Marseille au Moyen-Âge, entre Provence et Méditéranée

Marseille au Moyen-Âge, entre Provence et Méditéranée

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Livres
432 pages

Description

Ce livre est un recueil sans équivalent : recueil de textes, d'images, de pensées, d'objets, présentés par une équipe de chercheurs d'institutions françaises et étrangères, de l'Europe à l'Amérique du Nord, partout où l'histoire de Marseille au Moyen Âge éveille la curiosité, alimente la réflexion, suscite des vocations.
Les spécialités ici mises à contribution sont extrêmement diverses : numismatique, histoire de l'art, du livre, de la pensée, de la foi et des pratiques religieuses, histoire sociale, économique, etc, auxquelles il faut ajouter l'archéologie, qui connaît depuis plusieurs décennies un essor spectaculaire, lié notamment aux programmes de rénovation urbaine.
Avec les deux premiers chapitres, consacrés au haut Moyen Âge et à l'espace urbain, le lecteur trouvera une synthèse des recherches archéologiques. Il rencontrera dans les chapitres une démarche plus analytique, centrée sur un grand nombre de documents, pour la plupart originaux et inédits, présentés, transcrits et traduits, mais aussi des sceaux, des monnaies, des représentations figurées.
Voici donc l'historien et l'archéologue au travail, et comment s'écrit l'histoire de Marseille au Moyen Âge.

Une riche cartographie, qui constitue à elle seule une oeuvre de synthèse unique, et des reproductions d'une maquette totalement inédite de Marseille vers le milieu du XIVe siècle complètent l'ensemble de ce travail.

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Date de parution 01 janvier 2009
Nombre de lectures 59
EAN13 9782364030046
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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1 S.-T. L, «Marseille : a Late Antique Success Story ?», dansJour-nal of Roman Studies165-185 (qui porte surtout sur le, 82, 1992, p. e  s.) ; S.-T. L, «Marseille and the Pirenne thesis, I : Gregory of Tours, the Merovingian kings, and ‘un grand port’», dans R. H, W. B éd., e Sixth Century. Production, Distribution and Demand. Leyde, 1998, p. 203-229 ; S.-T. L, Marseille and the Pirenne esis, II : «ville morte», dans I. L. Hansen, C. Wickham, e Long eighth Century. Leyde, Boston, Cologne 2000, p. 167-193. 2 Voir en premier lieu la synthèse qui reste irremplaçable de Michel Fixot (M. F, «La Provence de Grégoire de Tours à l’An Mille», dans P.-A. F, M. B, G. Cet al.,La Provence des origines à l’an mil. Histoire et archéologie, Rennes, 1989, p. 443-493), ainsi que l’article de Simon Loseby de 1992 citésupra. Par ailleurs reste toujours d’actualité la synthèse sur la Provence mérovingienne de R. B, Die Provence in Merowingischer Zeit. Verfassung - Wirtschaft - Kultur, Stuttgart, 1933. Sur les cités en Gaule durant l’Antiquité tardive, S. L, «Decline and Change in the Cities of Late Antique Gaul», dans J.-U. K, C. W éd.,Die Stadt in des Spätantike-Nieder-gang oder Wandel,Stuttgart 2006. Pour la Provence du haut Moyen Âge, G. de M,La Provence du premier au douzième siècle. Études d’histoire et de géographie politique, Paris, 1908 ; etid.,ibid, Tables, Gap, 1926. e 3 Voir pour une vue d’ensemble du  s., C. U, «Un momento della storia di Marsiglia nel secolo », dansQuaderni medievali, 39, 1995, p. 6-29. Nous utiliserons par facilité les noms d’Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne pour désigner les royaumes des rois Francs, même si les termes sont au départ anachroniques. 4 Voir en dernier lieu C. D, «La Provence sous la domination ostrogothique (508-536)», dansAnnales du Midi, 115, 2003, 244, p. 479-499. 5 P,De Bello Gothorum; III, 33, 2-5. Voir, I, 13, 14 et 26-27 J.-P. C, «Pax et libertas : une légende monétaire de éode-er bert I », dans P. B, F. D, H. H, C. M éd., Mélanges de numismatique, d’archéologie et d’histoire offerts à Jean Lafaurie, Paris, 1980, p. 191-192. 6 Voir le dossier réuni par Jean-Pierre Callu, «Pax et libertas …», p. 196-198. 7 M. F,La Provence de Grégoire de Tours à l’An Mille …, p. 447 ; J.-P. C, Pax et libertas …, p. 193 et n. 33. En premier lieu, R. B-,Die Provence …, p. 7-9. 8 Aurélien, évêque d’Arles de 546 à 551, a été mis en place par Childe-bert : M. H,Arles durant l’Antiquité tardive. De laduplex Arelasà l’urbs Genesii, Rome, 2004, p. 256. Il est le fils de Sacerdos, évêque de Lyon (542-552), ce qui explique que leurs épitaphes aient été retrou-vées dans l’église Saint-Nizier de Lyon. 9Vita Cæsarii, I, 34 ; II, 45 (éd. G. M). 10 M. H,Arles durant l’Antiquité tardive …, p. 294-295.
De l’Antiquité tardive au Moyen Âge
Voici quelques décennies, entreprendre l’étude de Marseille durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge aurait relevé simplement de l’analyse des textes anciens, tels ceux de Grégoire de Tours ou de Venance Fortunat, voire de quelques chartes ayant survécu à l’outrage des siècles. Or, depuis bientôt trente ans, l’archéologie a amené des découvertes suffi-samment significatives pour pouvoir aborder sous un jour nouveau cette période de l’histoire marseillaise et provençale (fig. 1). En croisant l’ensemble des sources disponibles, il est possible de détailler, par tranches d’environ un siècle, les représentants du pouvoir civil et militaire en Provence et à Marseille, les évêques sur le siège épiscopal marseillais, puis de dresser un portrait de la ville. Nous n’aborderons pas les aspects écono-1 miques, déjà largement étudiés par ailleurs ; nous nous placerons ici dans le prolongement d’études récentes 2 qui tentent de mêler histoire des textes et archéologie .
Marseille austrasienne (536-613)
La première grande phase de l’histoire mérovingienne de Marseille débute avce la prise de possession de la Provence par les Francs et s’achève à la mort de Sige-bert II, qui entraîne une réunification durable duRegnum 3 Francorum. Elle est dans l’ensemble bien connue par les auteurs anciens, au premier rang desquels se trouve bien sûr Grégoire de Tours, contemporain des événe-e ments de la seconde moitié duV Is. Nous subdivise-rons cette période en deux temps : le premier concerne les héritiers directs de Clovis et s’arrête à la mort du dernier d’entre eux ; le second correspond à une phase de séparation nette des différents royaumes avant la e réunification duV I Is.
er De 536 à la mort de Clotaire I (561) e Au début duV Is., Marseille comme le reste de la 4 Provence est aux mains des Ostrogoths , également maîtres de l’Italie. Ceux-ci sont alors en prise directe avec la volonté de reconquête de Justinien. C’est pour-quoi les rois ostrogoths Théodat puis Vitigès, pour éviter d’être attaqués sur deux fronts – par les Francs et l’empereur Justinien –, vendirent pour 2000 livres d’or la Provence aux Francs, nouveaux possesseurs du royaume Burgonde, frontalier de leur royaume. Justinien en confirma aussitôt la possession dans le but de s’al-lier les Francs, légitimant ainsi les nouveaux maîtres
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Marc Bouiron
5 de la Provence . La prise de possession de celle-ci à l’hiver 536/537, à la suite de la conquête du royaume Burgonde, met alors en contact pour la première fois les Francs avec la Méditerranée. Ainsi commence l’histoire mérovingienne de Marseille.Parmi les héritiers de Clovis, ce sont Théodebert, roi de Metz (future Austrasie), et Childebert, roi de Paris (future Neustrie), qui se partagèrent la Provence. Théodebert est le plus empreint de romanité ; au moment de la prise de contrôle de la Provence, son royaume comprend la partie nord-est duRegnumégale- mais ment l’Auvergne. La conquête de l’Italie (et semble-t-il de l’Empire Byzantin) était sa préoccupation première ; c’est lui qui semble être en contact le plus étroit avec 6 Byzance . Il est peut-être à l’origine de la négociation avec les rois ostrogoths et avec Justinien, et on n’ima-gine pas qu’il n’ait pas eu sa part ou tout au moins son rôle à jouer en Provence. En 541, au concile d’Orléans IV, les évêques de Provence sont très largement représentés. Trois ans plus tôt, ces mêmes évêques étaient absents du concile précé-dent, tenu déjà à Orléans. Nous avons peut-être ici une illustration du temps nécessaire à l’intégration dans le royaume Franc. Nul doute que la transition avec la Provence ostrogothique ait été assez aisée, la Provence franque gardant une unicité au sein du Royaume. Certains ont vu dans les textes conservés la prédomi-7 nance de Childebert au détriment de Théodebert . Si l’on examine les documents qui concernent la Provence entre 538 et 548, on note en effet une présence très importante de Childebert, peut-être liée à la nature des textes conservés : il s’agit soit de conciles, soit de lettres du pape. Durant cette période, trois conciles sont tenus à Orléans (Orléans III en 538 ; OrléansIVen 541 ; Orléans V en 549). Les évêques présents sont surtout localisés en Neustrie (ce qui est logique compte tenu du lieu de réunion), en Auvergne et Aquitaine, autour de la région de Lyon/Genève (sous la domination de Childebert) et pour les deux plus récents en Provence. Seul celui de 549 réunit également les évêques d’Aus-trasie proprement dite ; mais nous sommes là après la mort de Théodebert. À Arles, c’est Childebert qui apparaît dans les cour-riers du pape aux évêques Auxanius puis Aurélien 8 (545-546) , c’est lui que l’on voit présent à Arles dans 9 laVita de Césaire (540) ou fonder le monastère des 10 Apôtres (le 17 novembre 547 ?) . Quant à Théodebert, à l’exception d’un courrier du 6 mai 538 (le pape Vigile demande à Césaire, évêque d’Arles, d’instruire le roi
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11 Théodebert sur un point de discipline ), on ne connaît 12 qu’une lettre de l’évêque Aurélien à ce roi , malgré tout élogieuse, qui selon les historiens interviendrait au moment où Théodebert prendrait le relais de Childebert en Provence. Si Arles semble concentrer à elle seule toute la documentation de cette période, c’est d’abord par le rôle majeur que joue son évêque par rapport à toute la 13 région – voire la Gaule – vis-à-vis de la papauté . C’est également grâce à la préservation dans les archives de l’archévêché d’Arles d’un ensemble de lettres copiées au Moyen Âge. Il est pourtant probable que Marseille devait représenter un enjeu important pour la conquête de l’Italie entreprise par Théodebert. Celui-ci n’ayant pas participé directement à la conquête du royaume burgonde, ne pouvait prétendre à la partie nord de la Provence ; mais Marseille était primordiale par ses contacts avec le monde byzantin : aux yeux des Byzantins, Marseille apparaissait comme la ville la plus 14 importante de toute la Gaule . L’analyse de J.-P. Callu (1980), fondée autant sur les textes que sur la numismatique, rend possible l’hypo-thèse d’un retour en force de Théodebert en Provence après l’échec de ses campagnes italiennes. Toutefois, pour en revenir à Marseille qui nous préoccupe ici directement, nous noterons que rien ne signale un quelconque rattachement de la ville à Childebert dans la première décennie de la Provence franque. Dans les deux conciles de 541 et 549, l’évêque de Marseille n’apparaît pas. De même, le seul acte de Childebert qui concerne Marseille date de 558 ; il s’agit d’une donation 15 à l’église de Paris . Dans cet acte, le roi donne les salines et un bâtiment situés à Marseille (nous y reviendrons) ; mais nous somme là au moment où Childebert est seul à régner. On peut dès lors se demander si Marseille n’est pas dès cette date une enclave austrasienne comme nous le 16 verrons pour la seconde moitié du siècle. C. Brenot a bien montré la disproportion de monnaies retrou-vées dans les fouilles marseillaises antérieures à 1980, entre celles de Théodebert (31 monnaies, en deux séries différentes) et celles de Childebert (6 monnaies), pour une durée de règne réciproquement de deux ans et dix ans (elle suit l’hypothèse de J.-P. Callu). Les chiffres se comprennent mieux si l’on imagine que Marseille était la possession de Théodebert de 537 à 548 (onze ans) et de Childebert de 555 à 558 (trois ans), au sein d’une Provence « childebertienne » où devait circuler le monnayage frappé à Arles. Toutefois, le titre deRex, connu seulement sur la deuxième série de frappe de Théodebert, pourrait être apparu seulement à partir de 546, validant ainsi une partie de la proposition de J.-P. Callu.Théodebert meurt de façon accidentelle en 548 ; il est remplacé par son fils Théodebald qui décède à son tour en 555. Childebert récupère alors l’ensemble de la Provence. À sa mort, en 558, le royaume est er réunifié par Clotaire I , dernier fils survivant de Clovis. Sa mort entraîne à nouveau une division du royaume entre ses fils.
Que ce soit pour Arles ou pour Marseille nous n’avons aucune indication directe de l’administration mise en place par les rois Francs en Provence. Quels pouvaient être les « gouverneurs » de la Provence et de Marseille ?17 Nous connaissons par les textes Parthénius , mentionné en 544 dans une lettre d’Arator comme «magister officiorum atque patricius». Petit-fils de l’empereur Avitus par son père Agricola, il semble avoir joué un rôle important en Provence (à Arles ?) avant la conquête franque. A-t-il par la suite été nommérector Provinciæ? 18 Claude Brenot lui attribue la paternité d’un premier monnayage marseillais, sous la domination ostrogothe, qui cesserait au moment du passage aux Francs. En 544, il apparaît dans la documentation comme lié au roi Théodebert qui fera de lui son collecteur des impôts en Austrasie. Très impopulaire, il est assassiné peu de temps après le décès du roi. 19 Namatius a été gouverneur de Provence, dont il 20 était originaire. Son inscription funéraire , qui le dit 21 mort à l’âge de 73 ans (en 559 ? ), rappelle ses fonctions de «patricius, præsul patriæ rectorque vocatus». Cette mention est importante car elle nomme la fonction (rector [Provinciæ]) suivant une formulation que l’on retrouvera attestée après 561. Mais a-t-il gouverné la Provence franque ou bien ostrogothe ? Il est présent au concile d’Orange de 529 en tant quevir inlustris. Il est évêque de Vienne à sa mort ; son prédécesseur sur le siège de Vienne, Hesychius, est en place lors des conciles de 549 et 552. Son gouvernement pourrait avoir été de courte durée, peut-être à placer entre le départ de Parthénius et 556. 22 En 556-557, Placidus , père de l’évêque d’Arles 23 Sapaudus, est mentionné commepatricius. Il apparaît au travers des lettres du pape Pélage comme le gouver-neur de la Provence. Il est également lerector patrimonii Sancti-Petrien Gaule, c’est-à-dire le gestionnaire du patri-moine de l’Église. er On sait qu’au moment de la mort de Clotaire I , 24 le patrice se nomme Agricola . On l’a définit comme 25 patrice burgonde (comme nous le verronsinfra), mais il s’agit plus probablement d’un gouverneur de Provence, er désigné par Clotaire I après la mort de Childebert. Son nom fait encore référence aux descendants de l’empereur Avitus ; il pourrait appartenir à la famille de Parthenius (fils ou neveu ?). De tous ces personnages, il est difficile de tirer une vision du gouvernement de Marseille et de la Provence. Aucun n’est signalé comme attaché de manière préfé-rentielle à Marseille. Le titre de « patrice », s’il est large-ment associé à la Provence, n’est pas celui du gouver-neur (rector) de Provence mais plus une distinction « romaine » qui rattache la Provence à son passé proche. La continuité avec le royaume ostrogoth semble avoir été la règle. Enfin, il est clair que le gouvernement de la Provence est tenu par la puissante aristocratie gallo-romaine, très largement présente auprès des rois Francs depuis le règne de Clovis.
11 MGHEpist, III, 57-58 ; GCNN,Arlesn° 129. J.-P. Callu (Pax et Libertas…, p. 193 n. 33) explique avec raison ce courrier par le rôle particulier joué par Césaire auprès du Pape : en tant que vicaire du Pape, il est chargé des questions religieuses. 12 MGHEpist.III, 124-126 ; GCNN,Arlesn° 140. 13 M. Fixot l’a bien mis en évidence : «La Provence…», p. 447-448. 14 Agathias,Histoires, I, 2. Il a été l’un des témoins, certes lointain, de cette période ; la première partie de sesHistoiresa probablement été écrite sous les règnes de Justin II (565-578). Sonexcursussur les Francs (I, 2-6) ne concerne que éodebert et son fils, du fait de leur contact direct en Italie avec la reconquête justinienne. 15 Ce document a été plusieurs fois daté de 528, du fait d’une erreur de copie dans l’année de règne (en dernier lieu MGHDD Merov.2001, n° 11, p. 39-49). Il serait inexplicable que Childebert puisse donner des biens en Provence à cette date. Élisabeth Sauze comme Yann Codou le datent également de 558 : É. S,Les Arcs-sur-Argens. Pages d’His-toire d’un terroir provençal, Aix-en-Provence, 1993, p. 49-50 ; Y. C, e e L’église, les hommes et le terroir dans le diocèse de Fréjus, X -XII siècles, doctorat, Université de Provence, 1997 (dactylographié), p. 134-135. e 16 C. B, «Monnaies de cuivre du  siècle frappées à Marseille», dans P. B, F. D, H. H, C. M éd.,Mélanges de numismatique, d’archéologie et d’histoire offerts à Jean Lafaurie, Paris, 1980, p. 186. 17 A. H. M. J, J. M,Prosopography of the Late Roman Empire, Cambridge, 1971-1992 (désormais abrégée PLRE), II,s.v. Parthenius 3. R. B,Die Provence…, p. 91. 18 C. B, «Du monnayage impérial au monnayage de Marseille : l’exemple d’Arles et de Marseille», dans C. L éd.,La fin de la e cité antique et le début de la cité médiévale de la fin du III siècle à l’avènement de Charlemagne, Actes du colloque tenu à l’Université de Paris X-Nanterre les 1, 2 et 3 avril 1993, Bari, 1996, p. 157-158. 19 PLRE IIIB,s.v. Namatius. R. B,Die Provence …, p. 92. 20 F. D,Recueil des inscriptions chrétiennes de la Gaule(RICG), XV, n°99, p. 408-417. 21 D’après RICG, n°99 ; 558, d’après PLRE. 22 PLRE IIIB,s.v.Placidus 1. R. B,Die Provence …, p. 92. À noter que Placidina, femme de Léonce de Bordeaux, est dite par Venance Fortunat descendante de l’empereur Avitus, au même titre que Parthenius. 23 Lettres du 14 décembre 556 et 13 avril 557 : MGHEp.,III, 49 et 53, p. 72-73 et 76-77. 24 PLRE IIIA,s.v. Agricola 2. R. B,Die Provence …, p. 101. 25 Le titre de patrice est un titre honorifique chargé d’une fonction mili-taire. Tout au long de l’histoire mérovingienne, on trouve des patrices en Bourgogne et en Provence. Il est souvent difficile de savoir si tel ou tel personnage est patrice dans l’une ou l’autre province. Jusqu’au e milieu du  s., les gouverneurs de Provence appelés patrices sont rattachés au royaume de Bourgogne. Par la suite, le titre est pris, pour un siècle environ, par tous les gouverneurs de la Provence.
26 GCNN,Marseille,n° 27. 27 H. L, «Marseille», dans dom F. C, dom H. L, Dictionnaire d’archéologie chrétienne et de liturgie, X, 2, Paris, 1932, col. 2219-2220. J.-P. P, «La “petite Valence”. Les avatars domaniaux de la noblesse romane en Provence», dansChroniques de Haute-Provence, ème 330-331, 1997,abbé deMillénaire de la mort de saint Mayeul, 4 Cluny, 994-1994. Actes du Congrès International «saint Mayeul et son temps», Valensole 12-14 mai 1994, p. 171-172. 28 L’un des deux est évêque d’Avignon ; s’agit-il d’une erreur avec double souscription ou plus vraisemblablement d’un second évêque ? 29 Une recherche dans la MGH n’a pas livré de résultat pour Pentadius ; Auxanius correspond seulement à l’évêque d’Aix ou à celui d’Ar-les ; un Rhodanius est mentionné par Magnus Felix Ennodius dans une de ses lettres (Ep. 9, 30, MGHSS a.a.318), s’agit-il du futur7, p. évêque ? 30 «circa Alpina loca», les Alpilles d’après Marc Heijmans (que je remer-cie ici).Vita Cæsarii,I, 47 (éd. G. M, p. 315-316). 31 AASS, 22 juin, IV, p. 252 sq. Cette vie est probablement rédigée à la e fin du  s. Il ne s’agit pas de l’évêque de Lyon, comme Rémi Fixot l’a proposé (séminaire tenu à l’Université de Nice en 2006). 32 Miracles de Saint-Sulpice de Bourges (mort en 646) : M,Acta Sanctorum Ordinis Sancti Benedicti, Paris, 1669, II, p. 184. 33 PLRE IIIA,s.v. Eucheria. On connaît un poème d’une Eucheria, qui pourrait être une œuvre de la femme de Dynamius. 34 MGH,Ep.Greg.,VII, 12 (octobre 596). Voir sur cette famille B. D-, «Culture et politique (II). Gogo et ses amis : écriture, échanges et e ambitions dans un réseau aristocratique de la fin du  siècle», dans Revue Historique, 3, 2007, 643, p. 588. 35 Grégoire de Tours (HF,X, 2) mentionne un Dynamius originaire d’Ar-les et père d’Evantius (PLRE IIIA s.v. Dynamius 2). Il pourrait s’agir du gouverneur de Provence. 36 Grégoire de Tours (Glor. Mar.,76) indique qu’un esclave dupatriciusAurelianus aurait miraculeusement guéri sur la tombe de saint Victor. Est-ce le même qui reçoit une lettre du pape Grégoire le consolant de la mort de son frère (MGH,Ep.Greg.,IX, 217). S’agit-il du père d’Aure-lia/Aureliana ? 37 GCNN,Marseille, n° 29. 38 H. L, «Marseille …», col. 2220. Jean-Pierre Poly en fait un évêque de Riez (J.-P. P, La “petite Valence”…, annexes I.2, liste épis-copale de Riez, et I.3, liste épiscopale de Marseille). 39 Son nom est directement hérité des Burgondes, comme celui de Sigebert rappelle l’ancien roi de Cologne vaincu par Clovis. S. L, e e Les origines franques V -IX siècle, Paris, 1990, p. 109. 40 PLRE IIIA,s.v. Celsus 2. 41 Il meurt l’année suivante ; Chronique de Marius d’Avenchess.a.570 : «eo anno mortuus est Celsus» (MGH,Chron. Min., II, p. 238). 42 PLRE IIIA,s.v. Amatus. Paul Diacre,Hist. Lang.3, le dit par erreur III, patricius Provinciæ, témoin d’une réalité de son temps. 43 Grégoire de Tours,HF, IV, 42. PLRE IIIB,s.v. Mummolus 2. 44 Grégoire de Tours le nomme à cette occasiondux, mais Marius d’Avenches, pour la même date, l’appelle encorepatricius. 45 PLRE IIIA,s.v. Calumniosus. 46 Après son échec à défendre la province des Goths. Grégoire de Tours HF, VIII, 30. Frédégaire IV, 5. Il est toujours (ou à nouveau ?) patrice en 602 (Fréd. IV, 22 ; PLRE IIIA). Sur Leudisclus, PLRE IIIA,s.v. Leudegiselus.
De manière étrange, nous ne connaissons aucun des évêques de Marseille pour cette période. Quelques années avant la conquête franque, en 533, un concile a été réuni à Marseille, à l’initiative de Césaire d’Arles. Malheureusement la liste des évêques ne fait pas mention de leur siège ; on peut être sûr toutefois que l’évêque de Marseille y participait. Albanès a consi-26 déré que cet évêque était Auxanius . Il n’est pas suivi 27 par H. Leclercq ni par J.-P. Poly . Cet évêque inconnu est en tout cas à rechercher dans les noms qui n’évo-28 quent pas de siège particulier (un des deux Eucherius , Rodanius, Pentadius et Auxanius). Ce ne peut être en tout cas qu’un personnage important car Marseille reste e une des grandes villes de cette première moitié duV Is. Une recherche dans les sources de la première moitié e 29 duV Is. semble nous orienter plutôt vers Eucherius . On trouve dans la vie de l’évêque d’Arles Césaire la mention d’un voyage qu’ils auraient effectué ensemble 30 dans les Alpes . On est loin du conflit entre les évêques e e d’Arles et de Marseille à la charnière desI V etVs. : s’il ne s’agit pas de l’évêque d’Avignon, cet Eucherius peut être un évêque marseillais. Un autre texte, la Vie de Consortia, signale un Eucherius d’origine sénatoriale, marié à une Galla de très noble naissance, tous deux 31 parents de Consortia et de Tullia . Il est permis de penser que cette famille habite à Marseille puisque le premier gouverneur austrasien de Marseille cherche à l’enlever pour l’épouser ; on trouve par ailleurs au siècle 32 suivant une autre Consortia à Marseille . 33 Par ailleurs, une Eucheria est mentionnée comme femme de Dynamius, lerector Provinciaedont nous aurons bientôt à parler. Son mari est mort vers 595, elle dix ans plus tard, et leur petit-fils, également appelé Dynamius, rédige l’épitaphe du couple. On connaît un troisième Dynamius, marié à une femme Aurelia/Aureliana, à qui le pape Grégoire écrit en 597. Il pourrait s’agir du fils du gouverneur provençal et père de l’autre Dynamius, rédacteur de l’épitaphe. Or ce couple semble bien implanté à Marseille puisqu’ils permettent au monas-tère de Cassien et à son abbesse Respecta d’obtenir de Grégoire le Grand une charte de privilèges et l’agran-dissement du couvent de Cassien grâce au don de l’une 34 de leurs possessions . Nous formulons l’hypothèse que l’évêque de Marseille en 533 pouvait être Eucherius, dont une des descen-dantes (petite-fille ?) aurait épousé le gouverneur austra-35 sien Dynamius, probablement originaire d’Arles . Leur fils, né à Marseille, se serait marié avec la fille d’un 36 sénateur de Marseille et aurait manifesté une grande piété. Le fils de ce couple et petit-fils du gouverneur, rédacteur de l’épitaphe, semble faire partie d’un même groupe lettré et très religieux.Il est difficile d’expliquer l’absence de l’évêque de Marseille ou de son représentant aux conciles d’Orléans de 541 et de 549, à celui d’Eauze de 551 et à celui de Paris de 552. Devons-nous considérer comme nous l’avons dit plus haut, qu’il dépendait plus directement de l’Austrasie et ne se rendait pas à des conciles réunis en Neustrie ?On s’attendrait à trouver l’évêque de Marseille
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au concile d’Arles de 554. Or il n’est pas désigné dans la liste des évêques présents. Peut-on l’identifier avec l’un des évêques dont le siège n’est pas mentionné ? 37 C’est ce que pensait Albanès qui a proposé un des deux Emeterius comme évêque marseillais. À l’inverse, 38 H. Leclerc pense que cette hypothèse ne se justifie pas, le nombre d’évêques dont les sièges ne sont pas attri-bués étant moins important que le nombre d’évêchés provençaux non mentionnés. Si l’évêque de Marseille n’était effectivement ni présent ni représenté, cela pourrait renforcer l’hypothèse d’une absence volontaire dans les conciles réunis sous l’égide de Childebert. En effet, la quasi-totalité des conciles tenus à cette période (Orléans III, Orléans V, Eauze, Arles) sont datés du règne de Childebert, voire expres-sément réunis à sa demande (Orléans V, Paris). Sous le règne de Théodebert et de son fils, aucun concile n’a été réuni en Austrasie et nous n’avons pas de concile pour la période où Childebert règne seul en Gaule.
De 561 à la mort de Sigebert II (613) Les trois premières décennies de cette période de l’his-toire du royaume des Francs sont particulièrement bien connues grâce à Grégoire de Tours, témoin privilégié de son époque. Son récit permet de bien comprendre les enjeux qui concernent Marseille et la Provence. er À la mort de Clotaire I , le royaume est à nouveau divisé entre ses fils. Deux d’entre eux se partagent la Provence : Sigebert, à qui échoit l’ancien royaume de Théodebert (Austrasie et Auvergne), et Gontran qui reçoit la moitié de l’ancien royaume de Clodomir (royaume d’Orléans) et l’ancien royaume burgonde. Gontran apparaît comme le véritable homme fort de cette période. Après la mort de Sigebert (575), c’est son fils Childebert II qui lui succède sur le trône de l’Aus-trasie. Childebert II réunifie temporairement l’Austrasie et la Bourgogne à la mort de Gontran (592) mais il ne règne seul que quatre années. À sa mort, son royaume est redivisé entre ses deux fils, Théodebert II (Austrasie) et Thierry II (Bourgogne). Lorsque Theodebert II meurt (612), son frère règne encore une année sur les deux royaumes. Son fils et héritier, Sigebert II, meurt la même année. En 561, la Provence se retrouve donc divisée entre Gontran et Sigebert. Gontran, prédestiné par son père 39 à reprendre l’ancien royaume burgonde , reconstitue une Bourgogne franque, dans une région qui avait gardé une spécificité particulière. En témoigne l’usage du patriciat pour les chefs militaires, qui remonte au temps des Burgondes. Grégoire de Tours (HF, IV, 24) nous informe qu’à l’arrivée de Gontran celui-ci renvoya le patrice Agricola 40 pour mettre Celsus à sa place. Celui-ci est remplacé 41 42 en 569 par Amatus , qui meurt la même année dans un combat contre les Lombards ; il est remplacé à son 43 tour par l’auxerrois Eunius Mummolus . En 581, celui-ci 44 prend la fuite et se réfugie à Avignon, ville austrasienne. 45 Il est remplacé par Calumnosius Aegyla et lui-même 46 par Leudisclus en 585 ; celui-ci est peut-être resté en
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fonction jusqu’à la mort de Gontran en 592, mais peut-47 être faut-il placer ici Ennodius Felix , dont on connaît e le sarcophage, retrouvé auX V I Is. dans la chapelle de la Gayole. Ce patrice ne réside pas en Provence et vit proba-blement à la cour de Gontran : Celsus en 568, Mummolus en 573 partent avec leurs armées de Bourgogne. Ces patrices ne sont pas de véritables représentants locaux en Provence mais bien des généraux bourguignons. Pour les Austrasiens, nous connaissons probablement les deux premiers gouverneurs : Hecca et Bodegiselus. 48 49 Hecca est mentionné par laVita Consortiæ: il est envoyé par Sigebert «ut Provinciam Massiliæ dispo-er neret», peu après la mort de Clotaire I . Il est donc vraisemblablement le premier sous le règne de Sigebert. 50 Son successeur est peut-être Bodegiselus , connu par 51 Venance Fortunat qui le dit «Massiliæ ductor» (avant 52 565) . Grégoire de Tours nous donne plus de détails sur Jovinus,rector Provinciæjusqu’en 573, lorsqu’il est remplacé par Albinus (573-575 ?) puis par Dynamius 53 (575-587 ?) et Nicetius (587 ?-592 ?).ditJovinus est 54 fils d’Aspasius et frère de Léon par Venance Fortunat (Carm. VII, 12). Celui-ci le détermine comme «patri-cius et rector Provinciæ» ; il est en cela l’héritier de la première génération de patrices. Il est le premier à cumuler très clairement les deux titres. Une rivalité 55 importante existe entre lui et son successeur, Albinus , toujours présent en 581 lorsqu’il s’agit d’obtenir l’évêché d’Uzès (Albinus décède cette même année). La même année, Jovinus est arrêté par Gontran avec l’évêque de Marseille Théodore.Le successeur d’Albinus a un parcours intéressant : 56 en 565, Dynamius est à la cour de Sigebert lorsqu’il rencontre Venance Fortunat (Carm.V I, 10). Deux ans plus tard, le même poète lui adresse deux poèmes ; il est alors en poste à Marseille, en prise avec les affaires judiciaires de la cité. Il devientrector Provinciæpeut-être à la mort de Sigebert ; on sait de façon certaine 57 qu’il occupe cette fonction en 581 . Childebert II a seulement 5 ans lorsqu’il est mis en possession de son royaume. C’est Gontran, son oncle, qui va donc gérer pour lui son royaume. Dynamius est ainsi avant tout l’homme de Gontran. Neuf ans plus tard, Childebert 58 récupère sa part de Marseille , mais Dynamius reste à son poste. En 581, ce dernier met en place Albinus sur l’évêché d’Uzès, puis Marcellus contre la volonté de Jovinus et sans avertir Childebert II. Il empêche l’agent de Childebert, Gundulf, de rentrer dans Marseille et 59 complote contre l’évêque Théodore . Par la suite, il doit prêter allégeance à nouveau à Childebert. Remplacé au plus tard en 587 par Nicetius, il est ensuite mentionné dans les lettres de Grégoire comme patrice etrectordu 60 61 patrimoine de l’Église en Gaule . Marié à Eucheria , il meurt à 55 ans, peut-être en 595. Le lieu d’ensevelisse-ment du gouverneur et de sa femme, la basilique Saint-Hippolyte mentionnée dans l’épitaphe, peut corres-62 pondre à un édifice situé sur ses propres terres . 63 Nicetius qui lui succède est le mari d’Eusthenia, nièce de Grégoire de Tours. Ancien duc d’Auvergne,
il est cité commerector Massiliensis Provinciæen 587 selon Grégoire de Tours (HFVIII, 43) puis comme patrice l’année suivante (HFIX, 22). Il est peut-être resté en poste jusqu’à la mort de Gontran. L’origine des recteurs de la Provence marseillaise est intéressante. Bodegiselus est marié à Palatina, fille de l’évêque Gallomagnus (évêque de Troyes) ; il est peut-être originaire du royaume austrasien, comme un second 64 Bodegiselus , fils du gallo-romain Mummolenus de Soissons. Jovinus est peut-être originaire du sud-ouest de la Gaule si son père est bien l’évêque d’Eauze. Albinus est relativement inconnu. En revanche Dynamius est certainement originaire de Provence occidentale, tandis que son successeur Nicetius inaugure la présence des Auvergnats. Le recrutement, assez hétérogène, laisse place à une véritable ascension sociale dans l’ensemble du royaume austrasien. Ce réseau a été particulièrement bien étudié par Bruno Dumézil, qui met en connexion tous ces personnages et montre les temps forts de leur 65 action commune et leur déclin vers la fin du siècle . Une réelle délimitation territoriale existe entre les deux royaumes en Provence puisqu’en 568, le patrice Celsus vient libérer Arles assiégée par les troupes de Sigebert qui voulaient s’en emparer ; au passage Celsus prend Avignon qui était austrasienne. E. Duprat a montré la présence d’un véritable couloir austrasien reliant l’Auvergne à Marseille, ville qui reste indivise entre les deux rois. Ce couloir comprend une bande du territoire d’Avignon avec le passage de Bonpas, une partie du territoire d’Aix avec Vernègues et tout le 66 territoire de Marseille . Des forts devaient scander ce paysage, marquant ainsi le besoin de protéger la route reliant l’Auvergne à Marseille.
Lors de la réunification des royaumes par Childebert II, il est probable que le gouverneur austrasien a disparu au profit du patrice bourguignon. C’est ainsi que l’on peut 67 comprendre la mention de Dynamius patrice en 593 . 68 Il est remplacé, probablement à sa mort, par Arigius , nouvellement en place lorsque le pape Grégoire lui écrit en avril 595. Une seconde lettre de Grégoire, écrite en 69 juillet 596 , nous le montre toujours en fonction après la mort de Childebert II (qui intervient le 28 mars) ; ceci tendrait à prouver que l’on ne revient pas à la division 70 de la Provence entre Bourgogne et Austrasie . Nous lui connaissons un possible successeur, Quolenus, nommé 71 72 par Thierry II en 599 puis Asclepiodotus . Celui-ci est 73 connu par des lettres du pape Grégoire de juillet 599 et juin 601, qui lui recommande Candidus, lerector patrimonii Sancti-Petrien Gaule. Il s’agit probablement du même personnage que le référendaire de Gontran, que celui présent au Concile de Valence (583/585), et que l’Asclipiodus qui certifie un décret de Childebert 74 II en 596 . De la mort de Sigebert à celle de Gontran, l’adminis-tration de ce couloir est commune entre l’Austrasie et la Bourgogne, Gontran, sans enfant, ayant adopté son 75 neveu Childebert II . Ceci peut peut-être expliquer
47 PLRE IIIAs.v. Ennodius 1. 48 R. B,Die Provence …, p. 92. De façon étonnante, il n’apparaît pas dans la PLRE. 49Cf. suprap. 11, n. 31 50 PLRE IIIAs.v. Bodegiselus 1. 51 Venance Fortunat,Carm. , 5. Voir M. F, « La Provence de Grégoire de Tours à l’an mille…», p. 452. 52 Faut-il assimiler le terme deductor àdux? C’est le parti pris par la PLRE qui le dit «dux […] in Provence […] and in Austrasia». Le poème utilise au vers suivant (20) le terme de «rectoremque», qui serait plus conforme à la fonction marseillaise. 53 PLRE III A,s.v. Iovinus 1. Il est nommé plus tard évêque d’Uzès par Childebert II en 581 en remplacement d’Albinus ; il s’est heurté à une vive résistance et n’a jamais été consacré. 54 Peut-être l’évêque d’Eauze, mentionné dans les conciles d’Orléans de 533, 541 et 549 et au concile d’Eauze de 551. 55 PLRE III A,s.v. Albinus 2. Voir M. F, «La Provence …», p. 452-453. Il devient évêque d’Uzès en 581, à la suite de Ferréol. 56 PLRE IIIA,s.v. Dynamius 1. 57 Grégoire de ToursHF, VI, 7. 58 Grégoire de ToursHF, VI, 33 ; on peut supposer avec le reste du couloir austrasien. 59 B. D, «Culture et politique (II). Gogo et ses amis…», p. 581-584 a une lecture intéressante de tous ces événements. Il les met en rela-tion avec la décomposition du groupe créé autour de Gogo, après la mort de celui-ci, et l’émergence d’un nouveau groupe antagoniste autour de Brunehaut et de son jeune fils Childebert. 60 MGH,Ep. Greg., III, 33 (avril 593) ; VI, 6 (septembre 595) : il n’est plus en fonction (du fait de la maladie ?), il est déjà remplacé par Arigius en avril 595 (MGHGreg.V, 31). B. D, «Culture et politique (II). Gogo et ses amis…», p. 586-587. 61 PLRE IIIA,s.v. Eucheria. 62 Jean Guyon (que je remercie ici) compare cette mention à celle de l’évêque de Vaison, Pantagathus «qui fut enterré dans une basilique Saint-Vincent (désignée par une formule,ecce cum sociis paribusque suis Vincentius ambit hos aditos, qui rappelle d’assez près celle de l’épi-taphe de Dynamius, martyris Yppoliti limina sancta tenent) ; le couple a pu être inhumé «sur ses propres terres» (malluit hic propriæ corpus commitere terræ, ainsi qu’il est dit pour Pantagathus), donc, peut-être — mais ce n’est là, bien sûr, qu’une hypothèse de plus, sur un domaine rural, du type de La Gayole, comme ce fut sûrement le cas pour cet autre «grand» qu’était Innodius Felix» (information inédite de Jean Guyon). Marc Heijmans précise qu’il existe un lieu-dit Saint-Hypolithe à Raphèle, à peu de distance d’Arles. 63 PLRE IIIB,s.v. Nicetius 3. 64 PLRE IIIA,s.v. Bodegiselus 2. 65 B. D,Culture et politique (II). Gogo et ses amis…. 66 E.-H. D, «La Provence dans le haut Moyen Âge. I. Le couloir e austrasien du  siècle», dansInstitut historique de Provence - Mémoire et bulletin, 21 (1944), 1943-1944, p. 36-65 ; Vernègues vient deAlver-nicum, «l’Auvergnat». G.  M,La Provence du premier au douzième siècle…, p. 35-47. 67 MGH, Ep. Greg., 33. 68 PLRE IIIA,s.v. Arigius. R. B,Die Provence …, p. 96. Voir les filia-tions que propose J.-P. Poly, «La “petite Valence”…,p. 158 n. 94. 69 MGH Grég. Ep., VI, 56. 70 Nous n’avons pas de mention derector Provinciædurant toute cette période. Les mentions historiques qui concernent les deux frères éodebert II et ierry II les montrent toujours très liés entre eux jusque vers 610, faisant lutte commune contre leur cousin Clotaire II ou contre les Gascons. Toutefois, lorsque intervient la donation de la e villa de Flassans dans le premier quart du  s., c’est le roi ierry qui, normalement en tant que roi de Bourgogne, en est l’auteur. 71 Fred. IV, 18. PLRE IIIBs.v., comme R. B,Die Provence …, p. 102, en font un patrice de Bourgogne. 72 PLRE IIIA,s.v. Asclepiodotus 4. R. B,Die Provence …, p. 96. 73 Le remplacement rapide de Quolenus est probablement dû à la peste que Frédégaire signale juste après sa nomination. 74 MGHCapi,I, p. 17. 75 R. BUSQUET,Histoire de Marseille, Paris, 1945, p. 52 ; Grégoire de Tours, HFV, 17. 76 Grégoire de Tours,HFVI, 2. E.-H. D, «Les relations de la Provence e et du Levant du V siècle aux Croisades», dansCongrès français de la
Syrie (3, 4 et 5 janvier 1919). Séances et travaux. Fascicule II,section d’ar-chéologie, histoire, géographie et ethnographie, Marseille, 1919, p. 78. Il ne peut s’agir de l’abbé de Saint-Victor car à cette date c’est une basilique funéraire et non un monastère (cf. infra). 77 Grégoire de Tours,HF11. E.-H. D, «Les relations de la VI, Provence et du Levant», p. 78. 78 Grégoire de Tours,HFVI, 24 sq. Ce personnage a donné lieu à une e certaine controverse au  s., quand certains ont proposé de voir dans son aventure une tentative d’emprise de l’Empire Byzantin. L. B, «La question Gondovald», dansMémoires de l’Académie des Sciences Belles-Lettres et Arts de Marseille, 1884-1885, p. 409-442. e e 79 Quatre ateliers sont connus au cours des  et  s. : Marseille (MASouMA), Arles (AR), Uzès (VC) et Viviers (VIVA), ces deux derniers en territoire austrasien. S. E. R, «An imperial coinage in southern Gaul in the sixth and seventh centuries», danse Numismatic chronicle, , 1954, p. 93-133, pl. VII-VIII. Plus récemment, P. G, M. B,Medieval European Coinage with a Catalogue of the Coins in the Fitzwilliam Museum, Cambridge, 1,e Early Middle Ages (5th-10th centuries), Cambridge, 1986 p. 128sq. 80 J. L, «Tiers de sou de Clotaire II frappé à Marseille», dansBulle-tin de la Société française de numismatique, 41, 1986, 9, p. 106. 81 Concile d’Orléans V. Sur les relations entre évêques et rois, B. B, «Les rapports entre le pouvoir politique et le pouvoir ecclésiastique e e en Provence du  au  siècle», dansAlbenga città episcopale. Tempi e dinamiche della cristianizzazione tra Liguria di Ponente e Provenza, a cura di Mario Marcenaro, Genova-Albenga 2007, p. 89-107. 82 B. D, «Culture et politique (II). Gogo et ses amis582,», p. 584-585 et 587. 83 É. M-N, «Du royaume des civitates au royaume des e honores. Episcopatus, comitatus, abbatia dans le royaume franc (VI -e IX siècle)», dans C. L éd.,La fin de la cité antique et le début e de la cité médiévale de la fin du III siècle à l’avènement de Charlema-gne, Actes du colloque tenu à l’Université de Paris X-Nanterre les 1, 2 et 3 avril 1993, Bari, 1996, p. 317-318. Elle cite en particulier le texte de Grégoire de Tours concernant Marseille en faisant ressortir «Sed Dinamius […] dicens quod partem sibi debitam civitatis per episcopum perderet […]» (VI, 11). e e 84 J. G, «Les premiers temps chrétiens à Marseille (V -VI siècles) : une Église en quête et enjeu de pouvoir», dansMarseille, face au(x) pouvoir(s). Actes du colloque, Marseille 4-5 février 2000, Marseille, 2002, p. 17-19 ; M.-O. G, «Quand la sainteté sauvait de la politique. éodore de Marseille», dansMarseille, 86, 1971, p. 52-56. GCNN n° 31. 85 Sur cet évêque, voir P.-A. A, «Querelle des images à Marseille, en 600», dansMarseille, 117, 1979, p. 90-91, qui donne une traduc-tion partielle des lettres, et l’article récent de L. Pietri, «Serenus de Marseille et Grégoire le Grand : une première querelle des image, dans Historiam persecutari», dansMiscellanea di studi offerti al prof. Otto-rino Pasquato, Rome, 2002, p. 327-341. 86 MGHEpis Greg., VI, 52 (23 juillet 596), VII, 208 (juillet 599), XI, 10 (octobre 600) et IX, 52 (juin 601). Voir GCNN, Marseille, n° 34-37. 87 E.-H. D, «Les relations de la Provence et du Levant …», p. 78. 88 VoirAA SS, 2 août (p. 157 sq.). 89 J.-P. P, «La “petite Valence”…», annexe I, 3, p. 172, n°11. 90 E. M-N, «Du royaume descivitates au royaume des honores…», p. 315-316. 91 J. G, «La topographie chrétienne des villes de la Gaule», dans J.-U. K, C. W éd.,Die Stadt in des Spätantike-Niedergang oder Wandel ?, Stuttgart 2006. 92 Grégoire de Tours (HF, IV, 5) la mentionne à Arles en 549. 93 Grégoire de Tours,HF, IX, 21-22 ; Frédégaire IV, 18. 94 Pour une vue d’ensemble des villes provençales à cette époque, voir la récente synthèse de J. G, «Les villes de Provence à l’aube du Moyen Âge», dans X. D, P. P, M. K dir.,La Médi-terranée et le monde mérovingien : témoins archéologiques. Actes des e XXIII Journées internationales d’archéologie mérovingienne. Arles, 11-13 octobre 2002, Aix-en-Provence, 2005, p. 29-44. 95 On se reportera à l’article d’H. T, «Les caves Saint-Sauveur et les forums de Marseille», dans M. B, H. Tet al. éd., Marseille. Trames et paysages urbains de Gyptis au roi René. Actes du Colloque international d’archéologie. Marseille, 3-5 novembre 1999, Marseille, 2001, p. 213-223 ; L.-F. G, M. M, H. T, Lieux et monuments publics de Marseille antique, dans M. B, H. Tet al.éd.,Marseille. Trames et paysages urbains de Gyptis
l’attitude de Dynamius, hostile à l’évêque Théodore, partisan des austrasiens. Les liens avec l’Orient et le monde byzantin passent par Marseille. On connaît cette ambassade de Chilpéric qui, revenant de Byzance, s’apprête à débarquer à Marseille ; les rivalités entre rois francs la détournent vers 76 Agde . À la même époque, est mentionné un « abbé » 77 Anastase, probablement d’origine grecque . Le même Théodore facilita la venue en Provence de Gondovald, er 78 soi-disant fils de Clotaire I exilé à Byzance . Autre signe de cette influence, l’atelier monétaire de Marseille frappe des pièces au nom de Justin II (565-578), Maurice 79 Tibère (582-602) puis Phocas (602-610) . Il prend de l’importance avec l’invasion de l’Italie du Nord par les 80 Lombards, à partir de 575 .
Nous connaissons bien deux évêques de cette période : Théodore et Sérenus. Théodore est un fidèle austrasien, probablement nommé par Sigebert ; en effet, depuis 549, l’élection d’un évêque doit se faire avec l’appro-81 bation du roi . Il est cité pour la première fois par Venance Fortunat en juillet/août 566. Chez Grégoire de Tours, Théodore, dans l’orbite du roi austrasien, apparaît en désaccord fréquent avec Gontran, d’où des conflits particulièrement célèbres avec Gontran. Ce dernier fait emprisonner à plusieurs reprises l’évêque, une fois même sur dénonciation de Dynamius,rector Provinciæcensé pourtant représenter le roi austrasien. Théodore fait partie du même groupe aristocratique que Dynamius ; cependant la mort du principal d’entre eux, Gogo, entraîne ses différents membres dans des rivalités 82 importantes . Dans l’affaire qui oppose Dynamius à Théo-dore, le roi Gontran manœuvre pour chasser l’évêque et ainsi récupérer la moitié de Marseille qui était sous le contrôle de Childebert II. D’après Élisabeth Magnou-83 Nortier , les deux moitiés devaient être physiquement distinctes pour permettre un partage des revenus associés. Nous ne nous étendrons pas plus sur les démêlés de cet évêque avec Gontran, ces passages de l’histoire de Grégoire de Tours ayant déjà été largement 84 commentés .Son successeur, Serenus est célèbre pour avoir détruit les images des saints dans toutes les églises 85 de son diocèse . Il est connu seulement par des lettres du 86 pape Grégoire le Grand qui, pour deux d’entre elles, recommandent à son attention des missionnaires qui partent pour l’Angleterre en passant par Marseille.Les deux autres lettres concernent la destruction des images religieuses. Bien qu’intervenant plus d’un siècle avant la querelle des iconoclastes, il est possible que Serenus ait été inspiré directement par les courants de pensée byzantins, témoins de l’influence de Constantinople à 87 Marseille .D’après la légende, Serenus meurt de retour de voyage de Rome après avoir rencontré le pape Grégoire le Grand, à Biandrate près de Verceil (Piémont, province de Novara). La tradition date ce décès de 601 88 mais cela n’est pas certain . Il fait depuis l’objet d’un culte particulier dans l’église où il avait été enterré. Il reste difficile d’expliquer que Serenus ait dû remonter aussi haut dans le Piémont pour aller à Marseille. Soit
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il se rendait dans le nord de l’Italie, soit il ne s’agit pas de l’évêque de Marseille.L’évêque succédant à Serenus est peut-être le Peter mentionné au concile de Paris de 614. Jean-Pierre Poly a proposé une correction du nom, probable abréviation de copiste, en Petrus ou 89 Petreius . Nous le suivrons volontiers, le nom de Peter 90 étant un hapax.a bien faitÉlisabeth Magnou-Nortier ressortir la dépendance de l’évêque vis-à-vis du roi dans e cette Gaule de la seconde moitié duV Iles exempless. ; tirés de Grégoire de Tours l’illustrent bien. Pour elle, les revenus étaient partagés à part égale entre lecomitatuset l’episcopatus. Néanmoins, l’évêque est un des person-nages majeurs de la cité.
e La ville auVIsiècle (fig. 2) La cité est à cette époque l’héritière directe de la ville romaine. Nous verrons que des transformations ont e déjà été opérées dans le courant duVs. mais fondamen-talement la ville reste très proche de ce qu’elle était au Bas-Empire, à l’exception notoire des monuments du 91 e christianisme . Au milieu duV Is., Marseille a proba-blement souffert, comme toute la Provence de la Peste 92 dite « de Justinien » . L’épidémie revient par vagues 93 successives en 588 et 591 puis 599 . L’apport des fouilles archéologiques récentes permet d’étudier plus en détail, par grands secteurs géographiques, l’organi-e 94 sation de la ville duV Is.
Les quartiers dominant le port Le cœur de la ville, leforum, est encore semblable à 95 ce qu’il était durant les siècles précédents : une vaste place dallée, limitée au nord par le bâtiment des Caves Saint-Sauveur et à l’ouest par le théâtre peut-être 96 partiellement intact . Nous ne connaissons pas la partie supérieure, correspondant à l’actuelle place de Lenche. Il est presque certain que le bâtiment qui surmontait les Caves ouvrait au nord sur cet espace qui devait constituer le « forum supérieur » du Panégyrique 97 ancien de Saint-Victor . Le texte précise en outre qu’un temple se trouvait sur ceforum. On a pu dire que cette répartition correspondait à une division de la ville entre Austrasiens et Bourguignons. Il n’en est probablement rien puisque cette configuration remonte à la ville romaine avec une partie haute qui s’appa-rente à un forum romain classique (place avec temple et probablement la basilique [au-dessus des Caves de Saint-Sauveur ?]) et une partie basse qui regroupe des aspects plus civils. De tous les emplacements, c’est celui du forum qui correspondrait le mieux au siège durector Provinciæ. Ceci explique très certainement la conserva-tion de cet ensemble encore au siècle suivant.À l’ouest duforum, des niveaux d’occupation (avec foyer) sont 98 attestés au niveau de la chapelle Saint-Jean . D’autres traces datant de l’Antiquité tardive ont été relevées lors du creusement du tunnel du Vieux-Port, sans véritable 99 stratigraphie . Le long du port, les anciens entrepôts àdolia sont e 100 désaffectés dès leVC’est probablement l’envase-s. . ment du port qui entraîne un déplacement des entre-
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pôts (le long de la nouvelle ligne de rivage ?) ou peut-être également un nouveau mode de conditionnement des marchandises puisque ledoliumsemble ne plus être utilisé à cette époque. Sur la fouille de la place Jules-Verne, l’envasement du port à la fin de l’Antiquité 101 est manifeste ; un habitat avec artisanat du métal se e 102 développe sur ce comblement (auV Is. ?) , signe d’un accroissement rapide de population. L’ancien ruisseau descendant des Accoules qui se déversait dans le port (et qui a dû contribuer à son envasement lors de la crise érosive) est canalisé plus à l’est au moyen de gros blocs de remplois, ce qui témoigne d’une continuité de l’action municipale. Plus à l’est, les anciens thermes du port sont toujours en élévation, bien que leur occupation ne soit plus liée au soin du corps depuis un siècle environ et que tout 103 le front de mer ait disparu . L’activité métallurgique, e qui est attestée dans ce secteur auVs., se prolonge e dans la première moitié duV Is. Des transformations s’opèrent dans la seconde moitié du siècle au nord, où l’atelier de métallurgie disparaît, ainsi qu’au sud-ouest : l’habitat qui s’était développé contre le mur occidental des thermes est détruit. À sa place, on restitue un axe de circulation nord-sud.La moitié sud de la palestre est e occupée (vers la fin duVs.) par un bâtiment qui se diffé-rencie des constructions environnantes par la massivité 104 de ses murs . Il est bordé à l’ouest par le nouvel axe de
e Fig. 2.s. (M. Bouiron/Ville de Nice)Marseille au 
circulation ; un espace ouvert s’étend à l’est, probable jardin du fait de la présence de fosses (d’arbres ?). La petitesse des pièces organisées de part et d’autre d’un mur médian et la massivité des murs permettent de restituer un bâtiment avec étage et toit à deux pentes ; s’agit-il d’un entrepôt ? Grégoire de Tours mentionne l’arrivée de marchan-dises dans lecataplus, c’est-à-dire la zone de déchar-105 gement des marchandises . On doit probablement la chercher sur la rive nord. Proche de la zone de la Bourse, l’opération de la Surverse Vieux-Port a fourni l’opportunité d’explorer la partie orientale du portintra 106 muros. Les sables qui s’accumulent ici ensevelissent e l’ancien quai romain duI I Is. Cette partie du front de mer n’est qu’une plage ; il faut chercher plus au nord l’habitat de cette époque.Le secteur de la Bourse est un point important de l’occupation urbaine. Il faut noter ici la permanence de l’enceinte hellénistique et les deux portes que l’on connaît sur la face orientale de l’enceinte : la porte d’Italie (Jardin des Vestiges) protégée par un e e 107 avant-mur du 3 quart duVla probable porte des. et 108 la rue Colbert . Toutes deux restent ouvertes au cours e duV Is. comme l’attestent les fouilles de la Bourse et de l’Alcazar. Dans les deux cas, nous n’avons pas d’indica-tion sur l’occupationintra muros.
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au roi René…, p. 207-209. Pour une vision plus large de la survie des édifices antiques, M. H, «La place des monuments publics du Haut-Empire dans les villes de la Gaule méridionale durant l’Anti-e e quité tardive (IV -VI s.)», dans M. H et J. G dir.,Antiquité tardive, haut Moyen Âge et premiers temps chrétiens en Gaule méridio-nale,Gallia, 63, 2006, p. 25-41. 96 Voir au chapitre suivant les arguments qui nous font repousser le e démantèlement définitif du théâtre au début du  s. Il est en tout e cas tout à fait possible que le théâtre ait été dès le V s. envahi par l’habitat comme on le rencontre fréquemment, par exemple, N. N, «L’occupation du théâtre d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) durant l’Antiquité tardive», dans M. H et J. G dir.,Anti-quité tardive, haut Moyen Âge et premiers temps chrétiens en Gaule méridionale,Gallia, 63, 2006, p. 43-45 97 Voir la traduction partielle de J.-C. M dans M. B, J. G coll., H. T coll., IV-B, Corpus des principales sources littéraires sur Marseille antique, dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alen-tours, Paris, 2005 (Carte archéologique de la Gaule, 13/3), p. 153-154. e Ce texte pourrait dater précisément du  s. J.-C. M, Saint-Victor de Marseille. Les récits de sa passion. Città del Vaticano, 1995 ; J.-C. M, J. G,Autour de la tombe de Saint-Victor de Marseille. Textes et monuments commémoratifs d’un martyre. Marseille, 2000. J. G, «Les premiers temps chrétiens à Marseille …», p. 19-20. 98 [M.-P. R], «5 La chapelle de la Commanderie, au fort Saint-Jean», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 314. 99 L.-F. G, M.-P. R, «7 Le tunnel du Vieux-Port», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 314-315. e 100 À Ostie, ce type d’entrepôt est en usage encore au  s. 101 Information de Françoise Paone. 102 La fouille de la place Jules-Verne a été partielle pour l’Antiquité tardive ; deux zones seulement ont été réellement fouillées, l’une dans l’angle nord-ouest et la seconde au sud d’où les plans très fragmen-e e taires qui sont publiés pour les  - s. Voir les quelques indications dans [M.-P. R], «52 [Place Jules-Verne]. 4 - L’habitat de la fin de l’Antiquité», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 371, et A. H, «Le Port», dans A. H, M. M, F. C, M. B,Parcours de villes. Marseille : 10 ans d’archéolo-gie, 2600 d’histoire. Marseille-Aix-en-Provence, 1999, p. 73. 103 C. C, P. M, K. Met al.,58 Espace Villeneuve-Bargemon. 4. L’Antiquité tardiveR, H. T,, dans M.-P. Marseille et ses alentours…, p. 387. 104 C. C, F. P, «Éléments de synthèse des niveaux de l’An-tiquité tardive», dans P. M dir.,Espace Bargemon - Marseille (13), Marseille, 2005 (Document Final de Synthèse), p. 413-414. 105 S. L, «Le devenir économique de la cité dans la Gaule des e e V -IX siècles», dans C. L éd.,La fin de la cité antique et le début e de la cité médiévale de la fin du III siècle à l’avènement de Charlema-gne, Actes du colloque tenu à l’Université de Paris X-Nanterre les 1, 2 et 3 avril 1993, Bari, 1996, p. 292-293. 106 B. S dir.,D’un quai à l’autre. Bassin de stockage Sadi-Carnot, Surverse Vieux-Port, Rue de la République à Marseille (Bouches-du-Rhône)54 et, 1, Marseille, 2007 (Document Final de Synthèse), p. 166-167. 107 M. B, «L’avant-mur tardif sur le chantier de la Bourse», dans M. B, H. Tet al.éd.,Marseille. Trames et paysages urbains de Gyptis au roi René…, p. 59-62. 108 M. B, H. T, «Une porte antique sous la rue Colbert ?», dans M. B, H. Tet al.éd.,Marseille. Trames et paysages urbains de Gyptis au roi René…, p. 63-73. 109 M. B, L.-F. G, «La butte des Carmes pendant l’Anti-quité», dans M. B, H. Tet al.éd.,Marseille. Trames et paysages urbains de Gyptis au roi René…, p. 128-129. B. B, «107 Butte des Carmes», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alen-tours…, p. 526. 110 [M.-P. R], «12 Sur le parvis de l’église Saint-Laurent», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 317 ; [M.-P. R], «13 À l’intérieur de l’église Saint-Laurent», dans M.-P. R, H. T, Marseille et ses alentours…, p. 318. 111 L.-F. G, «15 Sur l’esplanade de la Tourette (fouilles Benoit XV)», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 321. 112 M.-P. R, L.-F. G, M. M, «78 [Rue de la Cathédrale]. e e 5 - L’Antiquité tardive (l’état 5 des  - siècles)», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 422-423.
113 Voir par exemple J. G, «Émergence et affirmation d’une topo-graphie chrétienne dans les villes de la Gaule méridionale», dans M. H et J. G dir.,Antiquité tardive, haut Moyen Âge et premiers temps chrétiens en Gaule méridionale,Gallia, 63, 2006, p. 97 ; F. P, M. B, «Le groupe épiscopal de Marseille. Nouvel-les données», dans M. B, H. Tet al. éd.,Marseille. Trames et paysages urbains de Gyptis au roi RenéF.p. 225-234 ;  …, P, M.-P. R, «84 Vieille Major», dans M.-P. R, H. T, Marseille et ses alentours…, p. 453-463. Voir également M. V-T,Les monuments religieux de la Gaule d’après les œuvres de Grégoire de Tours, Paris, 1976, p. 158-160. 114 L’observation d’un vestige de pilier de la première cathédrale, dégagé dans la fouille de Françoise Paone, a montré que le bloc était un remploi (cadre d’anathyrose visible sur un côté). On ajoutera égale-ment les blocs retrouvés lors des fouilles du tunnel de la Major, prove-nant de monuments antiques démontés : R. P, «83 Tunnel de la Major. 8 - Les blocs d’architecture», dans M.-P. R, H. T, Marseille et ses alentours…, p. 452-453. 115 L’ouvrage de F. R,La Major et le premier baptistère de Marseille, Marseille, 1905, est notre seule source sur ces fouilles. 116 C. B, S. B, J.-L. Bet al., «83 Tunnel de la Major. 7 L’Anti-quité tardive», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 446-452. 117 [M.-P. R — M. M], «100 [Place des Pistoles]. 4 - L’Antiquité tardive», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours …, p. 495. 118 [M.-P. R, P. R], «101 [Bon-Jésus]», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 499. 119 F. C, S. B, M.-P. R, P. M, «97 [9 rue Leca]. 6 -Les phases IX-XI de l’Antiquité tardive», dans M.-P. R, H. T, Marseille et ses alentours…, p. 482-483. 120 Il apparaissent en grisé dans la fig. 537 de F. C, S. B, M.-P. R, P. M, «97 [9 rue Leca]. 6 - Les phases IX-XI de l’Antiquité tardive», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 480. e 121 M.-P. R, «103 [Îlot 24 N]. 4 - Les états 9 à 11, de la fin du  s. au e  siècle», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 507. 122 F. P dir., B. S, N. S etal.,14 rue Trinquet, Marseille. Rapport final d’opération, 1, Nîmes, 2008. 123 B. S dir.,Parking République à Marseille (Bouches-du-Rhône), Marseille, 2007 (Document Final de Synthèse), p. 86-89. 124 J. G, «Les cimetières de l’Antiquité tardive», dans M. B, H. Tet al.éd.,Marseille. Trames et paysages urbains de Gyptis au roi René…, p. 356-357. 125 M. M, «138 Au n° 1 bis, rue Malaval», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 566-571 ; M. M, S. B, M. B, «La céramique de la basilique paléochrétienne de la rue Malaval à Marseille : approche prélimitaire», dans M. B, J.-C. T éd., LRCW 2Late Roman Coarse Wares, Cooking Wares and Amphoræ in the Mediterranean. Archæology and archæometry, 1, Oxford, 2007, p. 275-285. M. M, «La basilique funéraire de la rue Malaval à Marseille (Bouches-du-Rhône)», dans M. H et J. G dir.,Antiquité tardive, haut Moyen Âge et premiers temps chrétiens en Gaule méridionale,Gallia, 63, 2006, p. 131-136. 126 L’étude des monnaies conduit à dater l’abandon de l’église autour du e milieu du  s. J. B-P, J. F, M. M, «Les monnaies de l’église funéraire paléochrétienne de la rue Malaval à Marseille, bilan préliminaire», dansBulletin de la Société française de numismatique, 62, 2007, 7, p. 160-165. 127 M.-P. R, «146 dans le cœur de l’îlot Sainte-Barbe. III L’Antiquité tardive», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 576-577.
La ville vers le nord Il faut remonter jusqu’à la Butte des Carmes pour 109 trouver des vestiges datant de cette période . Un quartier d’habitation se développe à l’emplacement de l’ancien espace artisanal. La présence probable d’eau (déjà nécessaire pour les potiers à l’époque romaine) et d’une porte dans l’enceinte a dû favoriser cette installation. À proximité du sommet de la butte Saint-Laurent, e des aménagements sont perceptibles pour leV Is. dans 110 et autour de l’église Saint-Laurent . Malheureusement, l’étroitesse des fouilles et la difficulté de compréhen-sion des vestiges antiques rend pour l’heure impossible une quelconque interprétation. Un peu plus loin sur la butte, les fouilles de F. Benoît ont mis en évidence une 111 occupation qui prolonge celle desdomusantiques .Sur la pente nord de la butte Saint-Laurent, la fouille 112 de l’Îlot 55 a montré la permanence de l’habitat dans la cette zone. Un puits de l’époque grecque est remis en e fonction au cours duVs. ; son comblement s’échelonne e e e entre leV et leV I Is. Durant leV Is., l’habitat antique reste utilisé dans les mêmes emprises. Le versant nord de la butte est donc toujours densément occupé durant tout le siècle.Au nord, la cathédrale et le baptistère, érigés au début e duVs. sont des édifices majestueux ; ils constituent un 113 des plus grands groupes épiscopaux de Gaule . Les vestiges qui en sont conservés ne permettent pas de restituer de façon certaine la cathédrale. Elle était bâtie en calcaire rose, avec des blocs provenant vraisembla-blement du démontage d’un ou de plusieurs monuments 114 antiques . Les mosaïques retrouvées attestent de la qualité de la construction. Des tuiles vernissées fabri-quées probablement par des ateliers africains de sigillée claire D composaient sa couverture.Le baptistère, situé au nord de la cathédrale, nous est mieux connu par les e 115 découvertes duX I Xproximité immédiate de las. À 116 cathédrale, la fouille du Tunnel de la Major complétée par les sondages de l’avenue Vaudoyer et ceux préala-bles à la fouille, témoignent des transformations du quartier après la construction de la cathédrale. Au pied de la butte Saint-Laurent, l’habitat antique, reconstruit e au cours duVs. est toujours utilisé. Des modifications internes ont été mises en évidence par la fouille ; elles indiquent combien ce quartier, proche de la cathédrale, e a été attractif auV Is.Plus au nord, le monument romain e qui borde l’ancien vallon est démonté au cours duVs. Il est remplacé par un habitat, qui connaît lui aussi des modifications internes.À l’est de la cathédrale, plusieurs bâtiments sont attestés. Les destructions occasionnées e par un collecteur duX I Xs. ne permet malheureuse-ment pas de bien analyser les vestiges. Plusieurs états sont néanmoins perceptibles pour ces constructions qui semblent correspondre là encore à de l’habitat. Il faut noter en outre la disparition de la voie située immédia-e tement au sud de la cathédrale au début duV Is. ; le bâti se réorganise en conséquence par dessus.Au nord, à proximité de l’anse de l’Ourse, un bâtiment assez presti-gieux, avec chauffage par hypocauste, est construit au
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e Vs. La fouille récente (2008) a montré qu’il s’agissait du palais épiscopal. Les versants nord de la butte des Moulins et des Carmes ont été observés en plusieurs points : la fouille des Pistoles, de l’Ilot 24 N et de la rue Leca sur le piémont de la butte des Moulins ; la fouille de République Nord sur la pente nord-ouest de la butte des Carmes.La fouille des Pistoles a montré la réoccupa-tion de certaines pièces de l’habitat antique au cours due 117 V Iainsi que la permanence de l’utilisation des rues.s. , Il en est de même à quelque distance de là, sur le site du 118 Bon Jésus .À l’inverse, sur la fouille de la rue Leca, la continuité d’occupation des anciennesdomusromaines e 119 est certaine seulement jusqu’auVs. . La construction de nouveaux murs, d’orientation divergente par rapport 120 e aux murs antiques , pourrait dater de la fin duVs. Une occupation lâche du site est manifeste toutefois au cours e duV Is. De la même manière, l’occupation antique de e 121 l’Ilot 24 N semble se transformer après leVs. .Sur la e fouille Trinquet, a lieu auVs. une campagne d’épierre-122 ment systématique des bâtiments antérieurs .La fouille de République Nord témoigne d’une transformation e 123 d’un quartier d’habitat au plus tard à la fin duVs. . Toutefois certains éléments liés à l’évacuation de l’eau e ère semblent être en usage encore auV Imoitié ?).s. (1 e Il apparaît assez clairement que l’on assiste auV Is. à un repli de l’habitat qui délaisse les pentes septentrio-nales des buttes, surtout dans les parties les plus basses. Ces quartiers, qui sont les derniers à avoir été urbanisés e dans l’Antiquité (à partir duI Vs. av. J.-C.), semblent retrouver des allures moins urbaines. Le réseau viaire doit très certainement persister, même si son aspect l’apparente plus à des chemins qu’à de véritables rues. La probable porte des Gaules, au nord, permettant de traverser le vallon de la Joliette n’a jamais dû être fermée. Toutefois, la prédominance de la cathédrale a pu modifier l’importance de certaines voies.
Lesuburbiumet la rive sud Au nord de la ville, l’ancien cimetière du Lazaret est 124 encore en usage . Connu seulement par des fouilles anciennes, la datation des sépultures de l’Antiquité e e tardive est large (V-V Inéanmoins, la nature dess.) ; tombes, comme les inscriptions qui y ont été trouvées sont caractéristiques de ces deux siècles. Son extension va du bord de mer jusqu’à la rue Fauchier (versant nord du vallon de la Joliette), de part et d’autre de la voie sortant de la porte des Gaules et conduisant à Aix.À l’intérieur de cette zone funéraire se trouve la basilique 125 funéraire fouillée à la rue Malaval , fondée au début e duVs. en bordure de la voie principale. Elle semble e être encore intacte auV Is. et concentre les sépultures autour d’unememoriasituée dans le chœur, mais égale-126 ment dans la nef et les enclos attenants à l’édifice .
Au nord-est de la ville, face à la butte des Carmes, e e les vestiges d’un habitat suburbain desV-V Is. ont été 127 rencontrés sur le site de Sainte-Barbe , sur l’emprise de l’ancienne nécropole disparue depuis deux siècles. Le
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faubourg de potiers médiéval et les bâtiments modernes n’ont pas permis une bonne conservation des vestiges. Toutefois, il faut certainement imaginer dans le vallon une occupation telle qu’on la trouve sur toute la frange orientale de l’espace suburbain. La découverte, plus au sud (fouille de l’îlot Puget III), de restes d’habitations semble bien indiquer un prolongement, sans doute sans réelle discontinuité de 128 ces constructions suburbaines . Comme pour la fouille de Sainte-Barbe, l’habitat prend place sur une ancienne nécropole romaine. Plus à l’est, le site de l’Alcazar présente une occupa-e tion importante auV Is., qui succède aux premiers e bâtiments duVs. eux-mêmes implantés sur un ensemble suburbain du Haut et du Bas-Empire. Nous sommes là déjà un peu loin par rapport à la ville ; la nature de l’occupation est plus proche d’un domaine agricole que de l’habitat groupé tel qu’on le trouve au contact de la cité. Plusieurs bâtiments contigus, dont l’occupation semble assez nettement différenciée, sont groupés le long d’une voie sans issue qui date du siècle précédent. De part et d’autre se trouvent des terrains cultivés dont l’un à réseau fossoyé alimenté en eau par un antique bassin toujours en fonction.
Au contact de la porte d’Italie, Jean Guyon a mis e e en évidence un probable cimetière (2 moitié duVs. ?) dont les tombes auraient largement disparu lors des 129 décapages conduits dans l’urgence en 1967 . Il semble e qu’il n’existe plus auV Is. quand se met en place un quartier artisanal et d’habitations, connu aux abords de 130 la voie principale mais qui devait s’étendre largement autour. Au sud-est de ces constructions, il a pu subsister e 131 encore auV Idonts. une probable basilique funéraire on a surtout retrouvé les sarcophages. La comparaison avec l’église de la rue Malaval montre que l’on est en 132 présence d’un édifice plus petit , mais à l’intérieur 133 duquel les tombes sont régulièrement disposées . Les conditions de fouilles ne nous permettent malheureuse-ment pas de préciser la datation de la construction, ni surtout le moment de sa destruction. Des sondages récents autour du Centre Bourse, ont permis de préciser l’occupation de la zone. Un des 134 sondages , implanté au sud-est de la basilique funéraire, a révélé l’existence d’un fossé nord-sud assez large (2 m), e qui remonte probablement au milieu duV Is. Ce fossé s’inscrit dans le réseau général des bâtiments antiques ; il pourrait avoir longé à l’est la basilique funéraire. Un 135 autre fossé nord-sud a été retrouvé plus à l’ouest ; des 136 fossés est-ouest existent au nord du premier ; ils ne sont pas datés mais peuvent être contemporains des autres. Ils ont été creusés à l’emplacement d’anciens e e bâtiments duVs., détruits au début duV Is. Ces réseaux tendraient à prouver une gestion des eaux de surface respectant les alignements du Bas-Empire. En fond de port, le site de la place Général-de-Gaulle e a montré la présence, probablement au début duV Is., d’un niveau de sable provenant d’une plage proche.
e e Vers la fin duV Is./début duV I Is. l’ensemble du site a été nivelé pour aménager des salines, qui font écho au er texte, plus ancien, de Childebert I . Il est possible que les anciennes salines aient été agrandies à ce moment-là ; peut-être se trouvaient-elles primitivement à l’ouest de la fouille, au contact du rivage.
Sur la rive sud, les seules découvertes attestées pour cette période se réfèrent au monde des morts. Dans la partie orientale, à proximité de la chapelle Sainte-Catherine, la e découverte en deux temps auX V I Is. de tombes de l’Anti-quité tardive (dont l’une était identifiée par l’inscription de la religieuse Eugenia), et des vestiges d’un « grand 137 édifice extrêmement épais » nous renvoie là encore à une basilique funéraire avec des inhumations en sarcophages. À l’ouest, il faut noter la probable basilique funéraire à l’emplacement de l’église Saint-Pierre médiévale. Mais c’est toute la vaste zone de nécropole antique dont l’uti-lisation se poursuit sans interruption depuis l’Antiquité. C’est ici que prend place lemartyriumà l’emplacement de l’abbaye de Saint-Victor, un monument particuliè-rement important, dont les fouilles conduites par le Laboratoire d’archéologie médiévale méditerranéenne 138 (LAMM) ont permis de prendre la mesure . La question se pose malgré tout de la localisation 139 des monastères . Ils ne sont pas, à l’origine, au même emplacement que les zones funéraires. Or ce sont elles (et en particulier les basiliques funéraires) qui vont, à l’époque carolingienne, attirer les refondations monas-tiques. L’exemple est particulièrement frappant pour Saint-Victor. Ne faudrait-il pas chercher leur emplacement à l’inté-rieur de la ville ? On s’intéressera en particulier aux zones les plus septentrionales, où l’on perçoit la déser-tion de l’habitat ; ce pourrait être un parallèle intéres-sant avec le monastère de saint Césaire à Arles. Quant au monastère d’hommes, la situation non loin du port n’implique pas qu’il soit sur la rive sud ; au contraire, l’espaceintra murosest vaste et permettait certainement de l’implanter près de la rive nord. On notera d’ailleurs que dans sa lettre d’octobre 596, le pape Grégoire semble indiquer que c’est une maison proche des bâtiments du couvent de Cassien que donnent Dynamius et sa femme 140 Aureliana .
Marseille de 613 à la mort de Thierry III (691)
e Contrairement auV Is., les sources historiques sont très peu prolixes pour la Provence et Marseille aue V I Is. Pourtant, on pressent que ce siècle fut également riche en événements et en personnages majeurs. Il voit en particulier l’ascension d’une famille austrasienne particulièrement importante, qui est à la souche des Carolingiens. À la mort de Thierry II (613) et de son fils Sigebert II (613), le royaume est à nouveau réunifié par le roi de
128 M.-P. R, M. M, «151 [Ilot Puget III] », dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours…, p. 579. 129 J. G,Les cimetières de l’Antiquité tardive …, p. 357-359. 130 H. T, M. B, M. M, «112 La Bourse (1967-1985 et 1992-1994). 5 - L’Antiquité tardive», dans M.-P. R, H. T, Marseille et ses alentours…, p. 552-553. 131 J. G, «Les cimetières de l’Antiquité tardive», p. 359-360 ; H. T, M. B, M. M, «112 La Bourse (1967-1985 et 1992-1994). 5 - L’Antiquité tardive», p. 551-552. 132 L’édifice de la Bourse fait un peu plus de 11 m de large pour plus de 25 m (?) de long. Celui de Malaval fait 16 m pour plus de 35 m. Étran-gement, le rapport entre les deux semble être √2. 133 La grande densité de sarcophages autour du chœur de l’église de la rue Malaval témoigne de l’importance attachée à la proximité de lamemoria; mais la nef a fait l’objet de récupérations de sarcophages (information M. Moliner). 134 N. S, P. C,ZAC de la Bourse à Marseille (Bouches-du-Rhône), Marseille, 2006, p. 47-49. 135 Dans le sondage 3 : N. S, P. C,ZAC de la Bourse à Marseille…, p. 44-47. 136 Dans le sondage 5 : N. S, P. C,ZAC de la Bourse à Marseille…, p. 57-58. 137 La découverte est mentionnée par A. et L. D R,Histoire de la ville de Marseille, ... recueillie de plusieurs auteurs ... Seconde édition, reveuë, corrigée, augmentée et enrichie de quantité d’inscriptions, sceaux, monnoïes, tombeaux et autres pièces d’antiquité, 2, Marseille, 1696, p. 55-56. Voir également J. G, «Les cimetières de l’Anti-quité tardive …», p. 361-362 (qui ne mentionne pas l’édifice trouvé et renvoie à l’église Saint-Pierre qui était située plus à l’ouest) et M.-P. R, «181 à l’emplacement de la chapelle Sainte-Cathe-rine», dans M.-P. R, H. T,Marseille et ses alentours …, p. 606-607. 138 M. F, «Saint-Victor, saint Victor, à propos d’un livre récent», dans M. B, H. Tet al.éd.,Marseille. Trames et paysages urbains de Gyptis au roi RenéM. F, J.-P. P, …, p. 235-254. Saint-Victor de Marseille, de la basilique paléochrétienne à l’abbatiale médiévale, Marseille, 2004. 139 J. G, «Émergence et affirmation d’une topographie chrétienne dans les villes de la Gaule méridionale», dans M. H et J. G dir.,Antiquité tardive, haut Moyen Âge et premiers temps chrétiens en Gaule méridionale,Gallia, 63, 2006, p. 102-104 ; H. G. J. B,e pasto-ral care of souls in south-east France during the sixth century, Rome, 1950, p. 374-380. H. A, «Die christlichen Inschriften Galliens als Quelle für Klöster und Klosterbewohner bis zum Ende des 6. Jah-rhunderts»,Francia, 4, 1976, p. 33-37. 140 MGHEp. Greg.:, VII, 12 «A  . Monasterium sancti Cassania privilegiis donat. Gregorius Respectæ abbatissæ. Piæ postulatio voluntatis effectu debet prosequente compleri, quatenus et devotionis sinceritas laudabiliter enitescat, et utilitas postulata vires indubitanter assuma Proinde monasterio quod in honorem sancti Cassiani est consecratum, in quo præesse dignosceris, juxta petitio-nem filiorum nostrorum Dynamii atque Aurelianæ, qui id religiosa devotione domui sui juris junctis uniisse ædificiis comprobantur, haec privilegia praevidimus indulgeri : constituentes ut obeunte ante dicti monasterii abbatissa, non extranea, sed quam congregatio sibi de suis elegerit ordinetur ; quam tamen si digna hoc ministerio judicata fuerit, ejusdem loci episcopus ordine Inrebus autem vel in dispo-sitione monasterii ejusdem, nec episcopum, neque ecclesiasticorum quemquam aliquam habere decernimus potestatem ; sed haec ad sollicitudinis tuæ, vel quæ post te in eodem loco fuerit abbatissa, curam statuimus per omnia pertinere[…]».
141 J. L, «Tiers de sou de Clotaire II frappé à Marseille», p. 105-107. ème 142 J. L, «Eligius monetarius», dansRevue numismatique, 6 série, , 1977, p. 111-151, pl. XI-XIII. 143 J. L,Eligius monetarius…, p. 128-129. Il existe encore au Cabi-net des Médailles de Marseille des monnaies de Childeric II (inv. n° L 75a-b, L 76 et L 77) et Childebert III (inv. n° L 87) ; celles de Clovis II et de Dagobert II ont disparu dans un important vol en 1902 (infor-mation J. Bouvry-Pournot). 144 Voir pour chacun d’entre eux la notice dans l’ouvrage de H. E, Prosopographie der Amtsträger des Merowingerreiches von Chlotar II (613) bis Karl Martell (741), Münich, 1974. 145 PLRE IIIBs.v. Syagrius 3. Ebling n° CCLXXVII. R. B,Die Provence …, p. 96. Il est identifié par Manteyer à un Sirus, connu par une monnaie d’or. 146 Ebling n° CXLII, PLRE IIIAs.v. Desiderius. SaVitaconserve l’es- nous sentiel des informations qui concernent ce personnage et sa famille : MGHSSRM, p. 553 sq. 147 Büchner date ce remplacement entre la mort de Clotaire et le 8 avril er 630 où il est connu comme trésorier de Dagobert I (MGH DM n° 13 p. 15) ; pour la PLRE (s.v. Desiderius 5), il occupe les deux fonctions en même temps. 148 Ebling n° CCVII ; R. B,Die Provence…, p. 97-98. La vie de saint Priest (cf.note suivante) l’appelle Hector, mais les manuscrits portent e Hictor. Hector n’étant pas attesté par ailleurs au  s., nous préférons le nommer Victor. 149 MGHSSRMV, p. 239,Passio Præictus, cap. 26 et 28. 150 MGHaaO, p. 291,Passio LeudegariiI, cap. 9 et 11. 151 Il est impossible de savoir s’il a reçu le patriciat dès les années 660. 152 Nous suivons ici partiellement P. G, M. B,Medie-val European Coinage147-149, qui fournit une synthèse sur le… p. monnayage mérovingien. La découverte fondamentale d’un trésor à Cimiez (Nice), enterré vers 720, sert de base à toute étude : A. M-F, A. C,Catalogue raisonné de la collection des e e deniers mérovingiens des  &  siècles de la trouvaille de Cimiez donnée au Cabinet des médailles de la Bibliothèque Nationale, Paris, 1890. (disponible en ligne : http://hermes-ir.lib.hit-u.ac.jp/ da/handle/123456789/1576), abrégé ci-après en MF. Voir égale-e ment J. L, «Monnaies d’argent mérovingiennes des  e et  siècles : les trésors de Saint-Pierre-les-Étieux (Cher), Plassac (Gironde) et Nohanent (Puy-de-Dôme)», dansRevue numismatique, 6, 1969, 11, p. 98-219. ème 153 MGHDD Mer. N° année de122, daté du 15 septembre de la 5 règne de ierry III, soit 679 (antérieurement 677). Pour Audoberc-thus, Ebling n° L. 154 P. G, M. B,Medieval European Coinage… p. 147. Sur d’autres pièces, on trouve le nomEbalgo, correspondant peut-être à Ebarcius/Eparchius. 155 Le monnayage d’argent mérovingien apparaît après la mort de Chil-déric II. 156 MF pl. II n° 21-31. Ainsi pourrait s’expliquer l’évolution que l’on perçoit où la légende tend à se transformer en monographie. e 157 Ebling n° LXXXIX. Il est connu par uneVitadu  s. MGHSSRM, p. 119-139. 158 La mention depræfecturaferait plutôt penser à une fonction de patrice, mais comme Büchner nous pensons plutôt à une fonction municipale. 159 Nous connaissons par les textes la succession de patrices suivant : Nemfidius, Antenor, Metrano puis Abbo. Les monnaies du trésor de Cimiez ont livré des frappes portant les noms de Ansebertus, Nemfi-dius et Antenor ; nous le placerons donc avant Nemfidius. 160 Le nom d’Ansedertus n’est pas connu par ailleurs ; on proposera plutôt de lire Ansebertus. Les monnaies conservées au Cabinet des Médailles de Marseille portent Ansedertus mais le «b» peut aussi exister (information J. Bouvry-Pournot). 161 Voir pour une découverte plus récente D. B, J. L, «Trouvailles de deniers mérovingiens de l’atelier de Marseille», dans Bulletin de la Société française de numismatique, 41, 1986, 7, p. 79-80.. 162 Ebling n° XXXIII. Un autre Aunsebercthus est référendaire de Clotaire III vers 658 (Ebling n°XXXIV) ; il s’agit de l’évêque de Rouen qui siège à partir de 688/689.
Neustrie Clotaire II, neveu de Gontran, auquel succède er son fils Dagobert I en 629. Le fils de celui-ci, Sigebert III, est associé à son père en tant que roi d’Austrasie à partir de 634. Cela a-t-il à nouveau entraîné une division de la Provence ? À la mort de Dagobert (639), ses deux fils (Sigebert III et Clovis II) se partagent le royaume ; Clovis II prend alors la Neustrie et la Bourgogne qui resteront associées pour un demi-siècle. En 656/657, à la mort des deux frères, c’est le fils aîné de Clovis II, Clotaire III qui règne en titre (âgé de 5 ans en 657, c’est sa mère Bathilde qui assure la régence). À partir de 663, son frère Childéric II devient roi d’Austrasie ; il gouverne alors la Provence. e Pourtant, dès le milieu duV I Is., l’influence neustrienne devient plus importante dans le Midi en particulier sous l’action du maire du Palais Ebroïn. La prise de possession des neustriens peut se voir au travers des règles bénédictines ou de saint Colomban dans les monastères provençaux : Lérins avec Aigulf qui vient vers 660 de Fleury-sur-Loire ; Aredius de Vaison confir-mant que les moines vivent selon ces règles ; Donzère, fondé par Lambert abbé de Saint-Wandrille entre 673 et 678. Après la mort de Childéric II, intervenue le 9 décembre 675, c’est le dernier fils de Clovis II et roi de Neustrie, Thierry III, qui contrôle semble-t-il la Provence. La lutte des maires du Palais est alors intense entre Pépin de Herstal en Austrasie et Ebroïn en Neustrie. Après la mort de ce dernier, Pépin met en place Waratton auquel succède le gendre de ce dernier, Berchaire. En conflit avec Pépin, il est tué ; dès lors rien ne s’oppose à la toute puissance des Pippinides. Les derniers rois mérovingiens n’auront plus de réel pouvoir. À la réunification du royaume en 613, c’est Marseille qui est la capitale de la Provence et le siège de la préfec-ture. L’atelier monétaire de Marseille poursuit ses frappes de pièces pour l’Empire Byzantin mais les émissions s’arrêtent après le règne d’Heraclius (610-641). À partir de la réunification du royaume, des frappes sont faites sous titulature des rois mérovingiens. Untremissis(tiers de sou) de Clotaire II, frappé à Marseille, a été retrouvé 141 dans la fouille de Saint-Just à Lyon . Au revers se lit le nom du monétaire,Mutanos620-625). Plusieurs (vers séries de monnaies ont été frappées par le monétaire er 142 Eligiuset Sigebert III) .(sous Clotaire II, Dagobert I Des monnaies sont également frappées à Marseille sous les règnes de Clovis II (656-657) puis Dagobert II (675-679) et Childebert III (695-711) ; les dernières monnaies d’or 143 semblent être celles de Childéric II (662-675) . 144 Des patrices burgondes sont connus pour la e première moitié duV I Is. : Protadius (603/604), Wulfus (605-607), Ricomeris (607), Aletheus (613/614), Phylippus (629/630), Willibald (av. 629-642) et Auderadus (654). Rien ne semble les rattacher à la Provence. 145 Vers 629, le gouverneur de Provence est Syagrius , 146 frère de l’évêque Didier de Cahors . Il était aupara-vant comte d’Albi (vers 618 d’après la PLRE). Il meurt en fonction vers 629/630 ; il est alors remplacé par son 147 frère Didier quelques mois autour de 630 .
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Nous avons ensuite une lacune dans notre documen-tation, d’une quarantaine d’année. La mention suivante 148 de Victor , connu commepatriciusde Marseille en 149 675, se trouve dans les Vies de saint Priest et de saint 150 Léger . À partir de cette date, tous les représentants de la Provence porteront ce titre de « patrice ». Il est mis à mort par le maire du Palais Ebroïn, qui tuera également son allié saint Léger, évêque d’Autun, en 678. L’évêque de Clermont, saint Priest, soupçonné de l’avoir fait tuer pour le compte d’Ebroïn, sera assassiné peu après. Il faut voir dans tout ceci la lutte que se livrent les maires du Palais austrasiens et neustriens dans la conquête du pouvoir. Victor a pu être mis en place dans l’« interrègne » 151 d’Ebroïn, emprisonné entre 673 et 675 . On comprend qu’il fut assassiné sitôt Ebroïn sorti de prison, tout comme Léger. Les frappes de deniers d’argent sont une aide précieuse pour déterminer une chronologie des patrices 152 provençaux . En 679, un texte nous donne le nom de deux patrices, Audobercthus et Rocco, dont l’un a pu 153 gouverner la Provence . On peut peut-être mettre en relation le premier d’entre eux avec la mention relevée sur quelques monnaies d’argent trouvées dans le trésor de Saint-Pierre-les-Etieux et de Bais portant la légende « Audevert ». Ces pièces sont semblables à la série de monnaies d’argent frappées à Marseille qui portent elles la légende de 154 Massilia. On peut supposer que les premières frappes 155 (vers 675 ? ) correspondent au type avec un buste à l’avers et une croix sur une base au revers avec la légende Massilia (fig. 3) ; la monnaie d’Audevert fait partie de ces premières séries. On trouve d’autres monnaies à la légendeMassilia, avec une croix simple un M ou MA. Il s’agit peut-être d’émission des années 680. À l’examen détaillé des monnaies sans nom portant la légende ou le monogramme MASILIA, on peut se demander si la ville elle-même n’a pas frappé monnaie, 156 indépendamment des patrices eux-mêmes . Après la mort d’Ebroïn en 680, on retrouve proba-blement des patrices issus d’Austrasie. C’est ainsi que 157 l’on connaît Bonitus , à la tête de la «præfectura Massiliæ primæ Provinciæ» jusqu’en 690, date à laquelle il remplace son frère Avitus comme évêque de Clermont. S’il a bien été patrice (car sa Vie ne lui donne 158 pas ce titre) , il est étonnant de ne pas retrouver de monnayage à son nom. Peut-être a-t-il stoppé net toute tentative de frappe locale autre que purement munici-pale ou épiscopale ? Nous proposons comme successeur de Bonitus Anse-bercthus, le premier patrice dont le nom apparaît sur 159 un monnayage assez largement diffusé . Le nom 160 d’Ansedertus/Ansebertus est présent sur 67 monnaies du trésor de Cimiez. La comparaison avec les patrices suivants, connus aussi bien par une légende monétaire que par les textes, doit plutôt conduire à l’identifier 161 comme patrice que comme monétaire . Un Ansebertus est évêque d’Autun en 692. S’agit-il du même que l’on 162 connaît commecomes?austrasien en 702