Histoire de la langue et de la littérature française (Tome 2)

Histoire de la langue et de la littérature française (Tome 2)

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Livres
280 pages

Description

Quelle est l’origine de la langue française ? À quelle époque naquit en France la littérature ? Est-elle aussi ancienne que la langue ? Quelle est l’histoire des premières œuvres de la littérature français ? Voici le deuxième volume de l’histoire générale de la littérature et de la langue française conçue sur une grande échelle pour répondre à ces questions. C’est au commencement du XVIe siècle, lit-on dans le premier volume, que le problème de l’origine de notre langue fut pour la première fois posé et sérieusement débattu. À cette époque, plus heureuse pour son avenir qu’aucune de celles qui avaient précédé, notre « vulgaire » sortait avec éclat de la condition inférieure où il avait été laissé : les rois l’imposaient à leurs cours et tribunaux comme langue officielle; des poètes rêvaient de l’illustrer à l’égal des langues classiques, et de ressusciter en lui et par lui les grands genres littéraires ; des savants et des théologiens lui ouvraient des matières nouvelles, des discussions si hautes, que seul le latin avait semblé jusque-là pouvoir en exprimer la finesse et en porter la gravité. Il devenait inévitable qu’on voulût savoir quelque chose du passé de ce nouveau parvenu… « Langue et littérature sont deux choses séparées et distinctes. Un peuple ne saurait se passer de langue ; mais il peut fort bien exister sans littérature ; et tous les peuples commencent même par s’en passer. Les Romains ont été puissants et redoutés avant d’avoir seulement l’idée de la littérature. Tant que les hommes parlent, ou même écrivent, seulement pour communiquer leurs idées et se faire entendre, leur langue n’a rien, pour cela, de littéraire. Dès qu’ils désirent plaire et toucher, non seulement par les choses qu’ils disent, mais par la manière dont ils les disent, dès qu’un sentiment d’art, si simple qu’il soit, se mêle à la parole et à l’écriture, la littérature existe. » (Louis Petit de Julleville)

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Date de parution 16 avril 2018
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EAN13 9782366596113
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Histoire de la langue et de la littérature française
Tome 2 Louis Petit de Julleville &al. Collection « Les Pages de l’Histoire » Editions le Mono
Quelle est l’origine de la langue française ? À quelle époque naquit en France la littérature ? Est-elle aussi ancienne que la langue ? Quelle est l’histoire des premières œuvres de la littérature français ? Voici le deuxième volume de l’histoire générale de la littérature et de la langue française conçue sur une grande échelle pour répond re à ces questions. {1} C’est au commencement du XVIe siècle, lit-on dans le premier volume , que le problème de l’origine de notre langue fut pour la p remière fois posé et sérieusement débattu. À cette époque, plus heureuse pour son avenir qu’aucune de celles qui avaient précédé, notre « vulgaire » s ortait avec éclat de la condition inférieure où il avait été laissé : les rois l’impo saient à leurs cours et tribunaux comme langue officielle; des poètes rêvaient de l’i llustrer à l’égal des langues classiques, et de ressusciter en lui et par lui les grands genres littéraires ; des savants et des théologiens lui ouvraient des matières nouvelles, des discussions si hautes, que seul le latin avait semblé jusque-là pouvoir en exprimer la finesse et en porter la gravité. Il devenait inévitable qu’on vou lût savoir quelque chose du passé de ce nouveau parvenu… « Langue et littérature sont deux choses séparées e t distinctes. Un peuple ne saurait se passer de langue ; mais il peut fort bien exister sans littérature ; et tous les peuples commencent même par s’en passer. Les Ro mains ont été puissants et redoutés avant d’avoir seulement l’idée de la littérature. Tant que les hommes parlent, ou même écrivent, seulement pour communiqu er leurs idées et se faire entendre, leur langue n’a rien, pour cela, de littéraire. Dès qu’ils désirent plaire et toucher, non seulement par les choses qu’ils disent, mais par la manière dont ils les disent, dès qu’un sentiment d’art, si simple qu ’il soit, se mêle à la parole et à l’écriture, la littérature existe. » (Louis Petit de Julleville)
Chapitre I
{2} L’ÉPOPÉE ANTIQUE Les principales œuvres de la littérature païenne la tine n’avaient jamais cessé d’être lues et étudiées dans les écoles : on y cherchait, non la beauté de la forme, dont le sentiment a toujours fait défaut au moyen âge, mais un enseignement moral et une source presque inépuisable de connaissances, l’admi ration traditionnelle pour Rome et pour la civilisation émanée d’elle s’étendant, d’un e façon souvent peu éclairée, sur toutes les productions de son génie que le temps avait épa rgnées. En présence du succès obtenu par les récits merveilleux de l’épopée natio nale, les clercs furent tentés de mettre à la portée de tous certaines œuvres latines (ou gr ecques ayant pris la forme latine) qui leur paraissaient contenir des aventures aussi inté ressantes que celles que les jongleurs e avaient jusque-là promenées de château en château, et dès le commencement du XII siècle, ils commencèrent à les faire passer dans la langue vulgaire, choisissant de préférence celles qu’ils étaient le plus capables d e goûter, c’est-à-dire les œuvres de la décadence gréco-romaine, « dont l’inspiration à la fois simple et bizarre, la prétention à une stricte vérité historique et le contenu romanes que étaient déjà en bien des points plus conformes à l’esprit du moyen âge qu’à celui d e la vraie antiquité ». Le nombre de ces œuvres, souvent profondément altérées et où l’on a transporté, plus ou moins consciemment, les mœurs et les idées du mo yen âge, est relativement considérable. Elles sont largement représentées, da ns la liste des chansons que font entendre les quinze cents jongleurs des noces de Fl amenca avec le seigneur de Bourbon : « L’un conta de Priam, l’autre de Pyrame ; l’un conta de la belle Hélène, que Paris enleva ; d’autres d’Ulysse, d’Hector, d’Achil le, d’Énée, qui laissa Didon malheureuse et dolente ; de Lavine, qui, du haut de s remparts, fit lancer la lettre et le trait par la sentinelle. L’un conta de Polynice, de Tydée et d’Étéocle, l’autre d’Apollonius [comment il recouvra Tyr et Sidon] l’un du roi Alex andre, l’autre d’Héro et de Léandre ; l’un de Cadmus, qui, exilé de sa patrie, fonda Thèb es, l’autre de Jason et du dragon vigilant. L’un retraçait les travaux d’Alcide, l’au tre disait comment par amour pour Démophon Phyllis fut changée en arbre. L’un raconta comment le beau Narcisse se noya dans la fontaine où il se mirait, d’autres dirent d e Pluton, qui ravit à Orphée sa belle femme… Un autre raconta comment Jules César passa t out seul la mer sans implorer l’aide de Notre Seigneur et sans trembler… L’autre conta de Dédale, qui trouva le moyen de voler dans les airs, et d’Icare, qui se noya par imprudence. » Parmi ces poèmes, quelques-uns sont perdus, mais le s plus importants nous ont été conservés, et nous allons les passer successivement en revue, en les divisant pour plus de clarté en trois groupes : les romans épiques, le s romans historiques ou pseudo-historiques, les contes mythologiques et les imitations d’Ovide.