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Cinq défis pour l'école

De
200 pages
D'évolution en rénovation, toute esquisse de changement autour de l'Ecole cristallise des controverses, amenant inéluctablement à se poser la question : le système éducatif français est-il réformable ? L'Ecole est-elle en mesure de se penser autrement pour favoriser une adhésion de ses partenaires et de ses acteurs au service de la réussite de tous ?
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CINQ DÉFIS POUR L'ÉCOLE
Réflexions et propositions enfaveur du système éducatif

(Ç)

L'Harmattan,

2008

5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion. harmattan@wanadoo.fr harmattan I @wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-05055-6 EAN : 9782296050556

Xavier SORBE

CINQ DÉFIS POUR L'ÉCOLE
Réflexions et propositions en faveur du système éducatif

L'Harmattan

Savoir et Formation Collection dirigée par Jacky Beillerot (1939-2004,) Michel Gault et Dominique Fablet
A la croisée de l'économique, du social et du culturel, des acquis du passé et des investissements qui engagent l'avenir, la formation s'impose désormais comme passage obligé, tant pour la survie et le développement des sociétés, que pour l'accomplissement des individus. La formation articule savoir et savoir-faire, elle conjugue l'appropriation des connaissances et des pratiques à des fins professionnelles, sociales, personnelles et l'exploration des thèses et des valeurs qui les sous-tendent, du sens à leur assigner. La collection Savoir et Formation veut contribuer à l'information et à la réflexion sur ces aspects majeurs.

Dernières parutions Philippe SARREMEJANE, Faire l'histoire des théories pédagogiques et didactiques, 2008. Sébastien PEYRA T et Boris OZBOL T, La guerre des normes, enquête au cœur des collèges de cités difficiles, 2007. Jean-Luc PRADES (dir.), Intervention participative et travail social, 2007. et antisémitisme Fabrice DHUME-SONZOGNI, Racisme, « communautarisme » ?, 2007. André PACHOD, La morale professionnelle des instituteurs. Code Soleil et Ferré, 2007. Yves REUTER, Une école Freinet, 2007. Martine FIALIP-BARATTE, La construction du rapport à l'écrit. L'écriture avant l'écriture, 2007. Hervé CELLIER, Précocité à l'école: le défi de la singularité, 2007. Pierre BILLOUET (dir.), Débattre, 2007. André PACHOD, «Que dois-je faire? ». La morale en 3D de l'enseignant, 2007. Bertrand GIMONNET, Les notes à l'école, ou le rapport à la notation des enseignants de l'école élémentaire, 2007. Solveig FERNAGU OUDET, Organisation du travail et développement des compétences, 2006 Yves GUERRE, Jouer le conflit. Pratiques de théâtre-forum, 2006. Guy HERVE, Enfants en souffrance d'apprendre, 2006. Viviana MANCOVSKY, L'évaluation informelle dans l'interaction de la classe, 2006.

Sommaire
Introduction ... 7 11 15 25 33 49 54
,

1. Restaurer la confiance en l'École 1.1 La lisibilité et l'ouverture de l'École favorisent la réussite ... 1.2 L'explicitation des enjeux de l'École contribue à son efficacité 1.3 Faire connaître les réussites et les progrès engendrés par l'École pennet de restaurer la confiance en elle 2. Croire dans les potentialités de chaque élève 2.1 L'enseignement est un métier au service des élèves 2.2 La pratique d'une véritable différenciation doit mettre un

tenne au redoublement
2.3 La juste représentation par les élèves de leurs possibilités sert la mixité sociale 3. Promouvoir une réflexion pédagogique de qualité 3.1 Les apprentissages suivent des processus complexes qu'il convient d'éclairer 3.2 La diversification des approches contribue à la réussite du plus grand nombre 3.3 L'institution et l'université ont à collaborer pour développer une recherche pédagogique de qualité

65 74 85 90 100 115

4. Rénover l'organisation des établissements 125 4.1 La mobilisation autour d'un projet commun est facteur de cohérence ... ... 130 4.2 La complexité du métier d'enseignant exige de nouvelles conditions d'exercice pour un engagement optimal 137 4.3 La fonnation continue des personnels mérite une considération à la hauteur des enjeux 148 5. Instaurer un pilotage dynamique du système 155 5.1 Une claire répartition des rôles entre les différents échelons hiérarchiques est indispensable 161 5.2 L'évaluation des perfonnances est un aspect essentiel du pilotage 172 5.3 La décentralisation peut faciliter des évolutions 186 Perspectives 195

INTRODUCTION

Après une période d'évolution considérable, notre système éducatif semble depuis quelques années avoir atteint un palier. Tout se passe comme si l'institution scolaire éprouvait des difficultés à se concevoir autrement et surtout à s'accepter autrement. Devant cette impression d'inertie, on est en droit de se demander comment encourager le mouvement en vue de mieux répondre aux attentes de la société. Certes, les grandes évolutions du système éducatif se sont toujours concrétisées sur le long terme. Même la scolarité obligatoire, après son instauration à la fin du XIXe siècle, fut très loin de se faire en un jour. L'adoption du principe de l'instruction suscita de vives oppositions de la part de ceux qui y voyaient une atteinte à la liberté de conscience. Avec le projet du gouvernement, dès la sixième année, quand les soins maternels lui sont encore indispensables, quand son cœur s'ouvre le mieux aux bons conseils et aux bons exemples donnés par la tendre autorité des parents, vous enlevez l'enfant à ses gardiens les plus affectueux et les plus dévoués, et vous le livrez aux mains souvent indifférentes d'un maître d'école...l. C'est très progressivement que, de 1880 à 1900, les effectifs des écoles primaires et maternelles passèrent de 5,3 à 6,3 millions d'élèves. Quand la loi d'orientation de 1989 prescrit comme objectif que tous les élèves quittent l'école en ayant atteint un niveau

1 Vicomte Hippolyte-Louis Sénat, 1881

de Lorgeril, sénateur, séance publique au

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Cinq défis pour l'École

de formation reconnu, elle s'inscrit aussi dans un élan amorcé auparavant. Soixante mille élèves par an quittent aujourd'hui le système scolaire sans qualification, soit à peine 8 % d'une génération, alors qu'il y en avait encore un sur trois en 1970. Des progrès remarquables ont donc été réalisés, conduisant à une importante progression du niveau général d'instruction. En avril 2005, la loi d'orientation pour l'avenir de l'école renouvelle l'objectif de garantir l'acquisition d'un diplôme ou d'une qualification reconnue par tous les élèves. Elle fixe également pour but de conduire la moitié d'entre eux à un diplôme de l'enseignement supérieur (ils sont actuellement 38 % dans ce cas). Compte tenu des enjeux économiques et sociaux, ces objectifs constituent une juste ambition. Cependant, l'analyse de quelques indicateurs témoigne de l'ampleur de la tâche. La proportion des bacheliers n'augmente plus, le nombre des élèves quittant le système scolaire sans diplôme reste à un niveau trop élevé et la mixité sociale dans les filières d'élite ne progresse plus. Par ailleurs, les résultats de la France dans les évaluations internationales sont moyens par rapport à ceux de pays comparables sur le plan économique. Alors que la relative continuité des politiques ministérielles atteste la légitimité des changements entrepris au cours des dernières décennies, les efforts d'adaptation demandés par l'élan de démocratisation n'ont pas encore été totalement assimilés et l'intégration des élèves en grande difficulté a atteint un seuil. Dans ces conditions, ce défi justifie des mesures nouvelles dont la mise en œuvre nécessiterait de larges consensus.

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Cinq défis pour l'École

Or le système ne semble plus vraiment porté par une énergie commune. Il paraît s'arc-bouter devant toute perspective de transformation plus profonde. Faute de valeurs partagées, il n'est plus orienté par des objectifs clairement identifiés et acceptés de tous. Il a les apparences d'une tour de Babel, dans laquelle les différences de position institutionnelle altèrent parfois les possibilités de communication, où l'autonomie revêt trop souvent des allures d'indépendance et où la diversité des points de vue, qui pourrait être source de richesse, constitue l'un des premiers facteurs d'immobilisme. Un tel constat n'appelant assurément pas de réponses évidentes, ce livre propose des éclairages complémentaires sur notre système éducatif en se fondant sur la formidable énergie que déploient les personnels de l'éducation nationale en faveur des élèves. Essayant de dépasser les aspects coutumiers du débat sur l'École, il explore différentes pistes: la perception de l'institution scolaire par la société, la représentation de l'élève par les acteurs de l'éducation, la qualité de la recherche pédagogique, l'organisation des établissements et le pilotage du système. Sans prétendre à une quelconque exhaustivité, cette réflexion prend le risque de la dispersion plutôt que celui de l'inaction. Visant à rassembler des perspectives nouvelles, elle s'offre comme un appel au débat.

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PREMIÈRE

PARTIE

RESTAURER

LA CONFIANCE

EN L'ÉCOLE

Restaurer la confiance

Il est courant de dire que notre École a perdu auprès du grand public une bonne partie de sa respectabilité et, d'une certaine façon, de sa légitimité. Pour l'expliquer, on évoque aussi bien un affaiblissement généralisé des grandes institutions, lié à un efffitement des valeurs, qu'un défaut d'adaptation et de réactivité du système. La rapidité d'évolution de notre société se concilie difficilement avec les manœuvres d'un service public aux allures de mastodonte, fût-il en période de modernisation. C'est justement la complexité engendrée par le système luimême pour essayer de répondre aux besoins de cette société qui contribue à le rendre progressivement étranger à l'ensemble des familles. Les subtilités de plus en plus nombreuses qu'il sécrète, amènent assez couramment ceux que l'on appelle parfois les usagers, en les soupçonnant de consommer l'école comme un produit de supermarché, à s'en détourner. Comment une institution dont les finalités seraient de moins en moins lisibles pourrait-elle trouver grâce en suscitant comme par enchantement le respect, l'adhésion et l'envie? Une nation qui n'a pas confiance en son École parce qu'elle ne la comprend pas, prend le risque de se laisser séduire par d'autres sources de transmission du savoir, a priori moins soucieuses de l'intérêt public et malheureusement parfois porteuses de médiocrité. Outre la restauration d'une meilleure lisibilité, il convient de faire partager les enjeux et le rôle du système éducatif bien au-delà de la communauté restreinte des professionnels et des spécialistes de l'éducation.

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Cinq défis pour l'École

Il est également urgent de redonner une image positive de l'École et d'entretenir cette image en se mobilisant pour assurer une diffusion de ses apports et de ses réussites. N'oublions pas non plus qu'à l'époque où sa légitimité était incontestée, l'École n'était pas idyllique. D'autres violences y sévissaient, la moralisation faisait partie du décor et les filières sélectives n'empêchaient pas l'existence d'un échec massif. Dépasser la nostalgie ambiante participe du combat contre le fatalisme.

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Restaurer

la confiance

La lisibilité et l'ouverture

de l'École favorisent

la réussite

La complexification du monde dans lequel nous vivons touche naturellement l'École. Il serait illusoire de chercher à s'y opposer. Cependant, lorsqu'il s'agit d'éducation, la technicisation à outrance constitue un obstacle dans la marche vers la démocratisation. On ne peut sérieusement laisser croire qu'une sorte de fatalité bureaucratique empêcherait le service public d'éducation de se tourner pleinement vers les familles, alors que c'est sa vocation première. Le jargon Le système éducatif est devenu de plus en plus opaque au fil des années. Possédant son langage propre et ses usages, il est resté trop peu ouvert à la communication vers l'extérieur, même si des progrès ont été réalisés à travers des initiatives locales ou grâce à des supports d'information de bonne qualité. C'est davantage la relation interpersonnelle qui fait défaut. On n'a pas toujours su faciliter le meilleur accès de tous à l'école, notamment des parents qui en ont conservé un souvenir négatif parce qu'ils y ont échoué. En 1881, Jules Ferry pensait déjà qu'un échange de communications (avec les familles) qui s'établirait aussi régulièrement que possible et qui serait inspiré par un sentiment de confiance réciproque, tournerait au profit de l'éducation et de l'instruction des élèves.2 Mais aujourd'hui, une part importante des informations continue de passer par le canal, pour le moins réducteur, du carnet de correspondance de l'élève, qui n'est pas un modèle d'interactivité.
2 Jules Ferry, circulaire aux recteurs, 14 octobre 1881

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Cinq défis pour l'École

La prolifération des sigles, qui frappe abondamment l'éducation nationale, devient également à sa manière un frein supplémentaire à une communication efficace. De AAC (attaché d'administration centrale), à ZEP (zone d'éducation prioritaire), les répertoires qui donnent les sigles les plus courants du système scolaire français en dénombrent plus de six cents. On trouve dans ce paysage quelques exceptions, confirmant la possibilité de maintenir un vocabulaire simple et clair à la fois. Le lycée a très bien résisté aux LPO, LGT, LT, le collège est parvenu non sans mal à supplanter le CES. Il est toutefois dérangeant de remarquer que l'on redouble de créativité lorsqu'on s'adresse aux publics ayant des difficultés potentielles à s'intégrer: CAPP (centre d'aide psycho-pédagogique), CDA (commission des droits et de l'autonomie), CIPPA (cycle d'insertion professionnelle par alternance), CLlS (classe d'intégration scolaire), CPPN (classe préprofessionnelle de niveau), PPRE (projet personnalisé de réussite éducative), RASED (réseau d'aide spécialisée aux élèves en difficulté), UPI (unité pédagogique d'intégration), SEGPA (section d'enseignement général et professionnel adapté), sans parler de la création encore récente du 2CASH (certificat complémentaire pour les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap). On n'ose envisager que cet excès de mystère viserait à mieux se protéger derrière un dialecte local qui filtrerait les accès. Gageons plutôt que la belle appellation de réseaux ambition réussite ouvre une voie nouvelle dans ce lexique. Les filières La structure des parcours d'orientation et leur présentation au grand public sont des aspects essentiels en vue de la bonne -16-

Restaurer la confiance

insertion des élèves. Trop souvent malheureusement, l'approche retenue conduit, faute d'une initiation préalable, à des interprétations hasardeuses. Ainsi, en seconde, l'élève suit des enseignements communs à tous (huit disciplines) et choisit deux enseignements dits de détermination parmi: sciences économiques et sociales, mesures physiques et informatique, informatique de gestion et de communication, langues vivantes, langues anciennes. Ce choix, qui peut être complété par un enseignement facultatif dans une liste comprenant les mêmes langues vivantes ou anciennes et des enseignements artistiques, complète son projet personnel. Toutefois les enseignements de détermination retenus ne conditionnent théoriquement pas la série suivie en première, même s'il est bien établi que l'informatique de gestion et de communication conduit à la série sciences et technologies de la gestion (STG) et que deux langues vivantes supplémentaires destinent à la série littéraire (L). Au contraire, les sciences économiques et sociales, sans objet précis à ce stade, permettent d'une certaine façon un non choix pour ceux qui les abandonneront dès la fin de l'année s'ils ne s'orientent pas en série ES. Pour ces raisons, ce choix dès la fin du collège, très partiellement déterminant pour la suite des études, apparaît pour le moins complexe et se fait dans des conditions variables selon le niveau de l'information reçue. La diversité des séries au lycée pose bien d'autres questions que celle de leur lisibilité. En l'état actuel, le choix des familles repose sur une lecture plus ou moins éclairée de l'offre, entre des séries technologiques professionnalisantes pouvant correspondre à un projet très précis et des séries générales parmi lesquelles la série scientifique (S) constitue une voie généraliste menant à tout.

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Cinq défis pour l'École

Aux États-Unis, les élèves ne s'orientent pas vers une filière mais choisissent des cours (océanographie plutôt que philosophie politique, par exemple) et des niveaux de difficulté. Il ne s'agit pas de présenter le système américain comme un modèle, mais il est intéressant d'analyser les différences de motivation et d'investissement que pourrait offrir un dispositif plus unifié complété par des modules. Les options, souvent plébiscitées par les parents - alors que leur coût exorbitant est un obstacle à la mise en place d'autres dispositifs - constituent un maquis, source supplémentaire d'obscurcissement pour certains ou élément de stratégie en vue du choix de l'établissement pour d'autres. Sans parler des enseignements de spécialité et des options obligatoires au choix en première et en terminale, ainsi appelées par opposition aux options facultatives dont chacun devine qu'elles ne sont pas obligatoires mais demeurent vraisemblablement au choix... Au moment de choisir leur orientation, de nombreux élèves et leurs parents, d'origine modeste, sont plus sensibles à l'impératif de proximité et notamment aux facilités de transport qu'à des motivations de fond. La lisibilité des choix possibles et l'accessibilité des établissements devraient permettre aux élèves de fonder davantage leurs préférences sur leurs goûts et leurs aptitudes.
Dans un collège de l'Oise que jouxte un lycée professionnel, les élèves s'orientent plus volontiers vers ce dernier plutôt que vers le lycée général un peu plus éloigné. Au moment de remplir les fiches de demande d'orientation, certaines familles commencent même par demander quelles sont les filières proposées dans cet établissement. Il n'est plus légitime dans ce cas de parler d'orientation, on est en présence d'une formalité administrative dont le but avoué est de rester sur place.

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Restaurer la confiance

Dans cette perspective, il est toutefois probable qu'une plus grande simplicité des dispositifs et une meilleure clarté des documents qui les présentent ne constituent pas une garantie suffisante en faveur d'une orientation choisie. Les centres d'information et d'orientation doivent aussi en accompagner la lecture. Lorsque leurs personnels ont une vision éclairante de l'ensemble de l'offre de formation, dépassant les seuls aspects psychologiques pour intégrer une solide connaissance des systèmes éducatifs (filières, objectifs, y compris hors de l'éducation nationale) et du monde économique, des interventions fructueuses sont possibles dans le cadre même des établissements. Dans ce domaine, il serait souhaitable de ne pas en rester au stade des bonnes intentions, alors que se développent par ailleurs des entreprises privées de conseil en orientation qui exploitent l'inquiétude des familles en faisant intervenir des personnels de l'éducation nationale. C'est ainsi qu'une officine propose par exemple un bilan d'orientation payant afin d'identifier les centres d'intérêt de l'élève, d'évaluer ses aptitudes et de faire des préconisations pour des métiers offrant de réels débouchés. Ce bilan est réalisé par des conseillers titulaires d'un diplôme niveau bac+ 5 en psychologie et ayant une expérience en matière d'orientation, acquise en milieu scolaire, en entreprise, ou dans un organisme de formation professionnelle.

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Cinq défis pour l'École

Le dialogue La place des familles dans la communauté éducative n'est pas pleinement reconnue. Les parents sont peu associés aux procédures d'orientation et plus généralement aux décisions accompagnant la scolarité de leurs enfants. Parfois, le choix de I'horaire retenu pour les réunir est peu compatible avec la disponibilité de la plupart d'entre eux, trahissant une réticence à établir un véritable dialogue. À la manière d'Alain, considérant que la famille instruit mal et même élève mal3, notre École a encore trop volontiers tendance à laisser les parents à ses portes. Or, même si les processus d'apprentissage se caractérisent par une complexité certaine, il faut arrêter de considérer que la sphère pédagogique serait un monde secret. La lisibilité de l'information donnée aux parents sur l'évolution de leur enfant, en général par l'entremise du bulletin trimestriel, n'implique pas de se contenter d'appréciations laconiques et superficielles. Bien souvent, celles-ci n'offrent aucune perspective: du facile et vague peut mieux faire, au définitif intelligent mais paresseux, en passant par moyen, ensemble trop juste ou manque de rigueur. Sans parler de certaines humiliations telles que nul, complètement dépassé, etc. qui n'ont pas leur place dans ce cadre parce qu'elles n'ont aucune chance de venir en aide à l'élève et se révèlent totalement contre-productives. Au même titre que le conseil de classe, acte primordial de la vie de l'établissement et du parcours des élèves, la communication aux familles du bulletin trimestriel - qui est parfois l'unique outil renseignant sur la progression de

3

Alain, Propos sur l'éducation, 1932

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