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Chevauchée en Palestine

De
236 pages

Nous sommes trois pèlerins : ma sœur Isabelle et mon frère Maurice, curé d’un charmant village au milieu des sapins, ravis tous trois d’accomplir enfin ce beau rêve de la vie : un pèlerinage à Jérusalem ! Mes notes n’ayant été écrites que depuis l’embarquement, je ne dirai qu’un mot de notre petit voyage par la Suisse, depuis les Vosges jusqu’à Marseille.

Le 9 avril 1888, à deux heures du matin, nous quittons Saint-Dié, le cœur rempli de la tristesse des adieux, les yeux pleins de larmes.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Léonie de Bazelaire
Chevauchée en Palestine
PROPRIÉTÉDESÉDITEURS
Le Saint-Sépulcre.
MADEMOISELLE,
LETTRE DU R.P. DIDON
Votre volume est charmant, b’un style vif, alerte, primesautier, et si français ! Non, il n’y a rien be ce que vous appelez « les fabeurs fém inines » ; on ne bevine la femme qu’à la vivacité bes impressions, à l’art bu bétail , à la finesse bélicate be sentir et be bire. Vous bevez avoir parmi vos aïeux quelque croisé, et son sang coule bans vos veines. Vos croquis sont parfaits, très piquants et très originaux.... Veuillez agréer, etc.
P. DIDON.
ME LETTRE DECRAVENM AUGUSTUS
Paris, 1890. VotreChevauchéeest charmante et m’a fait revoir les lieux admirab les et sacrés où elle transporte la pensée avec une vivacité extrême . Je disrevoir,je ne les quoique aie jamais vus de mes yeux ; mais beaucoup d’amis i ntimes et chers m’ont fait tant de fois parcourir ces chemins bénis et admirer ces sit es mémorables, qu’en vous y suivant encore une fois j’ai presque goûté la joie de me retrouver en pays de connaissance, ou du moins d’en voir l’image reprodu ite de main de maître et rendue vivante. P. DE LA FERRONNAYS-CRAVEN.
GR LETTRE DEMSONNOIS
ANCIEN ÉVÊQUE DE SAINT-DIÉ
ARCHEVÊQUE DE CAMBRAI
* * *
Je ne puis qu’approuver, encourager et bénir l’entr eprise dont vous avez bien voulu me soumettre le projet. Je crois même que vous pourrez utiliser votre si gr acieux ouvrage comme livre de distribution de prix, il a tout ce qu’il faut pour réussir auprès des jeunes imaginations, dans les bons établissements chrétiens : il saura p laire, instruire et édifier ; très sérieux au fond, plein d’une foi pieuse et communic ative, il n’en conserve pas moins dans son style tout le coloris, toute la lumière, tout le brillant que peut lui donner, par le crayon et par la plume, une âme d’artiste intellige nte et chrétienne. Je serais vraiment surpris que sur ce terrain des b onnes écoles, votreChevauchée ne fit un chemin facile, rapide et utile. † MARIE-ALPHONSE,Év. dE Saint-Dié.
J’y vous supply, très cher lecteur mien Bâillez assez, mais ne veuillez dormir.
MAROT. Il est des souvenirs délicieux, dont le parfum emba ume toute la vie ; certes, un pèlerinage à Jérusalem est bien de ceux-là. Mais si l’on croit tout d’abord garder une mémoire éternelle des petits détails, des moindres impressions, on se trompe. La vie entraîne avec soi un tel cortège d’occupations et d e soins, que notre pauvre nature a bientôt fait d’oublier. Et puis, plus tard, au soir de la vie, quand on arr ivera au seuil de la Jérusalem céleste, il fera bon relire les souvenirs de celle d’ici-bas ! Il est donc utile de confier au papier, ce gardien fidèle des pensées, les émotions vives et profondes, quelques silhouettes tracées à la hâte, et ces mille riens qui font souvent le charme et l’imprévu du voyage. Mes compagnons de route le savent bien : les moindr es détails deviennent précieux plus tard ; ils me pardonneront de retracer mes imp ressions personnelles en se rappelant les leurs. Nous avons vécu ensemble tant d’émotions et de jouissances diverses : joyeuses, pittoresques, religieuses, qu’ il me semble, en les écrivant, n’être en quelque sorte que l’écho de chacun. J’ai pensé aussi que d’autres lecteurs prendraient quelque plaisir à ces souvenirs vivants, qu’on rapporte avec soi d’un si lointain p ays. Jadis, quand un pèlerin revenait de terre sainte, o n s’assemblait autour de lui, le soir à la veillée, on écoutait ses récits naïfs, on le s uivait par l’esprit en ses pérégrinations, souriant ici, pleurant là, et la veillée se prolong eait indéfiniment. Je ne saurais souhaiter meilleur sort à ma relation , la voir égayer quelque veillée d’hiver, penser qu’un lecteur attentif oublie l’heu re et se prenne à rêver parfois à cette lointaine chevauchée ! Voilà mon voeu : Qu’il bâill e un peu, mais ne veuille point dormir !
I
DÉPART. — MARSEILLE. — TRAVERSÉE EN MER. — CIVlTA-VECCHIA
Les lieux saints sont à la terre ce que les astres sont pour le firmament : une source de lumière, de chaleur et do vie.
(LACORDAIRE.) Nous sommes trois pèlerins : ma sœur Isabelle et mo n frère Maurice, curé d’un charmant village au milieu des sapins, ravis tous t rois d’accomplir enfin ce beau rêve de la vie : un pèlerinage à Jérusalem ! Mes notes n ’ayant été écrites que depuis l’embarquement, je ne dirai qu’un mot de notre peti t voyage par la Suisse, depuis les Vosges jusqu’à Marseille. Le 9 avril 1888, à deux heures du matin, nous quitt ons Saint-Dié, le cœur rempli de la tristesse des adieux, les yeux pleins de larmes. Silencieux, nous nous laissons emporter au trot de nos chevaux sur la route encore déserte. Mais l’aube qui paraît doucement nous découvre, à mesure que nous avançons , des montagnes toutes blanches et la rapide côte de Sainte-Marie, couvert e de neige. Quel contretemps et quel retard ! que de glissades et d’impatiences jus qu’à Sainte-Marie, car la terreur de manquer le train s’empare de nous ! Mais non, le gr and panache de fumée s’élève droit vers le ciel et semble encore immobile à la g are. Que les instants qui nous en séparent nous paraissent longs ! Nous sautons dans le train au moment où il s’ébranle. A toute vapeur nous traversons les derniers contref orts vosgiens ; les silhouettes de nos noirs sapins se dessinent au loin ; voici la pl aine immense et attristée, hélas ! de la fertile Alsace. Nous filons sur Berne, suivant l es merveilleuses montagnes de la Suisse, qui nous laissent entrevoir, à travers les brouillards amoncelés, quelques fugitives échappées de leur splendeur. Après Genève , nous entrons en pleine vallée du Rhône : rochers immenses, excavations profondes dans lesquelles mugit le sombre fleuve ! Malheureusement la neige tombe à gros flocons, la brume envahit tout et nous cache ce pittoresque paysage. Enfin nous arivons à Lyon, tout heureux de revoir m a tante de B * * * et sa fille Marguerite, qui nous font le plus charmant accueil. Ensemble nous allons visiter Jeanne, qui, sous la cornette des sœurs de Saint-Vi ncent, a bien l’air d’une de ces hirondelles de France dont parle Chateaubriand. Com me il convient à de pieux pèlerins, nous montons immédiatement à Fourvières, pour demander à la bonne Madone une bénédiction spéciale sur ce pèlerinage l ointain, dont la pensée fait battre nos cœurs de joie. Puis nous prenons là route d’Avignon à Marseille ; voici les oliviers et les figuiers, qui nous parlent déjà de l’Orient, et nous paraîtro nt si rabougris au retour. Le Rhône serpente dans la vallée, s’enroule autour des monta gnes rocheuses, puis reparaît bleu et étincelant dans la plaine. Il déploie sa puissan ce en d’immenses nappes d’azur qui font croire que c’est déjà la Méditerranée. Enfin M arseille apparaît avec son beau ciel, ses montagnes violacées et la mer au loin, où nous pourrions peut-être apercevoir notre navirelePoitou.