//img.uscri.be/pth/512e3ae47afe55df472df264d52b76e1d6836d45
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 8,99 € Lire un extrait

Lecture en ligne (cet ouvrage ne se télécharge pas)

Plus Béant que le temps

De
136 pages
Publié par :
Ajouté le : 01 janvier 1997
Lecture(s) : 19
EAN13 : 9782296338388
Signaler un abus

Plus béant que le temps

@ L'Harmattan, 1997 ISBN: 2-7384-5301-5

Jean GILLIBERT

Plus béant que le temps

Éditions L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

L'Harmattan Inc. 55, rue Saint-Jacques Montréal (Qc) - CANADA H2Y 1K9

"La terre entière, continuellement imbibée {le sang n'est qu'un autel immense où tout ce qui vit {loit être immolé sans fin, sans mesure, sans relâche, jusqu'à la consommation des choses, jusqu'à l'extraction du mal, jusqu'à la mort {le la mort. " Joseph de Maistre.

TORRENTS DE TEMPS

Torrent

de temps

Le temps a brûlé rouge à l'étoile du coeur On a perdu le temps dans la fuite du temps Si saint en plein midi - c'est comme s'il savait attendre La nuit pour gagner le silence Deuil de ce qui nous veut dans le temps, Lui, le grand regard, face à la mort, défie l'intrigue Il a besoin de nous qui ne lui manquons plus. Nous advient dans la folie d'airain La larme du retour. Qui dit Un, dit l'Eternel, mais qui dira la nuit? Sans ce jour qui trahit, sans la mort Où sans père l'on passe.

Il

Champ-être

Dans le champ enchanté un grand triangle d'or Nous avons pénétré dans le champ d'un seul coup de charrue Et nous n'avons rien vu, serrant les ronces. Nous avons pénétré dans le champ d'un seul coup de charrue Et nous avons tout vu : noires phalanges et surplis de corbeaux. Souvenir est distance, des miroirs le distillent Réel éborgné par la pointe de l'oeil Réel ébloui par l'étale de l'oeil Et les dernières gouttes avaient trempé la terre de sang. De ma fenêtre tout était rassasié: La toile métaphore et son tableau de symétrie. L'art est revenu, la fenêtre est fermée. Je suis parti au champ. Eblouissement, ce soleil est plus fort Plasma vibrant dans la terreur du temps Il patauge un instant, minuscule, et puis la mort géante D'emblée Plus dense qu'un miroir et translucide soc. Tenir le champ, le défaisant, le refaisant dans un labour Cris vengeurs de triomphe d'oiseaux dans le sillon Contre le temps, avec le temps Labour intaille, là, dans le champ, près de guerriers tombés.

12

Intimité au château

Les lèvres s'assemblèrent autour de la table Quelqu'un se prit le front dans les mains Les mains poussèrent comme des rames vibrantes Mais la tête pencha d'un plus parfait soupir. Le visage au sourcil avait vu le Uhlan dans la cour. Tous poussèrent le cri de race, le cri rageur du rêve. C'était l'érable rouge qui se prenait d'hypnose. Au fond du parc passait le souvenir de guerre Ma mère, une pleureuse, invitait souvent le mort. Dans la salle à manger, sa tête m'était tombée des mains. Au fond du parc, une colonne avançait sur le gravier sonore. Elle montait vers nous, cheval de la démence. Au petit jour tout avait pris feu dans la salle endormie. Des figures blanches de cendre Avaient plaqué des étoiles aux murs. Quelque salpêtre. Des yeux broyant leur or. Quelque vieillard au seuil tombe en poussière La neige au front, aux vitres, tirant les cartes. S'effondre le château dans un amour d'encens. Quand Dieu lance un long coup de trompette Et que les murs s'écroulent La soupe est encore chaude et fume comme du sang.

13