Brulant face-à-face

Brulant face-à-face

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Français
160 pages

Description

Westmoreland Tome 6
 
Dans leur quête effrénée de l’amour et de la passion, les Westmoreland sont prêts à tout. Quiconque croisera leur chemin n’en ressortira pas indemne.
 
Rendre sa bague de fiançailles  ? Mais pour qui se prend-il  ? Furieuse, Dana observe le visage impassible de Jared Westmoreland, l’avocat en charge de son divorce, qui vient de lui soumettre cette odieuse réclamation. Aussi séduisant soit-il, il ne parviendra pas à la faire céder  !

Informations

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Date de parution 01 septembre 2017
Nombre de lectures 0
EAN13 9782280388573
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Couverture : Brenda Jackson, Brûlant face-à-face, Harlequin
Page de titre : Brenda Jackson, Brûlant face-à-face, Harlequin

Prologue

— Une minute, mademoiselle. Voyons, vous ne pouvez pas entrer dans le bureau de M. Westmoreland sans être annoncée !

A la seconde même où Jared Westmoreland levait les yeux du document juridique qu’il consultait, se demandant ce que signifiait cette agitation, la porte de son bureau s’ouvrit en grand, et une femme d’une beauté époustouflante — mais de toute évidence furieuse — fit irruption.

A cette vue, le pouls de Jared s’accéléra.

Refoulant l’attirance spontanée qu’il ressentait envers la visiteuse inattendue, il se leva pour l’accueillir et l’évalua d’un rapide coup d’œil.

Une masse soyeuse de boucles auburn encadrait un visage au teint clair, tandis que les beaux yeux noirs de la jeune femme scintillaient de colère sous des sourcils parfaitement dessinés. Ses lèvres bien pleines avaient la couleur appétissante de la framboise. Même sa méchante humeur ne parvenait pas à gommer les fossettes qui creusaient ses joues. Quant à sa silhouette, elle était tout simplement délicieuse. Moulée dans un tailleur noir, l’inconnue affichait une élégance irréprochable.

— Monsieur Westmoreland, j’ai tenté de l’empêcher…

— C’est bon, Jeannie, déclara Jared à l’adresse de sa secrétaire qui talonnait la belle intruse.

— Voulez-vous que j’appelle la sécurité ? renchérit sa fidèle collaboratrice.

— Ce ne sera pas nécessaire, trancha-t-il, les yeux rivés sur la créature bouillonnante de colère qui se tenait devant lui.

— Comme vous voudrez, marmonna Jeannie avant de se retirer.

— Je suis certain que vous n’avez pas forcé la porte de mon bureau sans raison, mademoiselle…

— Rollins, compléta la créature d’un ton sec. Il va de soi que j’ai une bonne raison. Cela !

En prononçant ces mots, elle brandit l’enveloppe qu’elle venait de sortir de son sac à main.

— Cette missive libellée par vos soins exige que je renvoie ma bague de fiançailles à Luther Cord. J’ai bien tenté d’entrer en contact avec lui, mais il semblerait qu’il ne soit pas en ville. En désespoir de cause, je suis venue chez vous pour obtenir une explication.

Jared s’empara de la lettre sans même la parcourir. Il en connaissait le contenu.

— Y aurait-il un problème concernant la restitution de la bague, mademoiselle Rollins ? demanda-t-il.

— Tout à fait ! Luther a décrété sur un coup de tête qu’il n’était pas prêt à renoncer au célibat et a annulé notre mariage une semaine avant la date prévue. Outre l’embarras dans lequel il me place et l’humiliation qu’il m’inflige, il ne s’est même pas proposé de me dédommager pour les frais déjà engagés. Vous comprendrez que cette lettre est la goutte qui fait déborder le vase !

Jared prit une large aspiration. De toute évidence, cette jeune personne n’avait pas encore compris que Luther Cord lui avait fait une faveur en renonçant au mariage.

— Mademoiselle Rollins, commença-t-il, je vous invite à consulter votre propre avocat qui vous confirmera mes propos : mon client est dans son droit le plus strict. Une bague de fiançailles représente un cadeau conditionnel. D’un point de vue juridique, elle n’engage pas le fiancé. Si le mariage n’a ensuite pas lieu, quelle que soit la raison de l’annulation, cette bague doit être restituée. De la même façon que vous remettrez les cadeaux de mariage à vos invités.

A ces mots, Dana croisa les bras et décréta d’un ton séditieux :

— Je refuse de la lui rendre. C’est une question de principe.

— Hélas, mademoiselle, principe ou pas, la loi était la loi, rétorqua Jared en secouant la tête. Vous allez vous lancer dans une longue bataille perdue d’avance et qui risque de vous coûter fort cher. Voulez-vous ajouter des honoraires à tous les frais auxquels vous devez déjà faire face ?

Pressentant que l’aspect pécuniaire allait la ramener à la raison, il ajouta :

— Je comprends tout à fait que vous traversiez une épreuve difficile. Toutefois, permettez-moi un conseil : oubliez ce fâcheux épisode et allez de l’avant. Vous êtes une fort belle femme, vous trouverez bientôt un homme digne de vous. De toute évidence, Luther Cord ne l’était pas. Peut-être cette rupture prénuptiale est-elle même une bénédiction…

Il était bien conscient que ce n’était pas le discours que la belle avait envie d’entendre. Pour une raison qui lui échappait, il était désireux qu’elle ne souffre pas trop de cette triste affaire. Il souhaitait être aussi honnête que possible avec elle. Néanmoins, dans la mesure où Cord était son client, il ne pouvait guère en dire davantage.

D’ailleurs, n’avait-il pas déjà trop parlé ?

Dana demeura silencieuse. Nul doute qu’elle méditait sur ses derniers propos. C’est alors qu’elle sortit un écrin en velours blanc de son sac à main.

— J’apprécie votre conseil, déclara-t-elle sur un ton radouci en lui tendant l’objet. Même si la pilule est difficile à avaler. Je vous rends la bague.

Ouvrant la boîte, Jared observa un instant le diamant qui brillait doucement à l’intérieur, avant de la reposer sur son bureau.

— Vous agissez de façon fort raisonnable, mademoiselle Rollins, approuva-t-il.

Celle-ci hocha la tête et lui tendit la main pour prendre congé.

— Je n’ai pas envie d’alourdir mes dettes, expliqua-t-elle. Vous avez raison, Luther n’en vaut pas la peine.

Il prit la main qu’elle lui tendait. Une main fine et fraîche qui s’emboîtait à merveille dans la sienne…

— J’espère que les choses vont s’arranger pour vous, lui dit-il avec sincérité.

Elle le regarda droit dans les yeux, puis lui adressa un sourire reconnaissant.

— D’une façon ou d’une autre, je rebondirai, lui dit-elle. Même si ce que vous m’avez dit était déplaisant à entendre, je vous sais gré de votre honnêteté. Il est si rare qu’un avocat vous témoigne de la compassion et de la gentillesse ! Je suis désolée pour mon irruption et vous prie de m’en excuser.

— Je vous en prie, répondit Jared d’un ton suave, c’est déjà oublié. En ce qui concerne mon conseil, considérez-le comme un service que je vous offre…

Le sourire qu’elle avait esquissé s’élargit.

— Merci, répliqua-t-elle. Et qui sait ? Peut-être pourrai-je un jour vous le rendre.

Jared lui relâcha la main et la regarda sortir de son bureau, songeur.

Dana Rollins était la femme la plus sensuelle qu’il ait jamais rencontrée !

1

Un mois plus tard

Jared avait passé une matinée épouvantable.

A commencer par le message que sa mère avait laissé sur son répondeur la veille au soir et qu’il avait découvert en se réveillant : Sarah Westmoreland lui rappelait que l’anniversaire de son père et de son oncle tombait cette année le dimanche de Pâques, et elle l’encourageait à venir accompagné au repas de famille que tante Evelyn et elle-même organisaient.

Le récent mariage de son cousin Storm avait fait prendre conscience à sa mère que ses six fils n’entretenaient aucune relation sérieuse. En tant qu’aîné de la fratrie, Jared se devait, selon elle, de montrer l’exemple. Peu lui importait que ses enfants mènent avec brio leur vie professionnelle et apprécient les joies du célibat. Pour elle, le bonheur passait par le mariage.

Nerveux, Jared se leva pour aller se planter devant la fenêtre.

Comme si ce message ne suffisait pas, il était arrivé une heure en retard au bureau en raison des encombrements. Et, pour couronner le tout, il venait de recevoir un appel d’un artiste de music-hall, Sylvester Brewster, qui souhaitait entamer une nouvelle procédure de divorce.

Quand l’Interphone retentit sur son bureau, il le fixa avec hostilité : quelle mauvaise nouvelle allait encore lui annoncer sa secrétaire ?

Prenant la communication, il inspira une large bouffée d’air.

— Je vous écoute, Jeannie, déclara-t-il d’un ton détaché.

— Votre mère est en ligne, monsieur Westmoreland.

Jared secoua la tête. Décidément, le pire était toujours à venir !

— Passez-la-moi, dit-il, mâchoires serrées.

Quelques secondes plus tard, il s’exclamait d’un ton jovial :

— Bonjour, maman !

— As-tu écouté le message que j’ai laissé sur ton répondeur, Jared ? s’enquit celle-ci sans préambule.

— Oui, confirma-t-il en levant les yeux au ciel. Je l’ai écouté ce matin.

— Parfait ! Je mets donc un couvert de plus pour dimanche prochain.

Jared s’apprêtait à rétorquer qu’il était inutile qu’elle se donne cette peine car il y avait de fortes chances pour que la place reste vide, lorsque sa mère ajouta :

— N’oublie pas que tu es l’aîné et, qu’à ce titre, tu dois montrer l’exemple. En outre, laisse-moi te dire que tu ne rajeunis pas.

« Quelle remarque perfide ! » se dit-il en rongeant son frein. Il venait juste de fêter ses trente-cinq ans ! N’était-il pas encore à l’aube de sa vie ?

Sa mère n’ignorait pourtant pas tout le mal qu’il pensait de l’institution du mariage. Il était spécialisé dans les affaires de divorce, que diable ! Son rôle consistait à mettre un terme aux unions, pas de les favoriser. Et il avait traité assez de cas pour savoir que le mariage durait rarement.

Bien sûr, dans la famille Westmoreland, il n’y avait jamais eu de divorce. Néanmoins, il s’agissait pour lui de l’exception qui confirme la règle. Et il n’entendait pas faire figure de mouton noir au sein de la tribu en se distinguant par un mariage malheureux. Par ailleurs, il refusait de renforcer les statistiques.

— Jared, m’écoutes-tu ?

Il soupira. Quand sa mère prenait ce ton agacé, il en était réduit à se justifier.

— Oui, maman, répondit-il patiemment avant d’ajouter sur un ton désinvolte : Ne t’est-il jamais venu à l’idée que Durango, Ian, Spencer, Quade, Reggie et moi appréciions notre statut de célibataires ?

Ce à quoi Sarah répliqua du tac au tac :

— L’idée ne t’a-t-elle jamais traversé l’esprit que ton père et moi ne sommes plus tout jeunes et que nous aimerions profiter de nos petits-enfants tant que nous sommes encore valides ?

Par pitié… Non contente de vouloir marier ses fils à tout prix, elle exigeait à présent une descendance !

« Allons », pensa Jared résigné, il était inutile de tenir tête à Sarah Westmoreland. C’était une bataille perdue d’avance. Il préférait encore affronter un juge intransigeant que de s’opposer à sa mère.

— Je vais voir ce que je peux faire, éluda-t-il.

— Merci, mon fils. Un peu de bonne volonté, c’est tout ce que je te demande.

* * *

— Chérie, es-tu bien certaine de ne pas vouloir venir avec nous ?

Dana leva les yeux vers Cybil Franklin qui se tenait devant son bureau, l’air déterminé.

Cybil était sa meilleure amie depuis le lycée, et aussi la principale raison qui avait motivé, trois ans plus tôt, son déménagement de Tennessee à Atlanta pour occuper ce poste d’architecte paysagiste chez Kessler Industries.

— C’est très gentil à toi, Cybil, lui assura-t-elle. Je préfère toutefois que Ben et toi partiez en amoureux en Caroline du Nord, sans quoi j’aurais l’impression de tenir la chandelle.

— Allons, ce n’est pas un week-end romantique ! protesta Cybil. Nous allons juste camper dans la montagne. Je me sens si coupable de te laisser seule pour Pâques.

S’appuyant contre le dossier de son fauteuil, Dana adressa un petit sourire à son amie.

— Cela m’est égal d’être seule pour Pâques. J’ai vingt-sept ans, ma chérie ! lui rappela-t-elle.

D’ailleurs, les fêtes n’avaient plus la même saveur depuis le décès de ses parents. Cinq ans plus tôt, ils avaient perdu la vie dans un accident de voiture alors qu’ils se rendaient à l’université pour assister à sa remise de diplôme. Comme elle n’avait aucune autre famille, leur disparition l’avait laissée seule au monde. Lorsqu’elle avait rencontré Luther, au printemps dernier, elle avait cru que leur relation allait l’arracher à sa solitude… Manque de chance, la vie en avait décidé autrement.

— Parfois, j’ai envie de retrouver Luther Cord et de lui régler son compte, déclara Cybil en serrant les dents.

Dana se contenta de sourire : elle n’éprouvait plus de ressentiment envers son ancien fiancé.

La semaine précédente, il lui avait rendu une visite impromptue pour lui annoncer qu’il déménageait en Californie. Sa décision de ne pas l’épouser n’avait rien à voir avec elle, lui avait-il alors expliqué. De fait, il avait enfin choisi d’assumer ses préférences homosexuelles. S’il éprouvait une réelle affection pour elle, il n’aurait cependant jamais pu l’aimer comme un mari est censé chérir son épouse.

Au premier abord, les aveux de Luther l’avaient choquée, puis son honnêteté avait fini par la toucher. D’ailleurs, à la lumière de ces révélations, elle s’était rendu compte qu’elle-même avait fermé les yeux sur des indices pourtant révélateurs… Elle n’avait répété à personne la confession de Luther, pas même à Cybil.

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