Palmyre. Histoire et archéologie d

Palmyre. Histoire et archéologie d'une cité caravanière à la croisée des cultures

-

Livres
246 pages

Description

La tragique actualité syrienne a ravivé le mythe de Palmyre. Il est devenu urgent de redécouvrir les grandeurs de cette cité gréco-romaine d'Orient aux confins des mondes romain et parthe, puis perse.

La tragique actualité syrienne a ravivé le mythe de Palmyre. Il est devenu urgent de redécouvrir les grandeurs de cette cité gréco-romaine d'Orient aux confins des mondes romain et parthe, puis perse.

Dans cette synthèse historique et archéologique inédite, Christiane Delplace, l'une des meilleures spécialistes du site, met des images sur les mots, fait resurgir les monuments, nous donne à voir l'histoire politique et culturelle.

En réunissant une iconographie rare, l'auteur nous guide dans la suite des histoires palmyréniennes et nous livre les différentes facettes de ce trésor antique. Les grandes étapes historiques de la ville y sont contées de la manière la plus précise : Palmyre avant les Romains et le raid d'Antoine, la montée en puissance de la ville au Ier siècle, son apogée au IIe jusqu'à la percée des périls au IIIe siècle, et son déclin. À chacune de ces étapes, l'auteur nous fait sentir la personnalité de la ville, à travers la place des cultes, du commerce, de la guerre ou des morts. Les monuments sont expliqués, commentés, datés et replacés dans leur contexte. Le sanctuaire de Bêl, les temples, la grande colonnade, les monuments de spectacles, l'habitat ou les tombeaux de Palmyre se relèvent. Les caravanes et les tribus palmyréniennes renaissent. Palmyre scintille à nouveau.

.



Mettant son art ancien, le dessin, au service de la science moderne, Jean-Claude Golvin, architecte et archéologue (CNRS), offre ici trois restitutions graphiques majeures de Palmyre et de son environnement.


Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 juin 2017
Nombre de lectures 9
EAN13 9782271093899
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
Présentation de l’éditeur
La tragique actualité syrienne a ravivé le mythe de Palmyre. Il est devenu urgent de redécouvrir les grandeurs de cette cité gréco-romaine d’Orient aux confins des mondes romain et parthe, puis perse. Dans cette synthèse historique et archéologique inédite, Christiane Delplace, l’une des meilleures spécialistes du site, met des images sur les mots, fait resurgir les monuments, nous donne à voir l’histoire politique et culturelle. En réunissant une iconographie rare, l’auteur nous guide dans la suite des histoires palmyréniennes et nous livre les différentes facettes de ce trésor antique. Les grandes étapes historiques de la ville y sont contées de la manière la plus précise : Palmyre avant les Romains et le raid d’Antoine, la montée en puissance de la ville au er e e I siècle, son apogée au II jusqu’à la percée des périls au III siècle, et son déclin. À chacune de ces étapes, l’auteur nous fait sentir la personnalité de la ville, à travers la place des cultes, du commerce, de la guerre ou des morts. Les monuments sont expliqués, commentés, datés et replacés dans leur contexte. Le sanctuaire de Bêl, les temples, la grande colonnade, les monuments de spectacles, l’habitat ou les tombeaux de Palmyre se relèvent. Les caravanes et les tribus palmyréniennes renaissent. Palmyre scintille à nouveau.
Christiane Delplace, archéologue, est directrice de recherche émérite au CNRS.
Mettant son art ancien, le dessin, au service de la science moderne, Jean-Claude Golvin, architecte et archéologue (CNRS), offre ici trois restitutions graphiques majeures de Palmyre et de son environnement.
Palmyre
Christiane Delplace
Palmyre Histoire et archéologie d’une cité caravanière à la croisée des cultures
Collection L’Esprit des lieux dirigée par Jean-Claude Golvin
CNRS ÉDITIONS 15, rue Malebranche – 75005 Paris
ÀKhaledetWaleed,àMichel,àMamoun. Àtousmesamissyriens,quilssoientrestésenSyrieouquils soient dispersés de par le monde, depuis de nombreuses années ou depuis ces dernières années. ÀmesouvriersdePalmyreetdailleurs. En remerciement de leur accueil chaleureux, jamais démenti.
©CNRSÉDITIONS,Paris,2017ISBN : 978-2-271-09389-9
AVERTISSEMENT
Un inventaire des vestiges archéologiques avait été effectué au début des années 2000 par Pascale Clauss-Balty et moi-même. Cet inventaire, avec sa numérotation spécifique, a été intégré dans le volume de Kl. Schnädelbach,Topographia Palmyrena.
Nous avions divisé le site en divers secteurs (identifiés par une lettre), et sous-secteurs (identifiés par la centaine), à l’intérieur desquels chaque vestige portait un numéro individuel, système ouvert permettant l’ajout de nouveaux numéros pour de nouvelles structures à découvrir. La liste des secteurs s’articulait dans l’ordre suivant de A à S : A. L’enceinte tardive intégrant des tombeaux. B. La colonnade transversale. C.Lagrandecolonnadediviséeentroistron¸cons,douestenest,suivantsondéveloppe-ment chronologique. D. Le Camp de Dioclétien. E. Le quartier nord-ouest (au nord de la grande colonnade, bordé à l’ouest et au nord par l’enceinte tardive, et séparé du quartier suivant par la rue E901) ; contient notamment la première église E802 et la grande maison E902 fouillées par la Mission syro-polonaise. F. Le quartier centre-nord (fait suite au quartier E) ; contient notamment les églises F103, F104 et F107 fouillées par la Mission syro-polonaise. G. Le quartier nord-est (fait suite au quartier F) ; contient notamment le sanctuaire de Baalshamin (G103 à G110) et l’ensemble thermal (G502). H. Le quartier sud-ouest (au sud de la grande colonnade, bordé à l’ouest par la colonnade transversale, et au sud, par l’enceinte tardive ; contient notamment la maison à péristyle H602, fouillée par la Mission syro-italienne. J. Le quartier centre-sud. K. Le secteur public au sud-est ; contient notamment l’agora-forum (K300-301), la curie (K302), la basilique-marché (K400-401), le théâtre (K500), le sanctuaire de Nabû (K800). L. Le secteur du sanctuaire de Bêl, avec la grande demeure (L201) à l’est du sanctuaire. M. Le quartier suburbain, s’étendant vers le nord-est, comprenant notamment le marché suburbain (M103) et l’amphithéâtre (M209). N. Le secteur au sud du wadi As-Suraysir, soit la « ville hellénistique » ; contient notamment le sanctuaire d’Arsû (N201) et une grande demeure (N209), fouillée par la Mission syro-austro-allemande. P. Le secteur de la nécropole nord. Q. Le secteur de la nécropole ouest. R. Le secteur de la nécropole sud-ouest. S. Le secteur de la nécropole sud-est. LaTopographia Palmyrenaa servi de base aux propositions de restitution de J.-Cl. Golvin, présentées dans notre ouvrage contribuant – nous l’espérons – à une meilleure compréhen-sion de la réalité (restituée) de Palmyre.
Carte de la Syrie antique(d’après Will 1992, frontispice).
Introduction
Le lieu. Situation
Palmyre se situe au cœur de la partie nord de la grande steppe syrienne. Située en zone semi-aride – mais la nappe phréatique n’est pas profonde durant l’Antiquité –, elle est bordée à l’ouest par les plaines du Hauran, l’oasis de Damas, les plaines de Homs, de Hama et d’Alep ; au nord et à l’est par le bassin de l’Euphrate ; au sud, se situent les hauteurs désertiques duTourouqal-Ala.Palmyreestàmi-cheminentreÉmèselactuelle Homs – et les bords de l’Euphrate, et, à l’échelle internationale, constitue un relais entre la Méditerranée et le golfe arabo-persique. De Damas à l’Euphrate (à Deir-ez-Zor) s’étend une « longue échine calcaire qui plisse le désert » selon un axe sud-ouest – nord-est présentant peu de cassures. Palmyre se situe à la sortie orientale de l’un des cols, là où existe un point d’eau. C’est la rencontre des deux éléments – sortie d’un défilé et point d’eau donnant naissance à une oasis – qui est à l’origine de son implantation et de son développement. Ses relations orientales vers l’Euphrate et au-delà dépendaient essentiellement de la situation poli-tique et militaire des états traversés. Les pistes s’adaptaient aux situations particulières, privilégiant les passages par la steppe lorsque la remontée de l’Euphrate ou du Tigre était interrompue ; le trafic caravanier passait alors par Palmyre. En la favorisant – ce que firent les caravanes aux mains des seuls Palmyréniens pendant près de trois siècles –, les « routes de tra-versée » du « désert » – le terme de désert est impropre – contribuèrent au développement et à l’enrichissement de l’oasis. L’évolution politique e internationale de la fin duIIIsiècle et la création de la douane d’état romaine plus au nord mirent fin à cette source d’enrichissement.
7
Palmyre
La Syrie. D’Alexandre à l’Empire romain
Au terme d’une campagne de conquête entamée en 334, après avoir soumissuccessivementlelittoralsyrien,lÉgypte,lempireperseaché-ménide, Alexandre III de Macédoine est arrivé dans la vallée de l’Indus. Son armée, épuisée, refuse alors d’avancer, et il revient à Suse en 324, puis à Babylone, où, malade, il meurt en juin 323, à l’âge de trente-trois ans. Son immense empire s’étend de la Thrace aux frontières de l’Inde, et du Pont-Euxin(MerNoire)etdelaSogdiane,aunord,jusquàlÉgypteetau Golfe Persique vers le sud. Au lendemain de la mort d’Alexandre, ses principaux généraux (les diadoques) s’affrontent pour lui succéder. Durant les années qui suivent sa disparition, de 323 à 311, la Syrie ne cesse d’être traversée par les différentes armées en conflit. DèslamortdAlexandre,PtoléméesestinstalléenÉgypte,ayantcompris que l’empire était trop vaste et qu’il allait éclater. Il tente cependant d’étendre son autorité sur la Syrie, en particulier sur le sud de la région. Les autres généraux vont lutter pour restaurer l’unité de l’empire à leurs profits respectifs, mais ils devront finalement se résoudre à un partage sanctionné par un accord de paix en 311. C’est ainsi que l’Asie fut attribuée à Antigone (le Borgne), mais, en 301, il est éliminé par une coalition et la Syrie dans sa partie nord passe sous l’autorité de Séleucos. Après divers épisodes, Ptolémée et Séleucos en arrivent à se partager la Syrie : la Syrie séleucide au nord, la Syrie lagide au sud. De nombreuses cités sont fondées par Alexandre, puis par Antigone. Mais c’est surtout sous les premiers Séleucides que l’on saisit ce phénomène en er Syrie du Nord. Dès 300, Séleucos I fonde les quatre villes sœurs que l’on appelle la tétrapole syrienne : Séleucie (de Piérie, du nom de Séleucos), Antioche (sur l’Oronte, du nom d’Antiochos, son père et son fils aˆıné), Apamée (sur l’Oronte, du nom d’Apama, sa première épouse) et Laodicée (sur mer, du nom de Laodice, sa mère). Mais d’autres fondations suivront tant à l’initiative de ce même Séleucos, que de celle de son fils, er Antiochos I : entre autres, les villes de Zeugma-Séleucie, d’Apamée et d’Europos-Doura sur l’Euphrate, de Cyrrhus et deBeroia(Alep) en Syrie
8