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PHYSIOLOGIE DU MEDECIN

De
128 pages
« Il y a longtemps qu'on a défini le médecin en ces termes :
« Un homme vêtu de noir, mettant des drogues qu'il ne connaît guère dans un corps qu'il ne connaît pas ».
Cette maxime, pour en être vieille, n'en est pas moins désolante, et surtout n'en est pas moins juste».
Louis Huart
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PHYSIOLOGIE

DU MÉDECIN

Collection Les Introuvables dirigée par Thierry Paquot et Jean-Philippe Bouillaud

ABOUT E., Maître Pierre, 1997. AGUETTANT L.. Verlaine, 1995. BABEAU A, La ville sous l'ancien régime, tome I et II, 1997. BERGERAT E., Souvenirs d'un enfant de Paris, 1994. BERGERAT E., Théophile Gautier- Entretiens, souvenirs et correspondance, 1996. BERNHARDT S., L'art du théâtre, 1993. BROUSSON J.-J., Anatole France en pantoufles, 1994. CHAILLEY J., Expliquer l'harmonie ?, 1996. CLER A., Physiologie du musicien, (av.-propos de J-Ph. Bouilloud) 1996. COPPEE E, Souvenirs d'llll Parisien, 1993. DAUDET A., Pages inédites de critique dramatique, 1874-1880. 1993. DAUDET A, Fromont Jeune et Risler Aîné, 1995. DE BALZAC, Contes bruns, 1996. DE BANVILLE T., Camées parisiens, 1994. DU CAMP M., Souvenirs littéraires. Tome I : 1822-1850; Tome ll: 1850-1880, 1993. FRANCE A, Le Parti noir. L'affaire Dreyfus, la loi Falloux. la loi Combes, 1994. GAUTIER T., Histoire du romantisme, 1993. GONCOURT Ed. & Jules, Manette Salomon, 1993. HERR L., Choix d'écrits. Tome I : Politique; Tome II : Philosophie, histoire, philologie, 1994. HUART L., dessins par TRIMOLET, Physiologie du médecin, 1997. LORRAIN 1., Heures d'Afrique. Chroniques du Maghreb (1893-1898),1994. LORRAIN J., L'école des vieilles femmes, 1995. Le livre d'or de le!comtesse Diane, 1993. OLLIVIER E., Thiers à l'Académie et dans l'histoire, 1995. OLLIVIER E., Principes et conduites, 1997. PROUDHON P.-J., Théorie de la propriété, 1997. ROBERT G., Delrez et Cadoux, 1997. STENDHAL, Racine et Shakespeare. Etudes sur le romantisme. 1993. TOZI P., L'art du chant, 1995. VEXLIARD A, 1ntroduction à la sociologie du vagabondage, 1997. ZOLA E., Les quatre évangiles, 3 Tomes, 1994.

Déjà paru aux éditions Aubert et Lavigne
@ L'Harmattan, 1998 ISBN: 2-7384-6281-2

Louis Huart

PHYSIOLOGIE " DU MEDECIN
Dessins par Trimolet

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L'Harmattan 5- 7, rue de l'École Polytechnique 75005 Paris - FRANCE

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y lK9

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liste. Car après tout, depuis Hippocrate, la science médicale a beau fair'e chaque jour des pas de géant, il se trouve que ces pas se font de telle manière (Iu'après avoir march(~ pendant longlemps le m('decin, se croyant enfin arriv(~ an.i

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but, s'essuic Ic front, respire d'un air de satisfaction, puis cou\'rant ses yeux d'unc paire de lunettes pour mieux voir où il se trouve, reconnait qu'il est arrivé tout justement au point d'où il était parti. Au lieu de faire son chemin en ligne droite, il n'a fait que suhre un cercle excessivement vicieux, (:e qui fait que les médecins, plus que personne, auraient le droit de prendre pour de,'ise la célèbre phrase de Montaigne: - Q'll~ sais-je? Du reste, les médecins véritablement savants ct surtout véritablement de bonne foi reconnaisscnt franchement qu'à la fin de leurs études les plus opiniâtres ils sont cnfin parvenus à savoir (IU'ils ne save.lt rien. Malgré toutes les plaisanteries que l'oH s'est permis de faire jusqu'à ce jour, et malgré celles que nous nous permettons encore de commettre dans le présent article sur le corps res-

pectable t mais peu respecté de messieurs les
médecins, il faut reconnaître qu'ils rendent de ,'éritables services à l'humanité souffrante, non l,as précisément par le r('sultat de leur science, mais pal' l'aplomb avec lequel ils sc \'ant.<~nt e d

7 posséder celle sdcncl', - lJn "Haladt~(lui a I(~ corps faible a l'esprit pills faible encore; et quand il ,'oit arriver à son cheH~t un homme qui, apri~s lui avoir tàlÔ le pouls avec heaucoup de sang-froid el lui avoir fait tirer la langue avec un sérieux imperturbable, déclare à haut<' \oi\ qu'il se charge de le guérir, - l'a, par c<, fait seul, d('jll gu('ri IIpills de moili{',

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C'est ce qui cxpli(llIC parfaitement'pourquoi les méd('dns dP,\'ClIlIS cl~(èbrc.~ par l'nnc des causes quc IIOUScxpliqucrons plus loin, voien l la natlln' SilUV('1"nfininwnt plus (le mél)adcs i

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f!ntrc Il'urs mains qu'entre les mains de Il'urs confrères ohscurs ct craintifs, qui n'arrÎ\'enl auprès de lellrs clients qu'avee J'air d'un c'r0'luc-7nort (lui ,'ient prendre mesure pOlir It' dernier paletol r{'sené à l'hmlUlH'.

I/important dU'l un médecin c'est donc d'a,'oir toujollrs l'..ir bien sÙr de son fait, f't il faut reconnaÎtre que If'Smt"'d('cinsdu jOllr
ne Sf' font pas fallte £1(,SIIi\..c ret aphorisme. (lui cependant, je crois, n'a"ait pas {'It"'menlionné par Hippocratf'.

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te second point non moins iI,lIl'0rtant, c'est de n'avoir pas l'air trop étonn(! quano, mal... gré les remèdes, la nature, par un de ces mystères aussi admirables «(u'inexplicables, vient ~Igurrir un malade qui semblait destiné à par. tir SOilSpeu pour l'autre monde que l'on dit meilleur; - le médecin doit toujours s'attrihuer le mérite de cette cure étonnante, - il le pellt IHl'me d'autant pIlls impunément <fue la nature est line honne l)('rsonne qui ne réeJanH'jamais. Après cela il faut reconnaÎtre encore <flU! les IHl'decins du jour sayent pareillement {1letIre en pratique ce second aphorisme qui confillUe à n'être pas d'Hippocrate. Entin il est un troisième conseil (IU'iI seraiL totalement superflu de donner aux Hippocrates cont.ernporains : -~, savoir, de se faire valoi.. II's uns aux dépens des autres. - Car, s'il pst mte j IIstice ~I rendre aux m{~decins, c'est C(u'ils se dl~tesfpnf Lous dn plus profond de Ipur C<l'lIr. :\ous n't'ntr£'lu.pndrons pas de retracer les sysli'H1PS imaginl's par l'homme d£'pui~ qu'il a
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f'ntrcpris

flf' IlItlf'r conf n' la morf. f'sl fOlljollrs

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il faudrait tOilSles {'normes \olumes de l'l';." . cyclOf1éclie l'lIe-nH~mcpour contenir toutcs les idecs gra\'cment baroques ou har()(lucment gra\'cs (~mis('spar ces milliers de docteurs qui tous ont cu la pretention d'a\'oir seuls raison.
U'ailleurs ce serait ~ts'y perdre au milieu d(' cc labyrinthc de Holcs el dc cataplasmes, ((11 i tous ont été plus Oll moins r(>putés comme admirables pal' leur inlentenr.
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'mis n'J\"ul1s pas l'intention

de nOlls (.tahlir

It juges du tournoi ou plutôt du duel véritabl(' qui s'est établi entre la saignée et la sangsue; - l'eau froide et l'eau chaude;. - les contagionistes et les non-contagionistes, etc., etc. Nous sommes de l'avis de SganareUe, ave(: une petite variante néanmoins, et nous dirons: Entre la saignée et la sangsue il nf~ /a,ut pas 'mett/.c le doigt! ;\ous ,'oulons seulement passer en revue quelques-unes des principales physionomies de cet être multiface compris sous le nom de médecin ! - et nous nous permettrons de rire des principaux moyens de charlatanisme employés par les rivaux de F ontanarose. Après cela, si nous montrons Ull peu d'irrévérence envers la faculté, il ne faut pas croin' que ce soit un parti plis de notre part de tourner tout en ridicule, même ce qu'il y a de plus respectable, à Dieu ne plaise. - Nous savons trop ce que l'on doit à la science et au désintéressement; - aussi pensons-nous que l'on ne pourrra jamais rendre trop d'honneur au médecin v(~ritablement philanthrope qui passera ses jours et ses nuits au chcvet du pauvre' et qui l'aidpra de ses conseils et de sa bourse! - ~olls-mÜmes nous nous empresserof)s de lui

-

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louer notre t'stimt' ('t notre admiration. (Iuand on l'aura trouvé! Mais il (;ltIt croire «(Ut' jusqu 'à pr(~scnt (m n'a pas bien cllt'rché, car on n'en trouve pas sotnent ! Quant aux IHl'd('t'Îns «ui tnent leurs malades, IIOUSl('s louons aux remords et anx cauchemars Iwrtnl"l)(,s!

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