//img.uscri.be/pth/475818c3ae1f358eabc994068691c7d1f688a8ea
Cet ouvrage fait partie de la bibliothèque YouScribe
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le lire en ligne
En savoir plus

Education à l'environnement en Afrique

De
172 pages
Où en est l'éducation à l'environnement en Afrique depuis le premier Sommet sur le développement durable à Stockholm, en 1972, et celui de Rio, en 1992 ? Le dynamisme démographique de l'Afrique et la venue de nouveaux consommateurs sur le marché imposent plusieurs défis au continent, à commencer par la maîtrise de la gestion des ordures ménagères. Mais le continent a-t-il les moyens de relever le défi de la préservation de la planète, qui passe nécessairement par l'éducation à l'environnement ?
Voir plus Voir moins

Éducation à l’environnement en Afrique Jean-Célestin Edjangué
Où en est l’éducation à l’environnement en Afrique depuis le premier
Sommet sur le développement durable, à Stockholm, en Suède, en 1972
et celui de Rio, au Brésil, en 1992 ?
Le lancement, il y a plus d’une décennie, du journal Bosangi Éducation à l’environnement
– qui signife « propreté » en langue duala –, par la Société d’hygiène et
salubrité du Cameroun (Hysacam), et dont la particularité est de réunir
une équipe de journalistes professionnels, semble témoigner de ce que en Afrique
l’éducation à l’environnement n’est pas l’exclusivité des seuls médias,
mais bien l’afaire de tous !
Dès notre plus jeune âge, les parents, puis l’école, nous apprennent Le rôle des médias
que pour être en bonne santé, il faut bien se laver, et vivre dans un
environnement propre. En Afrique, cette exigence est encore plus vraie,
le continent connaissant une démographie galopante. Ce dynamisme
démographique de l’Afrique, qui s’accompagne de la venue de nouveaux
consommateurs sur le marché, impose plusieurs défs au continent,
à commencer par la maîtrise de la gestion des ordures ménagères.
Dans cet esprit, tous les grands rendez-vous locaux, régionaux, ou
internationaux sur l’environnement, depuis au moins une quarantaine
d’années, insistent sur l’importance des relais médiatiques dans
l’éducation des populations. Mais le continent a-t-il les moyens de
relever le déf de la préservation de la planète, qui passe nécessairement
par la promotion de l’éducation à l’environnement ?
Jean-Célestin Edjangué est diplômé en histoire de
l’université d’Angers et en sociologie de l’université de
Nantes, en France. Auteur de nombreux ouvrages sur
le Cameroun et sur l’Afrique, journaliste, il a travaillé
notamment au sein de la rédaction de Ouest-France
et de La Nouvelle République du Centre-Ouest, à Angers, avant d’être
grand reporter au quotidien camerounais indépendant Le Messager, dont
il a par ailleurs été correspondant en Europe. Il a présenté et coproduit
de nombreuses émissions à la télévision et à la radio au Cameroun.
Photographie de couverture : la planète végétale
© NASA Goddard Space Flight Center.
ISBN : 978-2-343-03386-0
17 e
Jean-Célestin Edjangué
Éducation à l’environnement en Afrique






Éducation à l’environnement
en Afrique


Jean-Célestin Edjangué



Éducation à l’environnement
en Afrique

Le rôle des médias



























Du même auteur, aux éditions L’Harmattan


La République des sans-souci, 2014
Afrique, que fais-tu de ta jeunesse ? Les paradoxes d’un enjeu moteur du
développement, 2013
Les colères de la faim… Pourquoi l’Afrique s’est embrasée en 2008, 2010
Cameroun. Un volcan en sommeil, 2010

















© L’Harmattan, 2014
5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris

http://www.harmattan.fr
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr

ISBN : 978-2-343-03386-0
EAN : 9782343033860







La planète terre est ce qu’il y a de plus cher
pour toutes les générations passées,
présentes et à venir


Eduquer à protéger l’environnement participe
de la sauvegarde du patrimoine de l’humanité Sommaire

Avant-propos .................................................................. 9
Introduction .................................................................. 13

Première partie - Un outil de communication,
d’information et d’éducation ........................... 17
Chapitre 1 - Justification du lancement de Bosangi ..... 21
Chapitre 2 - Une publication originale ......................... 31
Chapitre 3 - L’impact sur la propreté de la cité ............ 37

Deuxième partie - L’histoire d’une société
d’hygiène et salubrité ........................................ 43
Chapitre 1 - A l’origine, le pari de la gestion
de la propreté ................................................................ 47
Chapitre 2 - La tentation de l’aventure africaine .......... 57

Troisième partie - Bosangi au cœur
des préoccupations de son temps ..................... 65
Chapitre 1 - L’Afrique et l’enjeu du développement
durable .......................................................................... 69
N°30 - DOSSIER Le plastique, une question
de civilisation ................................................................ 71
N°32 - DOSSIER .......................................................... 83
N°33 - DOSSIER 93
N°34 - DOSSIER 99
N°37 - DOSSIER ........................................................ 109
Chapitre 2 - La loi de la jungle comme nouvel ordre
mondial ....................................................................... 123
7 Chapitre 3 - Le pari de l’éco-innovation .................... 131
Chapitre 4 - L’urgence d’une gouvernance
responsable ................................................................. 147

Conclusion .................................................................. 155

Indications bibliographiques....................................... 159

Table des matières ...................................................... 161


8 Avant-propos
Où en est l’éducation à l’environnement en Afrique
depuis le premier Sommet sur le développement durable, à
Stockholm, en Suède en 1972 ? Les médias du continent, à
qui l’on attribue souvent un rôle moteur pour véhiculer
cette éducation disposent-ils des moyens nécessaires pour
remplir cette mission ? L’action de communication,
d’information et d’éducation menée par ces médias, au
sujet de la protection de l’environnement, a-t-elle un
impact sur les comportements des populations
concernées ?
Voilà quelques-unes des questions qui nous ont
guidées dans la réflexion ayant abouti à cette contribution
sur « Éducation à l’environnement en Afrique : Le rôle des
médias ».
La culture de l’hygiène et assainissement fait partie de
l’essence même de l’être humain. Dès le plus jeune âge,
les parents puis l’école nous apprennent que pour être en
bonne santé il faut bien se laver et vivre dans un
environnement propre. Un idéal de propreté qui est censé
garantir la longévité de l’être humain et par extension
assurer le « développement durable » de l’espèce.
Dans ce même esprit, tous les grands rendez-vous
locaux, régionaux ou internationaux sur l’environnement,
depuis au moins une quarantaine d’années, insistent sur
l’importance des relais médiatiques dans l’éducation des
populations. Le respect des règles d’hygiène et
d’assainissement concourt à la lutte contre l’insalubrité
publique et participe, de fait, à l’esthétique de notre cadre
de vie. Sachant que plus on est nombreux à vivre dans un
9 milieu, plus il faut veiller à sa propreté, chaque être vivant
produisant des déchets issus de la consommation.
En Afrique, cette réalité est encore plus vraie. Le
continent connaissant une démographie galopante qui
devrait lui permettre, selon toutes les études autorisées, de
passer du milliard d’habitants actuel à deux milliards
d’habitants dans les quarante prochaines années. Une
population dont près des trois quarts ont moins de 25 ans.
Ce dynamisme démographique de l’Afrique, qui
s’accompagne de la venue de nouveaux consommateurs
sur le marché, impose plusieurs défis au continent à
commencer par la maîtrise de la gestion des ordures
ménagères. Car mieux gérer les déchets ménagers, c’est
contribuer de manière efficace à la protection de
l’environnement et donc participer au développement
durable du continent.
Seulement, comme pour l’hygiène corporelle,
l’hygiène et l’assainissement de l’environnement
s’apprend. Les populations doivent en être éduquées afin
d’intégrer les principes élémentaires du mieux vivre
ensemble, dans un environnement sain.
Au Cameroun, en Afrique centrale, la société Hygiène
et salubrité du Cameroun (HYSACAM), a pris le parti de
lancer il y a une dizaine d’années, une publication
trimestrielle qui porte le nom très poétique de Bosangi
(qui signifie en langue duala propreté). Ce magazine de
communication, d’information et d’éducation à
l’environnement, présente plusieurs originalités. Animé
par une équipe de journalistes professionnels, ce journal
ne se limite pas aux questions liées à la stricte protection
de l’environnement. Il s’intéresse aussi à la marche de
l’actualité africaine dans le contexte de la mondialisation.
Par ailleurs, le produit Bosangi est distribué gratuitement
sur l’ensemble du triangle national camerounais et même
au-delà.
10 Et si l’impact de cette publication sur le
comportement des populations reste à prouver, il
semblerait que la participation de ce support à l’éducation
environnementale s’intègre dans une action plus large
incluant le travail des associations, entreprises privées et
l’action des pouvoirs publics.
Mais le trimestriel de la propreté peut-il continuer à
paraître dans sa formule actuelle, caractérisée notamment
par la distribution gratuite ? Rien n’est moins sûr. Il en va
pourtant de sa pérennité.



11 Introduction
2L’Afrique, continent de quelque 30 millions de km
de superficie, compte un milliard d’habitants depuis la fin
de l’année 2012. Selon les prévisions des spécialistes,
cette population devrait doubler pour atteindre les deux
milliards à l’horizon 2050. Cette démographie galopante
peut être une chance pour le continent, qui est par ailleurs
le plus jeune du monde avec environ 70 % des habitants
qui ont moins de 25 ans contre 43 % pour l’ensemble de la
planète.
Mais l’accroissement démographique de l’Afrique
impose surtout plusieurs défis à relever, notamment celui
du mieux vivre en milieu urbain, comme le souligne une
étude du Fonds des Nations Unies pour la Population :
« L’effort à long terme nécessaire pour maintenir un
bien-être collectif qui soit en équilibre avec l’atmosphère
et le climat exigera en fin de compte des modes viables de
consommation et de production, qui ne peuvent être
atteints et maintenus que si la population mondiale ne
1dépasse pas un chiffre écologiquement viable.»
Une qualité de vie qui passe nécessairement par une
prise de conscience collective sur les questions liées à la
protection de notre environ et donc à l’équilibre de notre
planète terre qui passe nécessairement des solutions
concrètes à apporter face au défi de l’hygiène et de la
salubrité.

1 Rapport 2009 du Fonds des Nations Unies pour la Population
(UNFPA).
13 Face à ces enjeux, la société Hygiène et salubrité du
2Cameroun (HYSACAM) , tout en se concentrant sur ses
obligations légales a décidé en outre d’agir pour
sensibiliser, communiquer, informer les populations de ce
pays d’Afrique centrale dont on dit qu’il est à lui seul une
« Afrique en miniature ». Un pari difficile, quand on sait
que dans les grandes agglomérations du Cameroun,
comme ailleurs en Afrique, l’essor urbain fait qu’il y a
pratiquement autant d’habitudes de vie que d’habitants.
Les populations qui désertent de plus en plus les villages,
faute d’investissement des pouvoirs publics, pour aller
chercher un mieux-être en ville, ramènent avec elles les us
et coutumes de leur provenance.
Surtout, la lecture n’est pas vraiment le passe-temps
favori des Camerounais et des Africains qui préfèrent de
loin écouter la radio, le média de l’oralité par excellence,
et regarder la télévision.
HYSACAM a d’ailleurs intégré cette réalité.
L’entreprise n’hésite pas, à côté de la parution du
trimestriel de la propreté, à diversifier ses moyens de
communication notamment lors des campagnes
ponctuelles visant à toucher le grand public.
La première partie de cette contribution s’attardera à
montrer en quoi Bosangi est un outil de communication,
d’information et d’éducation. Dans cette optique, nous
verrons d’abord ce qui justifie le lancement de ce journal,
ce qui en fait l’originalité et qui explique sa pérennité.
Ensuite, une deuxième partie du travail nous permettra
d’analyser le comportement de la société HYSACAM face
au défi de la propreté. L’occasion de revenir sur la
création de cette entreprise, les ressources dont elle
dispose (en personnel et en matériel) ainsi que sa stratégie

2 Société créée en 1969 à Douala, elle assure la collecte, le ramassage
et le traitement des déchets ménagers sur l’ensemble du territoire
camerounais et dans certains pays d’Afrique.
14 de développement. Enfin, nous étudierons le support
Bosangi comme un magazine au cœur des préoccupations
de son temps et donc de la protection de l’environnement.
Ici, la sensibilisation et la prévention côtoient l’analyse
des grands enjeux de développement durable, avec
presque toujours en toile de fond, l’avenir de l’Afrique
dans le contexte de la mondialisation.










15