Histoire de la langue et de la littérature française (Tome 1)

Histoire de la langue et de la littérature française (Tome 1)

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Livres
240 pages

Description

À quelle époque naquit en France la littérature ? Est-elle aussi ancienne que la langue ? Quelle est l’origine de la langue française ? Voici l’histoire générale de la littérature et de la langue française conçue sur une grande échelle pour répondre à ces questions. « Langue et littérature sont deux choses séparées et distinctes. Un peuple ne saurait se passer de langue ; mais il peut fort bien exister sans littérature ; et tous les peuples commencent même par s’en passer. Les Romains ont été puissants et redoutés avant d’avoir seulement l’idée de la littérature. Tant que les hommes parlent, ou même écrivent, seulement pour communiquer leurs idées et se faire entendre, leur langue n’a rien, pour cela, de littéraire. Dès qu’ils désirent plaire et toucher, non seulement par les choses qu’ils disent, mais par la manière dont ils les disent, dès qu’un sentiment d’art, si simple qu’il soit, se mêle à la parole et à l’écriture, la littérature existe. » (Louis Petit de Julleville)

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Date de parution 16 avril 2018
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EAN13 9782366596106
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Langue Français

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Histoire de la langue et de la littérature française
Tome 1 Louis Petit de Julleville &al. Collection « Les Pages de l’Histoire » Editions le Mono
Langue et littérature sont deux choses séparées et distinctes. Un peuple ne saurait se passer de langue ; mais il peut fort bien exister sans littérature ; et tous les peuples commencent même par s’en passer. Les Romains ont été puissants et redoutés avant d’avoir seulement l’idée de la littérature. Tant que les hommes parlent, ou même écrivent, seulement pour communiquer leurs idées et se faire entendre, leur langue n’a rien, pour cela, de littéraire. Dès qu’ils désirent plaire et toucher, non seulement par les choses qu’ils disent, mais par la manière dont ils les disent, dès qu’un sentiment d’art, si simple qu’il soit, se mêle à la parole et à l’écriture, la littérature existe. (Louis Petit de Julleville)
{1} Préface Voici la première fois que dans l’histoire générale de la littérature française conçue sur une grande échelle, la littérature du mo yen-âge reçoit la place qui lui appartient. Elle n’est pas ici reléguée dans une so rte d’introduction générale et bornée à quelques indications sommaires données de seconde main et presque à contre-cœur. Elle est étudiée directement, traitée avec ampleur, exposée sous tous ses aspects et suivie dans tout son développement. On a cherché et on a pu trouver, pour atteindre le but qu’on s’était propos é, des savants d’une compétence reconnue et spéciale, dont les noms garantissent po ur chacun d’eux la sûreté de l’information et la parfaite intelligence du sujet qui lui a été assigné. C’est là un fait considérable : il témoigne des grands progrès accom plis en ces dernières années e dans l’étude de notre passé, et il marquera une date dans l’histoire littéraire du XIX siècle lui-même. Le temps n’est plus où l’on consid érait tous les siècles qui ont précédé la Renaissance comme indignes d’attirer l’a ttention de la critique, comme occupés par de vagues et informes productions qui n e méritaient pas d’être classées dans la littérature nationale, et où on les abandonnait à une érudition dont les recherches n’intéressaient que ceux qui s’y liv raient. On a compris qu’il n’était pas plus juste d’exclure de notre littérature les s ept siècles qui vont des Serments de Strasbourg à laDéfense et illustration de la langue françaisequ’il ne le serait de les éliminer de nos annales. Ils figurent dans l’histoire des formes qu’a prises notre pensée au même titre que dans celle des faits de no tre vie nationale, de nos institutions, de notre droit, de nos croyances, de nos mœurs et de nos arts. Avoir reconnu cette vérité et lui avoir donné, par les de ux beaux volumes que j’ai le plaisir de présenter au public, son application pra tique, sera l’honneur de la nouvelleHistoire de la littérature française. Est-ce à dire que la littérature des trois derniers siècles ait pour préface nécessaire et pour condition de son existence la littérature du moyen âge, comme l’histoire de ces siècles a pour préface nécessaire et pour condition de son existence l’histoire du moyen âge ? Il n’en est pas tout à fait ainsi. On ne saurait dire que la littérature moderne continue la littéra ture du moyen âge de la même façon que l’histoire moderne continue celle des tem ps antérieurs. Les institutions, les mœurs, le milieu social ne subissent pas et ne peuvent pas subir de changements brusques : les éléments qui les compose nt ne se transforment que lentement, et il reste toujours dans le présent bea ucoup du passé. La royauté se développe de Charles VII à Louis XV par une suite d e transitions insensibles, dont chacune est préparée dans celle qui la précède et prépare celle qui la suit ; il en est de même pour la noblesse, pour l’Église, pour la ma gistrature, pour la législation, pour les coutumes, les mœurs, le langage. La Révolution elle-même n’a pas amené entre l’ancienne France et la nouvelle la rupture c omplète que ses partisans ou ses adversaires passionnés veulent qu’elle ait accomplie : après le terrible déchirement produit par l’explosion subite de forces internes l onguement couvées, les tissus violemment arrachés se sont rejoints et réparés, le s organes qui étaient restés
viables se sont reconstitués, les agents biologique s héréditaires ont repris leur œuvre un moment troublée, et l’identité fondamentale de la nation, après comme avant la crise, apparaît maintenant à tous les yeux sincères et clairvoyants. Il n’en est pas de même pour la littérature. La Renaissance , qu’accompagnait dans les âmes le grand mouvement parallèle de la Réforme, a véritablement créé chez nous une littérature nouvelle, qui ne doit guère à l’anc ienne que sa forme extérieure, à savoir sa langue et, pour la poésie, les principes et les moules de sa versification. Pour le reste, sujets, idées, sentiments, conceptio n de l’art et du style, il y a un e véritable abîme entre la littérature inaugurée au m ilieu du xvi siècle et celle qui florissait aux siècles antérieurs. Pour comprendre Ronsard et ses successeurs, il est indispensable de connaître les auteurs grecs et latins ; on peut presque se dispenser de connaître les vieux auteurs français.