Des progrès du gouvernement représentatif en France - Session de 1817

Des progrès du gouvernement représentatif en France - Session de 1817

-

Français
66 pages

Description

Nous avons publié quelques observations sur les préliminaires de la session qui vient de s’ouvrir. Ce travail nous a conduit naturellement à nous occuper des actes qui la remplissent, sous le rapport de leur conformité avec le gouvernement qui s’établit parmi nous. Sa marche et ses progrès offrent à l’observateur l’intérêt que présente l’enfance dans ses développemens successifs, lorsque les espérances et les craintes attachées au jeune âge tiennent l’esprit suspendu et comme partagé entre elles, lorsque l’œil, suivant les progrès que chaque jour porte avec lui, voit le tendre bourgeon percer son enveloppe, les fruits succéder au feuillage, et l’œuvre de la nature s’accomplir en parcourant tous les degrés marqués par elle pour arriver à la maturité.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


Informations

Publié par
Date de parution 08 décembre 2016
Nombre de lectures 0
EAN13 9782346130191
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
Édités dans la meilleure qualité possible, eu égard au caractère patrimonial de ces e fonds publiés au XIX , les ebooks deCollection XIX sont proposés dans le format ePub3 pour rendre ces ouvrages accessibles au plus grand nombre, sur tous les supports de lecture.
Dominique Dufour de Pradt
Des progrès du gouvernement représentatif en France
Session de 1817
ARTICLE PREMIER
Nous avons publié quelques observations sur les prél iminaires de la session qui vient de s’ouvrir. Ce travail nous a conduit naturellemen t à nous occuper des actes qui la remplissent, sous le rapport de leur conformité ave c le gouvernement qui s’établit parmi nous. Sa marche et ses progrès offrent à l’ob servateur l’intérêt que présente l’enfance dans ses développemens successifs, lorsqu e les espérances et les craintes attachées au jeune âge tiennent l’esprit suspendu e t comme partagé entre elles, lorsque l’œil, suivant les progrès que chaque jour porte avec lui, voit le tendre bourgeon percer son enveloppe, les fruits succéder au feuillage, et l’œuvre de la nature s’accomplir en parcourant tous les degrés ma rqués par elle pour arriver à la maturité. Ainsi, en est-il parmi nous du gouverneme nt représentatif. Il ne fait que de 1 naître. En lui tout est neuf, hommes et choses . C’est pour la première fois qu’il apparaît en France, depuis la fondation de la monar chie : c’est pour la troisième, depuis la charte, qu’il est mis en jeu et à l’épreu ve. On pourrait même dire que c’est pour la première, eu prenant, comme la raison autor ise à le faire, pour une année normale de son établissement véritable, celle qui a vu les élections réglées d’après un ordre vraiment constitutionnel ; car, jusqu’ici, il n’avait encore été que conventionnel, sans cependant en être moins obligatoire dans le dé but ; il est donc bien essentiel d’observer et de faire connaître en quoi les actes des trois branches qui concourent à la formation des lois se rapprochent ou s’éloignent des principes du gouvernement représentatif, en quoi ils y sont conformes ou cont raires. Car, dans le premier cas, on aura le gouvernement que l’on veut avoir ; dans le second, on en aura un autre, mais indéfinissable, composé de parties hétérogènes, sem blables à ces statues célèbres qui, dépourvues d’adhérence dans leurs parties, res taient fragiles avec des pieds d’argile sous une tête d’or. Telle serait notre pos ition, s’il ne se trouvait pas une harmonie continue entre le principe et les actes de notre gouvernement : il s’apprête à agir : le vaisseau va prendre la mer : suivons sa m arche, relevons soigneusement son estime, et assurons-nous que, dans une course toujo urs directe, malgré le vent et les écueils, il tend vers le port qu’il cherche, au lie u d’aborder dans celui qu’il ne doit pas chercher. Le principe de presque tous les maux parmi les homm es est qu’en voulant faire, ou qu’en ayant l’air de faire une chose, ils en font r éellement une autre. L’erreur provient ou de l’ignorance ou de l’inobservation des princip es de cette chose même.... Lorqu’on bâtit sans base, l’édifice écroule bientôt. Lorsque , agissant avec inattention, on bâtit sans proportions, sans régularité, la frêle constru ction écroule de même. Il faut donc, en tout, commencer par bien constater les principes, les faire ensuite servir de règle, et, pour ainsi dire, de patron à t ous les actes qui en dérivent. Une confrontation continuelle entre eux est le plus sûr moyen de prévenir ladérive :il faut, comme le pilote, prendre hauteur à chaque instant, pour bien connaître où l’on vient et où l’on va. Tel est le but de ce travail. Il n’en a pas, et n’e n peut avoir d’autre. La malice du temps, celle qui se compose à la fois du venin que distille, pour tout esprit, la plume d’une classe d’écrivains uniquemen t occupés de personnalités et d’inculpations, et de la doctrine de certains légis tes, qui, au sein du gouvernement représentatif, ne craignent point de dire aux citoy ens qu’il est dangereux de s’occuper de politique, qu’ils doivent en détourner leurs étu des et se métamorphoser en prédicateurs de je ne sais quelles fadaises ou fade urs, qu’ils ont de plus la simplicité de leur indiquer ; cette malice, disons - nous, nou s force à rappeler nos droits, à nous
2 occuper de ce travail . En Angleterre, la mention de pareils droits couvrir ait un homme de ridicule.... Quel anglais
1 Nous n’avons pas l’honneur d’être du petit nombre de ces écrivains hâtifs qui, à l’aurore de chaque institution, à chaque mouvement du gouvernement, crient, depuis vingt-cinq ans,au miracle età l’immortalité ! Cette clameur dure encore. Toute nouvelle institution a été saluée, dans son berceau , des mêmes salves d’admiration et pourvue des mêmes brevets d’éternité : c’est une ma ladie véritable, une épidémie sur la populace de nos écrivains. Eh ! messieurs, atten dez ! qui vous presse ? Le grand-juge est là qui s’avance, le Temps.... il soldera t ous les comptes, et, seul, il prononcera en dernier ressort....
2ffaires Rioust, Chevalier, Comteles discours de M. de Vatimesnil, dans les a  Voyez et Dunoyer ; voyez les invitations adressées par lu i à ces derniers. Voyez les complimens adressés par M. Riffé aux aute urs desDébatsde et la Quotidienne,le cours même du procès en calomnie intenté c  dans ontre eux et M. le marquis de Blosseville, par uncondamné à mort. Voyez ce que Montesquieu dit des crimes de lèse-maj esté, et de leur poursuite. Il est bien à remarquer que les conclusions de MM. les gens du roi ont été repoussées plusieurs fois par le tribunal. Où ces messieurs prétendent-ils nous conduire ? Ce qui s’est passé dans ces affaires achève de démo ntrer l’urgente nécessité du jury en toute affaire où il entre de la politique.Si le jury n’existait pas dans le monde,il faudrait l’inventer. M. le marquis de Blosseville serait-il le même qui, dans la session de 1815, où il siégeait, prit occasion d’un service éminent rendu par M. Lafitte, pour le dénoncer ? Où la rage de la dénonciation pousse-t-elle les hom mes ? Depuis 1814, le démon de la dénonciation, de la cal omnie, de l’espionnage, est déchaîné parmi nous : ce que l’on a vu dans ce genr e de bassesses d’esprit et de cœur est monstrueux, et, presque toujours, a été co mmis par des hommes dont les turpitudes ne devaient point être le métier.