Le Phallus d

Le Phallus d'Or

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Français
144 pages

Description

En 1788, à Lyon, le Marquis de Gourgand organise, avec la Comtesse de Bacchante, des bacchanales dans sa Villa Rouge. Le Prince de Lusphanor, en remerciement d’une folle soirée, lui fait livrer un Phallus en Or par la chevalière Xéon.
Au cours d’un bal, le Marquis de Gourgand lance un défi à ses invités : qui pourra s’empaler sur le Phallus d’Or, lors de la prochaine bacchanale ?
Mais dans la nuit, le Phallus d’Or est volé ? Avec sa gouvernante Polla, son fidèle bardache, le Marquis de Schaft et la Chevalière Xéon vont se lancer à la recherche du Phallus d’Or.
Qui, de la Marquise de Linga, de la Comtesse Del Cazzo ou du Comte de Cagliostra, a bien pu dérober le Phallus d’Or et, surtout, pourquoi ?


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Date de parution 26 janvier 2017
Nombre de lectures 4
EAN13 9782414018659
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Couverture
Copyright
Cet ouvrage a été composér Edilivre 175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50 Mail : client@edilivre.com www.edilivre.com
Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction, intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN numérique : 978-2-414-01863-5
© Edilivre, 2017
Remerciements
Remerciements à tous mes amis de la Compagnie Théâtrale Fol’Dingues sans qui ce texte n’aurait jamais vu le jour. A ma mère.
Marquis de Gourgand
Marquis de Schaft
Polla Marquise De Linga
Chevalier Xéon
Alexandro, Comte de Cagliostra Comtesse De Bacchante Comtesse Del Cazzo Gourgandines
Décor : un appartement :
Personnages
Célibataire, quadragénaire, courtise hommes et femmes. Organise des parties fines avec ses gourgandins et ses gourgandines. Seigneur de la Thunes, prévôt des marchands de soie. Habite la maison rouge à Lyon. Chevalier bardache, trentenaire. Ami très proche du Marquis de Gourgand. Gouvernante du Marquis de Gourgand. Belle mère du Marquis de Schaft. Suppose que son mari la trompe et à la recherche de nouveaux plaisirs. Agent secret notoire, quadragénaire. Banni de la cour à cause de l’affaire de Londres. Pour demeurer à la Cour, il ne doit paraître qu’en femme. Italien, quinquagénaire. Etait impliqué dans l’affaire du collier de la reine. Voyante. Adore la bonne chair et les frasques. Amie du Marquis de Gourgand. Vieille fille qui s’ennuie. Veut créer une secte et devenir la Grande prêtresse. Deux ou trois Gourgandines, danseuses.
Côté cour : Tenture or et blanc. Petit salon avec sièges cabriolets et Méridienne.
Au centre : Rideau rouge pour l’entrée de l’appartement.
Côté jardin : Décor palmier avec table de jeux et quatre chaises.
Cette comédie d’une autre époque se déroule en 1788.
Attention : Le Phallus d’Or est à mettre entre les mains d’un public Averti !
Scène 1 Au saut du lit de Gourgand
Musique : Sand de Nathan Lanier (3.44 mn).
Ouverture du rideau au bout de 2.00 mn arrêt à 2.33.
De Linga : (Entrant en trombe centre scène.)
Où est Monsieur le Marquis ? Je veux voir le Marquis de Gourgand d’urgence.
Polla : (Arrivant juste derrière, la suivant difficilement.)
Mais Madame la Marquise, il est trop tôt, monsieur le Marquis n’est pas levé. Il faut revenir plus tard. De Linga :
Il faut que j’aie une discussion avec le Marquis. Il faut que je sache ! Polla :
Mais Madame, Monsieur le Marquis a eu une réception hier soir. Il s’est couché très tard, enfin tôt ce matin devrais-je dire, alors je ne peux le réveiller. De Linga :
Et bien si vous pouvez. D’ailleurs vous le devez… Allez, allez ma fille, dépêchez-vous. Polla :
Mais Madame, si je vais réveiller Monsieur le Marquis maintenant je vais perdre ma place. J’ai des instructions très strictes. Il m’a dit pas avant quatorze heures et là il n’est que onze heures. Votre affaire madame, si je puis me permettre, peut bien attendre trois heures. Il n’y a pas d’urgence. Il n’y a pas eu de meurtre que je sache. De Linga :
Il risque d’y en avoir un si vous n’allez pas d’urgence le chercher. Je veux savoir ce que fait mon mari chez lui.
Polla :
Mais Madame, votre mari n’est pas ici. Je peux vous l’assurer. De Linga :
Vous ne savez certainement pas tout ma petite. Allez me chercher le Marquis de Gourgand. Allez, allez… Polla : (Sortant côté cour en maugréant.)
Je vais perdre ma place, je vais perdre ma place. Monsieur le Marquis ne sera pas content… oh là là là là !!! De Linga : (Allant s’asseoir sur la méridienne.)
Pourquoi le cochet du Duc de l’Anvers m’a dit qu’on lui avait dit avoir vu rentrer le Comte de Schaft ici ?
(Après 1 minute.) Mais que fait la gouvernante ? Elle est bien longue à revenir. Elle s’est perdue dans les oubliettes ? (Se lève, va se rasseoir.) Le petit personnel n’est plus ce que c’était. Les esclaves sont bien plus obéissants… Quelle idée de vouloir abolir l’esclavage… Et puis maintenant, ils veulent supprimer la monarchie. On aura tout vu ! Henri IV leur a déjà donné la poule au pot, ça suffit maintenant. Ce p’tit peuple, il en veut toujours plus.
Polla : (Arrivant en colère et se frottant la tempe droite.)
Voilà, vous êtes contente ? Je me suis pris le pot de fleurs dans la tête et je suis virée.
Va-t-il sortir de son lit au moins ?
De Linga :
Polla :
Oui, Monsieur le Marquis de Gourgand va venir mais il faut qu’il s’apprête avant de descendre.
De Linga :
Vous m’avez dit que mon mari n’est pas venu ici hier soir. Vous en êtes sûre ?
Polla :
Bien sûr que j’en suis sûre. C’est moi qui ai accueilli tous les invités.
De Linga :
Mais alors pourquoi le cochet du Duc de l’Anvers m’a dit qu’on lui avait dit avoir vu rentrer le Comte de Schaft ici ?
Polla :
Je ne peux vous dire Madame. Madame veut-elle boire quelle chose en attendant monsieur le Marquis ?
De Linga :
Oui ma fille. Apportez-moi un Elixir de longue vie.
Polla :
Mais Madame, il est onze heures du matin. Ne préférez-vous pas un thé ?
De Linga :
Non, j’ai besoin d’un remontant. Apportez-moi un Elixir.
Polla :
Bien Madame la Marquise, je vais aller vous chercher cela. (Elle sort.)
De Linga :
Faites ma fille, faites. Et maintenant le petit peuple demande du pain, on aura tout vu. Elle a raison Marie Antoinette, « qu’ils mangent de la brioche », c’est bien suffisant.
Polla :
Voilà Madame la Marquise, un Elixir de longue vie des frères Chartreux.
De Linga :
Eh bien, vous êtes plus rapide que pour aller me chercher Monsieur le Marquis (Buvant un verre de chartreuse.) Hum, délicieux cet élixir. Les frères ont un don pour mélanger cent trente plantes… J’adore ce remède.
Scène2 Jalousie mon amie, jalousie
Gourgand : (Entrant côté cour, chemise ouverte, perruque de travers.)
Mon amie, que vous arrive-t-il ? Pourquoi me sortir de mon lit aux aurores ?
De Linga : (Se levant et se retrouvant au milieu scène face au marquis.)
Onze heures, je n’appelle pas ça les aurores ! Je voulais savoir ce que faisait mon mari chez vous ?
Gourgand :
Mais mon amie, votre mari n’est pas chez moi, je peux vous l’assurer. De Linga :
Alors pourquoi le cochet du Duc de l’Anvers m’a dit qu’on lui avait dit avoir vu rentrer le Comte de Schaft ici.
Gourgand :
Me dites pas mon amie que vous allez croire ce qu’un cochet vous dit. Et puis à votre âge, vous écoutez encore les ragots. Mon amie, pas vous quand même ! De Linga :
Mon mari me trompe, j’en suis sûre.
Gourgand : (S’asseyant sur la méridienne.)
Qu’est-ce qui vous fait penser cela mon amie ? De Linga :
Nous ne faisons plus rien depuis des mois. Vous les hommes, vous avez besoin d’assouvir vos pulsions fréquemment. Ne me dites pas le contraire. Alors il doit certainement avoir une maîtresse pour soulager ses envies génitales. Gourgand :
Et vous pensez qu’il serait venu chez moi pour faire la chose ?
De Linga : (S’asseyant sur un fauteuil.)
Bien sûr. Où voulez-vous qu’il aille autrement ? Sur la place lyonnaise, il n’y a que vous qui avez une maison rouge avec la réputation d’y recevoir de jolies filles. Gourgand :
Encore des ragots.
De Linga :
Vous savez ce que l’on dit en ville. Ce n’est pas très flatteur. Gourgand :
Et que dit-on en ville ?
De Linga :
Le Marquis de Gourgand et ses gourgandines.
Gourgand :
Ceci reflète bien la jalousie de certains. Oui il est vrai que je suis très entouré. J’organise de nombreuses fêtes avec de charmantes personnes. J’ai un carnet d’adresses bien rempli. Mais certains ne sont pas invités. Alors ils font courir des bruits comme quoi mes fêtes sont des orgies romaines ou des messes noires. Jalousie je vous dis mon amie. Jalousie !
De Linga :
Et vous m’assurez que mon mari n’était pas là hier soir ?
Gourgand :
Je peux vous l’assurer mon amie. Votre mari n’est pas intéressé par mes fêtes. Il préfère d’autres plaisirs… comme la chasse à courre.
De Linga :
Oui, il va souvent à la chasse à courre, mais je suis sûre qu’il me trompe.
Gourgand :
Vous avez trouvé des indices qui corroborent vos propos ?
De Linga :
Non, c’est juste mon intuition féminine. Nous les femmes, nous avons des radars qui détectent tout. Et puis, pourquoi nous ne faisons plus la bagatelle depuis pouufff…
Combien vous dites ?
Deux ans.
Gourgand :
De Linga : (Tout bas, à son oreille, pour que le public n’entende pas.)
Gourgand :
Tant que ça. Et bien mon amie, vous devez avoir des toiles d’araignées. On ne laisse pas une maison aussi longtemps sans visite, surtout à votre âge. Mais n’avez-vous point essayé de remettre du feu dans la cheminée ?
De Linga :
Si quelques fois au début, mais là je n’ai plus envie. Et puis, j’ai le Comte de Masoch qui me fait des avances et j’avoue qu’il ne me laisse pas indifférente.
Gourgand :
Je ne vous comprends pas. Vous soupçonnez votre mari de vous tromper mais vous ne lui avez rien fait depuis des années.
Taisez-vous, vous me faites rougir.
De Linga :
Gourgand :
Nous les hommes, nous avons des envies tous les jours, vous venez de le dire. Alors votre mari doit se satisfaire d’une autre façon si vous ne lui proposez plus d’activités sexuelles.
De Linga :
Je ne peux pas supporter que mon mari me trompe. Je ne veux pas de cornes. Mais oui, j’ai compris en parlant de cornes. Il me trompe pendant ses...