Matière à écrire

Matière à écrire

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Livres
206 pages

Description

Rien de plus simple, semble-t-il, qu’écrire une lettre, la recevoir, la lire, l’attendre même.

Pour autant, les gestes les plus simples doivent-ils être exclus des horizons de l’historien ? Quelles méthodes adopter face à cette matérialité de l’écrit, qui ne se livre qu’en demi-ton ? Telles sont les réflexions qui ont mené les doctorants et jeunes docteurs de l’Université Paris 8 et de l’École nationale des chartes à s’associer pour croiser leur regard sur la matière épistolaire. Les contributions ici rassemblées se penchent tour à tour sur les gestuelles de la correspondance de l’époque moderne, du transport de lettres à l’acheminement d’échantillons scientifiques, du chiffrement à la clôture, de la préservation de la matière à la sécurisation du sens, à travers les méandres des protocoles d'échanhe et des chemins de la réception.

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Date de parution 27 avril 2017
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EAN13 9782842925840
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Sous la direction de Thérèse Bru et Solène de la Forest d’Armaillé
Matière à écrire e e Les échanges de correspondance duXVIauXIXsiècle
Ouvrag e publié avec le soutien de l’Université Paris 8 (commission recherche), du centre Jean Mabillon (École nationale des chartes) et de l’IDHES (Institutions et Dynamiques historiques de l’économie et de la société, UMR 8533)
COLLECTION « TEMPS &ESPACES »
Sommaire
Matérielversusidéel Une autre dimension de l’épistolarité aux âges moderne et contemporain Olivier Poncet
I. « Je vous écris » : écrire, signer, sceller, timbrer les lettres
Le « tremblé » des correspondances Information, préparation et projection des décisions politiques dans les « bureaux » des secrétaires d’État sous le règne d’Henri III Jérémie Ferrer-Bartomeu
Sous le pli du secret L’apparition des « cachets » de gomme laque dans les correspondances diplomatiques (1560-1580) Solène de la Forest d’Armaillé
II. Transporter l'information, transporter les biens
L’infiltration d’unlobbypolitico-religieux au cœur des lieux de pouvoir Circuits postaux et transport de la correspondance janséniste dans l’Europe méditerranéenne e au secondXVIIIsiècle (ca 1760-1780) Emmanuel Lacam
Transposer pour mieux transporter e Pratiques du chiffre dans les correspondances diplomatiques du premierXVIIsiècle Camille Desenclos
III. Garder, archiver, transformer
Écrire, dessiner, toucher, compiler LeJournald’Henri Lebert entre lettres, esquisses et échantillons (1794-1862) Audrey Millet
La correspondance marchande, un vecteur éphémère ? e e Des us et coutumes mercantiles (finXVI- débutXVIIsiècle) Anne Lambert
Plus vrai que nature : conversion de l’information scientifique en objets, conversion des objets en informations dans les correspondances en sciences naturelles e e (XVIII-XIXsiècle, mondes britanniques et français) Thérèse Bru
IV. Table ronde : la matérialité de la correspondance à l’épreuve de la méthodologie
La correspondance est-elle une source fiable pour l’historien ? Le cas de l’économiste Josiah Tucker (1713-1799) Karim Ghorbal
Conclusion Pierre-Yves Beaurepaire
Les auteurs
Matérielversusidéel
Une autre dimension de l’épistolarité aux âges moderne et contemporain
Olivier Poncet
« L’histoire se fait avec des documents écrits, sans doute. Quand il y en a. Mais elle peut se faire, elle doit se faire, sans documents écrits s’il n’en existe point. Avec tout ce que l’ing éniosité de l’historien peut lui permettre d’utiliser pour fabriquer son miel, à défaut des fleurs usuelles. Donc avec des mots. Des sig nes. Des paysag es et des tuiles. Des formes de champ et des mauvaises herbes. Des éclipses de lune et des colliers d’attelag e. Des expertises de pierres par des g éolog ues et des analyses d’épées en métal par des chimistes. En un mot, avec tout ce qui, étant à l’homme, dépend de l’homme, sert à l’homme, exprime l’homme, sig nifie la présence, l’activité, les g oûts et les façons d’être de l’homme. » Lucien Febvre, 1949[1].
Les correspondances par les réseaux qu’elles fabriquent et qu’elles portent sont un sujet inépuisable de l’historiog raphie des périodes modernes et contemporaines, pour lesquelles les archives de cette nature deviennent abondantes, voire surabondantes. De l’école méthodique aulinguistic turnpassant par l’École des Annales, il n’est pas de en g rand courant d’écriture de l’histoire qui n’ait porté une attention spécifique et volontariste à cette source sing ulière, ce matériau privilég ié de l’historien.
Matériau : le mot est lâché. La citation de Lucien Febvre placée en exerg ue de ce texte rappelle qu’il fut un temps pas si lointain où, pour les tenants d’une histoire renouvelée, la matérialité et son potentiel apport au discours historique étaient nécessairement extérieurs à l’écrit. En dehors de rares travaux d’épig raphistes, de paléog raphes ou de diplomatistes, cantonnés pour l’essentiel aux périodes antiques et médiévales, les éléments concrets du discours épistolaire étaient au pire ig norés, au mieux nég lig és ou maltraités par les spécialistes des époques les plus récentes. Qu’il s’ag isse du support, des dimensions, de la mise en pag e, de la structuration en chemises, liasses ou reg istres, tous ces éléments d’appréciation qualitative de l’épistolarité n’étaient et ne sont encore g uère pris en compte par les historiens. Tout au plus la sig nature, ce lien si particulier entre le contenu et le contenant, entre le scripteur et l’individu, entre l’information et la validation, a-t-elle retenu une attention peut-être moins motivée par le questionnement sur l’individuation moderne et l’acculturation à l’écrit que par la fascination exercée par la présence d’une trace censément peu suspecte d’une autog raphie synonyme de proximité avec l’homme ou la femme surg ie du passée[2].
Depuis une trentaine d’années, l’historiog raphie doute. L’épuisement épistémolog ique des g randes théories explicatives – marxisme, structuralisme – a conduit l’histoire au bord de la falaise, pour reprendre l’expression de Rog er Chartier[3]. Dans un moment où l’histoire se cherche entre mémoire et science et où elle est tiraillée plus que jamais par des enjeux communautaires, relig ieux ou g éo-politiques, quoi de plus rassurant finalement que d’effectuer un retour aux sources et de se livrer à une « nouvelle érudition [4]» ? Si les archives et leur fabrique ont une histoire[5], les sources écrites en tant que telles ne sont pas qu’un ag encement de mots, de lexiques, de syntag mes ou de phrases. Rog er Chartier précisément a ainsi mis l’accent, après d’autres dont Henri-Jean Martin[6], sur la fabrication matérielle du discours littéraire, sur les aspects concrets de la production des livres, sur les contraintes humaines et techniques qui pèsent sur la
composition intellectuelle des ouvrag es et dont toute analyse scientifique doit tenir compte pour porter un jug ement adéquat sur l’expression d’une pensée portée par ce moyen de communication spécial qu’est le livre imprimé[7].
Inversant ici la proposition de l’anthropolog ue Maurice Godelier[8], l’historien est ainsi sommé de faire la part du matériel dans l’idéel, et sing ulièrement dans ses sources écrites. Si le livre peut aisément être perçu comme un artefact, obéissant à des lois industrielles ou commerciales car il est aussi un objet d’une économie propre[9], il n’en va pas de même d’une correspondance manuscrite. Destinée à être échang ée – en dehors de certaines situations tenant davantag e de l’introspection personnelle ou de l’exercice littéraire –, la correspondance n’est pas objet de commerce, au moins pas de commerce possédant un marché propre et identifié avant l’apparition des ventes d’autog raphes au e xix siècle[10]. Pourtant à l’imag e d’autres documents d’archives où s’épanouit l’initiative individuelle, comme les livres de raison et autres écrits dits du for privé[11], les correspondances de toute nature n’échappent pas à l’emprise de contraintes matérielles entendues ici au sens larg e.
Le support lui-même est un premier élément non nég lig eable. S’ag issant des lettres, e depuis le xiv siècle, le papier règ ne en maître quasi absolu, si l’on veut bien exclure les supports extraordinaires rencontrés çà et là au fil de l’histoire, comme cette doublure de pourpoint adressée en trois exemplaires (et donc trois porteurs) et portant les instructions de Gaspard de Colig ny aux réformés assiég és dans Rouen par les troupes catholiques au début de la première Guerre de relig ion le 25 septembre 1562[12]. Que l’on en dispose ou pas, qu’on en dispose en abondance ou en faibles quantités, qu’il soit bon marché g râce à une mécanisation croissante ou rendu onéreux par une fiscalitéad hoc, l’accès au papier est une contrainte qui pèse sur la rég ularité d’une correspondance, sur la long ueur des dépêches, sur la taille des caractères, sur les espaces laissés en blanc, etc. La raréfaction de papier, ou l’absence de production papetière locale peut même amener à une connaissance sensuelle de ce précieux support, comme ces imprimeurs e ang lais du xvi siècle qui pouvaient « nommer les types de papier selon leur lieu d’orig ine, comme on le fait pour des variétés de fromag e »[13].
Afin de satisfaire aux contraintes de la mobilité qu’implique la transmission à distance (y compris courte), le scripteur (ou son assistant) modifie lui-même la forme de son support pour l’adresser plié à son destinataire. S’il peut arriver que l’on réduise le format d’autres documents d’archives pour des raisons diverses (lettres closes de chancellerie, brefs pontificaux, sacs de procès, etc.), la lettre missive l’est en revanche systématiquement. Les pliures sont elles-mêmes un sujet d’interrog ation et un indice des méthodes de transport : format standard pour être joint à un paquet de lettres similaires ou taille réduite à l’extrême pour tenir dans une ceinture ou une couture de vêtement et échapper aux inspections trop inquisitrices. À l’occasion, l’expéditeur peut joindre divers objets à son envoi épistolaire, objets précieux – les autorités y sont rég ulièrement opposées – ou non, comme ces échantillons de tissu (« rayeures des siamoises bleues ») que e transmettaient des marchands à leur correspondant de Vabre à la fin du xviii siècle[14].
En outre, il est rare que la lettre missive soit remise directement à son destinataire. Ce dernier peut éventuellement faire attendre une réponse à sa propre lettre qu’il aura fait porter par un messag er exprès. Toutefois, la règ le g énérale est de confier son pli à un tiers, qu’il soit de confiance (le fameux « porteur »), ou qu’il s’ag isse d’un voyag eur de passag e, marchand ou autre, qui accepte de se charg er d’une lettre supplémentaire pour la joindre à un paquet déjà confectionné. Surtout, la multiplication des pratiques e épistolaires a suscité la mise en place de réseaux postaux dès le xiv siècle, d’abord à l’usag e des pouvoirs politiques et universitaires mais très vite ég alement pour les besoins d’un plus larg e public. Cette institution postale suscita en retour l’apposition de mentions de destinataire plus détaillées et la présence de sig nes d’affranchissement de toutes sortes, jusqu’à nos modernes timbres-poste lorsque le port devint standard et fut
pe de l’expéditeur, provoquant une hausserog ressivement, à partir de 1839, à la charg considérable du nombre de lettres expédiées et l’explosion du nombre des boîtes à lettres [15].
L’espace et le temps dans lequel se meuvent les lettres missives entraînent des pratiques d’écriture qui influent sur leur présentation matérielle. Qu’il s’ag isse des écritures codées, du recours à des supports incong rus (cf.supra), de l’oblig ation parfois de redoubler, voire de tripler l’exemplaire de la lettre en question, quand on n’a pas affaire à une combinaison de plusieurs de ces précautions (une lettre chiffrée envoyée en duplicata par exemple), la lettre missive exprime dans sa matérialité les sentiments de son auteur, de l’ang oisse et de la peur de sa perte possible, ou à l’inverse de l’extrême confiance dans les moyens utilisés pour la conjurer.
On n’oubliera pas enfin de revenir sur les questions de mise en pag e et du rapport du texte à l’imag e, laquelle n’est toutefois pas en soi autre chose qu’un discours. Passons sur ces prouesses artistiques que constituent les callig rammes ou les lettres-miroirs, comme cette long ue lettre de 21 pag es du peintre Charles Giraud écrite à Papeete du 15 septembre au 9 octobre 1846 à son ami Harduin à qui il raconte sa vie à Tahiti en illustrant son envoi de sept aquarelles qui rehaussent le texte au fur et à mesure du récit épistolaire[16]. Dans l’immense majorité des cas, l’écriture des lettres missives obéit à des habitudes d’écriture qui s’affranchissent prog ressivement des actes diplomatiques e pour s’autonomiser dès le xvi siècle, sous l’influence de manuels, de formulaires de lettres mais aussi de recommandations administratives qui acclimatent une complexification des apostrophes et des formules de politesse, une conquête de l’autog raphie dont l’usag e peut avoir valeur de messag e politique[17] et un usag e de plus en plus maîtrisé des alinéas, de l’ajout post-scriptum et des espaces laissés en blanc par les scripteurs. En dépit de ce moule épistolaire partag é, qui s’impose à l’échelle de l’Europe occidentale, la responsabilité et la liberté de chaque auteur demeure qui lui permet de donner à l’aspect de sa lettre un tour plus ou moins personnel. On connaît e l’aphorisme exprimé par Blaise Pascal dans sa XVIProvincialemilite en faveur d’une qui écriture maîtrisée : « Je n’ai fait celle-ci plus long ue que parce que je n’ai pas eu le loisir de la faire plus courte. » L’occupation maximale de l’espace, marg e et en-tête compris, le dispute ainsi à la recherche d’effet et à la subtile composition où le blanc et le vide l’emportent sur un texte ainsi davantag e rehaussé, à l’imag e des rapports complexes qui règ nent entre un tableau et son cadre.
Les textes que l’on va lire, d’excellente venue, sont l’œuvre de doctorants de l’École nationale des chartes et de l’Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis qui se sont réunis le 10 mars 2015 autour du thème de la matérialité de l’échang e dans les réseaux de correspondance[18]. Ces jeunes historiens, issus de cette g énération d’« enfants du numérique », pour reprendre la terminolog ie officielle française[19], sont eng ag és dans la préparation de thèses de doctorat. Ils ont fait le choix courag eux de s’intéresser prioritairement aux aspects les plus concrets des sources écrites auxquelles ils demandent ordinairement les éléments indispensables à leur démonstration. Ce choix est moins paradoxal qu’il y paraît, on l’aura compris, d’autant que leurs établissements d’appartenance y sont éminemment favorables.
Depuis ses orig ines, l’École des chartes promeut une approche aussi concrète qu’intellectuelle des sources du passé, qu’elles soient d’abord écrites ou qu’elles touchent à d’autres expressions de l’activité humaine. Installée pendant long temps au cœur même des institutions de conservation – Bibliothèque royale, puis Archives impériales ou nationales –, l’École y a puisé une proximité essentielle avec le document orig inal, en confectionnant dans les temps héroïques de la Restauration des recueils d’orig inauxad hoc tirés de fonds des Archives nationales[20]i de faciliter. Lorsqu’il s’est ag l’apprentissag e d’une paléog raphie fondée sur des exemples issus de l’ensemble des ressources archivistiques françaises, qu’il n’était évidemment pas imag inable de faire venir en orig inal à Paris, une vaste entreprise de reproductions sous forme de planches
lithog raphiées, puis héliog raphiées fut mise en chantier entre la Monarchie de Juillet et la Troisième République[21]unique n’empêchait pas lesog ique . Cet outil pédag professeurs eux-mêmes d’acquérir pour les besoins de leur enseig nement des documents anciens sur le marché de l’antiquariat[22]randes vag , les dernières g ues d’acquisitions e ayant eu lieu dans le dernier quart du xx siècle à l’initiative de Henri-Jean Martin, professeur d’histoire du livre soucieux de faire mieux comprendre les nuances d’une g ravure ancienne[23].
Il était d’une certaine manière attendu que les doctorants de l’École soient tout aussi sensibles à cette facette matérielle de la documentation historique, quoique le doctorat y soit une création toute récente. Si le Centre universitaire expérimental de Vincennes, où l’interdisciplinarité fut érig ée avec volontarisme en moteur de science et er d’enseig nement, ne fut pas doté à sa création le 1 janvier 1969 de la capacité doctorale, sa rapide transformation en 1971 en université de plein exercice sous l’appellation d’Université Paris 8-Vincennes (puis Vincennes-Saint-Denis après son déménag ement en 1980) lui conféra l’habilitation à délivrer tous les diplômes universitaires, dont le doctorat. Quoique beaucoup plus ancienne (1821), l’École nationale des chartes a long temps tenté de tenir à ég ale distance formation initiale et formation professionnelle, tant et si bien qu’elle est restée long temps en marg e des standards académiques alors que le sénateur Guillaume Bodinier, ancien auditeur libre des cours de l’École, n’hésitait pas à affirmer en 1904 à la tribune du Sénat que « le diplôme d’archiviste paléog raphe est en quelque sorte un véritable doctorat d’histoire de France[24]Il a fallu attendre le ». e tout début du xxi siècle pour que s’opère une relative normalisation dans ce domaine [25]re encore plus nettement dansinalité l’intèg , qui sans rien lui faire perdre de son orig l’espace universitaire français, ce dont témoig ne avec bonheur cette première publication d’actes de ses doctorants.
Les Chartes et Vincennes. L’ancien et le nouveau. Le matériel et l’idéel. La lettre et l’esprit. Comment mieux dire que l’historien s’efforce de briser tous les sortilèg es et d’évacuer tous les faux semblants qui divisent et éloig nent de l’ambition exprimée par Lucien Febvre au sortir de l’après-g uerre, ambition un peu folle, certes, mais plus que jamais d’actualité : comprendre l’homme dans toutes ses dimensions.
Notes
1. Lucien Febvre, « Vers une autre histoire », dansRevue de métaphysique et de morale, t. 58, n. 3-re 4, 1949, p. 225-247, réimpr. dans Id.,Combats pour l’histoire(1 éd. 1953), réimpr. dansLucien Febvre. Vivre l’histoireitte Mazon (éd.), Paris, « Bouquins », 2009, p. 357-374 à la p. 365., Brig 2. Béatrice Fraenkel,La Signature. Genèse d’un signe, Paris, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 1992 ;La signature, dossier spécial deHypothèses, 9, 2005, p. 297-390 ; Claude Jeay, Signature et pouvoir au Moyen Âge, Paris, École des chartes, « Mémoires et documents de l’École des chartes », 99, 2015.e 3. Rog er Chartier,Au bord de la falaise. L’histoire entre certitudes et inquiétude, 2 éd., Paris, Albin Michel, « Bibliothèque de l’Évolution de l’humanité », 54, 2009. La première édition de ce recueil d’articles publiés entre 1980 et 1994 date de 1997.4. Nicolas Offenstadt, « Archives, documents, sources », dans Christian Delacroix, François Dosse, Patrick Garcia et Nicolas Offenstadt (dir.),Historiographies. Concepts et débats, 2 vol., Paris, Gallimard, « Folio Histoire », 179, 2010, t. I, p. 68-78. Sig nificativement, cependant, cet ouvrag e collectif ne consacre pas d’autres entrée à la question des sources, indice que le mouvement de retour aux sources n’est pas nécessairement univoque.5. Étienne Anheim et Olivier Poncet (dir.), « Fabrique des archives, fabrique de l’histoire », e numéro spécial de laRevue de Synthèse, 5 s., t. 125, p. 1-195. L’archival turnnous auquel
assistons aujourd’hui relève de la même log ique d’un retour aux sources. Anticipé par des esprits ing énieux chez les médiévistes où le sujet n’a jamais cessé d’être interrog é – Michael Clanchy,From Memory to Written Record England, 1066-1307, Londres, E. Arnold, 1979 ; Paolo Cammarosano,Italia medievale. Struttura e geografia delle fonti scritte, Rome, NIS, « Studi superiori NIS », 109, 1991 –, il suscite depuis quelques années l’appétit mondial des modernistes. On verra, à titre illustratif :Chūkinsei ākaibuzu no takokukan hikaku [Comparaison multilatérale des archives médiévales et modernes, en japonais], éd. Koichi Watanabe, Tokyo, Kokubung aku Kenkyū Shiryōkan, 2009 ; « Archival Knowledg e Culture in Europe 1400-1900 », numéro spécial deArchival Science, 10, 3, 2010 ; Markus Friedrich,Die Geburt des Archivs. Eine Wissensgeschichte, Munich, Oldenbourg , 2013 ; Randolph Head, « Documents, archives and proof around 1700 »,The Historical Journal, 56, 4, 2013, p. 909-930 (en attendant son livre-synthèse sur la question) ;Archivi e archivisti in Italia tra medioevo ed età moderna, éd. Filippo de Vivo, Andrea Guidi et Alessandro Silvestri, Rome, Viella, « I libri di Viella », 203, 2015).6. Les intuitions formulées dès l’ouvrag e écrit avec Lucien Febvre (L’Apparition du livre, Paris, Albin Michel, « L’Évolution de l’humanité », 30, 1958) ont été développées et synthétisées e e dansMise en page et mise en texte du livre français-xvii siècle). La Naissance du livre moderne (xiv , Paris, Cercle de la librairie, 2000.7. Rog er Chartier, « Histoire et littérature », dansAu bord de la falaise...it du, p. 321-342 ; il s’ag seul texte inédit de ce recueil. Voir aussi les exemplaires travaux d’Alain Riffaud,La e Ponctuation du théâtre imprimé auxvii siècle, Genève, Droz, « Travaux du Grand Siècle », 30, 2007, et Id.,Une archéologie du livre français moderne, Genève, « Travaux du Grand Siècle », 39, 2011.8. Maurice Godelier,L’Idéel et le matériel. Pensée, économies, sociétés, Paris, Fayard, 1984.9. L. Febvre et H.-J. Martin y consacrent principalement deux chapitres dansL’Apparition du livre...(chapitre IV, « Le livre, cette marchandise » et chapitre VII, « Le commerce du livre »), mais c’est tardivement, semble-t-il, qu’une monog raphie en lang ue française associe dans son titre les mots « économie » et « livre » : Frédéric Barbier,Livre, économie et société e industrielles en Allemagne et en France au1840-1914xix siècle, , thèse de doctorat d’histoire de l’Université Paris IV, 1988 ; notons cependant que le terme « économie » disparaît lors de la publication qui en est tirée :L’Empire du livre. Le livre imprimé et la construction de l’Allemagne contemporaine, 1815-1914, Paris, Le Cerf, « Bibliothèque franco-allemande », 1995.10. Les achats et rachats d’ensemble épistolaires pour des questions d’érudition ou de politique à l’époque moderne (Olivier Poncet, « Archiviare, trasmettere e pubblicare le corrispondenze reali e g overnative della prima modernità in Francia (secoli xv-xix) », dans Andrea Giorg i et Katia Occhi (dir.), «Quaero ex tuis litteris ». Carteggi fra basso medioevo ed età moderna. Pratiche di redazione, trasmissione e conservazionene, Il Mulino, 2016, à paraître), Bolog ne peuvent être considérés comme les éléments d’un marché réel.11. Michel Cassan, Jean-Pierre Bardet et François-Joseph Rug g iu (dir.),Les Écrits du for privé. Objets matériels, objets édités, Limog es, Pulim, « Histoire », 2005.12. Arch. nat., AE II 667 a, b et c.13. « Printers consumed so many French paper, that they could name different types by the place of orig in, like varieties of cheese » (John Bidwell, « 28. French Paper in Eng lish Books », dansCambridge History of the Book in Britain, vol. IV,1557-1695, John Barnard and D. F. McKenzie (dir.), Cambridg e, Cambridg e University Press, 2002, p. 583-601, à la p. 583). En dehors de la production papetière temporaire de John Tate vers 1490, l’Ang leterre ne posséda aucun moulin papier avant l’installation de l’Allemand Spillman à Dartford en 1588 et surtout le développement, enfin encourag é par la monarchie ang laise, d’une véritable industrie e papetière au xvii siècle.14. Arch. dép. Tarn, 91 J (Fonds Moulinié), [?], 30 mars 1786, Bring uier Aîné et Germain à Julien Aîné de Vabre, consultable à l’adressehttp://archivesprivees-j.tarn.fr/fileadmin/templates/archives/img _archivesprivees/91J_echantillon.jpg.15. La réforme postale ang laise, recommandée par l’enseig nant et penseur Rowland Hill (Post Office reform. Its importance and practicability, Londres, W. Clowes and Sons, 1837) fut mise en place en 1839 (Ronald H. Coase, « Rowland Hill and the Penny Post », dansEconomica, 6, 1939, p. 423-435). La France adopta le système du timbre-poste en 1848, mais il fallut attendre
l’introduction de la prime à l’affranchissement en 1854 pour que les expéditeurs se mettent en masse à payer leurs envois au préalable.16. Musée du Louvre, Département des Arts g raphiques, BC b5L11 pa. Voir Viviane Fayaud, « Dess(e)ins oubliés : Charles Giraud, prédécesseur de Paul Gaug uin à Tahiti (1843-1847) », os dansOutre-Mers, t. 98, n 368-369, 2010, p. 311-332.17. Gilles Docquier, « Le document autog raphe, une “non-réalité” pour l’historien. Quelques réflexions sur les traces écrites autog raphes à la fin du Moyen Âg e et à l’aube des Temps modernes », dansLe Moyen Âge, t. 118, 2012, p. 387-410.18. Cette journée a été org anisée à l’initiative conjointe du Centre Jean-Mabillon (EA 3624 de l’École des chartes) et de l’ED 31 « Pratiques et théories du sens » de l’Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis), représenté par sa directrice adjointe Catherine Verna, avec le soutien du Campus Condorcet, sous les présidences de Alain Tallon (Université Paris IV-Sorbonne), Nicolas Schapira (Université de Paris-Est-Marne-la-Vallée) et Christine Noug aret (École nationale des chartes) et avec le concours de Karim Ghorbal (Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis) pour l’animation de la table ronde finale.19. Recommandée par un avis de la Commission g énérale de terminolog ie et de néolog ie (Journal Officiel, n° 119 du 24 mai 2015, p. 8765, texte n° 61, « Vocabulaire de l’éducation et de l’enseig nement supérieur (liste de termes, expressions et définitions adoptés) »), cette locution vise à remplacer l’expression ang lo-saxonne de « dig ital native » forg ée par l’écrivain américain et spécialiste des questions d’éducation Marc Prensky (« Dig ital natives, dig ital immig rants », dansOn the Horizon, vol. 9, n° 5, octobre 2001, p. 1-6).20. Aujourd’hui conservés sous les cotes Arch. nat., MM 894 à MM 897 (documents de 1146 à 1688).21. Emmanuel Poulle, « Les fac-similés », dans Yves-Marie Bercé, Olivier Guyotjeannin et Marc Smith (dir.),L’École nationale des chartes. Histoire de l’École depuis 1821, Thionville, Gérard Klopp, 1997, p. 31-49.e e 22. L’essentiel de ces documents, qui vont du xii au xix siècle, sont conservés sous les cotes Arch. nat., AB XIX 1457-1467 et AB XIX 5240-5259.23. Ce fonds de 700 estampes a été numérisé et est consultable à l’adresse http://bibnum.enc.sorbonne.fr/estampes.24. « L’École des chartes devant le Sénat », dansBibliothèque de l’École des chartes, t. 65, 1904, p. 270-273, à la p. 273.25. Elle a d’abord été formalisée par la création d’un laboratoire de recherche en 2002, l’équipe d’accueil 3624 « Histoire, mémoire, patrimoine », devenue en 2012 le Centre Jean-Mabillon. Puis l’intég ration à la réforme LMD (Licence-Master-Doctorat) a successivement semestrialisé les enseig nements des archivistes paléog raphes, facilité la création d’un master propre (Nouvelles technolog ies appliquées à l’histoire, ouvert en 2007) et enfin établi en 2010 la capacité doctorale par un système d’une co-accréditation. Comme il était impensable d’enfermer l’École des chartes dans une alliance universitaire exclusive, une double co-accréditation fut mise en place dès l’orig ine, d’une part avec l’ED 112 (Histoire, Université Paris I-Panthéon-Sorbonne) et d’autre part avec l’ED 188 (Histoire moderne et contemporaine, Université Paris IV-Sorbonne). En 2015, la direction de l’École a souhaité permettre à un plus g rand nombre de professeurs de dirig er des thèses : l’ED 472 (école doctorale unique de l’École pratique des hautes études) a alors été substituée à l’ED 112, la co-accréditation avec l’ED 188 étant par ailleurs maintenue.