progression de l'inlandsis arctique aurait abaissé la température de 4° à 5°, entraînant une diminution de l'évaporation de l'ordre de 20% sur les régions intertropicales de l'océan qui affaiblissait d'autant la mousson du golfe de Guinée.

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MiliEUX,

HOMMES ET TECHNIQUES

C'est cet hyperaride, Ogolien à l'Ouest (Michel 1973), Kanémien à l'Est (Servant 1973), qui permettait aux préhistoriens d'expliquer la disparition de l'industrie atérienne. Elle n'aurait pu atteindre l'humide tchadien vers10000 BP : Camps avait raison contre Hugot. Les contradktions Ce schéma est-il vrai pour l'ensemble du Sahara? En 1980, P. Rognon écrivait: "Les petits lacs qui occupaient les dépressions interdunaires de l'erg Chech (25°-27°N) disparaissent vers 15000 BP" (p. 321) et "On peut situer vers 12000 BP l'extension maximale du domaine désertique" (p.326) alors que J. Maley (1981 p. 236) précise: "Entre 17000 et 10000, un ensemble de données montre l'existence d'une phase humide à travers le Sahara central depuis cette région jusqu'en Nubie". C'est encore P. Rognon qui oppose l'hétérogénéité climatique du Nord Sahara au "monolithisme de la bordure sahélienne" (1986 p. 405). Le tableau que l'on tente de dresser (fig. 1) souligne quant à lui l'opposition qui paraît entre l'Ouest et l'Est. A propos du Sal1ara atlantique, l'analyse de divers travaux sur les eaux et sédiments marins amène la conclusion suivante :"Dans la première hypothèse (glissement des zones climatiques vers le Sud par suite du déplacement du courant des Canaries correspondant à une décharge d'eaux. polaires), le Nord du Sahara atlantique a été plus humide vers 18000 BP qu'actuellement, dans la seconde (stabilité des zones climatiques, ce courant étant en relation avec les alizés, eux-mêmes liés à l'anticyclone des Açores qui alors serait resté à des latitudes identiques), encore plus aride. Comme il n'existe aucune étude sur le continent à ces latitudés (20°-28°) pour 18000 BP, il est très difficile de conclure" (Rognon 1980 p. 316). LA remise en cause récente Servant d'assise à des travaux plus précis, les résultats globaux et concordants qui avaient été obtenus tant au Tchad qu'en Mauritanie ont été remis en cause récemment. "Le Kanémien n'apparaît donc plus comme une longue période hyperaride de près de 1ppoo ans, mais comme la succession de plusieurs périodes, dont certaines seraient même plus humides que l'actuelle. Le maximum de l'aridité s'est produit, selon nous, vers 19500 BP et a duré au plus un millénaire, voire quelques siècles" (Durand, Lang 1986a p. 125). Pour Durand, !cole et Bieda (1982) "L'aride kanémien présente donc des caractères de climat assez voisins de ceux des temps modernes. En d'autres termes, l'aridité du Kanémien pourrait ne pas être aussi intense qu'il l'a été envisagé naguère." A l'Ouest, les travaux de Barbey (1982) montrent que l'erg ogolien,

LE MILIEU

SAHARIEN

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qu'on croyait atteindre, en latitude, le Sud de Dakar, ne dépasse guère le fleuve Sénégal. Les grandes dunes rouges du Sénégal occidental datent probablement de l'erg akcharien, antérieur à 5ppoo BP, ou au moins de l'aride 35000-29000 BP, qui, s'il est mieux connu au Sahara nigero-tchadien, a également été mis en évidence en Mauritanie (Chamard 1970,1976). La succession proposée devient donc la suivante pour la marge sud: -35000-29000: aride -29000-2ppoo : humide (le lac Tchad atteint un maximum à 23(00) -20000-17000 : aride "kanémien" (le maximum d'aridité se plaçant avant 19(00) - amélioration progressive qui s'accélère à partir de 14500 avec un haut niveau du Tchad avant 13000 BP. Diverses critiques méthodologiques, soulevées tout particulièrement par Alimen, Durand et Lang, ont été portées à ces constructions, difficultés d'utilisation du radiocarbone, de l'étude des microflores et de la sédimentologie en paléoclimatologie en raison d'observations trop fragmentaires. Les
difficultés à observer les périodes très arides amènent la seule connaissance des

humides qui les entourent: "l'absence de dépôts lacustres ne peut indiquer qu'un niveau minimum de pluviosité, très variable selon les conditions locales (topographie, hydrologie, sols et végétation), et en-dessous duquel les variations peuvent être encore importantes" (Durand, Lang 1986a). Certains faits avancés comme étant significatifs de pluviaux généralisés, sont contestables: - les affleurements de nappe ne sont pas fatalement liés à des précipitations locales, - sur le littoral atlantique, une transgression marine provoque une remontée des nappes d'eau douce en arrière de la côte (phénomène du biseau salé), - les fleuves, oueds ou les lacs essentiels du Sahara sont allogènes (Nil, Saoura, Niger, Tchad..), "Il en résulte de multiples coefficients d'incertitude quant à la signification climatique de la période lacustre: retard dans l'apparition du lac tenant à sa nature de lac d'affleurement de nappe, retard dans sa disparition qui fut d'autant plus tardive que les apports fluviaux furent plus abondants, enfin intervention d'influences non typiquement sahariennes dans leur alimentation" (Alimen 1976 p. 341). Même s'il y a tout lieu d'admettre actuellement que le retard dans l'apparition d'un lac de remontée de nappe soit nul3 (des pluies sur l'Atlas sont perceptibles par une remontée de nappe au Sud de l'erg occidental, une
3. - On ne doit pas confondre le moment de la remontée de la nappe, lié à un phénomène d'équilibre des niveaux par transmission d'ondes, avec l'âge des eaux qui, elles-mêmes, migrent lentement.

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semaine plus tard), on ne dispose d'aucun élément pour apprécier le retard dans sa disparition. En fait, les indications chrono-sédimentologiques ne peuvent être traduites directement en termes de paléoclimatologie comme on le fait très souvent, encore moins en terme de biotope. A. Durand, J. Lang (l986b p. 276) concluent: "Si les auteurs sont généralement d'accord sur le sens et la chronologie des évènements climatiques, par contre d'importants désaccords apparaissent souvent dans l'estimation des ampleur des variations climatiques. Ainsi, dans une région sableuse, l"'effet d'inertie" et l"'effet de seuil" de la nappe phréatique peuvent conduire à exagérer l'importance des extrêmes climatiques, les périodes intermédiaires ne laissant souvent pas de traces dans les dépôts". CLIMATS ET MILIEUX Ces modifications climatiques régissent les changements de végétation, mais on ne dispose pas de données qui permettraient d'apprécier de manière certaine les temps de réponse du paysage, encore moins ceux de la faune, toujours susceptible de trouver quelques niches écologiques. On ne dispose pas non plus d'indications au sujet des modifications floristiques engendrées par l'homme, modifications de plus en plus mises en évidence par les palynologues (cf par exemple Ben Tiba et Reille 1982, pour la Kroumirie). Les spécialistes qui ont travaillé dans la partie orientale du Sahara algérotunisien et ceux qui ont abordé les problèmes de la partie occidentale du Sahara algérien n'aboutissent pas aux mêmes conclusions. Il est probable qu'en raison de leur situation en longitude, ces deux bassins n'appartiennent pas à un même ensemble climatique, le bassin occidental bénéficiant, simultanément ou alternativement, de pluies (parfois lointaines comme celles de l'Atlas) qui font défaut à l'Est. Mais cette image ne suffit pas cependant à rendre compte de l'ampleur des divergences qui apparaissent après le Villafranchien. L'étude de la Dorsale saharienne apporte quelques enseignements supplémenL:1Îres. Etroite bande Nord-Sud qui sépare les bassins des ergs oriental et occidental, celle-ci a révélé sa mise en place au Villafranchien. P. Estorges a pu préciser dans un rapport de mission cité par l'un de nous (G.A. 1986) que les bassins des ergs oriental et occidental n'étaient pas deux bassins sédimentaires indépendants comme on l'a longtemps pensé. Jusqu'à la tectonique villafranchienne, les eaux de l'Atlas se déversèrent dans la cuvette de l'Erg oriental; preuve en est la présence dans les oueds anciens de galets roulés provenant de l'Atlas (Rolland 1890) et l'aspect actuel du réseau hydrographique. La surrection a coupé ce dernier et une partie a été r~eunie : ainsi se sont créées les profondes vallées de la chebka du Mzab. A l'Ouest, les vallées plus actives se sont doublées d'un important inféroflux et de lacs terminaux du réseau descendant de l'Atlas. La partie occidentale a dès lors

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concentré les eaux atlasiques, la Saoura en étant le principal émissaire. La nappe phréatique, au moins, a été radicalement affectée par la mise en place de la Dorsale. Ajouté au facteur longitudinal, cet élément peut expliquer la faiblesse des traces laissées par les phases humides holocènes à l'Est de la Dorsale. L'étude écologique des environs de Ouargla souligne les divergences d'interprétation qui peuvent être faites et les dangers qui peuvent résulter d'une généralisation. Dans la sebkha Mellala des niveaux biotiques datés du 10èmeau 7èmemillénaires (Boye et alii 1979, Causse et alii 1988), traduiraient alors une phase pluviale ou à forte humidité. Or les relations morphologiques entre la surface de cette sebkha et les glacis environnants, rapportent au Pléistocène sa dernière période de fonctionnement. Les dépôts holocènes qui ne sont pas généralisés à la totalité de la sebkha, mais se localisent dans sa seule partie

fortement surcreusée, doivent être entendus comme témoins soit de pluies très
localisées, soit plutôt d'une alimentation allochtone ayant conduit à une remontée de nappe qui n'a été suffisante que pour remettre en eau la partie basse de la sebkha. Cette interprétation semble également favorisée par l'absence de sites d'occupation humaine à proximité. Des pluies plus généralisées interviendraient plus tard ; elles se traduiraient par des mares d'eau douce occupant les bas-fonds de sebkhas surcreusées par les vents. Elles sont bien connues dans le Sud de la région aux 6ème_4èmemillénaires où elles conditionnèrent un faciès néolithique (Aumassip et alii 1972). Ces faits doivent mettre en garde contre des généralisations que l'on peut être tenté d'élaborer, par exemple, à partir de seuls carottages: ceux-ci ne peuvent déterminer l'origine locale ou lointaine des eaux. Ils doivent aussi mettre en garde contre des extrapolations hâtives de niveaux de base: ceux-ci, liés au surcreusement éolien, peuvent connaître d'importantes dénivellations dans un même bassinversant et y induire un rôle totalement différent des eaux profondes d'une extrémité à l'autre du bassin de réception. Pour le préhistorien, aux données climatiques proprement dites, doit donc se surimposer une compréhension de la distribution des eaux, qu'il s'agisse des eaux superficielles ou des eaux souterraines. La présence ou non de l'homme en dépend. Dans le Sahara septentrional, la remontée du niveau piezométrique de l'importante nappe artésienne pourrait rendre compte de l'occupation néolithique; celle-ci a souvent été mentionnée auprès de travertins4. Le NordOuest a-t-il pu maintenir plus longtemps, une vie plus dense? G. Camps (1986) montre l'importance de la présence gétule dans cette zone; de nombreux chars et bovins que l'on peut rapporter au 1er millénaire ont été gravés dans le Nord
4.- Il ne s'agit peut-être pas toujours de véritables travertins cf à ce sujet pages suivantes.

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de la Mauritanie, dans un milieu actuellement désertique. De même, le Sahara atlantique (Petit Maire et alii 1979), le Tijirit (Amblard et alii 1988) livrent une densité de peuplement peu courante dans l'ensemble du Sahara. L'individualisation de formations marécageuses ne saurait non plus induire une phase pluvieuse; elles n'impliquent qu'une humidité locale qui, au même titre que les .remblaiements type El Haouita, change de signification selon son contexte. Le Sahara, même pendant les périodes les plus humides, doit donc être envisagé non dans sa globalité, mais comme une mosaïque d'endroits privilégiés, de dimensions très variables, les plus vastes comme le bassin de l'Azawagh pouvant couvrir quelques 400 000 km2, les plus réduits comme les dépressions du sillon de l'oued Mya à peine quelques 800 km2 et tout donne à penser que de tels milieux ne furent pas eux-mêmes homogènes. L'étude du peuplement humain doit s'efforcer d'identifier les niches écologiques dans lesquelles se développèrent les cultures sahariennes, d'en préciser les traits afin de pouvoir saisir et l'action de l'homme, et les contraintes qu'il put connaître. C'est ainsi que le Ténéréen est loin de couvrir tout le Ténéré. Ce sont les bordures orientales du massif de l'Aïr, des reliefs résiduels comme l'Adrar Madet, Greïn ou Areschima, les dépressions et les vallées fossiles du Nord (Tafassasset) qui ont été principalement habités. L'exemple le plus spectaculaire est certainement la culture dite parfois "culture de Tichitt" (38002100 BP), dans le Sud-Est de la Mauritanie, qui occupe en quelques 400 villages de pierre, la falaise Tichiu-Walata et la dépression humide qui la précède. Au Nord comme au Sud, des regs immenses n'ont servi qu'à la chasse et au pâturage du bétail en saison des pluies. Dans une telle perspective, l'on peut se demander avec P. Huard et J. Leclant (1972 p. 15) si le Sahara a pu réellement se vider d'hommes lors de périodes arides, ainsi qu'il l'est dit fréquemment (Ali men 1982, Muzzolini 1986-87, Tillet 1989). A l'Holocène, J.P. Roset (1987) constate un développement du peuplement aux abords orientaux de l'Aïr à un moment où le climat est devenu aride; N. Petit-Maire (1983, 1984) remarque dans le bassin de Taoudeni des regroupements d'habitat à proximité de lacs seulement en fin d'épisode lacustre. Les systèmes de production que l'on peut envisager pour ces périodes sont-ils responsables de nouveaux comportements? De tous temps, la vie a recherché la proximité des points où l'eau pouvait subsister, c'est à dire dans des dépressions dont le fond était plus ou moins perméable: vallées de montagne et de plateau et leur prolongement en plaine, dépressions au pied des falaises, lacs interdunaires, mais aussi près des sources et des gueltas. Les hamadas rocheuses qui ne retiennent pas l'eau, étaient exclues de ce système. Il existe peu de sites importants dans ces étendues. Même dans les meilleures périodes climatiques, ces régions qui constituent plus des trois quarts du Sahara n'ont guère été favorables à l'homme, sinon de temps en

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temps lorsqu'il y avait des mares temporaires, à la périodicité généralement imprévisible. Quant aux périodes arides, elles n'ont pas été privées totalement de pluies; dês orages ont entretenu des points privilégiés, de position changeant~qui, à l'image de ce qui s'observe actuellement, ont pu perdurer plusieurs années. Des niches écologiques privilégiées: les remblaiements type El Haouita Un de ces points privilégiés est incontestablemept la niche écologique constituée par les remblaiements type El Haouita. Parmi les formations typiques de la zone aride, viennent en bonne place d'épais dépôts sableux qui empâtent les vallées d'oued et bien souvent sont assimilés à une terrasse. Ils sont connus en diverses régions sahariennes et plus particulièrement le long de l'Atlas saharien sensu lato. Les premières observations ont été effectuées à El Haouita près de Laghouat où leùrs caractéristiques, leurs modalités de mise en place et leur signification ont été précisées (Estorges et alii 1969). Ces accumulations sableuses se caractérisent par : - une convexité de leur partie avale, - une épaisseur variable, pouvant atteindre par endroit plus de 25m comme à Bou Saada, - des variations de faciès: lentilles caillouteuses, lentilles d'horizons noirs, dalles de calcaire alvéolaire, mats. De telles formes sont le résultat d'un dépôt de sables déplacés par le vent et fixés par la végétation: ils constituent des champs d'énormes nebkas obstruant la vallée. Les écoulements n'ont pas eu suffisamment de puissance pour les entraîner. Ils ont pu simplement maintenir l'humidité nécessaire à la croissance de la végétation, déposer les lentilles caillouteuses, constituer des mares à l'origine de la précipitation des carbonates constituant les dalles. Témoins d'une faible compétence des eaux, tous n'ont pas le même âge, ni la même signification climatique. A El Haouita, dans la montagne elle-même, ils traduisent un épisode d'hyperaridité. A El Hassi, à plus basse latitude, ils traduisent une phase de repris~ d'humidité (Tabni et alii 1974). A l'image de ce qui a été observé là, c'est probablement de tels dépôts qui sont signalés en divers points de l'Erg oriental où ils ont été identifiés comme des travertins (Rolland 1890) ; ils y traduisent l'émergence de sources, soit, dans ce cas, une remontée du niveau piezométrique de la nappe phréatique. C'est souvent de tels dépôts qui, coiffant le sommet de terrasses et étant assimilés à des dépôts longitudinaux, ont donné à penser à des drainages, donc à des phases pluviales ou humides, alors qu'ils rapportent une phase aride. Tel pourrait bien être le cas de la partie supérieure de terrasses en Ahaggar.

- des

sables fins, bien classés

(0,130)

à grains de quartz émoussés

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Liés à la présence d'eau et de végétation, ces îlots ont de tous temps été des points favorables à la vie animale et humaine. Ils constituent des niches écologiques privilégiées, ce que les restes préhistoriques qui se trouvent en leur sein soulignent bien. Formations ponctuelles, ces remblaiements ne peuvent être mis en relation les uns avec les autres ou avec le reste du paysage que lorsqu'ils sont datés, soit par la stratigraphie locale, soit par des fossiles. Les industries préhistoriques sont à cet égard un excellent marqueur. Ainsi dans le Nord du Sahara, la partie sommitale de ceux actuellement identifiés livre des industries épipaléolithiques: ibéromaurusienneà El Haouita, capsienne à El Hassi. Mais leur formation peut être plus ancienne; ils ont pu se mettre en place tout au long des temps géologiques, chaque fois que les conditions nécessaires se trouvaient réunies. Ils ne sauraient être, en eux-mêmes, directement des marqueurs climatiques; ils renseignent sur le débit des eaux en un lieu déterminé, en un moment donné. Ayant valeur écologique, il faut les insérer géographiquement; selon le cas, ils signifieront un débit d'eau plus abondant ou inversement moindre. Leur répartition permet actuellement, à elle seule, d'admettre une hyperaridité prononcée pour le Nord du Sahara à la chamière Pléistocène-Holocène, du fait de leur généralisation à l'ensemble des cluses méridionales de l'Atlas saharien. L'étude de leur distribution devrait apporter: - une connaissance des points d'émergence des nappes tout au long de l'Holocène, - une meilleure connaissance des phases arides quatemaires dans la mesure où certains d'entre eux, appartenant au Pléistocène, auraient pu se conserver. Il est, de même, délicat d'attribuer des formations marécageuses à une période pluviale ou humide. Elles n'indiquent qu'une certaine quantité d'eau locale et ne prennent de signification climatique qu'en étant intégrées dans leur contexte proche. PREHISTOIRE ET DESERTIFICATION

Personne ne met en doute, et n'a jamais mis en doute, qu'un phénomène naturel soit à l'origine du désert et de ses variations. Personne ne met plus en doute le rôle croissant que l'homme actuel joue dans ces changements. Le moment où ce rôle devint efficace, celui à partir duquel l'action humaine s'ajoute ou entrave celle de la nature est mal, sinon pas, cemé. P. Rognon (1983) souligne la distinction entre l'midification naturelle et la désertification anthropique que les préhistoriens nomment "désertisation" (Lhote 1958). Il précisait "L'action de l'homme intervient au niveau des environnements et non pas sur les mécanismes du climat et on pourrait penser que la distinction des deux actions, naturelle et anthropique, est facile à faire. En fait elle est extrêmement complexe:

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10 Parce que le paléoclimatologue utilise les arguments tirés des paléoenvironnements et il est très difficile de reconnaître la marque spécifique de l'homme dans les déséquilibres constatés. 20 Parce que le remplacement d'un couvert végétal sombre par un sol dénudé très clair modifie très efficacement la déperdition thermique en augmentant l'albedo des sols. Il en résulte une stratification des couches d'air défavorable à la formation de pluie, comme l'ont montré les études sur modèle réalisées par plusieurs équipes de climatologues (Charney 1975, Pièon 1983). Si la désertification risque d'intervenir jusqu'au niveau des mécanismes climatiques, la distinction proposée ci-dessus devient particulièrement difficile..." (Rognon 1983, p. 124). Effectivement, elle partage les spécialistes sans qu'aucun n'apporte de faits appuyant sa théorie, personne ne disposant d'informations pour déterminer ce moment. Au Sud, le passage de l'écosystème forestier aux repousses herbeuses de savane se traduit par une crise de fertilité considérable. Le processus de savanisation. provoque une énorme réduction de la biomasse (15 000 T/Ha pour la forêt tropicale, 15 T/Ha pour la savane) qui entraîne une chute brusque de la matière organique (10% à 1%) et de l'humus. "Savaniser" c'est diminuer la biomasse par 1000 et la matière organique par 10. La biomasse naturelle est un grand réservoir de fertilité; celle-ci n'est donc pas une donnée géologique mais une donnée historico-biologique. Nonobstant tout autre facteur, tel par exemple des vols de criquets pèlerins (ils sont connus au Tassili n Ajjer au 5ème millénaire), tout système pastoral exerce des pressions sur le milieu (cf par exemple Stiles 1985) qui peuvent aller jusqu'à sa surexploitation. Il s'agit donc d'en apprécier le moment. y a-t-il eu, dans le Sahara néolithique, surpopulation et surpâturage ? La question doit être posée en raison de la fréquence des représentations de Bovidés. Dès que les activités atteignent le seuil de résistance de la végétation, celle-ci se dégrade et l'érosion altère profondément les sols sans couverture. Dans un milieu que l'on sait nettement moins favorable que celui des débuts de l'Holocène, la question demande à être analysée. H. Lhote (1958) écrivait: "On est en droit de penser que leur présence n'a pu qu'être néfaste au tapis végétal. Nous le constatons en effet de nos jours dans la steppe soudanaise, où la végétation s'étiole dans les zones fréquentées par les troupeaux de bœufs. Il est possible de mesurer le degré de désertisation progressive en comparant ces zones à des enclaves-témoins interdites aux nomades, et l'on ne saurait nier que les pasteurs aient été de tout temps de grands destructeurs de végétation. Si l'on admet, comme en témoignent les relevés de peintures rupestres, que des milliers de bœufs ont nomadisé au Sahara durant plusieurs millénaires, on peut présumer de leur action destructrice, et il ne serait pas exagéré de supposer alors que leur contribution fut grande à l'assèchement de cette région" (p. 75). Nous devons constater une péjoration climatique généralisée à partir du 3ème millénaire. Dans le Sahara septentrional et central, la taille des gisements se réduit. Dans le Sahara septentrional, ils deviennent plus fréquents mais chacun

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ne comporte plus que quelques objets. Dans le Sahara central, ils paraissent bien plus nombreux en montagne (mais on ne peut exclure là, que les gisements plus anciens aient été détruits par l'érosion) ; à Ti-n-Hanakaten,' l'occupation de l'abri qui jusque là avait montré des aménagements complexes, n'apparaît plus qu'en lentilles et, dans les sédiments, l'apport éolien s'amplifie. C'est semble-til à cette même époque que l'occupation humaine proche du littoral atlantique croît considérablement, tous les cordons dunaires ne sont-ils pas recouverts de matériel préhistorique que l'on date de cette période? Les dhars du Hodh connaissent eux aussi une forte densité humaine. On tend à faire remonter à cette période les migrations de populations vers le Sahara méridional (cf p. 232). Ces migrations, ces dispersions de populations, ces absences d'implantation prolongée sauf pour certains secteurs, traduisent-elles la disparition de nombreuses niches écologiques qui jusqu'alors, connaissant une position géographique privilégiée, abritaient des troupeaux comme les Tassilin-Ajjer, l'Akakus, la Tefedest ? Les troupeaux ont-ils atteint un nombre de têtes dangereux pour le biotope? L'élevage a-t-il altéré les pâturages, avant 4000 BP ? après? ou le milieu était-il suffisamment stable pour que le couvert végétal, même vigoureusement attaqué, ne soit pas dégradé? B. Gabriel (1980) pense que l'homme n'a joué de rôle dans la désertification qu'à partir de l'époque protohistorique, ou même plus récemment, et que ce rôle est resté faible et localisé aux marges du Sahara. En résumé, l'écueil majeur de la recherche en préhistoire et paléoenvironnement au Sahara semble bien la généralisation. Elle engendre des images fort parlantes mais qui oblitèrent la réalité telle que vécue par les hommes. Or c'est celle-ci que l'on doit rendre. Ainsi la proximité de dépôts lacustres et d'habitats humains entraîne souvent leur mise en corrélation. Pourtant elle ne peut se faire de manière certaine qu'après avoir daté les divers habitats (par quelque procédé que ce soit) et les dépôts lacustres. Les périodes favorables, susceptibles de supporter une forte charge humaine, voient-elles des concentrations importantes aux environs de nombreux points privilégiés par la présence d'eau? Les périodes arides, à l'inverse, verraient une raréfaction de l'occupation, une dispersion d'autant plus grande que l'aridité est sévère et que les points d'eau sont rares et de faible durée. Ou estce l'inverse, les périodes arides voyant une concentration des populations, les périodes humides une dispersion? Pouvons-nous envisager une étude fine des niches écologiques qui, ajoutée aux phénomènes globaux, viserait à une modélisation, seul moyen semble-t-il d'apprécier l'instant et les lieux où la pression humaine a pu accélérer la désertification et seuls lieux peut-être où le processus reste réversible?

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