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Parlons farefari (gurenè)

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Description

Le farefari est la langue de la population indigène de la partie centrale de la Région Administrative Nord-Est de Ghana, apparentée aux langues voltaïques. On peut estimer le nombre total de locuteurs a environ 450 000 personnes. Le lecteur trouvera ici aussi bien une description de la langue que des repères généraux sur le pays, des éléments de conversation courante, des données sur la culture et des lexiques.

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Publié par
Date de parution 01 novembre 2009
Nombre de lectures 360
EAN13 9782296241114
Langue Français
Poids de l'ouvrage 4 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Parlons farefariAutres ouvrages de l'auteur:
Gurene-English Dictionary and English-Gurene Glossary (with S.
Awinkene Atintono and E. Avea Nsoh). Linguistics Department,
University of Ghana (2007).
Parlons Ga. Paris: l'Harmattan (2006)
Dagaare Grammar. Collected Language Notes No. 26. Legon:
Institute of African Studies (2005).
Korle Meets the Sea, a Sociolinguistic History of Accra. New York
and Oxford: Oxford University Press (1997).
The Languages of Ghana (rédact.) London: Kegan Paul International
(1988).
The Dangme Language: an introductory study. London and
Basingstoke/ Accra: MacmillanlUnimax (1987).
1981 One Voice: the linguistic culture of an Accra lineage. Leiden:
African Studies Center (1981).
Remerciements
Plusieurs personnes m'ont aidé en cette ouvrage. Il faut que je
remercie spécialement Michael Abii, Samuel Awinkene Atintono,
James Ababila Azure, Ephraim Avea Nsoh, Doris Lamisi Ababagre,
Odette Naale Moro, Emmanuel Ayire, et Christiane Owusu-Sarpong.
Ephraim Nsoh, Ama Rosalinda Awinsomah, Paul Ayadoe Ayew et
Michael Abii ont lu les textes. M. Robert Adogtoo Aponguta a raconté
le conte, chanté les chansons et a parlé la prière traditionnelle, aidé par
Michael Abii et Edward Awudu Akabare.Mary Esther Kropp Dakubu
Parlons farefari (gurenè)
Langue et culture de Bolgatanga (Ghana)
et ses envrions
L'Harmattan@
L'Harmattan, 2009
5-7, rue de l'Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com
diffusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan l@wanadoo.fr
ISBN: 978-2-296-10371-9
EAN : 9782296103719AVANT-PROPOS
Le farefari est la langue de la population indigène de la partie
(( Upper Eastcentrale de la Région Administrative Nord-Est
Region») du Ghana. Des remarques sur le nom sont nécessaires.
Au sud du Ghana, le nom le plus utilisé (en anglais et dans les
langues ghanéennes) pour les peuples qui parlent cette langue est
« Frafra », mais la plupart des locuteurs n'aiment pas ce nom, qui
peut avoir une signification péjorative. Les noms « Farefari »,
pour le peuple, et « farefari » pour la langue, sont dérivés du même
mot que « Frafra », c'est-à-dire de farafara, une salutation
fréquemment entendue, mais qui ne porte pas de signification
désagréable. Cependant, on utilise presque toujours le nom d'un
des dialectes, ou groupement de dialectes: principalement, gurenè,
nankani ou booni. Dans ce livre nous nous occupons surtout du
gurenè, le parler de Bolgatanga, ville capitale de la Région
NordEst et de ses environs.
Selon le recensement de l'an 2000, la population du Ghana dépasse
18 millions d'habitants. Celle de la Région Nord-Est en compte
920.089, et celle de Bolgatanga environ 228.815. En tenant
compte du grand nombre de Farefari qui demeurent en dehors de
leur pays d'origine, on peut estimer le nombre total de locuteurs à
environ 450.000 personnes.
La plupart des langues du Ghana appartiennent à l'un des deux
grands groupes des langues dites « Niger-Congo », les langues
« gur » ou « voltaïques» au nord et les langues « kwa » du sud. Le
farefari se trouve parmi les premières. Plus précisément, le farefari
est membre de la famille dite nord-ouest centrale des langues gur.
Ainsi, les langues les plus proches apparentées sont le dagaare (ou
dagara) du Ghana et Burkina Faso et le moore du Burkina Faso.
n faut mentionner aussi des langues étrangères qui jouent un rôle
important au Ghana, c'est-à-dire l'anglais, l'akan et le haoussa.
L'anglais est la langue officielle. Elle se parle au Ghana àplusieurs niveaux, allant de parlers divers plus ou moins populaires
jusqu'à la langue de l'élite ou des lettrés internationaux, mais dans
le pays des Farefari, l'usage de l'anglais est limité aux écoles et aux
bureaux et banques de Bolgatanga.
L'usage du haoussa, originaire de Nigeria, est limité à une partie
des gens qui travaillent dans les grands marchés, bien qu'il y ait de
petites communautés haoussa à Bolga et Bongo, et une
communauté assez grande dans la ville de Bawku (qui n'est pas
farefari-phone) dans l'extrême est de la région Nord-Est. La
langue n'est pas connue par la majorité des Farefari. L'akan est
parlé par la plupart des fonctionnaires originaires du sud,
spécialement à Bolgatanga, mais les Farefari ne parlent pas cette
langue, à moins d'avoir séjourné dans le sud.
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000 9ZLE GHANA
Repères géographiques et historiques
GÉOGRAPHIE
Le Ghana du Moyen-Age, qui était un empire historique, se situait
à la frontière sud de la Mauritanie d'aujourd'hui, mais le Ghana
moderne, l'ancienne Côte de l'Or (Gold Coast) se trouve au sud de
l'Afrique occidentale, sur le golfe de Guinée. Au sud du pays, le
littoral s'étend de la frontière togolaise, à environ 1° de longitude
Est, jusqu'à la frontière de la Côte d'Ivoire, à peu près à 2° 5' de
longitude Ouest. Le pays s'étend approximativement entre le 5° et
le 11° de latitude Nord, avec une superficie de 237.872 km2. Ses
voisins sont tous officiellement francophones: le Burkina Faso au
nord et nord-ouest, le Togo à l'est et la Côte d'Ivoire à l'ouest.
Le pays se divise en trois zones climatiques, la savane du littoral
au sud-est, la forêt au centre et la savane au nord, où se trouve le
pays des Farefari. Le temps est chaud, humide dans le sud, plus sec
au nord.
Les fleuves sont assez nombreux au Ghana, mais le plus important
est la Voha, qui s'écoule depuis le Burkina Faso en passant au sud
du pays farefari, et traverse tout le Ghana, s'unissant au centre du
pays avec son affluent majeur la Volta Noire venant du nord-ouest,
avant de regagner la mer dans l'est du pays. Dans les années 1950,
on a construit le grand barrage d'Akosombo, qui produit la plus
grande partie de l'électricité utilisée dans le pays.
Le Ghana est divisé en dix régions ou départements administratifs:
. Western Region (la région de l'ouest), avec, pour capitale
Takoradi et, pour langues principales, l'akan (le fante) et le
nzema ;
. Central Region (la région centrale) avec pour capitale Cape
Coast et, pour langue principale, l'akan (le fante) ;. Eastern Region (la région de l'est) avec pour capitale
Koforidua et, pour langue principale, l'akan (le twi) ;
. Greater Accra Region, la région d'Accra, capitale
commerciale et siège du gouvernement du pays, où on parle
traditionnellement le ga et sa langue-sœur, le dangme
. Volta Region (la région Volta) avec pour capitale Ho et pour
langue principale l'ewé ;
. Ashanti Region (la région Ashanti) avec, pour capitale
Kumasi et, pour langue principale, l'akan (le twi des Asanté) ;
. Brong-Ahafo Region (la région Brong-Ahafo) avec, pour
capitale, Sunyani et, pour langue principale, l'akan ;
. Northern Region (la région du nord) avec, pour capitale,
Tamale et, pour langue principale, le dagbani ;
. Upper West Region (la région du nord-ouest) avec, pour
capitale, Wa et pour langue principale, le dagaare/dagara ;
. Et enfin, l'Upper East Region (la région du nord-est) avec
pour capitale Bolgatanga et, comme langue principale, le
farefari.
QUELQUES FAITS IMPORTANTS
Nom: République du Ghana
Population: plus de 18 millions d'habitants
Capitale, siège du gouvernement et des affaires: Accra
Langue officielle: l'anglais
Autres langues courantes: l'akan, l'haoussa.
Nombre de langues indigènes: environ 50.
Climat: chaud, avec une température moyenne d'environ 28° C.
Saison des pluies: mai-juillet au sud, juillet-septembre au nord. très sèche (l'harmattan): décembre à février.
Monnaie: Ie cedi (se prononce sidi). Un cedi = 100 pesewa.
Depuis le 1er janvier 2008, le 10.000 cedis d'avant cette
date a été converti (par le Banque du Ghana) en 1 cedi
(GHS), mais beaucoup de gens parlent encore des vieux
cedis, ainsi « vingt» peut dire ou 20.000 cedis d'avant
2008 ou 20 GHS (200.000 d'avant) - prenez garde!
Drapeau: trois bandes horizontales rouge, jaune et verte, avec une
étoile noire au centre de la bande jaune.
Principales exportations: or, cacao, fruits.
10Religions mondiales: islam environ 16%, christianisme environ
58%, mais il y a aussi de nombreuses églises syncrétiques
d'origine africaine.
HISTOIRE
Xyème siècle, avecL'histoire écrite du Ghana a commencé au
l'arrivée des premiers Portugais dans la région dite Mina, entre
l'embouchure du fleuve Ankobra et les environs de la petite ville
moderne d'Elmina. Les voyageurs rencontrèrent sur la côte un
système commercial actif, s'étendant de la frontière
ghanéoivoirienne actuelle jusqu'à l'embouchure du fleuve Niger, dans le
Nigeria d'aujourd'hui. Ainsi ont commencé les liens commerciaux
entre la Côte de l'Or et l'Europe; ils s'achevèrent par l'instauration
XIXèmedu colonialisme anglais à la fin du siècle.
Les Portugais et les autres puissances européennes cherchaient de
l'or. Les terres et les fleuves situés à l'ouest du Ghana en sont très
riches - d'où l'ancienne l'appellation « Côte de l'Or ». Les
Portugais s'installèrent dans plusieurs petits forts pour éliminer
leurs concurrents européens.
Au moment où les Européens arrivèrent, il existait déjà un
commerce de l'or assez important entre le monde arabe et
maghrébin et la partie centrale du Ghana. Dans les années qui
suivirent, ce commerce diminua; néanmoins, des royaumes
indigènes importants continuèrent à s'y adonner. Selon la tradition,
le royaume du Gonja fut fondé par des princes venus de l'ouest (du
Mali), tandis que celui des Dagomba fut créé par des princes
chevaliers venus du nord-est, apparentés à ceux qui fondèrent
l'empire des Mossi du Burkina Faso. Ces deux royaumes sont,
tous deux, situés dans la Région du Nord d'aujourd'hui. Les
royaumes de la forêt virent le jour plus tard, après l'arrivée des
Européens au Sud; celui des Asanté reste le plus connu. Les
Asanté poussèrent les limites de leur empire naissant presque
jusqu'aux frontières du Ghana moderne. Leur règne dura jusqu'au
XXèmedébut du siècle - une époque qui marqua la conquête de
l'empire asanté par les Anglais.
Au nord et au sud, la traite des esclaves était également pratiquée.
Xynème siècle, elle devint de plus en plus importante, etDurant le
11XVmème siècle, les esclaves africainspendant tout le
représentaient, de loin, l'article de commerce le plus recherché par
les Européens. Les pays du nord du Ghana d'aujourd'hui qui
n'avait pas de royaumes forts, comme le pays des Farefari, ont
beaucoup souffert dans les guerres et razzias résultant de cette
XIXèmesiècle ce pays,traite. En même temps et plus tard dans le
spécialement à la frontière nord, souffrit aussi des razzias de
Samori venant de l'ouest et des Zabarima ou Dendi de Babatu de
l'est.
Le trafic transatlantique des esclaves fut supprimé durant la
XIXèmesiècle, mais l'esclavage domestique, quipremière partie du
continua à bien toucher les tribus du nord, ne fut pas supprimé
jusqu'aux premières années du vingtième siècle. La Grande
Bretagne finit par conquérir ou acheter tous les établissements
ayant appartenu à d'autres puissances européennes, et l'ère
coloniale commença. C'est en 1897 qu'Accra - ou, plus
précisément, Christiansborg, devint le siège du gouvernement,
remplaçant dans cette fonction le château principal des Anglais à
Cape Coast.
Le colonialisme britannique s'est établi au nord plus tard que dans
le sud. En 1897, la France et le Grande-Bretagne se mirent
d'accord sur la frontière entre ce que devint la Haute Volta au nord
et les pays qui devinrent les Territoires du Nord de la colonie
britannique. En 1902 l'Asanté, l'ancien royaume, récemment
vaincu par les Britanniques, et les territoires dits les Territoires du
Nord (Northern Territories), les Régions Nord, Nord-Ouest et
Nord-Est d'aujourd'hui, furent incorporées dans la Colonie de la
Côte de l'Or.
Le Gold Coast acquit son indépendance en 1957, sous la direction
du célèbre pan-africaniste Kwarne Nkrumah. Cependant, les
territoires du nord était moins développés que ceux du sud, et
comparativement pauvres. Ainsi, parmi les gens scolarisés du nord,
bon nombre doutaient d'une indépendance guidée par les gens de
la côte. En avril 1954 fut créé le Parti des Peuples du Nord
(Northern People 's Party), et en 1956 ce Parti en concert avec le
Mouvement pour la Libération Nationale (National Liberation
Movement) d'Ashanti demandèrent une indépendance séparée. Le
12régime britannique la refusa, et toute la vieille colonie devint le
Ghana unifié d'aujourd'hui.
Le Ghana fut proclamé « République» en 1960. Dans le domaine
monétaire, la livre ghanéenne fut remplacée en 1965 par le cedi
[sidi] - un nom qui était autrefois celui d'un ancien poids à peser
l'or. En 1960 les Territoires du Nord furent divisés entre la Région
du Nord (Northern Region) et la Région Supérieure (Upper
Region). La Région Supérieure fut divisée entre la Région du
Nord-Ouest (Upper West) et la Région du Nord-Est (Upper East)
en 1982.
Après l'indépendance, le pays eut à souffrir d'une période
prolongée de coups d'État et de régimes militaires. À la fin de
1963, Nkrumah déclara que son parti, le Convention People's
Party (CPP), serait le seul parti politique du pays, mais en février
1966 son régime fut renversé par un groupement militaire, et le
National Liberation Council (NLC) fut institué. L'année 1969 fut
celle de l'avènement de la Deuxième République et d'un
gouvernement élu ayant pour Premier Ministre, Kofi Abrefa Busia.
Néanmoins, en janvier 1972, ce dernier fut renversé par le coup
d'État militaire de Kutu Acheampong. Après une série de coups
d'État militaires internes, la Troisième République fut proclamée
en 1979, avec Hilla Limann comme Président, mais son
gouvernement fut, lui aussi, déposé le 31 décembre 1981, à la suite
du deuxième coup d'État de Jerry John Rawlings qui était un
lieutenant de l'aviation militaire du Ghana.
En 1992, la Quatrième République fut instaurée. Son
gouvernement est élu tous les quatre ans. Jerry John Rawlings en
devint le Président constitutionnel à la suite des élections de 1992
et, à nouveau, de celles de 1996. En 2000, le Président John
Agyekum Kufuor lui succéda, comme leader du NPP ou New
Patriotic Party. M. Kufuor et son Parti furent réélus en 2004, mais
en 2008 M. John Evans Atta Mills du NDC, National Democratic
Congress, fut élu.
Parmi les partis de l'opposition, on peut dire que le NPP est, quant
à lui, l'héritier du parti de l'ancien Premier Ministre Kofi Abrefa
Busia, et que le CPP, aussi un parti de l'opposition, est héritier du
13parti de Kwame Nkrumah. Par ailleurs, le NDC est le parti de
l'ancien Président Rawlings.LES FAREFARI
LOCALISATION
Les peuples dits «Farefari », ou «Frafra» dans l'orthographe
anglaise, sont indigènes de la partie centrale de l'Upper East
Region de Ghana, (en farefari Gâanà). Ce nom n'est pas beaucoup
utilisé. Il fut créé par d'autres, basé peut-être sur la salutation
assez fréquemment entendue fara fara. Ces peuples ne portent
pas un seul nom, mais s'appellent selon les cas Guresi (s.
Gurega), Ninkaresi (angl. «Nankani », s. Ninkarega), B:):)si (s.
B:):)ga), Talensi (s. Talega), Nabeduma (angl. «Nabdam », s.
Nabera). Le pays des Gurensi s'appelle dans leur langue le
Gureg:) ou Guretiga, celui des Boosi le Boogo (anglais
« Bongo»). Ce pays est limité au sud par la Volta Blanche, à
environ 100 N, à l'est par la Volta Rouge, au nord par la frontière
entre le Ghana et le Burkina Faso, approximativement lioN, bien
que cette ligne sépare la plupart des gens du village de Yelewogo,
sur la frontière, où l'on parle la même langue. À l'ouest, la langue
s'étend presque jusqu'à Navrongo. Selon le recensement national
de l'année 2000, on peut estimer que le farefari est parlé par plus
de 300.000 personnes.
Avant le colonialisme, les Farefari n'étaient pas urbanisés. Les
« villages» traditionnels étaient en effet de grandes maisons
habitées par plusieurs générations du même clan et distribuées
parmi les territoires agricoles (tiga, pl. tisi) du clan, et non pas des
villages centralisés comme on les trouvait au sud du pays.
Aujourd'hui la plus grande ville de la Région est Bolgatanga, créée
par le gouvernement colonial sur un siège traditionnel, Bolga ou
plus exactement bulega « puits », et Tanga taga « rocher », nom
d'une partie de l'aire originelle de Bolga. Il y a aussi Bongo, siège
de la petite chefferie du même nom. De nos jours d'autres localités
comme Zuw:)reg:) (angl. «Zuarungu », ancien siège du
gouvernement colonial, sont devenues des centres, à la suite des
établissements gouvernementaux. Mais la seule ville traditionnelle
proprement dite de l'Upper East, avec marché chaque jour,artisans spécialisés, et administration organisée, fut Bawku, dans le
pays des Kusasi dans l'extrême nord-est.
Les groupements culturels et linguistiques correspondent plus ou
moins aux divisions administratives modernes. Les groupements
majeurs sont les Ninkaresi dans l'est, les Guresi dans l'aire de
Bolgatanga et une partie de Bongo, les Boosi de la ville de Bongo
au nord de Bolgatanga, les Talensi de l'aire de Tongo au sud, et
les Nabeduma à l'est.
HISTOIRE ET POLITIQUE
L'histoire du pays farefari
Situés aux frontières des pouvoirs expansionnistes et impérialistes
- les royaumes des Mossi au nord, Mamprusi au sud, et au sud de
ceux-ci Dagomba, Gonja, enfin Ashanti - et sans gouvernement
centralisé, les Farefari n'excitèrent pas grand intérêt parmi les
voyageurs et colonisateurs européens - qui en tout cas n'ont pas
visité la région avant les dernières années du dix-neuvième siècle -
si l'on excepte l'attaque des caravanes commerciales. Nous
n'avons donc pas d'écrits historiques sur le pays. Sans cours
royales, les Farefari n'ont pas non plus de grandes traditions
d'histoire orale.
S'il n'y a pas d'histoires d'un passé ancien, on peut dire quand
même que la langue des Farefari doit avoir été parlée dans la
région depuis au moins deux milles années. On peut dire aussi
qu'un peuple mandé parlant une langue assez proche de celle des
Busansi, confiné aujourd'hui aux régions au nord de Bawku et au
Burkina Faso, habitèrent anciennement le pays de Bongo et
peutêtre une portion de la région de Bolgatanga, parce que des
traditions courantes en parlent. A part cela, on ne constate que de
petites migrations apparemment assez localisées, dans le pays
farefari et les pays d'alentour.
Organisation administrative
Le pays farefari est divisé en quatre arrondissements (districts)
administratives, chaque avec son District Council: Bolgatanga
Municipal, Bongo, Talensi-Nabdam, et Kasena-Nankani. De ce
16dernier seule la partie orientale, le nankani, peut être compté dans
le pays farefari.
Egalement capitale de la Région, Bolgatanga est la capitale de la
Bolgatanga Municipal District. Pendant l'époque coloniale
Zuarungu était la capitale. Bongo est la capitale de la Bongo
Region, Tongo de la région Talensi-Nabdam. La capitale de
Kasena-Nankani District est Navrongo, ville largement kasena,
c'est-à-dire non farefari.
ORGANISATION SOCIALE
Le colonialisme britannique utilisa les chefs pour l'administration
- le système de l'indirect rule « gouvernement indirect ». Si un
peuple n'avait pas de chefs, on en désigna. C'est ainsi que la
plupart des communautés farefari reçurent un chef, Naba. Mais il
semble que les petits royaumes de Bongo et de Tongo ont des
origines plus anciennes. Le paramount chief « chef supérieur »
du Bolgatanga Municipal District est le Bolga Naba.
L'unité sociale fondamentale est le clan patrilinéaire, buuri (pl.
b:)a) et son territoire, son tiga. Chaque tiga a son tindaana, une
sorte de prêtre-responsable, considéré comme descendant du
premier colon, un titre sans doute beaucoup plus ancien que celui
du naba. Le clan est divisé en plusieurs « maisons principales »,
yizuto (s. yizuo). Un yizuo a aussi ses divisions, dites deto
« chambres» (sing. deo) ou yea « maisons» (sing. yire). À ce
niveau c'est un groupement de frères avec le même père et aussi la
même mère.
Ces yea se divisent encore en yea au sens littéral, domicile de
plusieurs générations, en principe descendants d'un ancêtre
(yaaba). Chaque yire a son yidaana, l'homme qui est l'aîné du
ménage. Dans le yire il y a encore des deto ou suites des
chambres des individus, un homme ou une femme avec ses
enfants. Le rôle de la femme aînée de la maison domiciliaire, la
deodaana, est assez important et bien respecté.
17LA VIE ECONOMIQUE
La plupart des Farefari pratiquent l'agriculture, kua. L'agriculture
mécanisée est assez rare, mais beaucoup utilisent des ânes ou
quelquefois des bœufs. La saison sèche est dure et prolongée, mais
le barrage de Yea et d'autres projets d'irrigation ont amélioré la
situation.
Autour de la maison, on trouve le samane, ferme divisée en
parceJ1es où les jeunes et les femmes cultivent les graines et les
légumes. Les limites de bornage entre les parcelles s'appellent
i:):)ga, pl. 1:):)lesi. Plus loin dans la brousse est le va'am, cultivé
par le yidaana et ses fils. Avant d'établir un va'am il faut en
demander le tindaana.
On pratique aussi la pêche dans les rivières, mais son importance
économique est limitée. Autrefois la chasse était importante, aux
niveaux économique et culturel, mais de nos jours elle a
pratiquement disparu. La vannerie est assez populaire, et pour les
soins du ménage et pour la vente. Les corbeilles bien colorées
(pit:), s. pi':)) sont caractéristiques. Le tissage (wu ka) et les
travaux de fer forgé (kurega) sont traditionnels parmi les Farefari,
mais ces métiers sont pratiqués aujourd'hui dans un ou deux
villages seulement. Les grands boubous pour les hommes tissés en
coton du pays, spécialité du village Yelewogo, sont fortement
appréciés. Les bracelets en cuivre (baga) produits par les forgerons
indigènes jouent un rôle important dans la vie culturelle, bien que
le houe (kuure) de fabrication locale ait, jusqu'à un certain point,
perdu de l'importance.
Néanmoins, le pays est pauvre et manque de terres pour
l'agriculture. Par suite de cette situation, beaucoup de Farefari
migrent dans le pays, travaillant dans les régions du sud, plus
riches et plus développées.
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