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UNE FEMME EN EXIL

De
144 pages
Toute son enfance, Anna avait connu une existence tranquille, entre un père affectueux et une mère attentive. Nantie de diplôme du cycle supérieur, elle est engagée dans les services gouvernementaux des bourses d'études. Mais son dynamisme la pousse à s'occuper du " Mouvement des Femmes Modernes ", en même temps qu'elle découvre en elle le courage et la soif de vivre. C'est ignorer la cruauté de son chef hiérarchique, Kola, qui appartient au clan du dictateur régnant et n'approuve pas ses initiatives pour la justice et la vérité.
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Une femme en exil

Collection Encres Noires dirigée par Maguy Albet

Dernières parutions

N° 177 Léopold Rosenmayr, Le Baobab. N°178 Boubakar Diallo, La nuit des chiens. N° 179 C.-M. Istasse-Moussinga, Aïna ou la force de l'espérance. N°180 Yacouba Diarra, Du Kouttab à la Sorbonne (Itinéraire Talibé) N° 181 Angèle Kingué, Pour que ton ombre murmure encore... N°182 Denis Oussou-Essui, Vers de nouveaux horizons N° 183 Nicolas Ouwehand, Le monument sur la colline N°184 N.N. Ndjekery, Sang de kola N° 185 Barnabé Laye, L'adieu au père N° 186 Mamadou Mahmoud N'Dongo, L'errance de Sidiki Bâ N° 187 Alexis Allah, La nuit des cauris N° 188 Ludovic Obiang, L'enfant des masques. N°189 Daniel Etounga-Manguelle, Maïgida ou le chasseur d'illusions N°190 Daouda Ndiaye, L'ombre du baobab N°191 Dominique M'Fouilou, Ondongo N°192 Fadel Dia, Mon village au temps des blancs N°193 Daouda Ndiaye, L'ombre du baobab. N°194 Adélaïde Fassinou, Modukpè, le rêve brisé. N° 195 Coumbia Diouf, La chaumière des Bugari N°196 Marcel Kemadjou Njanke, Le mendiant bleu.

d'un

Amba BONGO

Une femme en exil

Roman

L' Harlllattan

(Ç)L'Harmattan,

2000

5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal (Qc) Canada H2Y 1K9

L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino L'Harmattan, Hongrie Hargita u.. 3 1026 Budapest ISBN: 2-7384-9705-5

Je dédie ce roman à mon père, à ma mère. Pour m'avoir appris à oser.

Remerciements Je remercie mes parents pour m'avoir encouragée dans cette voie, pour avoir toléré mon ignorance dans ce domaine et pour m'avoir guidée tout au long de ce chemin fort cahoteux. Sans eux, cette œuvre ne serait certainement pas ce qu'elle est. Je remercie aussi mes amis pour leurs conseils pratiques ainsi que tous les membres de ma famille à Kinshasa, à Paris, et ici à Londres pour leur aide matérielle et morale. Sans eux, je ne serais certainement pas arrivée à la réalisation de mon rêve.

Certaines libertés ont été prises à propos des noms des pays, des villes et des cités. Néanmoins, l'œuvre tout entière ne demeure que fiction.

UN
Anna était une belle femme. Elle ne s'attardait que très rarement sur ses défauts et n'avait pas ces complexes ridicules que possèdent beaucoup de femmes devant les leurs. Elle était bien dans sa peau. De taille moyenne, elle mesurait à peu près un mètre soixante-huit, mais son port de tête était altier, ses reins cambrés, sa majesté était celle d'un baobab. Un visage ovale, des yeux bruns légèrement en amande, une large bouche avec des lèvres d'Africaine... très pulpeuses. Pendant longtemps, la jeune femme avait été très mince. Ses parents s'en plaignaient assez souvent et craignaient l'anorexie. Anna avait maintenant pris du poids et cela se voyait dans ses formes qui s'étaient visiblement arrondies çà et là. En fait, la jeune femme était fière d'elle et remerciait le ciel de l'avoir bâtie telle qu'elle était: une femme, avec tout ce que ce mot comporte de force et de faiblesse. Chaleureuse, avec un fond de tendresse qui ne demandait qu'à s'exprimer, elle avait quelquefois des manières un peu rudes. Créative, sensible, dégageant une extrême féminité dans chacun de ses gestes, Anna avait l'amour du beau: une vraie épicurienne qui adorait la tendresse, les parfums, les livres, les belles étoffes, les plantes, les vins et la bonne cuisine. Amoureuse de l'amour et de la vie, elle goûtait aux plaisirs terrestres en essayant de les partager avec générosité. Après une formation littéraire et des études supérieures en pédagogie, elle avait pu trouver un emploi au sein de l'Université de Kinshasa où elle travaillait comme conseillère académique.

Au début, la jeune femme avait travaillé pendant quelques mois avec son père qui éditait des manuels scolaires. Celui-ci s'était associé, quelques années auparavant, avec des amis belges, et il avait créé une maison d'édition qui marchait fort bien. Cette dernière était surtout spécialisée dans la publication de livres éducatifs. Elle travaillait en collaboration avec les écoles publiques et privées qui étaient aussi sa clientèle principale. Elle encourageait les jeunes écrivains, poètes et romanciers et les aidait à sortir de l'anonymat en publiant leurs ouvrages. Elle avait pris très vite de l'ampleur et avait des contacts appréciables avec des pays comme la France, la Belgique, la Suisse... Elle avait aussi formé une association avec d'autres éditeurs francophones d'Afrique, et elles se réunissaient assez souvent dans les grandes villes du continent pour discuter de l'avenir de l'édition, du livre et des écrivains en Afrique. Après plusieurs mois d'apprentissage dans les affaires de famille, Anna s'était sentie parée pour le vrai monde. Elle avait donc courageusement introduit une demande d'emploi au ministère de l'Éducation nationale et celle-ci avait été acceptée. La jeune femme débordait de joie! L'idée de faire carrière dans la famille ne l'attirait pas vraiment. Cependant, d'un côté, elle était fort satisfaite de son premier emploi car il l'avait rodée et lui avait permis d'avoir une première expérience professionnelle. Mais Anna était tout d'abord une femme indépendante, ayant un goût fort prononcé pour l'aventure. Elle ne s'était pas sentie à l'aise dans les affaires de la famille, ayant l'impression que tout le monde la considérait comme la petite fille à papa, choyée, qui ne connaissait rien au monde, au vrai monde. Anna travaillait avec quatre collègues, tous sous la supervision d'un directeur de département, Massamba, qui était aussi compétent que sympathique. Ayant beaucoup voyagé dans les quatre coins du monde, il avait une ouverture d'esprit sans limites. Son enthousiasme, sa tolérance et son intégrité avaient énormément impressionné Anna. Massamba était un patron, un conseiller et un ami dont l'un des objectifs professionnels principaux était le bien-être de ses employés. Leur tâche principale était d'octroyer des bourses d'études supérieures aux étudiants méritants de tous les coins du pays. Il 6

s'agissait principalement de bourses d'études pour le niveau de maîtrise et de doctorat et aussi pour les stages professionnels de courte durée. Non seulement ils sélectionnaient les candidats idéaux, mais ils étaient aussi responsables des interviews, de la préparation du voyage des boursiers, de leur logement, ainsi que du suivi de leurs études. Enfin, en tant que conseillers en matière d'emploi, ils étaient chargés de leur trouver du travail. L'équipe du département des bourses faisait de son mieux pour montrer la plus grande objectivité possible, afin de ne pas tomber dans l'injustice tribale et surtout dans la corruption qui, bien sûr, régnait en maître. L'ambiance professionnelle était parfaite. Le patron encourageait ses employés à toujours exprimer librement leurs pensées surtout lorsqu'elles étaient en contradiction avec les siennes. La discussion était ouverte à tous. En tout état de cause, elle se faisait toujours dans le respect d'autrui. Chacun travaillait en bonne intelligence avec les cadres supérieurs qui dirigeaient le département. Efficacité et humanité faisaient bon ménage. Massamba n'avait, cependant, jamais caché à ses collègues son ambition de travailler un jour au sein d'un organisme international et il s'employait fortement à atteindre son objectif. Au fil des années de travail et de voyages, il avait pu lier des contacts intéressants avec de grands organismes tels que l'ONU ou l'UNICEF. Le département des bourses ne fut donc pas trop surpris lorsqu'il annonça sa démission. Il avait décidé de continuer ses études aux États-Unis où il avait obtenu une bourse d'études pour un doctorat en linguistique. Anna et ses collègues étaient non seulement désolés de perdre un collègue et ami compréhensif, mais aussi et surtout, ils étaient angoissés d'avoir affaire à Kola, son successeur. Serait-il aussi bon et tolérant? Tant de questions restées sans réponse dans leur tête. Ils étaient sur le qui-vive... Kola arriva lundi. Petit de taille, il avait une calvitie naissante qui surplombait un visage rond, avec des joues qui lui mangeaient pratiquement tout le visage. La peau flasque de son menton bougeait du haut en bas comme un yoyo dès qu'il ouvrait la bouche pour dire un mot. Ses yeux étaient si petits qu'ils semblaient invisibles. Pourtant, c'était ces yeux -là qu'Anna avait tout d'abord remarqués lors de la première 7

réunion qu'il avait organisée pour se présenter. Elle l'avait observé à la dérobée et n'avait vu qu'un regard noir, dur, dans un visage bouffi, exprimant toute la perversité de la terre. Arrivant de Bruxelles où il achevait la préparation de son doctorat, il était à Kinshasa pour trois mois, dans l'intention de connaître ses responsabilités avant d'accepter le poste qui lui était offert. Se considérant comme un génie, quelqu'un de fort talentueux, Kola abordait toujours, à l'égard de ses interlocuteurs, un regard dédaigneux mêlé d'une impatiente arrogance. Se prenant pour le nombril du monde, il attendait que ses collègues aient la même opinion. Son discours était si centré sur lui-même que l'on pouvait facilement deviner une personnalité dotée d'un égoïsme à l'état pur, ne faisant aucun cas de son prochain. On ne le vit que fort peu durant les trois mois d'essai qu'il devait passer au département. Il arrivait subitement, à n'importe quelle heure de la journée, claquait des doigts et le personnel devait s,'exécuter. Tous les matins, à la minute même où il posait ses pi~ds dans les bureaux, Anna et ses collègues savaient déjà qu'ils ,allaient en avoir pour leur compte. Inutile de discuter, le moindre dialogue était impossible. Il n'y avait pas un grain d'humanité chez cet homme, mais plutôt de la méchanceté à revendre. Ce qui était encore fort inquiétant pour le personnel du département des bourses, c'était le fait que Kola avait parlé de changements dans l'organisation du bureau, sans pour autant préciser lesquels. Il avait l'art, semblait-il, de s'entourer de mystères lorsqu'il n'yen avait aucun. Il voulait se rendre important partout où il posait les yeux, mais surtout il voulait que chacun pose ses yeux sur lui. Anna avait beau se creuser la tête, elle ne voyait pas l'intérêt de changements, en tout cas pas pour le moment. Avec l'aide de Massamba, ils avaient pu créer un environnement agréable et une méthode de travail que tout le monde appréciait, enviait et imitait. Ils n'en étaient tous que fort heureux.

8

DEUX
Personne ne pouvait penser qu'un jour Loseno, le père d'Anna, haut fonctionnaire ordonné et méticuleux, allait embrasser une carrière politique. En effet, à l'époque, dans le pays, les politiciens étaient considérés comme des gens brillants à cause d'une démagogie et même d'un mensonge intolérables pour entretenir leur popularité auprès d'une population naïve, assoiffée d'un bonheur gratuit et sans effort. Mais les expériences que Loseno avait endurées et subies sous le régime injuste et dictatorial dans lequel vivait tout le pays l'avaient marqué au point de bouleverser tout le reste de sa vie. Le poste qu'il occupait l'amenait à voyager dans tous les coins du monde, aussi bien dans les grandes villes que dans les endroits les plus reculés. À chacun de ses voyages, il ne manquait pas de rapporter quelques souvenirs et prenait un immense plaisir à relater ses impressions sur les endroits qu'il venait de visiter. Ses enfants, bouche bée, l'écoutaient attentivement en avalant chacun de ses mots. Anna avait eu une enfance heureuse, remplie d'amour et d'affection de la part de ses parents, de son frère et de sa sœur, ainsi que de la part de ses grands-parents et de toute la famille élargie. Les enfants de Loseno, dès leur plus jeune âge, avaient étudié dans l'une des meilleures écoles du pays. Ce père attentionné se faisait un devoir de suivre dans le détail leur instruction et trouvait toujours dans ses journées déjà bien remplies du temps à accorder à leurs études. Souvent, il leur répétait que le meilleur

héritage qu'il pouvait leur laisser était une éducation et une instruction de première qualité. Le matériel n'était qu'accessoire. Aussi, Melengo, Moseka et Anna avaient su tirer de l'amour de leurs parents une force qui leur avait permis, plus tard, de s'aimer et de se respecter en tant qu'être humain, et ensuite d'aimer et de toujours respecter leur prochain. Ils avaient acquis un esprit d'indépendance ainsi qu'un franc-parler que beaucoup autour d'eux admiraient, sans trop oser les imiter. La liberté d'expression était loin d'être monnaie courante.. . Un jour, au retour d'un voyage au Brésil, Loseno avait été directement conduit à la clinique Ngaliema. Il avait souffert le martyre durant son voyage et avait dû l'écourter. Après plusieurs examens médicaux, son médecin privé avait découvert un abcès au foie d'origine amibienne qui pouvait bien être la séquelle d'une amibiase contractée lors de ses nombreux voyages. Loseno était presque dans le coma et avait été sauvé grâce à son médecin qui avait veillé nuit et jour auprès de lui. Toute la famille avait tremblé de peur. Heureusement, avec les soins reçus et beaucoup de repos et d'affection, il s'en était sorti. Il avait énormément perdu de poids et Anna n'oublierait jamais le jour où pour la première fois, dix jours après son admission à 1'hôpital, elle avait été autorisée à lui rendre visite. Il avait l'air si frêle dans son lit de malade qu'elle n'avait pas pu s'empêcher de laisser couler quelques larmes. Il l'avait prise alors dans ses bras et l'avait rassurée sur sa santé, lui promettant qu'il rentrerait bien vite à la maison. Cependant, sur les recommandations de son médecin, il était resté encore quatre semaines à 1'hôpital. Celui -ci voulait s'assurer que son patient n'aurait ni rechute ni infection, et surtout il voulait qu'il profite de son séjour en clinique pour bénéficier d'un repos complet. Les visites étaient donc rigoureusement filtrées. À la sortie de 1'hôpital, Loseno décida de continuer sa convalescence à Inongo, son village natal. Il était encore un peu faible, mais le médecin n'y voyait pas d'inconvénient. Sisika, la mère d'Anna, l'accompagnerait et serait son garde-malade. On était au mois de mai. Les grandes vacances commenceraient bientôt et le reste de la famille pourrait les rejoindre. À ce 10

moment-là, Loseno serait sûrement assez fort pour continuer les vacances avec ses enfants. Inongo avait toujours été l'endroit favori de Loseno. Il essayait de s'y rendre le plus souvent possible. Après un interminable voyage d'affaires, une réunion importante ou une situation stressante, quelques jours à Inongo constituaient une façon infaillible de se ressourcer, de décompresser et de se retrouver avec la nature, avec ses origines. Ces escapades étaient très nécessaires dans la vie de Loseno. Au début, Anna avait été réticente à s'y rendre. À cette époque, adolescente, elle privilégiait plutôt les soirées nocturnes, les boîtes de nuit et les soirées entre amis. Elle passait des heures à écouter How deep is your love, Night fever des Bee Gees, à parler de Papa Wemba, de son nouveau groupe Viva la Musica, et de sa passion pour la mode, et à tenter de changer le monde. Elle considérait le fait de quitter Kinshasa comme une perte de temps et une regrettable façon de manquer à la vie mondaine de la capitale. Cependant, dès qu'elle arrivait au village, elle était prise sous son charme. C'était le plus bel endroit qui puisse exister sur terre. À chaque atterrissage, son cœur battait très fort à l'idée de retrouver ses racines, l'origine de ses parents, de ses ancêtres. La jeune femme réalisait alors combien cet endroit était merveilleux, primitif quelquefois, mais invariablement merveilleux. L'accueil des villageois la surprenait toujours agréablement. C'était pour eux un événement important. Deux fois par semaine un avion amenait de la capitale des membres des familles, des nouvelles fraîches, et aussi des denrées alimentaires rares comme le sel, le sucre et la farine. C'était alors une grande fête dans le petit hangar qui servait d'aéroport. Loseno avait construit une maison moderne au centre d'un adorable jardin, juste en face du lac. C'était le paradis sur terre. La pelouse était fraîche et toujours bien soignée. Ayant les « pouces verts », il entretenait admirablement bien les palmiers, les manguiers et les avocatiers qu'il avait plantés quelques années auparavant. Il y avait aussi d'étranges et belles plantes vertes dont il parvenait à prononcer les noms scientifiques latins ou grecs, ainsi que des fleurs de toutes les couleurs. Des Il

bougainvilliers, des frangipaniers et des flamboyants aux fleurs éblouissantes donnaient de l'ombre à toute heure de la journée. C'était d'une beauté à couper le souffle! La maison était grande avec trois chambres à coucher bien aérées. Les deux premières donnaient sur le lac et la troisième sur une partie de la forêt tropicale qui n'avait pas encore été touchée jusque-là. Le salon était décoré avec goût et simplicité: des meubles en bois d'ébène posés çà et là, des statues de l'art Kuba et Mongo placées sur des étagères entre romans et encyclopédies, ainsi que quelques sculptures en malachite posées à même le sol. La maison tout entière dans son style minimaliste était le reflet de l'amour de Loseno pour les livres, l'art et la nature. Cet ensemble respirait le calme et invitait à la relaxation. Inongo était un grand village qui ne recevait de l'électricité que par intermittence le matin de huit heures à onze heures et en fin d'après-midi jusque vers vingt et une heures. Les rares familles riches s'étaient procuré un groupe électrogène qui fournissait de l'électricité vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Encore fallait-il obtenir du mazout pour son fonctionnement... Sinon les autres familles se débrouillaient soit avec des lampes Aladin, soit avec des bougies. Fonctionnant au pétrole, les lampes Aladin étaient pratiques et donnaient un éclairage suffisant. Il en fallait trois pour éclairer la maison de Loseno : une pour le salon et la salle à manger, une pour la cuisine et une troisième, accrochée au mur du couloir, qui donnait de la lumière aux chambres et à la salle de bain dont les portes restaient entrouvertes. Les vacances à Inongo étaient paradisiaques. Elles consistaient en une longue aventure que toute la famille attendait avec impatience. Situé à une heure quarante-cinq minutes d'avion au nord de Kinshasa, en pleine forêt équatoriale, Inongo ne manquait pas d'activités à offrir à ses invités. Comme Anna, les amoureux de l'eau trouvaient dans le lac Mai-Ndombe de passionnantes occupations. On pouvait passer des heures à nager dans l'eau brune et opaque, s'associer aux villageois et apprendre les secrets de la pêche, prendre part aux promenades sur de longues et étroites pirogues et découvrir le mode de vie des villages voisins ou simplement essayer de 12