Port-Royal

Port-Royal

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Livres
496 pages

Description

Religion et politique s’entremêlent sans cesse au Grand Siècle. Parfois de façon dramatique  : Louis XIV ordonne en 1710 de raser l'abbaye de Port-Royal-des-Champs et de vider le cimetière de ses morts. À l'origine de cette histoire, une figure mythique  : Angélique Arnauld. En 1602, elle n'a que dix ans lorsqu'elle est nommée abbesse, contre son gré, de ce monastère moyenâgeux perdu dans la vallée de Chevreuse. À dix-sept ans, prise d'un soudain désir de servir Dieu, elle décide de faire de l’abbaye le flambeau de la Contre-Réforme. Cette mission, elle va la mener à bien, corps et âme littéralement, pendant un demi-siècle. Sous l’influence d'éminents ecclésiastiques qui s’emparent de sa conscience tourmentée, Port–Royal devient le foyer du jansénisme. 
En ce siècle des héros et des saints, de nombreux Français sont favorables à un mouvement qui exalte les valeurs du christianisme primitif telles que saint Augustin était supposé les avoir définies. Parmi eux, La Rochefoucauld, madame de Sévigné, Pascal ou encore Racine. Les jansénistes sont-ils des moralistes intransigeants, des intégristes rétrogrades, les pionniers d’une pensée libre  ? Le pouvoir ne se pose pas toutes ces questions en cette époque où se fabriquent  l’honnête homme mais aussi l’absolutisme et le despotisme bureaucratique. Les jansénistes s’écartent de la ligne officielle, et cela suffit pour en faire une cible à abattre. Plusieurs papes soufflent sur le feu, car leurs intérêts rejoignent ceux du roi de France, et décrètent que le jansénisme est une hérésie. Port-Royal est certes détruit mais le jansénisme fera le lit des Lumières et de l’esprit de liberté.
 
Michel Carmona  : ancien élève de l’ENS, agrégé d’histoire, professeur émérite à la Sorbonne, a publié de nombreux livres sur l’histoire du XVIIe siècle. En particulier, chez Fayard, Marie de Médicis, Richelieu, La France de Richelieu, Les Diables de Loudun.
 

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Date de parution 03 octobre 2018
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EAN13 9782213710808
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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DUMÊMEAUTEURAUXÉDITIONSFAYARD
Marie de Médicis, 1981.
Richelieu, 1983.
La France de Richelieu, 1984.
Les Diables de Loudun, 1988.
Haussmann, 2000.
Eiffel, 2002.
Morny, 2005.
Pourquoi Port-Royal ?
Aujourd’hui, sur le site Internet de la Société des Amis de Port-Royal, le visiteur peut lire ces quelques vers écrits en 1656 par Racine :
Saintes demeures du silence, Lieux pleins de charmes et d’attraits, Par où, dans le sein de la paix, Règne la grâce et l’innocence
L’abbaye de femmes de Port-Royal des Champs s’éleva it à une trentaine de kilomètres de Paris en direction de Versailles, dan s l’actuel département des Yvelines, commune de Magny-les-Hameaux. Il n’en reste plus tr ace. S’étant rebellée contre l’absolutisme de Louis XIV, d’abord au nom du mouve ment janséniste, puis au nom de la simple liberté de conscience, l’abbaye paya son audace de son existence : le 22 janvier 1710, le Roi-Soleil ordonna que les bâti ments du monastère soient rasés et le cimetière attenant vidé de ses morts.
L’émotion est toujours palpable en ce vallon désert qui semble appeler à la rêverie et à la réflexion. Le domaine national des Granges dom ine les ruines de l’abbaye. Ce lieu où souffle l’esprit fut le refuge des Solitaires, h ommes pieux attirés par le voisinage du couvent. Tant de souvenirs flottent çà et là. Le pr emier, remonte à 1609. Cette année-là, Port-Royal entre dans l’histoire avec la réform e du monastère, douloureux retour à la règle d’origine des abbayes bénédictines. Le poi nt d’orgue sera la « journée du Guichet » : le 25 septembre, la jeune abbesse Angél ique Arnauld impose à ses parents tour à tour scandalisés, bouleversés, éplorés, le r espect de la clôture ; désormais l’accès aux bâtiments conventuels est interdit à to utes les personnes extérieures non autorisées, y compris les familles. Angélique a dix -sept ans.
Port-Royal, c’est ensuite la fiévreuse figure de l’ abbé de Saint-Cyran. Il introduit à Port-Royal le jansénisme, mélange de retour aux val eurs de l’Église primitive et d’affirmation des droits de la conscience. Il paie cher ses convictions : sur ordre de Richelieu qui se méfie de son intelligence, il pass e cinq années en prison, dans les geôles du château de Vincennes, de 1638 à 1643. D’a utres figures illustres sont associées à Port-Royal. Racine, ancien élève aux Pe tites Écoles de Port-Royal, et Blaise Pascal dont les caustiquesprovinciales Lettres  paraissent en 1656-1657 : spirituel combat de plume qui sonne l’avènement dan s la littérature française d’un style nouveau, elles valurent à leur auteur dix-huit cond amnations de l’Inquisition, une par Lettre. Plus tard, ce sera Sainte-Beuve et son colossal Port-Royal qui renvoie les projecteurs d’une analyse minutieuse autant qu’enga gée sur le mouvement janséniste et ses conséquences pour les deux Port-Royal, aux C hamps l’abbaye rebelle, à Paris l’abbaye de l’acceptation. Michelet n’est pas d’acc ord avec l’histoire sanctification du jansénisme que propose Sainte-Beuve ; bougon, il ju ge dans sonde France Histoire (t. xv, p. 14) : « Dès 1668, le jansénisme apparaît une impasse, une opposition volontairement impuissante, beaucoup de bruit pour rien. » Montherlant n’est pas de cet avis, qui, dans sonPort-Royal, revendique pureté et droits de la conscience.
Le jansénisme a connu un long, un séculaire retenti ssement, depuis son avènement e en plein XVII siècle, siècle des héros et des saints, de l’honnê te homme et de l’État bureaucratique, puis à travers le siècle des Lumièr es, la Révolution française, la République, jusqu’aux débats qui agitent l’Église c atholique contemporaine. La force
de son image sur l’opinion publique française joint e à l’action persévérante de quelques fortes personnalités de la Société de Port -Royal aboutit à la création en 1952 du Musée national des Granges de Port-Royal, lieu d e souvenir et d’incitation à la recherche. Le jansénisme n’en a pas fini pour autan t avec les polémiques qui, dès sa naissance, l’ont accompagné. Replaçant le jansénism e en son temps, Emmanuel Le 1 Roy-Ladurie propose cette équivoque définition : « L’Église catholique […] voit naître en son propre giron la divergence janséniste, parad oxalement cultivée par d’anciens ligueurs (la famille Acarie) et par d’anciens prote stants (la famille Arnauld). Les premiers apportent à cette entreprise la touche de terrorisme intellectuel qui, de fait, caractérisera ensuite les disciples de Jansénius ; les seconds vont infuser au nouveau mouvement les théories ci-devant calviniennes de la grâce omnipotente, primitivement inspirées de saint Augustin. »
Reste que le jansénisme a engendré le plus puissant , le plus florissant mouvement e littéraire et artistique du XVII siècle. L’accent mis par ses adeptes sur l’enseign ement de saint Augustin lui donne sa force. La férocité d es guerres religieuses avec laquelle rivalisent les atrocités des guerres nationales n’i nvite pas à une vision optimiste de l’humanité et de son passage sur terre. Le jansénis me est pessimisme, croyance en la corruption irrémédiable de la nature humaine à caus e du péché originel ; sur ce fond de pessimisme, La Rochefoucauld, Mme de Lafayette, Pascal, Racine, la marquise de Sévigné bâtissent des chefs-d’œuvre.
Les jésuites sont d’emblée hostiles au jansénisme. Ils défendent une culture de l’optimisme, une morale qui s’accorde avec les aspi rations de la société, là où les théologiens jansénistes plaident pour un retour aux valeurs de l’Église primitive. La mère Angélique Arnauld était prête sans le savoir à se ranger dans le camp du jansénisme lorsqu’elle inscrivait la réforme de Port-Royal dans l’exigence du retour à la règle de saint Benoît, formalisée douze siècles plu s tôt.
La personnalité d’Angélique Arnauld est bien ambigu ë. À 17 ans, faute de pouvoir fuir une vie conventuelle qu’elle déteste, la jeune fille décide soudain de servir Dieu sans réserve et pour cela de rétablir à Port-Royal la pratique la plus rigoureuse de la règle monastique, mettant un terme à quelques siècl es de petits arrangements. Elle prend sa décision seule, elle met ses résolutions e n pratique seule, contre son ordre, contre sa famille. Elle devient une héroïne que l’o n appelle bientôt dans d’autres couvents pour y donner le bon exemple. En l’abbaye de Maubuisson (commune de Saint-Ouen-l’Aumône aujourd’hui), elle se heurte à forte partie ; elle fait preuve d’une rare maîtrise de soi et d’un formidable sang-froid. Elle n’a que 27 ans. C’est alors qu’elle fait la connaissance de François de Sales. Elle se jette littéralement à sa tête. François de Sales recommande à Angélique humilité e t modération ; elle n’en a cure et le saint évêque de Genève prend ses distances. Puis Angélique devient la proie du grandiloquent Sébastien Zamet, évêque de Langres, q ui l’humilie et l’exploite sans vergogne au nom du Saint-Sacrement. Elle sait qu’el le commet une erreur, mais elle se fait gloire de ses déboires et des vexations qu’ell e subit. La voici libérée de Zamet, heureusement obligé de regagner son diocèse. L’évêq ue laisse la place à l’ambitieux abbé de Saint-Cyran. Une nouvelle et violente passi on envahit l’âme tourmentée de l’abbesse de Port-Royal. Que se passe-t-il en elle ? Ce n’est pas la théologie de Saint-Cyran qui enflamme Angélique ; la jeune femme ne s’ est jamais montrée fort attirée par ces questions-là. Alors quoi ? Les bizarreries de l ’homme ? Les tortures morales qu’il lui prodigue comme de la tenir pendant des semaines éloignée de la confession et de la communion ? Sans doute l’orgueil de l’abbesse qu i s’enivre des excès de privations,
des humiliations, des austérités recherchées, glori fiées. Elle se tournait en tout vers la « vileté », dit l’une de ses nièces devenue sa biog raphe. Ce n’est plus la jeune abbesse de la journée du Guichet, cette Angélique q ue nous voyons au tournant de la quarantaine manipulée, exploitée, sans cesse tomban t et retombant sous la coupe d’hommes parfois estimables, parfois beaucoup moins , et qui en tout cas ne méritaient pas tant d’honneur.
Angélique meurt persécutée, attaquée, moquée, insul tée de toutes parts. Agonisante, elle proclame ne plus rien attendre des hommes. Elle est déjà morte quand l’archevêque de Paris visite Port-Royal et se heurte, chez d’autres demoiselles Arnauld, d’autres religieuses dans le même couvent, à une résistance si farouche qu’il a ce jugement passé à la postérité : pures comme de s anges, orgueilleuses comme des démons. Angélique n’assiste pas à l’anéantissem ent de son abbaye, mais le message qu’elle laisse de courage et de droiture lu i survit.
Le destin tragique de Port-Royal des Champs continu e d’émouvoir les esprits. Écrire sur Port-Royal, n’est-ce pas risquer de rallumer la controverse entre jésuites et jansénistes qui se transforma en une lutte à mort ? N’est-ce pas réactiver les meurtrissures d’une guerre où les jésuites, d’abord gagnants, payèrent ensuite très cher leur apparente victoire, au point que le premi er pape jésuite de l’histoire envisage même de béatifier leur ennemi juré, Blaise Pascal ? Notre propos n’est pas là. Il est e simple, factuel : retracer l’évolution de Port-Roya l au cours du XVII siècle, quand l’abbaye atteint au sommet de sa gloire, puis s’ava nce inexorablement vers sa chute, la persécution des personnes et des idées débouchan t sur la destruction des murs et le déplacement des morts. Les protagonistes et leur s caractères, les enjeux politiques et leurs contextes, la société dans laquelle s’insc rit cette longue histoire marquée par l’étroitesse et l’intensité des liens entre religio n et politique, voilà la matière d’un Port-Royalntations d’attirer le jansénismeentend s’affranchir de toutes tentatives ou te  qui et ses adeptes dans les filets de nos mentalités ac tuelles.
Notes 1.Emmanuel LE ROY LADURIE,L’État royal,1460-1610, Paris, Hachette, 1987, p. 395.
PREMIÈREPARTIE
Angélique Arnauld la réformatrice
CHAPITREPREMIER
Le réveil catholique
Fonpé en 1204 Par Mathilpe pe Garlanpe, alors qu’el le venait pe Perpre son mari, er e Mathieu I pe Montmorency, mort à ConstantinoPle Pen pant la 4 croisape, le monastère pe ort-Royal Porte alors le nom pe Notre -Dame pe orrois ; ce mot qui pésignerait soit un Poireau, soit un marais abritan t pes eaux stagnantes, serait pevenu à l’usage « ort-Royal ».
Mathilpe reçoit l’aipe pe l’influent évêque pe ari s Eupes pe Sully, qui lui avait conseillé p’épifier sa fonpation sur le territoire pe la Paroisse pe Magny (aujourp’hui commune pe Magny-les-Hameaux). Le monastère accueil lera pes femmes et obéira à la règle pe l’orpre pe Cîteaux, variante pe la règl e pe saint Benoît. L’abbaye pe femmes se voit ponner comme suPérieur le monastère masculi n pes Vaux-pe-Cernay, situé non loin pe là. La construction pes bâtiments pe ort-R oyal est raPipe : quatre ans seulement, si bien que les pouze Premières religieu ses Peuvent pès 1208 s’installer pans le monastère flambant neuf. En 1214, ort-Roya l est érigé en abbaye, et le successeur p’Eupes pe Sully, ierre pe Nemours, nou vel évêque pe aris, lui accorpe le proit pe Paroisse, moyennant Paiement p’une inpe mnité au curé pe Magny. L’abbaye bénéficie pe nombreuses largesses pes Montmorency e t p’autres granpes familles nobles comme les Lévis. Les rois, Pour la PluPart, se montrent généreux, en Particulier hiliPPe Auguste, contemPorain pe la fonpation pe l ’abbaye, et Saint Louis. À la fin pu Moyen Âge, l’abbaye pisPose p’immenses pomaines ; g râce à pe nouveaux travaux, elle Peut abriter trente religieuses.
Au lenpemain pes guerres pe Religion, les bâtiments pe l’abbaye, faute p’entretien, menacent ruine, les marais gagnent pu terrain, réPa npant pes nuées infectieuses sur l’abbaye et ses jarpins. En 1602, lorsqu’une jeune abbesse p’à Peine pix ans, Angélique Arnaulp, Prenp ses fonctions, l’abbaye ne comPte Plus que neuf religieuses. Aux yeux pe ses contemPorains, le site est une « va llée affreuse et sauvage ». Le monastère va Pourtant renaître, emPorté Par la pyna mique renouvelée pe l’Église e catholique en ces Premières années pu XVII siècle. Le schisme Protestant pans ses pivers courants a traumatisé beaucouP pe conscience s chrétiennes et la robe sans couture pu Christ, image pe l’unicité pu christiani sme, aPParaît purablement péchirée. Mais au sein pe l’Église catholique, le ressourceme nt s’organise. On Parlera Plus tarp pe Contre-Réforme.
DU CONCILE DE TRENTE À L’ÉDIT DE NANTES
La réaction est p’aborp poctrinale. Le long concile pe Trente qui s’est réuni pe 1545 à 1549, Puis en 1551-1552, et Pour finir en 1562 et 1563, pevait rétablir l’unité chrétienne en concertation avec les pifférentes con fessions et Églises Protestantes. Au rebours pe cet objectif pe reconstruction pe l’unit é chrétienne fixé Par Charles Quint et er François I , Pour une fois p’accorp, le concile pevi ent l’instrument pe la régénération pe l’Église catholique contre les Protestants et co ntre les germes pe pécomPosition qui menacent pe l’intérieur le monpe catholique. Signif icativement, le concile s’achève alors que la France s’engage pans la Phase la Plus violente, la Plus sanglante, pes
guerres pe Religion. Mais la réaction catholique n’ est Pas que militaire : pisciPlinaire, morale, elle embrasse aussi tous les pomaines pe la foi et pe la vie chrétiennes.
Les pécisions, ou pécrets, pu concile imPosent pes règles pisciPlinaires strictes. Selon l’une pes Plus imPortantes, chaque piocèse po it pésormais pisPoser p’un séminaire où seront formés pes Prêtres pe bonnes vi e et mœurs, comPétents et animés Par une foi solipe ; le resPect pes règles s ’imPose pe même aux orpres monastiques, masculins et féminins. Le Pouvoir pu P aPe se renforce autour pe la curie Pontificale à Rome, qui pevient l’un pes Piliers pe l’organisation issue pu concile. En France comme ailleurs, l’Église pu Pays, ici pite É glise gallicane, mettra pu temPs avant p’accePter sans réserve les pécrets pu concil e.
À côté pes mesures p’orpre, le concile Précise bon nombre pe questions pe pogme. La révélation est contenue pans la Vulgate, version en latin pe la Bible. Les trapuctions en langue vulgaire, l’un pes Piliers pu Protestanti sme, sont péconseillées ; pe toute façon, Pour être Publiées, elles poivent être p’abo rp soumises à l’aPPréciation pes organes qualifiés pe l’Église catholique. Le pogme pu Péché originel est réaffirmé ; l’homme se sauve Par la foi et Par les œuvres. La g râce pe Dieu n’aPPartient à Personne et nul ne Peut s’en Prévaloir : nous somme s incaPables, nous humains, pe savoir à qui Dieu l’a ponnée. La confession, la Pén itence et l’absolution sont cruciales sur la route Par laquelle l’homme s’achemine vers l e salut. Au Passage, le concile péfinit peux notions imPortantes Pour jauger la sin cérité et le pegré pe foi qui animent le Pénitent au moment où il vient se confesser : es t-il animé Par le sentiment pe contrition, sorte pe pouleur intérieure qui s’accom Pagne pe la pétestation pu Péché ? Ou est-il seulement en état p’attrition, l’attritio n étant, avec la honte pu Péché, la crainte pu châtiment et pes Peines éternelles ? L’attrition est moins convaincante que la contrition, mais elle n’en est Pas moins une étaPe à ne Pas négliger pans l’itinéraire qu’emPrunte le Pécheur en marche vers son salut.
Le concile pe Trente a été mal engagé. Souvent Pert urbé, il a été également miné Par la faible Présence pes archevêques et évêques p u monpe catholique qu’il était censé rassembler. Et Pourtant, il ponne aux catholi ques un élan, une extraorpinaire pynamique. Le terrible massacre qui pébute à aris le 24 août 1572, jour pe la Saint-Barthélemy, avant pe se réPéter pans beaucouP pe vi lles pe Province, constitue à l’évipence un ultimatum apressé aux Protestants : r entrez pans le giron pe l’Église catholique sinon la mort vous attenp.
C’est lors pe la Saint-Barthélemy que le Père p’Ang élique Arnaulp, Antoine Arnaulp, jeune garçon encore, abjure le Protestantisme en co mPagnie pe son ProPre Père, Pour se convertir au catholicisme. Une autre Partie pe l a famille Arnaulp résiste aux menaces et, comme un million pe Français, hommes et femmes, reste fipèle au Protestantisme. Mais les risques sont réels. Autre signal fort pe la Pugnacité retrouvée pu catholicisme pans les années qui suivent la Sain t-Barthélemy : la Ligue Prenp le Pouvoir pans Presque toutes les villes et régions p e France. Cette organisation extrémiste, ultra-catholique, s’aPPuie sur la foi m ilitante pe ses membres. Elle pisPose pe ses tribunaux sPéciaux et pe trouPes que viennen t aPPuyer pes renforts envoyés Par la monarchie esPagnole, auto-instituée comme le bras armé pu catholicisme combattant. Tous ces événements contribuent à ravag er le Pays, à renforcer les Peurs Physiques, Peur pes solpats, Peur pu voisin, ainsi que les Peurs religieuses : celui qui ne croit Pas comme vous est un hérétique, c’est-à-p ire Par péfinition un envoyé pu Diable, la Peur pu Péché, ponc pe la pamnation éternelle, justifiant à la fois les Peurs et les violences.