Les archevêques de Mayence et la présence espagnole dans le Saint-Empire

Les archevêques de Mayence et la présence espagnole dans le Saint-Empire

-

Livres

Description

À partir l'abdication de Charles Quint, en 1556, la monarchie hispanique et le Saint-Empire Romain Germanique sont gouvernés par deux branches distinctes d'une même famille, les Habsbourg. Ces liens dynastiques ne suffisent cependant pas à maintenir des relations harmonieuses entre eux : des intermédiaires sont nécessaires pour permettre à la présence espagnole d'être efficace dans l'espace impérial. Électeurs et archichanceliers impériaux, les archevêques de Mayence jouent ce rôle durant le premier tiers du xviie siècle, une période à la fois brève et cruciale pour la monarchie hispanique. Inspiré des démarches de l'histoire sociale et connectée, ce livre rend compte des relations entre les Espagnols et les archevêques de Mayence, en montrant les difficultés hispaniques pour établir un lien avec les prélats puis, une fois intégrés à la clientèle du Roi Catholique, leur rôle essentiel comme animateurs des réseaux hispaniques dans le Saint-Empire, sur fond de tensions confessionnelles.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 07 mars 2017
Nombre de visites sur la page 0
EAN13 9788490961605
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page  €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Les archevêques de Mayence et la présence espagnole dans le Saint-Empire e e (xvi -xvii siècle)
Étienne Bourdeu
Éditeur : Casa de Velázquez Lieu d'édition : Madrid Année d'édition : 2016 Date de mise en ligne : 7 mars 2017 Collection : Bibliothèque de la Casa de Velázquez ISBN électronique : 9788490961605
http://books.openedition.org
Édition imprimée ISBN : 9788490960134 Nombre de pages : XII-288
Référence électronique BOURDEU, Étienne.Les archevêques de Mayence et la présence espagnole dans le Saint-e e Empire : (xvi -xvii siècle).Nouvelle édition [en ligne]. Madrid : Casa de Velázquez, 2016 (généré le 02 mai 2017). Disponible sur Internet : . ISBN : 9788490961605.
Ce document a été généré automatiquement le 2 mai 2017.
© Casa de Velázquez, 2016 Conditions d’utilisation : http://www.openedition.org/6540
À partir l'abdication de Charles Quint, en 1556, la m onarchie hispanique et le Saint-Em pire Rom ain Germ anique sont g ouvernés par deux branches distinctes d'une m êm e fam ille, les Habsbourg . Ces liens dynastiques ne suffisent cepen dant pas à m aintenir des relations harm onieuses entre eux : des interm édiaires sont nécessaires pour perm ettre à la présence espag nole d'être efficace dans l'espace im périal. Électeurs et archichanceliers im périaux, les e archevêques de Mayence jouent ce rôle durant le prem ier tiers du xvii siècle, une période à la fois brève et cruciale pour la m onarchie hispanique. Inspiré des dém arches de l'histoire sociale et connectée, ce livre rend com pte des relations entre les Espag nols et les archevêques de Mayence, en m ontrant les difficultés hispaniques pour établir un lien avec les prélats puis, une fois intég rés à la clientèle du Roi Catholique, leur rôle essentiel com m e anim ateurs des réseaux hi spaniques dans le Saint-Em pire, sur fond de tensions confessionnelles.
ÉTIENNE BOURDEU
Ancien m em bre de l’École des hautes études hispaniques et ibériques de la Casa de Velázquez, Étienne Bourdeu est chercheur associé au Centre d’études supérieures de la Renaissance — UMR 7323.
SOMMAIRE
Remerciements
Avertissement
Introduction
Première partie. Deux acteurs sur la scène impériale : la principauté électorale de mayence et la monarchie catholique
Chapitre premier En quête d’un cadre : la principauté électorale de Mayence I. — LES ESPACES D’UNE PRINCIPAUTÉ ET LES FONCTIONS D’UN PRINCE II. — MAYENCE AU MIROIR DES RELATIONSAD LIMINA III. — CE QUE REPRÉSENTENT LES ARCHEVÊQUES DE MAYENCE POUR LA MONARCHIE CATHOLIQUE
Chapitre II Tropismes et entropies des relations espagnoles dans le Saint-Empire I. — LES ESPAGNOLS ET LES ÉLECTORATS ECCLÉSIASTIQUES II. — DEUX GRANDES PRÉOCCUPATIONS ESPAGNOLES : LA BAVIÈRE ET LA FRANCE III. — LES ARCHEVÊQUES DE MAYENCE ENTRE ROME ET VIENNE
Deuxième partie. Une lente entrée en relation
Chapitre iii e Asiècle)rchéologie de la relation hispano-mayençaise (seconde moitié du xvi I. — LES DÉBUTS DIFFICILES DES RELATIONS HISPANO-MAYENÇAISES II. — POUR L’ESSENTIEL, DES RELATIONS COLLECTIVES ET MÉDIATISÉES III. — L’ÉMERGENCE DE RELATIONS DIRECTES
Chapitre iv Le Saint-Empire dans laPax Hispánica(1598-1616) I. — LE SAINT-EMPIRE, POINT NODAL DES TENSIONS EUROPÉENNES II. — LE REDÉPLOIEMENT DU RÉSEAU DE CLIENTÈLE HISPANIQUE III. — L’INTÉGRATION DES ARCHEVÊQUES DE MAYENCE AU RÉSEAU ESPAGNOL
Troisième partie. La présence espagnole dans le Saint-Empire à l’épreuve de la guerre de Trente Ans
Chapitre V La présence espagnole dans le Saint-Empire à l’épreuve de la guerre (1617-1624)
I. — LES DÉBUTS DE LA GUERRE DE TRENTE ANS II. — LES FAUX-SEMBLANTS DU RÉSEAU ESPAGNOL III. — JOHANN SCHWEIKARD VON CRONBERG ET LES ESPAGNOLS FACE AUX DÉBUTS DE LA GUERRE DE TRENTE ANS
Chapitre vi La Monarchie Catholique face à la reconstruction de l’autorité impériale (1624-1648) I. — LA RECONSTRUCTION DE L’AUTORITÉ IMPÉRIALE II. — L’ENTRÉE EN CRISE DU RÉSEAU ESPAGNOL DANS LE SAINT-EMPIRE III. — ENTRE TENTATION DE LA NEUTRALITÉ ET BESOIN DE PROTECTION IMPÉRIALE
Conclusion
Sources
Bibliographie
Annexes
Annexe i Pourquoi et comment entrer en relation avec les électeurs ecclésiastiques
Annexe ii Récit de la défenestration de Prague par Johann von der Recke
Annexe iii Les instructions au comte d’Osona
Annexe iv Mariages et descendance des Habsbourg
Résumés
Résumé
Resumen
Summary
Remerciements
Ce livre est une version rem aniée d’une thèse faite sous la direction de Bernard Vincent et soutenue en 2011 à l’École des hautes études en sciences sociales. Si la responsabilité de ce qui y est écrit m ’incom be, il est néanm oins ag réable de reconnaître les dettes contractées et de tém oig ner que l’histoire est une science sociale non seulem ent dans son objet m ais aussi dans sa pratique concrète. En prem ier lieu, j’ai bénéficié de la patience et d es encourag em ents constants de Bernard Vincent. Toujours accessible, il a su écouter m es questions et m e faire profiter de son savoir im m ense sur l’Espag ne. Ses sug g estions, toujours re spectueuses des choix scientifiques et jam ais im posées, ont donné à ce travail des orienta tions souvent décisives. Je ne crois pas que j’aurais pu avoir m eilleur directeur pour cette thèse. Mireille Peytavin a ég alem ent suivi m on travail, depuis la m aîtrise déjà. Elle a su m e faire passer du duché de Milan au Saint-Em pire et m e donner de précieux conseils pour m ener à bien des recherches historiques. Le texte de la thèse a bénéficié de sa relecture exig eante et toujours pertinente ; s’il a quelques qualités, je les lui dois ég alem ent. Sans exag érati on, je peux dire que ce travail n’aurait jam ais vu le jour sans le soutien de ces deux personnes. L’École des hautes études hispaniques et ibériques de la Casa de Velázquez m ’a recruté com m e m em bre scientifique pour deux m erveilleuses années passées à Madrid. Outre le fait que ce statut m ’a perm is des avancées décisives dans m on travail, la « Casa » est aussi un lieu d’échang es et de discussions com m e je n’en avais jam ais connu auparavant. J’y ai profité de l’intérêt bienveillant de son directeur, Jean-Pierre Étienvre, des conseils et des sug g estions du directeur des études m odernes et contem poraines, Stéphane Michonneau. Les discussions am icales avec les autres m em bres ont so uvent été décisives dans la vision ou la form ulation de certains problèm es et je dois aux co nversations avec Philippe Castejon, Soizic Crog uennec et Guillaum e Hanotin des apports substantiels. De m êm e, Gérôm e Truc m ’a perm is d’éviter quelques pièg es quant à l’usag e parfois inconsidéré qu’un historien peut faire de la sociolog ie. Que tous les m em bres que j’ ai eu la chance de fréquenter soient ici rem erciés, m êm e si je ne peux tous les nom m er. La liste est ég alem ent long ue des conseils et sug g e stions dont je suis redevable et qui ont perm is d’am éliorer m a réflexion. Je m e bornerai ici à dire que sans les rem arques et observations de Christophe Duham elle, Alain Hug on, Isabelle Poutrin et Carm en Sanz Ayán lors de la soutenance, ce travail n’aurait ni la form e ni le contenu qu’il a m aintenant. Les archives sont autant des lieux de recherche que de sociabilité. Aux découvertes docum entaires que l’on y fait s’ajoutent les nom breuses rencontres. Ainsi, à Sim ancas, José Mig uel Escribano, Jorg e Gil et Benoît Maréchaux ont été d’im portants com pag nons de recherche et de discussion. À Valladolid, je n’oublie pas non plus quel accueil chaleureux la fam ille Valdivieso m ’a réservé à deux reprises, dan s des conditions parfois délicates qui n’ont pourtant jam ais entam é la bienveillance de Mi g uel Áng el, Raquel et Elena à m on ég ard.
À Madrid, le Centro de Ciencias Hum anas y Sociales a m is à m a disposition son im m ense bibliothèque et un bureau. J’ai eu la chance de par tag er ce dernier avec Juan Manuel Ledesm a, Fabien Montcher, Am élie Nuq et Evrim Türkç elik. J’y ai profité des discussions am icales avec Mig uel Áng el de Bunes et Elena García Guerra. Cela a aussi été l’occasion de rencontrer Rúben González Cuerva dont le travail m ’a tant apporté. D’une m anière g énérale, j’ai pu bénéficier des cons eils et de la bienveillance de nom bre d’hispanistes. S’il m ’est im possible de les nom m er tous tant la liste serait long ue, que soient ici particulièrem ent rem erciés Bertrand Haan, Berna rdo García, Manuel Herrero Sánchez, Ig or Pérez Tostado, Natividad Planas, José Javier Ruiz Ibáñez et Jean-Frédéric Schaub. Au retour d’Espag ne, l’université François-Rabelais de Tours m ’a fourni un cadre propice et stim ulant pour achever le travail de rédaction puis de rem aniem ent de la thèse. Je tiens à rem ercier les deux directeurs du départem ent d’Histoire, François-Olivier Touati et Benoist Pierre, pour la confiance qu’ils m ’ont accordée dès m on arrivée dans cette université. Je suis ég alem ent redevable à l’ensem ble des enseig nants d’ histoire m oderne, Florence Alazard, Pascal Brioist, Albane Cog né, Ulrike Kram pl, Paul-A lexis Mellet, Florent Quellier, Benoist Pierre et Michel Verg é-Francechi, du départem ent d’ histoire et d’archéolog ie de m ’avoir intég ré pleinem ent à cette nouvelle vie universitaire. Pascal Brioist et Ulrike Kram pl m ’ont ainsi perm is de présenter m es travaux, respectivem ent au Centre d’études supérieures de la Renaissance et au Centre tourang eau d’histoire et d’études des sources. L’École Française de Rom e m ’a octroyé une bourse d’ un m ois, m e perm ettant ainsi d’explorer les archives du Vatican et de jouir de sa m ag nifique bibliothèque dans le palais Farnese. L’Institut allem and de Paris m ’a offert la possibilité de présenter et de soum ettre à discussion des pistes de travail. Enfin, m ention doit être faite de l’attention extraordinaire dont j’ai bénéficié de la part de Friedrich Edelm ayer et de Gaetano Sabatini, lors d’une expédition qui m ’a am ené de Rom e à Vienne. Alors que je n’étais qu’un étudiant en DEA, ils ont accepté de m e recevoir, de discuter de m es orientations de recherche et de m e prodig uer des conseils. Mêm e si dix années se sont écoulées depuis, je tiens à les rem ercier du tem ps qu’ils m ’ont fait g ag ner et qu’ils ont bien voulu m e consacrer.
Avertissement
Pour la retranscription des docum ents, les règ les q ui ont été dans l’ensem ble suivies sont celles données par l’École nationale des chartes, consultables sur le site internet de l’École (http://thelem e.enc.sorbonne.fr/cours/edition_epoque_m oderne/edition_des_textes) : les m ots espag nols ont été accentués selon les règ les contem poraines, la ponctuation orig inale a été partiellem ent m odifiée, les abréviations ont été restituées entre crochets et les lettres « u » et « i » ayant une valeur consonantique ont été retranscrits sous de form e de « v » et de « j ». Pour le reste, l’orthog raphe orig inale a été respectée ainsi que l’usag e des m ajuscules, ces dernières ayant aussi été reprises dans les traductions. Pour les nom s et prénom s des souverains, la règ le q ue nous nous som m es forg ée est la suivante : dans le cas d’un m em bre d’une dynastie b énéficiant de la souveraineté ou de l’Obrigkeit, le prénom a été francisé. À l’inverse, lorsqu’il s’ag issait d’un m em bre de la noblesse non souveraine ou d’un titulaire d’une pri ncipauté ecclésiastique, l’appellation dans la lang ue orig inale a été conservée. Toutefois, dans le cas des Wittelsbach de Bavière, la francisation a été systém atique, m êm e pour les archevêques de Colog ne.
Introduction
Nor m arching in the fields of Trasim ene Where Mars did m ate the warlike Carthag ens, Nor sporting in the dalliance of love In courts of king s where state is overturned, Nor in the pom p of proud audacious deeds, Intends our m use to vaunt his heavenly verse. Christopher Marlowe,Doctor Faustus Lorsqu’il évoque la com plém entarité des possessions de Charles Quint, Bartolom é Bennassar note que g râce au contrôle relatif de l’Allemag ne, l’empereur pouvait assurer la permanence des relations entre l’Italie du Nord, la Franche-Comté et les Pays-Bas. Lorsqu’il eut partag é ses États entre son frère et son fils, l’alliance entre les Habsbourg de Madrid et ceux de Vienne permit de maintenir ces relations en théorie jusqu’en 1700, en fait jusqu’aux traités de Westphalie . 1 Cette rem arque attire l’attention sur deux caractér istiques des territoires européens des Habsbourg durant la prem ière m odernité. D’une part, m alg ré leur extension g éog raphique et leur discontinuité, ces territoires possèdent un e certaine cohérence : la colonne vertébrale de cet em pire inform el est constituée par l’isthm e européen qui relie la m er du Nord à la Méditerranée. De Gênes, sur la m er Tyrrhé nienne, à Anvers, à l’em bouchure de l’Escaut, seules les rég ions des Cantons suisses et du duché de Lorraine ne sont pas sous la dom ination im m édiate des Habsbourg . L’em pereur peut toutefois y avoir quelque influence puisqu’il s’ag it de terres d’Em pire, du m oins d’un point de vue théorique. Plus sûrem ent, g râce à des traités ou des alliances m atrim oniales, les Habsbourg ont su se m énag er des bienveillances dans ces territoires. Il existe ainsi une « route » ou un « chem in de ronde », qualifiés d’espag nols ou plus g énéralem ent decamino españoliner suret d’achem , qui perm ordre de Madrid des soldats italiens ou de l’arg ent am éricain vers les Flandres, et des produits m anufacturés depuis ces dernières vers les péninsules italienne et Ibérique2. D’autre part, les abdications de Charles Quint à partir de 1556 et le partag e de ses titres et possessions entre son fils Philippe et son frère Fe rdinand instaurent une coopération orig inale entre les deux branches de la fam ille Hab sbourg , l’une installée en Castille et l’autre à Vienne ou à Prag ue. À l’issue de cette partition, Philippe II hérite des couronnes de Castille et d’Arag on, c’est-à-dire non seulem ent des royaum es hispaniques m ais ég alem ent des conquêtes plus ou m oins récentes qui leur ont p erm is de s’accroître en Méditerranée (les royaum es de Sardaig ne, de Sicile et de Naples) et sur l’autre rive de l’océan Atlantique ; il reçoit aussi les possessions de l’ancien duché de Bourg og ne, soit l’actuelle Franche-Com té, le Luxem bourg et les Flandres, ainsi que le Milanais que son père s’est approprié en 1535. De er son côté, Ferdinand I devient em pereur m ais les innovations institutionn elles m ises en place par de nom breux princes territoriaux leur per m ettant de s’eng ag er « dans le chem in qui m ène de la seig neurie territoriale à la souvera ineté » lim itent son pouvoir effectif3.