Victor Hugo au Sénat

Victor Hugo au Sénat

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140 pages

Description

C’est aujourd’hui que la grave question des deux Chambres, posée par la Constitution, va être résolue. Deux chambres sont-elles utiles ? Une seule chambre est-elle préférable ? En d’autres termes, faut-il un Sénat ? […] Messieurs, j’y insiste. Il dépend aujourd’hui du Sénat de pacifier la France ou de troubler le monde. La France est aujourd’hui désarmée en face de toute la coalition du passé. Le Sénat est son bouclier […] Sénateurs, prouvez que vous êtes nécessaires.
Le Sénat, en votant la dissolution compromet la tranquillité publique et prouve qu’il est dangereux. Le Sénat, en rejetant la dissolution, rassure la patrie et prouve qu’il est nécessaire […] Non, le passé ne prévaudra pas. Eût-il la force, nous avons la justice, et la justice est plus forte que la force. Nous sommes la philosophie et la liberté.


Victor Hugo au Sénat, le 21 juin 1877



Victor Hugo a été pair de France de 1845 à 1848. Il a été sénateur de Paris de 1876 à 1885. À la Chambre des pairs comme au Sénat, il a été le chantre du progrès et de la liberté. Son action et les discours qu’il y a faits sont parfois oubliés. L’objet de ce livre est de les mettre en pleine lumière.



Ancien élève de l’École Normale de Saint-Cloud, Jean-Pierre Sueur a été maître de conférences à l’Université d’Orléans. Il a été député du Loiret, maire d’Orléans, secrétaire d’État aux collectivités locales. Il est sénateur du Loiret.

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Date de parution 20 septembre 2018
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EAN13 9782368001219
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Victor-Marie Hugo, pair de France
Dans son lîvre întîtuléVîctor Marîe, 1 Comte Hugo: «Charles Péguy écrîvaît Vîctor Marîe, Comte Hugo, Paîr de France, membre 2 3 de l’Instîtut»étaît«un aîseur».C’étaît 4 «un polîtîcîen inî, pourrî de polîtîque» ;«îl 5 a toujours été le roî des malîns» ;«C’étaît un omme quî étaît un sénateur de la troîsîème Républîque, quî portaît un aut de orme comme tout le monde, quand îl le allaît, et un 6 parapluîe quand îl pleuvaît».Et Péguy écrî-vaît aussî : «Je saîs bîen que ce génîe étaît na-turellement mystîque. Maîs, ne nous rappons pas. C’étaît beaucoup moîns peut-être l’abou-tîssement d’un paganîsme lorsqu’îl écrîvaît dîeu avec un d mînuscule, qu’un ommage rendu à 7 la Lîbre Pensée . Il allaît être lîbre penseur en 1860 et quelques ou îl ne allaît pas être lîbre penseur. Il allaît être lîbre penseur ou clérî-cal. La polîtîque voulaît que l’on ût l’un ou l’autre. La polîtîque de Hugo voulaît notam-ment qu’on ût l’un, ce « un dîeu », ce petît d est un bon poînt, une surveîllance que la polîtîque
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8 de Hugo exerçaît sur son génîe».:Et encore «Je saîs bîen que tout cela, que ce ton unîque, que ce génîe, étaît lîttéralement noyé dans des 9 monceaux de lîttérature» . Dans le même lîvre, Péguy nous explîque aussî que Vîctor Hugo donnaît au publîc «tout ce qu’îl produîsaît : le bon et le mauvaîs ; sacant bîen que dans le tas îl y en avaît du 10 très bonEt même, ajoute Péguy, «» . du rem-plîssageajoutaît : «». Maîs îl du remplîssage de 11 luî» , – et donc du remplîssage de qualîté supérîeure. Vîctor Hugo a d’abord été nommé paîr 12 de France . Il avaît admîré l’empereur, îl avaît aîmé les roîs. Et îl aura été successî-vement royalîste, lîbéral, démocrate, républî-caîn et socîalîste. Vîctor Hugo aura donc beaucoup chan-gé. Maîs îl n’aura pas changé dans le sens où nombre de gens changent paroîs, pas-sant au il du temps, et au il de la vîe, de la gauche à la droîte. Luî, c’est plutôt le che-mîn înverse qu’îl a accomplî. Il ut paîr de France de 1845 à 1848. Les paîrs de France sîégeaîent là où sîège aujourd’huî le Sénat, au Palaîs du Luxembourg. Il ut sénateur de 1876 à 1885. Au total, îl s’est présenté sîx oîs au sufrage unîversel. Pour être paîr de France, îl n’a pas eu besoîn d’être élu : îl a été nommé. Il a été élu à l’Assemblée Constîtuante, le 4 juîn 1848 ; îl a été réélu député de la Seîne le 13 maî 1849 ; îl a été
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er élu député le 1 mars 1871 ; îl a connu un échec aux électîons légîslatîves en 1872 ; îl a été élu sénateur en 1876 et îl a été réélu sé-nateur en 1882 ; îl l’est resté jusqu’à sa mort en 1885. Vîctor Hugo étaît très proche du roî Louîs-Phîlîppe et de la duchesse d’Orléans. Louîs Phîlîppe aîsaît ses conidences à Vîctor Hugo. Il luî dîsaît cecî : «M. Hugo, on me juge mal. On dît que je suîs in. On dît que je suîs abîle. Cela veut dîre que je suîs traïtre. Cela me blesse. Je suîs un onnête omme tout bonnement, je vaîs droît devant moî.Ceux quî me connaîssent savent que j’aî de l’ouver-ture de cœur. hîers, en travaîllant avec moî, me dît un jour que nous n’étîons pas d’accord : Sîre, vous êtes in, maîs je suîs plus in que vous. – La preuve que non, répondîs-je, c’est que vous me le dîtes. hîers, du reste, a de l’esprît, maîs îl est trop ier d’être un parvenu. Guîzot vaut mîeux. C’est un omme solîde. Un poînt d’appuî. Espèce rare que j’estîme. Il est supé-rîeur à Casîmîr Pérîer, même, quî avaît l’esprît étroît. C’étaît une âme de banquîer, scellé à terre comme un cofre-ort. O que c’est rare un vraî 13 mînîstre» . Louîs-Phîlîppe dît tout cela à Vîctor Hugo. Ils se parlent tout le temps. Et, un jour, apparaït une grande marque de coniance. Le 13 avrîl 1845, une ordonnance élève à la paîrîe le vîcomte Vîctor-Marîe Hugo, quî devîent donc paîr de France.
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Il ne aut pas croîre que cela a été bîen perçu par tout le monde. Cela a été plutôt crîtîqué. Par exemple, dansLe Courrîer des héâtres, Charles Maurîce écrît : « M.Vîctor Hugo est nommé Paîr de France : le roî 14 s’amuseLa presse républîcaîne est mé-» . chante. Armand Marat, dans le journalLe Natîonalécrît : «Vîctor Hugo est mort. Saluez M. le vîcomte Hugo, Paîr lyrîque de France. La démocratîe qu’îl a însultée peut désormaîs en 15 rîre. La voîlà bîen vengée» . Hugo,luî,transmet les pîèces sur le onde-ment desquelles la Chambre des paîrs devra valîder sa nomînatîon. Marat rend compte de sa prestatîon de serment dans ces termes : «Une sorte d’îllumînatîon înconnue traversant les vîtres est venue colorer les pâles tentures de l’enceînte. M. Pasquîer, couvert de son mortîer a lu l’ordonnance quî élève à la dîgnîté de Paîr de France M. le vîcomte Vîctor Hugo… Notre poîtrîne s’est dîlatée… Nous avons eu un rîs-son de poésîe ; nous avons été saîsî de l’entou-16 sîasme du blason…Naturellement, îl se» . moque de luî. Vîctor Hugo arrîve chez les paîrs de France, une assemblée très conservatrîce, une assemblée composée de personnages dont la plupart sont des nobles quî ont tous été nommés en vertu de la aveur d’un roî. Après cet événement, troîs aîts se sont passés, quî ont beaucoup marqué Vîctor
Hugo : un événement lîé à l’amour, un évé-nement lîé à la mîsère et un événement lîé à la peîne de mort.
Table des matières
Vîctor-Marîe Hugo, paîr de France
Léonîe
Rue de Tournon : « La catastrophe est înévîtable »
La peîne de mort
Des membres « înatués, méprîsants et gourmés »
Pour la Pologne
« Toute l’întellîgence de la France » contre « toutes les orces de la mer »
«»Je suîs du partî des exîlés et des proscrîts
Pîe IX
Pour le droît d’auteur
Vîctor Hugo, sénateur de Parîs
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« Faut-îl un Sénat ? »
Le second dîscours de Vîctor Hugo
Pour l’amnîstîe
La vraîe clémence
Le dernîer dîscours
« L’océan gouverné par l’ouragan »
« La France lîbre veut les peuples lîbres »
Notes Remercîements Annexes
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