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A l'origine de la réussite des parents motivants!

De
229 pages
Dans tous les domaines, les personnes qui réussissent sont toujours animées par un fort désir de vivre, d'apprendre, de communiquer et de se dépasser. Les parents, par leur manière d'être d'agir, de communiquer, exercent une influence plus ou moins puissante sur la croissance de cette force psychologique. Le but de ce livre est de répertorier et d'analyser les attitudes et comportements parentaux les plus efficaces pour la construction d'une motivation forte et durable.
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A l'origine de la réussite, des parents motivants!

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Jacques ANDRE

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A l'origine de la réussite, des parents motivants!

L'HARMATTAN

Du même auteur

ÉDUQUER À LA MOTIVATION, Cette force qui fait réussir Éditions L'Harmattan, 2005

(!:) L'HARMATIAN,

2009

5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

http://www.1ibrairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.ft harmattanl@wanadoo.ft ISBN: 978-2-296-09136-8 E~:9782296091368

REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier ici celles et ceux qui, dans divers secteurs sociaux, en France et en Belgique, m'ont invité pour des conférences, stages ou journées de formation. Ils m'ont permis de diffuser des idées et des convictions qui me paraissent utiles à tous. Ce faisant ils m'ont donné le sentiment de mon utilité. Je suis également reconnaissant à toutes les personnes qui, après ces interventions m'ont exprimé leur gratitude et leur accord, m'ont incité à poursuivre et à laisser une trace écrite de mes propos. Je garde en mémoire ces moments émouvants de partage de la motivation. J'adresse aussi mes remerciements à celles et ceux qui m'ont apporté leur témoignage. Enfin pour la construction de ce livre, je suis heureux et flatté d'associer à mon nom ceux de Carine Boursaud, professeur agrégée, Danielle Desvignes, assistante pédagogique et Véronique André, informaticienne, ma belle fille, pour l'aide technique précieuse et le soutien

psychologique qu'elles m'ont apportés. Grâce à toutes aujourd'hui. ces personnes, ce livre existe

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AVANT-PROPOS
J'ai souvent constaté chez de nombreux parents un désarroi, une inquiétude et un sentiment de culpabilité face à l'éducation de leurs enfants. J'ai également entendu leur demande de savoir et comprendre comment mieux se comporter dans la relation avec eux. J'ai alors pensé qu'il était souhaitable de faire bénéficier les parents des connaissances et convictions que je dois à de longues années d'expériences d'enseignant, de formateur, d'entraîneur, en liaison étroite avec la recherche-action que j'ai menée dans le domaine de la motivation. J'ai donc décidé d'écrire ce livre et je souhaite vivement qu'il serve à ses lecteurs. Dans cet ouvrage, Je reprends succinctement les principes relatifs au développement de la motivation exposés dans le livre précèdent« Eduquer à la motivation, cette force qui fait réussir », paru chez le même éditeur en 2005. Je me suis efforcé ici de les rendre accessibles à tous et applicables. En les illustrant de témoignages, d'anecdotes et de récits de la vie quotidienne, j'espère inciter les lecteurs à travailler sur eux-mêmes pour mieux construire avec leurs enfants ce socle de confiance et de dynamisme qui permet toutes les réussites.

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INTRODUCTION
Si vous voulez que vos enfants réussissent, il faut faire en sorte qu'ils soient fortement et durablement motivés. Ils le seront, si, dès la naissance, ils baignent dans un milieu où les relations humaines sont à la fois sécurisantes et stimulantes. Ce climat psychologique est créé par les parents. Par leur manière de se comporter au quotidien, de communiquer avec leurs enfants et leur entourage, ils peuvent, tout aussi bien, être à l'origine d'absence de motivation ou du développement de motivations d'évitement et de rejets, ou encore de motivations fortes, voire de paSSIOns. Ce sont eux, les parents, qui suscitent ou non, le désir et le plaisir de vivre, d'apprendre, de communiquer, de créer, de se dépasser. Cette influence considérable s'exerce le plus souvent sans qu'ils en soient conscients, dans la période clé de la petite enfance. Elle s'effectue par mimétisme, suggestion et imprégnation. Les parents se trouvent ainsi au cœur du développement de la construction de la motivation, cette force psychologique qui anime les êtres humains; cette énergie se trouvant elle-même au centre du processus d'éducation. Ce sont ces constats qui m'ont conduit à leur destiner cet ouvrage afin de les aider à mieux accompagner leurs enfants sur les voies de vies réussies. Face à l'ampleur de leurs responsabilités, nombreux sont les parents qui se sentent dépassés et démunis. La peur de l'échec scolaire en particulier, est à la source de leur angoisse. L'école en France est, dit-on, la plus« stressante» d'Europe. L'actuelle culture du résultat accroît encore la pression et fait peser sur les enseignants et les parents une chape d'angoisse, très contagieuse pour les enfants. Deux réactions fréquentes en découlent. Soit les parents se désintéressent de l'enfant à l'école et de son éducation et 11

s'en remettent aux professionnels, soit ils en font trop dans l'autre sens et ne résistent pas à ce que j'appelle « le prurit d'intervention pédagogique ». Ils se mettent alors à la place de leur progéniture, la surveillant, la harcelant sans cesse, pensant et décidant à sa place. Ces deux attitudes vont à l'encontre du développement de la motivation. Les divers travaux sur le sujet montrent en effet, que cette énergie ne peut croître que si l'enfant, d'une part, trouve à ses côtés un ou des référents qui le sécurisent, le cadrent et le dynamisent; et d'autre part, que s'il dispose d'une liberté d'initiative respectant ainsi son économie personnelle du plaisir. Lesparents ont trop tendance à limiter l'accompagnement à la seule aide au travail scolaire et à penser qu'ils doivent informer, expliquer, vérifier, évaluer... Grcene sont pas ces comportements qui sont essentiellement à l'origine de la réussite, mais plutôt leurs attitudes éducatives. Ce sont ces dernières qui développent chez les enfants l'estime de soi, la confiance, la détermination qui sont des qualités durales et efficaces dans la vie. Il faut en effet raisonner ici sur l'ensemble du parcours scolaire, à côté et au delà. Au delà de l'enseignement primaire par exemple, c'est le travail autonome qui va progressivement tenir la plus grande place et il faut y être préparé pour l'effectuer. Par ailleurs la vie ne s'arrête pas à la période scolaire. Il convient de ne pas oublier les finalités de l'éducation et surtout celles qui concernent une vie réussie. Une vie est réussie quand un individu ne subit pas sa vie mais la construit; quand tout au long de son existence, il se trouve en recherche de progrès, sur lui-même en particulier. L'accompagnement parental a alors pour principale finalité l'éducation que l'on peut définir comme l' autoédification de soi-même avec l'aide des autres. Les parents ne téléguident pas, ils soutiennent, accompagnent, facilitent.

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Ils placent le jeune dans les conditions les plus favorables pour son auto construction. L'entourage d'adultes psychologiquement solides, heureux, dynamiques, communicants, sécurise et stimule les enfants, les menant ainsi à pouvoir se construire. Les parents sont donc invités avant tout à chercher à devenir ce qu'ils voudraient que leurs enfants soient. Leur attention doit alors se centrer surtout sur eux-mêmes, sur leurs attitudes et les effets qu'elles induisent sur les autres. Cet ouvrage a donc pour principal objet d'aider les lecteurs à la réflexion sur eux-mêmes, en situation de pédagogues, à partir d'informations, d'explications et d'exemples favorisant des prises de conscience. J'espère ainsi ouvrir des voies positives de changement personnel dans l'intérêt de tous, des jeunes en premier lieu. Dans le premier chapitre, vous allez lire l'histoire d'une réussite exemplaire à plusieurs titres. Ce parcours vers le succès, après des débuts difficiles, remet en cause des croyances qui perdurent dans certaines familles, à savoir que la réussite scolaire serait affaire de« dons », « d'intelligence innée », ce qui, aujourd'hui, est scientifiquement critiquable et pédagogiquement inadmissible. Il illustre ensuite cette vérité essentielle qui consiste à dire que c'est dans une longue accumulation d'interactions plus ou moins riches entre l'individu et son environnement que s'explique la majorité des comportements humains. Il montre encore que la qualité de l'accompagnement psychologique des parents joue un rôle primordial. Cette histoire de vie révèle que lorsqu'une personne est fortement motivée, de façon durable, qu'elle est bien entourée et accompagnée, bien organisée, elle peut prétendre à toutes les réussites. Enfin, et là encore il s'agit d'une idée importante, trop souvent sous estimée, elle montre que l'être humain doit être 13

considéré comme une totalité corporelle, affective, et cognitive, que cet ensemble ne peut être isolé du milieu physique qui l'entoure, ni séparé du réseau des relations dans lequel il baigne, et qu'on ne doit pas non plus l'envisager en dehors de son histoire personnelle et de celle de ses parents et grands-parents. Ces données de base nous donnent des pistes éducatives telles que le choix et l'aménagement du milieu environnant, l'analyse et la compréhension des interactions au sein du groupe familial, de la classe, de l'établissement, des institutions, des médias. Ce sera l'objet du second chapitre. Dans le suivant, je m'attacherai à expliquer comment la réussite dans quelque domaine que ce soit, ne dépend pas pour l'essentiel de certaines qualités intellectuelles évaluées dans le système scolaire, comme on tend à le croire. Elle découle surtout de qualités socio-affectives sous-jacentes telles que, par exemple, la confiance en soi, la connaissance et le contrôle de soi, la tolérance à la frustration, la force de la motivation, l'aisance dans la communication. Ces caractéristiques psychologiques se développent dans les zones profondes et anciennes du cerveau qui concernent la corporéité et l'affectivité. Ce sont elles, nous disent les neurosciences, qui conditionnent le bon fonctionnement de la zone supérieure: le cortex, responsable de l'intellectualité. Parmi ces qualités socio-affectives, je valorise particulièrement la force qui pousse à agir, qui concerne le désir et le plaisir de vivre, d'apprendre, de prendre des initiatives, de communiquer, de chercher à se dépasser, que l'on nomme "la motivation". C'est à l'étude de cette énergie psychologique que sera consacré le quatrième chapitre. Connaître l'origine du développement de cette force permet de situer des facteurs qui peuvent l'influencer. La motivation part de besoins, est orientée vers des centres d'intérêt et ces 14

trois éléments sont en interaction entre eux et aussi avec le milieu physique et social. Dans ce système, il convient surtout d'étudier les besoins psychologiques à l'origine du processus. J'ai choisi deux d'entre eux qui, selon moi, sont fondamentaux, et particulièrement puissants: le besoin de sécurité et le besoin d'estime, car le psychisme humain oscille toujours entre la peur et le désir. Dans le cinquième et dernier chapitre, l'analyse de ces deux besoins essentiels permettra de dégager les principales attitudes favorables au développement de l'énergie du psychisme. Dans leurs relations avec leurs enfants, ce ne sont pas les injonctions des parents qui sont efficaces, mais leurs manières d'être et de faire. Ils influencent bien davantage par ce qu'ils sont et font, que par ce qu'ils savent ou disent. Les attitudes psychologiques les plus favorables au développement de la motivation reposent sur une base profonde de confiance en la vie, en soi, en les autres. Dans cette orientation positive, les parents dynamiques, authentiques, fermes sur des valeurs et des principes, cohérents et fidèles à leurs engagements, attentifs à l'enfant et respectueux de ses différences, sont ceux qui manifestent quotidiennement les comportements les plus favorables au développement d'une communication efficace, et à la construction de la force psychologique qui fait réussir. Je souhaite que ce livre incite les parents à créer et entretenir autour de l'enfant un climat relationnel plus sécurisant et plus stimulant, et, en même temps, les incite à travailler sur eux-mêmes pour chercher à être toujours plus motivants.

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CHAPITRE I

La réussite n'est pas affaire de dons, mais de travail, et celui-ci est fourni efficacement quand la personne est motivée

« Si votre enfant n 'apas soif de connaissances, s'il n 'a aucun appétit pour le travail que vous lui présentez, ce sera peine perdue que de lui "entonner" dans les oreilles vos démonstrations les plus éloquentes. C'est comme si vous parliez à un sourd. Vous pouvezjlatter, caresser, promettre oufrapper, le cheval n 'apas soif Et méfiez-vous: par votre insistance ou votre brutale autorité, vous risquez de susciter chez vos élèves une sorte de dégoût physiologique pour la nourriture intellectuelle, et vous boucherez, à jamais peutêtre, les chemins royaux qui mènent aux profondeurs de l'être. Donnez soif par quelque biais que ce soit» Les dits de Mathieu. Célestin Freinet Ed Delachaux Niestlé

.Témoignages
Dans mon livre « Eduquer à la motivation, cette force qui fait réussir », je relate une expérience de formation de parents dans un collège rural de Charente-Maritime débutée en 1989. Cette action menée par Mme Christiane C., principale, avait pour but d'informer et de former les parents d'élèves pour qu'ils contribuent plus efficacement à la réussite scolaire. Je suis fréquemment intervenu dans cette action de formation, et j'ai suivi avec intérêt le déroulement de cette expérience. Fin 2006, l'occasion m'est donnée de revenir dans ce village de Saintonge pour une conférence organisée par une autre instance. J'y retrouve la principale, retraitée, et une ancienne parente d'élèves: Mme Catherine G. . ., très assidue aux séances de formation. L'une et l'autre me font part alors de la réussite de la fille de Mme « G », Carine, collégienne, qui se trouvait en difficultés au collège, à l'époque de l'expérience. Trouvant le parcours de cette dernière exemplaire par rapport aux idées que je défends sur « la force qui fait réussir », j'ai demandé aux trois personnes concernées de relater par écrit, sans se consulter, ce chemin de la réussite. Voici leurs témoignages. Témoignage de Carine G (janvier 2007)
« Je n'ai jamais été une élève brillante, mais toujours ou presque encouragée par mes professeurs du fait de mon travail sérieux. J'étais souvent frustrée de ne pas arriver à décrocher de meilleures notes. Mes parents ne m'ont jamais fait de mauvaises remarques après les conseils de classe. Ma mère participait activement à la vie du collège par le biais des

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parents d'élèves avec les conférences organisées par M"e C principale du collège. Toujours elle m'encourageait. , A lafinde l'année de 4e, on me marque « redoublement» sur mon bulletin. Ce mot m'a fait très mal et j'ai beaucoup pleuré. Je ne voulais pas redoubler. Je voulais aller au lycée deux ans plus tard. Je savais que je voulais travailler avec des enfants, je pensais au métier d'institutrice. ... En 3e, leprofesseur principal déclare que Carine n'a pas le niveau pour aller en 2ndeau lycée. Il me conseille de me renseigner pour faire un BEP. Je sors de ce rendez-vous en larmes. Ma mère me comprend, mais se pose beaucoup de questions. ... Elle décide alors de rencontrer Mme c., laprincipale. Le rendez-vous a été rapide. "Elle m'impressionnait". Au collège, elle était très respectée, elle nous faisait peur. Lorsqu'elle entrait en classe, tout le monde se levait... C'était le respect total. Elle a expliqué que dans les années à venir, le système scolaire allait manquer d'enseignants. Elle m'a cru, et a dit que même si les notes étaient moyennes, je pouvais suivre au lycée, qu'ilfallait mefaire confiance carj'étais motivée. Elle a même dit qu'elle tiendrait ce discours au conseil de classe. Je suis sortie de l'entretien redynamisée ;j'avais de nouveau confiance. ... Le niveau de la classe de ?de n'était pas très élevé, mais du coup, je me sentais mieux car j'arrivais à avoir des notes correctes par rapport au niveau de classe. ... En terminale B,j'ai « un prof de maths» absolument génial. ...À l'Université, après un échec en 1èreannée d'AES, j'obtiens la licence puis la maîtrise. (Dans cette période) je rencontre un « prof» d'économie qui me passionne. Il me prête des livres, me parle de l'agrégation. J'obtiens le CAPET Pendant le stage à l'IUFM, une conseillère pédagogique que j'admire et considère comme ma deuxième mère, écrit sur mon rapport: 19

«J'encourage ce jeune professeur à préparer le concours de l'agrégation ». Deux collègues et amis ajoutent leurs encouragements pour ce projet. Je prépare ce concours avec acharnement etje réussis! » À la fin de son témoignage, Carine écrit: ... «Mes meilleurs alliés ont toujours été mes parents,' ils ont toujours cru que j'allais y arriver. Ils ont fait en sorte que j'aie un petit studio calme pour queje me sente bien lors de mes études à la Fac et à l'IUFM Ils ont accepté de me voir mal physiquement et faible psychologiquement en période de concours. Ils ont su me donner le courage de me présenter aux oraux. Ils ont minimisé mes peurs et toujours relativisé en me prévenant qu'il y avait un risque d'échec mais que je n'étais pas nulle pour autant. » Témoignage de Catherine G., mère de Carine « Je suis une fille d'enseignante et une petite fille de grands parents également instituteurs. Nous étions 6 enfants à la maison. Mon père était viticulteur. Dans les années 67-68, je suis entrée en (f au lycée de Saintes, pensionnaire. J'ai eu des difficultés à m'adapter: refus du système scolaire, échec. Après 3 ans de galère, mes parents m'ont fait prendre des cours par correspondance par le CNTE de Vanves. Toutes ces années resteront pour moi un mauvais souvenir. Si je vous indique cela, c'est que j'avais beaucoup

d'appréhension,lors de l'entrée en (f de mes enfants.Aussi

lorsque Mme C. principale, a fait entrer les parents au collège dans le cadre de son projet, je me suis dit que je pouvais, le soir, en revenant à la maison, faire revivre à mes enfants par mon témoignage, ce que les intervenants pouvaient échanger avec nous parents. Cefut, comme vous le savez, «l'aide aux méthodes », «comment éviter le 20

stress », « la dédramatisation des résultats », « la confiance à redécouvrir », et« la motivation ». Sincèrement, cela m'a aidée à encourager Carine et, c'est vrai, à aller au-delà de l'orientation demandée enfin de 3e en CAP, BEP par son professeur principal. Sans cette démarche, et si en tant que parents nous n'avions pas suivi la motivation de Carine, je ne pense pas qu'elle serait aujourd'hui enseignante. La suite, c'est le travail assidu de Carine, énormément de travail. ... Son travail a été toujours animé par une motivation profonde. Nous l'avons encouragée régulièrement... mais, à certains moments nous avons eu peur pour sa santé du fait de tous ses concours. Notre fils David, lui, voulait aller au lycée professionnel, et a obtenu le Bac «pro» mais n'a jamais voulu aller en BTS. Son choix était d'être mécanicien agricole et de travailler vite. Nous avons respecté son choix. Il semble ne rien regretter. » Témoignage de Mme Christiane C. principale du Collège de Matha (17) «... Conseil de classe pour Carine G. qui demande une
2nde générale.

Sur proposition du professeur principal, le conseil propose une rde BEP. ... Pendant le délai accordé aux parents pour faire appel, Mme G. vient me voir. Après discussion et avec mon soutien, elle décide de mettre le cas de Carine en appel! Je lui donne des tuyaux pour argumenter. Elle a emporté la décision. ... Je pense que tout ce que Mme G. avait fait avec vous : le travail sur la motivation, et toutes lesformations suivies au collège lui ont été d'un grand secours face aux membres de la commission d'appel. » 21

2ème témoignage de Carine (février 2007) Après la lecture de son témoignage et de celui de sa mère, je demande à Carine G. des précisions sur sa relation avec sa grand-mère, et celle de sa mère avec sa grand-mère. Voici des extraits de son second texte: «... Même si mes rapports avec ma grand-mère ont toujours été bons, je ne pense pas qu'elle ait fortement influencé mon envie de me diriger vers l'enseignement. Elle me faisait faire les devoirs de vacances l'été, était même assez sévère... » et elle poursuit: « Je pense que ma grand-mère est aujourd'hui heureuse de ma réussite mais elle ne me l'a jamais vraiment dit ni montré... » Carine cherche alors des indices et poursuit: « L'an passé j'ai été inspectée la veille des obsèques de mon grand-père. Seule, ma mère le savait, et l'avait dit à ma grand-mère. Dans ces moments difficiles, la première chose qu'elle m'avait demandée en me voyant arriver: "comment ton inspection s'est-elle passée?" » Plus loin elle écrit: « Je pense que ma mère admire le métier de sa mère mais qu'elle en a beaucoup souffert car elle a été élevée par sa grand-mère,. sapropremère n'ayant jamais été disponible pour s'occuper d'elle (ma mère est la cinquième d'une famille de six enfants). Elle a donc été interne dès le collège et en a beaucoup souffert. »
... « Je pense qu'elle n'a pas voulu que nous souffrions ,. elle a su nous épauler de son mieux suivant laformation des parents d'élèves, en cherchant à comprendre comment nous

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