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Ce que l'art préhistorique dit de nos origines

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365 pages
Que nous dit l’art préhistorique des sociétés qui l’ont produit ? À distance des interprétations religieuses communément admises, ce livre suggère d’en repenser la valeur sociale.
Ce n’est pas sans raison, en effet, que l’art des grottes se signale, dès ses origines, par un goût marqué pour l’imitation. L’histoire de l’art nous rappelle à juste titre que le prestige suscité par l’imitation sert toujours les intérêts politiques d’une élite (voir la Grèce athénienne ou la Renaissance florentine). Mais plus encore, le savoir-faire exceptionnel qui est mis en œuvre dans les grottes révèlerait déjà des statuts différenciés entre les individus ; il nécessite à l’évidence un apprentissage et repose de surcroît sur des prédispositions naturelles que tous ne possèdent pas.
La conséquence est majeure : les inégalités ne seraient pas nées, comme on le croit ordinairement, au Néolithique avec l’apparition de l’agriculture, mais dès le Paléolithique récent, en lien avec l’émergence d’un système économique fondé sur le stockage des ressources sauvages. La captation de ces surplus par une minorité aurait ainsi permis l’apparition de lignages dominants, et l’art des grottes aurait, dans cette optique, le rôle clé d’affirmer cette hiérarchie : équivalent d’un code héraldique, il permettrait à une caste de se différencier en se prévalant de ses origines mythiques. D’établir, en somme, les bases d’un « paléocapitalisme » préhistorique.
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Emmanuel Guy
Ce que l’art préhistorique dit de nos origines
Flammarion
© Éditions Flammarion, Paris, 2017
ISBN Epub : 9782081413832
ISBN PDF Web : 9782081413849
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782081412453
Ouvrage composé IGS-CP et converti parPixellence(59100 Roubaix)
Présentationdel'éditeur Que nousdit l’art préhistoriquedessociétés qui l’ont produit ? Àdistancedes interprétations religieusescommunément admises, celivresuggèredenrepenserla valeursociale. Ce n’est passansraison,eneffet, que l’artdes grottessesignale,dèsses origines, parun goût marqué pour l’imitation. L’histoirede l’art nousrappellej à uste titre que le prestigesuscité par l’imitationsert toujours les intérêts politiquesdune élite (voirG la rèce athénienne ou la Renaissanceflorentine).Maisplusencore, lesavoir-faireexceptionnel quiest misenœuvredansles grottesrévèleraitdéjàdesstatutsdifférenciésentre les individusil néc ; essite à l’évidenceun apprentissageetreposedesurcroîtsurdesprédispositionsnaturellesquetousnepossèdent pas. La conséquenceest majeure: lesinégalitésneseraient pases, commeon lecroit ordinairement, au Néolithique avec l’apparitionde l’agriculture, maisdès le Paléolithiquerécent,en lien avec l’émergencedunsystèmeéconomiquefondésurlestockagedesressourcessauvages. La captation de cessurplus parune minorité aurait ainsi permis l’apparitionde lignagesdominants,et l’artdes grottes aurait,dans cette optique, lerôle cléd’affirmer cette hiérarchie : équivalentdun code raldique, il permettrait àune castedesedifférencierense prévalantdeses origines mythiques. D’établir,ensomme, lesbasesdun « paléocapitalisme» préhistorique.
Historiende l’art paléolithique,docteuren préhistoire, Emmanuel Guyest l’auteurde Préhistoire dusentiment artistique(LesPressesduréel, 2011).
Dumêmeauteur
Préhistoiredusentiment artistique : l’inventiondustyle, il y a 20 000 ans, Les Pressesduréel, 2011. Dansla mêmecollection
GötzALY,LesAnormaux. Frank BAJOHR,Korruption !Aucœurdusystèmenazi. rômeBASCHET,Corpset Âmes. Unehistoiredela personneauMoyen Âge. Alessandro BARBERO,La Batailledestroisempires. Lépante, 1571. —,DivinMoyen Âge. HistoiredeSalimbenedeParmeet autresdestinsédifiants. Michael BARRY,LeRoyaumedel’insolence. L’Afghanistan (1504-2011). Jean-Paul BERTAUD,LesRoyalisteset Napoléon. —,L’Abdication. 21 au23 juin 1815. Jerry BROTTON,Unehistoiredumondeen 12 cartes. OlivierCHALINE,L’Annéedesquatredauphins. —,LaMeret la France. QuandlesBourbonsvoulaientdominerlesocéans. —,LeRègnedeLouisXIV. ChristopherCLARK,LesSomnambules. Jean-MarieCONSTANT, C’était la Fronde. Benedetta CRAVERI, LesDerniersLibertins. —,MadameduDeffandetson monde. LilianeCRÉTÉ,LesTudors. Daniel DESSERT,LesMontmorency.MilleansauservicedesroisdeFrance. RayM. DOUGLAS,LesExpulsés. Jean-Marc DREYFUS,L’ImpossibleRéparation. ChristopherDUGGAN,Ilsy ont cru. Unehistoireintimedel’ItaliedeMussolini. RichardEVANS,LeTroisièmeReich(3 volumes). JulietteGLIKMAN,La BelleHistoiredesTuileries. Samuel GUEX,Aupaysdumatin calme. Nouvellehistoiredela Corée Emmanuel GUY,Cequel’art préhistoriqueditdenosorigines. VictorDavisHANSON,La GuerreduPéloponnèse. SudhirHAZAREESINGH, Cepaysqui aimelesidées. Histoiredunepassion française. Lauric HENNETON,HistoirereligieusedesÉtats-Unis. FrançoiseHILDESHEIMER,La DoubleMortduroi LouisXIII. —,Rendezà César. L’Égliseet lepouvoir, IVe-XVIIIesiècle. Paulin ISMARD,L’Événement Socrate. Julian JACKSON,La Francesousl’Occupation. Eric JAGER,LeDernierDuel. Ian KERSHAW,La Chancedudiable. Lerécitdel’opération Walkyrie. RichardOVERY,Souslesbombes. Nouvellehistoiredela guerrerienne(1939-1945). Paul PAYAN,EntreRomeet Avignon. UnehistoireduGrandSchisme(1378-1417). Jonathan PHILLIPS,Unehistoiremodernedescroisades. Marie-PierreREY,L’EffroyableTragédie. Unenouvellehistoiredela campagnedeRussie. —,1814,un tsarà Paris. Graham ROBB,Surlessentiersignorésdumondecelte. ConstanceSERENIet Pierre-FrançoisSOUYRI,Kamikazes. Pierre-FrançoisSOUYRI,LesGuerriersdanslarizre. La grandeépopéedesSamours.
BertrandVANRUYMBEKE,L’Amériqueavant lesÉtats-Unis. Unehistoiredel’Amériqueanglaise (1497-1776). Laurent VIDAL,Ilsontrêvédun autremonde. Guy WALTERS,La Traquedumal.
Ce que l’art préhistorique dit de nos origines
À Sarah B.
Avons-nous le droit, alors qu’il est plus urgent de le faire, de laisser se diluer, dans une culture mondiale qui re présente de plus en plus le triomphe de la monotonie, des gr oupes humains dont il serait pour nous même profitable de sauvegarder au moins l’image ? André Leroi-Gourhan, « Plaidoyer pour une discipline inutile, la science de l’homme »,Le Monde, 27 mars 1974.
AVANT-PROPOS
1 Celivreproposeunregarddifférentsurl’art paléolithique. Unregardquiestd’abordceluidun historiend’art avantd’êtrepréhistorien. Jusqu’à présent, l’archéologiesest beaucoup plusintéressée àdéchiffrerlesensdesfigurespeintesdanslesgrottesqu’àen étudierrigoureusement lesmodalités 2 dexpression. Questionde culturesansdoute. La préhistoireest née avec lessciences naturelles. C’est pargéologi la e, lazoologie ou la botanique quellesefforcedepuisunsiècleetdemide reconstituerauplusprèsla manièredont vivaient noslointainsancêtres. À cela on peut ajouteraussi lecaractèreessentiellement matérieldesvestigesà ladispositiondesarchéologues. La préhistoiren’a donc pasparticulièrement vocation à traiterdequestionsartistiques. C’estd’ailleurslaraison pour laquelle la questionde lasignificationdes animaux peintsdans les grottes a toujourssuscité beaucoup plusd’intérêt quela manièreparticulièredont ilssontreprésentés. Defait, toutsepasseun peucommesi, pourla préhistoire, lesmodesdereprésentation − cequel’on appellecommunément lestyle − étaientdépourvusdesignification. Certes, lesspécialistesreconnaissentdesdifférences dexpression parfois importantesentre lesreprésentations, certains préhistoriens parmi les plus célèbresmêm ont edéfinidesstylesdistincts, mais l’étudede ces variationsreste généralement soumise àunep finalité urement chronologique. Telle manière particulièrede figurer les membres renvoieà telleépoque, telledisproportionrécurrenteà telleautre,etc. Or,si les choix formels peuvent nous informersur l’originedes images, c’est précisément parce qu’ilsrelèventdela culture. Onsait parl’histoiredel’art quunereprésentation, quellequensoit l’époque, ne tire jamaissa formedu hasard oude l’arbitraire. Toutere-présentation procèdede règles formelles qui assurentson intelligibilité pour lasociété qui lareçoit. Ces choix conventionnelsconstituent, pardéfinition, leproduitsymboliquedela manièreparticulièredontune culture conçoit le monde àun momentdéterminédeson histoire. C’estd’ailleurs parce que cette codification culturelleexiste qu’ilest possiblede faireunehistoirede l’art, autrementditde retrouver les manières communesdereprésenterselon les époqueset les lieux. C’est précisément parce qu’ilsrelèvent toujoursde l’idéologiesociale qu’il convientd’observer les modes dexpression préhistoriquesen tant que tels, c’est-à-dire poureux-mêmes. Cetteentreprise paraît d’autant plussouhaitablequela notion mêmedecultureen préhistoires’appuie, fautedetexte,surla seule variabilitéde l’outillage conservé. Or les outils nous informentsur leurusage, les gestes techniqueset ledegréde compétencede celui qui les fabrique.Mais ces objetsservent aussiune fonction, ils nerenvoient pasdirectement aux manièresde voir le monde. Si les objets techniques sontsansnuldoutedesproductionsculturelles, ilsnerelèvent pasduregistredesvaleursetdesidées qui lientun groupesocialdonnédansune même culture. C’estd’ailleurs ce quiexplique les nombreux casdempruntstechniquesentredes cultures parfois trèsdifférentes (Testart, 2012). Les archéologues prennentsoinde bien marquer cettedistinction puisqu’ils parlent plus volontiersde « culturematérielle» à proposdesvestigesqu’ilsétudient. Représenter oul non es pattesdes animauxen perspective nedépendd’aucunedétermination fonctionnelle,d’aucunusage, c’estun choixstrictement idéologique. Lesmodesdexpression offrent donc la possibilité pourla premièrefoisd’appréhenderlesculturespréhistoriquesensefondantsur des propriétésstrictement culturelles. Car, pour lesraisons qui viennentd’être évoquées, l’histoire techniqueet l’histoire culturelle – c’est-à-dire l’histoiredes idées – n’évoluent pas nécessairement aumêmerythme. On comprenddèslorsl’intérêtd’identifierauseindecet immensecorpusd’images l’éventuellediversitédes langages figuratifs élaborés au Paléolithique. Celasupposeune analyse aussi pousséequepossibledel’écritureartistiqueafindendéchiffrerlesrèglescachées. Cachéesy comprisdes artisteseux-mêmes,d’ailleurs, car,si ces partis pris formelssont le fruitdun enseignement, ilssont, commelelangage, leplussouvent formusdemanièreinconsciente. Cettetâcheest évidemmentrendueparticulièrement complexeparl’immensité temporelleabyssale qui nousséparedesœuvreset parl’absencedecadrehistorique. L’analyseobligeà travailler«sans 3 filet ». Saréussitedépenddelaseulesagacitédel’observateur. Uneconnaissanceapprofondiedes pratiquesartistiquespar-delà leseuldomainedel’art paléolithiquenoussembledonc indispensable. Elle l’estd’autant plus que l’histoirede l’art, comme l’anthropologiede l’art, constitueun référentiel précieuxdepratiquessocialesetdecomportements. Eneffet, par-delà l’enjeuculturelet