Histoire critique de l
225 pages
Français

Histoire critique de l'Afrique : l'Afrique au Sud du Sahara

-

Description

« L'histoire de l'Afrique subsaharienne est la plus ancienne et la plus longue du monde. À ce titre, les sommets qu'elle a connus, parce que lointains, échappent à la conscience claire des Africains, qui ne peuvent les réinventer dans les enjeux contemporains. D'où l'importance d'une « histoire critique » qui seule peut aider l'Afrique à ne pas manquer une fois de plus le rendez-vous du monde tel qu'il va ». C'est pourquoi dans « Histoire critique de l'Afrique : l'Afrique au Sud du Sahara » le professeur Joseph Ki-Zerbo étudie : - les itinéraires africains des origines à la colonisation - les dynamiques culturelles et civilisationnelles - les dynamiques culturelles : les conditions d'essor civilisationnel - les dynamiques culturelles : les principales conditions d'épanouissement - les dynamiques culturelles : les principales conditions du déclin. De cette étude exhaustive, qui signale aussi bien les aspects négatifs que ceux positifs de l'histoire africaine (comme de toute Histoire d'ailleurs), il convient de retenir que : - le découpage qui sépare l'Afrique subsaharienne du Nord du Continent est essentiellement géographique et non historique - il existe de multiples profils évolutifs en Afrique avec des disparités significatives (d'où la tentation de dire « les Afriques ») - l'endogénéité fondamentale des processus historiques africains est indéniable - les empires soudanais ont connu une croissance et un développement ascendants du Ve au XVe siècle - la traite intervient au moment où l'Afrique allait décoller « la traite a ébranlé le système africain. La colonisation l'a désintégré. » Face à la mondialisation qui risque d'affaiblir davantage une Afrique meurtrie, le Professeur Joseph Ki-Zerbo propose un nouveau départ. « La clé stratégique de la Renaissance Africaine c'est l'intégration au moins sous-régionale. La régionalisation constitue un passage obligé et incontournable face à une mondialisation exploiteuse. » Pour renaître « il faut bâtir de nouvelles cohérences entre les étages de la pensée (science et savoirs) et de l'action individuelle et collective c'est-à-dire de la vie ». Pour conclure le Professeur Joseph Ki-Zerbo met l'accent sur l'importance de la présence du peuple pour l'avènement de la démocratie. Comme le dit un proverbe africain « On ne peut pas coiffer quelqu'un en son absence. »

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 janvier 2016
Nombre de lectures 17
EAN13 9782370155658
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Extrait
Le découpage qui sépare l’Afrique subsaharienne du Nord du Continent en fonction du désert, est essentiellement géographique et non pas historique; ne serait-ce que parce que le Sahara est relativement récent. Il y a de nombreux profils d’évolution historique en Afrique avec des disparités remarquables.

Par exemple si l’on compare la Nubie/Soudan, la Sénégambie, l’Éthiopie, le pays hawsa, la Côte Orientale de l’Océan Indien, les pays des Grands Lacs, les peuples de la forêt congolaise et ceux des hauts- plateaux du Shaba etc..., aucune cohésion majeure ne saute aux yeux. D’où la tentation devant « les AFRIQUES » :

a) de placer le moteur historique du Continent ou de l’Afrique Noire à l’extérieur (lecture extravertie), et de transférer purement et simplement en Afrique la périodisation de l’Histoire européenne;

b) de subordonner les processus historiques aux conditions géographiques, et de soumettre le temps, et le « sens de l’Histoire » à l’espace écologique1.

En réalité les facteurs externes ne sont importants qu’à certaines périodes, surtout à partir du XVe siècle : par exemple l’invasion marocaine à Tondibi (1591), l’invasion italienne matée par Menelik à Adoua (1896), la Traite et la Colonisation. Ils opèrent par le truchement de structures internes qui les déclenchent même parfois explicitement ou implicitement. Mais durant les périodes les plus longues de son Histoire, « L’Afrique Noire » était, par-delà les isolats géographiques, et même par- delà l’espace saharien (avant le Sahara, après et à travers le Sahara) un ensemble historique africain osmosé; avec des influences réciproques dans l’espace et dans le temps : par exemple par la voie du Nil qui provient de la matrice profonde de l’Afrique; ou encore via le commerce transsaharien plurimillénaire, bien avant que les routes ne soient détournées vers le Golfe de Guinée. Ainsi donc, il faut admettre l’endogénéité fondamentale des processus historiques africains; mais leurs schémas d’évolution sont diversifiés du fait de conditions internes ou d’influx externes particuliers.


La ligne d’évolution interne est souvent difficilement repérable du fait de l’absence de données chronologiques et statistiques écrites; encore qu’il ne faille pas exagérer l’impact de l’oralité qui ne joue que dans certaines zones et pour certaines périodes. C’est pourquoi, il faut répudier l’argument « a silentio » qui consiste à nier tout ce qui n’a pas laissé de trace écrite; d’autant plus que les documents oraux ont désormais été validés comme sources historiques à part entière, à soumettre bien entendu à une critique méthodologique appropriée.

Par ailleurs, il faut récuser la ligne d’évolution purement événementielle et linéaire qui renoncerait à la complexité et à la densité de l’Histoire lourde et de longue durée (structurale) qui seule recèle la « vérité » du sens historique, laquelle dès lors devient plus difficile à dégager.

L’Histoire de l’Afrique subsaharienne est la plus ancienne et la plus longue du monde. À ce titre, les sommets qu’elle a connus, parce que lointains, échappent à la conscience claire des Africains eux-mêmes, qui ne peuvent les réinvestir dans les enjeux contemporains. D’où l’importance d’une « histoire critique » qui seule peut aider l’Afrique à ne pas manquer une fois de plus, le rendez-vous du monde tel qu’il va.