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Dictionnaire universel de l'éducation à l'amour

De
301 pages
Cet ouvrage est d'abord conçu comme une pédagogie, alimentée par les théories du « care », théories anglo-saxonnes de l'éthique de la sollicitude. L'auteur souligne ici la nécessaire articulation entre la disposition physiologique, l'aptitude animale au soin mutuel, et l'activité, la pratique concrète du « care » que l'on peut considérer comme le fondement de l'amour dans l'acception large que lui donnent les auteurs de ce « dictionnaire ».
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Obrillant Damus
Dictionnaire universel de l’éducation à l’amour
Préface par Aurélia Gaillard
Documentation Haïtienne
Dictionnaire universel de l’éducation à l’amour
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
www.harmattan.fr
ISBN : 978-2-343-13217-4 EAN : 9782343132174
Obrillant DAMUSDictionnaire universel de l’éducation à l’amour Préface par Aurélia Gaillard
«L’amour est poésie. Un amour naissant inonde le monde de poésie, un amour qui dure irrigue de poésie la vie quotidienne, la fin d’un amour nous rejette dans la prose.Nous pouvons aussi compter sur les inépuisables sources de l’amour humain. Certes, le XXe siècle a horriblement souffert des carences d’amour, des indifférences, des duretés et des cruautés. Mais il a produit aussi un excès d’amour qui s’est voué aux mythes menteurs, aux illusions, aux fausses divinités ou qui s’est pétrifié dans de petits fétichismes comme la collection de timbres-poste. » Edgar Morin, Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur, Seuil, UNESCO, 1999.
« L’amour est une structure dynamique où chacun met son contenu. Mais ce contenu engage toute la personne » (Maryse Choisy, Le scandale de l’amour, Paris, Aubier, 1959).
« Je suis peu à peu rentrée dans le texte et l’ai trouvé fort intéressant. Ce concept d’« éducation à l’amour », à prendre dans un sens aussi large, est si positif qu’il semble apte à vous faire retrouver, les soirs de doute, l’amour de la vie et la confiance en elle ». Isabelle Jezequel, une lectrice.
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Préface Lecteur, si vous cherchez des définitions, des limites aux mots et aux notions, un savoir sur l’amour, un enseignementsurl’amour, passez votre chemin, ceci n’est pas un livre pour vous. Ceci, même s’il est aussi un livre de savoir, avec des études réflexives, des bibliographies critiques, est d’abord un livre pour promeneur et curieux, non pas pour amateur plutôt que connaisseur, même si d’amateurest forcément question dans un dictionnaire il sur l’amour, mais pour la connaissance qui surgit de l’innutrition et de la méditation, pour un enseignementdel’amour et non sur l’amour, pas tant un savoir, donc, qu’une éducation. Le titre d’ailleurs affiche la couleur : Dictionnaire universel de l’éducation à l’amour, l’amour s’éduque donc – nous éduque tandis que nous nous éduquons à l’amour. Un célèbre tableau de la Galleria Borghese à Rome, intituléL’Éducation de l’Amourpar Titien, (1565) présente Vénus en train de nouer un bandeau sur les yeux du dieu Amour. Pour Titien comme pour une large part de l’iconographie du thème à la Renaissance, il s’agit d’abord d’affirmer la dimension sacrée et pas seulement profane de l’amour, sa nécessaire élévation du plan charnel au plan spirituel. Mais le thème classique prend diverses colorations selon les domaines, très nombreux, où il s’applique : amour divin, conjugal, libertin, familial, amitié amoureuse, le « parce que c’était moi, parce que c’était lui » de Montaigne, mais aussi dans une dimension plus ethno- et sociologique, qu’explorent Obrillant Damus et ses collaborateurs, Joseph P. Saint-Fleur, Francis
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Danvers et Denis Jeffrey, toutes les formes d’attachement suscitées par les relations sociales et communautaires, désormais aussi les réseaux sociaux, ces « liens faibles » dont dès 1973 Mark Granovetter (La Force des liens faibles) et, tout récemment, Alexandre Gefen et Sandra 1 Laugier , ont montré le pouvoir. Ainsi, le motif mythologique représenté par Titien, « l’éducation de l’Amour » est bien sûr le modèle de la nécessaire éducation à l’amourconstitue le centre de gravité de qui ceDictionnaire universel de l’éducation à l’amour. Cette éducation est d’abord conçue comme une pédagogie, alimentée par les théories ducare: à l’entrée « Éthique du care» ou « Principe de l’Éducation à l’amour », Obrillant Damus souligne la nécessaire articulation entre la disposition physiologique, l’aptitude animale au soin mutuel, et l’activité, la pratique concrète ducare: en ce sens lecare est le principe, la structure, le fondement – bref le nom même, plus contemporain, de l’amour dans l’acception large que lui donnent les auteurs du Dictionnaire et tout particulièrement son directeur scientifique, Obrillant Damus. En ce sens, Obrillant Damus et ses collaborateurs pourraient faire leur la motivation de l’ouvrage justement célèbre de Roland Barthes,Fragments d’un discours amoureuxauquel ce (1977), Dictionnairefait immédiatement penser : le constat d’un discours parlé par « des milliers de sujets », mais « soutenu par personne », solitude et absence, à partir desquelles Barthes répliquait précisément par une présence et une « affirmation » publique. Là aussi, il s’agit de combler un vide ; tout le monde (ou presque ?) au cours de sa vie aime, est aimé, en retour ou non, et pourtant l’amour reste un objet de
1  Thème du séminaire de Paris-Sorbonne 2015-6 co-animé par Alexandre Gefen (CNRS-Paris-Sorbonne) et Sandra Laugier (Paris I) et d’un colloque à Cérisy à l’été 2017.
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discours et de réflexion peu exploré, voire moqué. Il faut donc encore remplir ce vide, en réunissant les propos épars, littéraires et théoriques, et en suscitant une nouvelle réflexion. Il s’agit donc bien là aussi d’affirmer l’universalité non du sentiment, mais du discours amoureux : et leDictionnaired’abord une anthologie est de citations sur l’amour, formes brèves, aphorismes ou fragments, un kaléidoscope de discours sur l’amour. L’entrée « Amour » fait d’ailleurs explicitement référence à l’ouvrage de Barthes. Pourquoi alors recommencer ou au mieux poursuivre l’entreprise ? C’est qu’au-delà de cette impression immédiate de continuité ou de contiguïté, liée au dispositif fragmentaire et aux citations, allusions, réécritures qui émaillent le texte barthien, tout oppose au fond les deux ouvrages. Ici, ce n’est pas un amoureux, un « je » qui s’exprime, mais tous les « je » : les écrivains bien sûr, les anonymes des grands textes fondateurs des religions (Coran,Bible), les critiques, les philosophes, mais également toutes ces voix tues, oblitérées, voix surgies d’on-ne-sait-où, auxquelles la multiplicité des proverbes fait écho. Autre écart : l’élargissement du corpus, en nombre et en variété. Chez Barthes, tout – ou presque – se tient en Occident et se construit à partir de quelques auteurs ou livres phares, leBanquetPlaton, de Stendhal, Racine, La Rochefoucauld,Wertherde Goethe, Freud et Lacan. Ici, c’est bien un horizon universel, ce qui ne signifie pas bien entendu exhaustif (comment serait-ce possible ?), que propose leDictionnaire, citations et proverbes italiens, espagnols, portugais, anglais, français ou d’aires francophones bien sûr, suédois, hollandais, latins et grecs aussi, mais encore turcs, malgaches, indiens, russes, guinéens etc. L’impression première n’est donc qu’un faux-semblant, ceDictionnairebien pour écho, pour résonnance, le texte a barthien, mais la démarche et l’effet produit sont tout autres.
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